lundi, septembre 11, 2006

L'investisseur.

Toute relation est un projet. Ce projet se prépare et se réalise – peut-être- à deux. Deux personnes se rencontrent, se regardent, se draguent, se sourient et décident parfois de construire un truc en commun. Elles se parlent alors, rêvent, planifient, prévoient et investissent.
Dans tout couple, chacun investit de son coté et se fait une projection fictive et virtuelle d’un avenir éventuel à deux. Mais il y a toujours un des deux qui donne plus, ressent plus, pense plus, offre plus, sacrifie plus. Car l’équilibre dans un projet pareil est quasiment impossible. Et le déséquilibre, bien sur, toxique.
Etant un projet, une relation amoureuse peut aussi bien réussir qu’échouer. Et le plus souvent, elle échoue. Parce qu’il est très difficile de trouver la bonne personne, au bon moment et rechercher exactement la même chose. Un problème se pose : quand une relation prend fin, lequel des deux est-il le perdant ? Qui gagne ? Peuvent-ils tous les deux gagner ? Perdre ?

Certains diraient que c’est celui qui met un terme à la relation qui gagne. Mais cette affirmation est très fausse. Car parfois, et souvent même, celui qui décide de rompre est plus honnête, plus direct et plus triste. Cette personne-là rompt parce qu’elle a trouvé mieux (ce qui est légitime), parce qu’elle a été trahie, parce qu’elle souffre, ou parce que son conjoint est tout simplement… salaud !
D’autres diraient que c’est celui qui subit la rupture qui gagne puisqu’il ne risque pas de la regretter, comme il n’avait pas de choix à faire.
Est-ce un jeu ? Est-ce un rapport de forces où il y a toujours un coupable et une victime ? Si toute relation est effectivement un projet à deux, et que ce projet échoue puisqu’il prend fin, n’est-ce pas la personne qui a plus investi au départ qui perd ?

Voici, à mon avis, la réponse. L’investisseur est le perdant. Mais qui est l’investisseur ? Comment le reconnaître ? Quel est son profil type ?
J’ai quelques idées désordonnées et maladroites à ce sujet. Car, un jour, je l’ai été. Il apparaît souvent comme celui qui s’en fout, qui ne veut pas vraiment un truc sérieux, qui ne ressent rien et qui est stoïque face aux séductions et tentations diverses mais il est souvent en réalité celui qui s’attache au fur et à mesure, lentement mais sûrement, celui qui offre ses sentiments et qui a trop peur d’être blessé, celui qui se sent trop seul, qui tombe aujourd’hui amoureux mais qui a peur de se laisser aller, qui essaie de freiner pour mieux se protéger, qui essaie de penser à autre chose alors que l’autre envahit ses gestes et ses pensées. Alors il met parfois fin à une relation qui s’avère dangereuse. Aux yeux de tous, il a laissé tomber son conjoint. Il aurait pu passer pour le gagnant. Mais il est le perdant par excellence, puisqu’il a tout donné presque sans le vouloir et que son projet a échoué.

Alors on entend l’un des deux parler de l’avenir pour gagner le présent. On l’entend dire « nous » pour parler de demain, promettre un hiver à la montagne, un été à la plage, une île romantique et une journée au soleil, une soirée parfaite et un voyage au bout du monde. On entend l’autre sourire d’un air passif et rêveur, on l’entend parler d’une façon incertaine et méfiante de l’avenir et oser à peine parler du présent. Le premier parait romantique. Le second froid et sévère. Le premier parle pour parler. Le second est… l’investisseur. Et il perd forcément.

dimanche, septembre 10, 2006

Meme les enfants.

On a tous eu un jour l’envie folle de grandir. On a tous un jour espéré ses 16 ans, ses 18 ans, puis ses 21 ans croyant vraiment et sincèrement qu’on sentirait des changements à ses différentes étapes de la vie… Certains ont voulu grandir pour pouvoir conduire, d’autres pour se marier et fonder une famille, d’autres encore pour voyager. Certains ont rêvé de boites de nuit et de concerts tandis que d’autres, plus ambitieux, pensaient fac et boulot. On a tous eu envie, à un moment donné, de bousculer le temps et les secondes, de dormir quelques années afin de grandir plus vite, et de se retrouver libre, léger, indépendant… grand.

On a tous cru que plus grand ce serait plus facile et plus amusant… Mais les années passent, et les 16 ans sont atteints, les 18 suivent et bientôt les 21. Les minutes se sont écoulées, et certaines rides apparaissent sur le front et au coin des yeux. Et plus grand, on ne se sent pas forcément. Si des changements se sont opérés, ils restent timides et discrets. Alors on grandit comme plus tôt voulu. On conduit, on se marie, on voyage, on parcourt le monde, on se rend à la fac et au bureau mais dans nos yeux sommeille toujours l’enfant d’autrefois, et ce petit garçon aujourd’hui un peu plus grand est encore un peu maladroit, hésitant et fragile.

On se réveille un beau matin et on remarque que physiquement on a changé. On se demande si ce n’est qu’une manifestation physique, corporelle, ou si mentalement aussi on a grandi. On a envie de dire à nos parents que ce soir, on ne rentrera pas aussi tôt que d’habitude. On a envie de leur dire qu’on ne rentrera pas tout court. On se découvre des ailes, et on a envie, besoin de s’envoler. Ils nous laissent faire, de peur de nous étouffer. Ils nous observent discrètement ayant du mal à joindre le rôle protecteur au rôle compréhensif. Ils respirent lourdement et se demandent si les enfants grandissent. On leur dit, d’un sourire à la fois cruel et tendre que ce sont surtout eux qui grandissent. Que l’enfance n’est qu’une étape passagère et qu’elle finit toujours par s’épuiser. On leur dit que même les enfants, et même les leurs, finissent par grandir.

On fait de son mieux pour prouver qu’on est mature, responsable, fort et équilibré. On fait de son mieux pour montrer qu’on sait faire face à la vie et que souvent elle nous sourit. Alors on s’éloigne un tout petit peu, on se croit assez fort et assez grand pour vivre seul désormais… On fait des choix, fier de décider seul. Mais on revient toujours. Car les enfants grandissent, mais restent à jamais des enfants. Surtout aux yeux de leurs parents.

mardi, septembre 05, 2006

La morale, la norme, les principes et des bêtises du genre.

On vit dans un monde difficile à étudier. Car il se base sur des règles elles mêmes très compliquées. Ce sont des normes inventées par quelqu’un qu’on ignore, une personne qui devait sans doute être très sévère et très complexée. Il est presque impossible de vivre conformément à la « loi » sociale. Car respecter les exigences stupides d’un monde jaloux serait mettre de coté l’amour, la passion, l’envie, la folie, le désir, le rêve, le risque, l’aventure et le bonheur pur et simple. Bref, toutes ces belles choses qui font d’une vie… une vie.

Pour être accepté et respecté en société, ainsi que pour vivre à l’abri des critiques et des rumeurs mal placées, il faut agir conformément à la raison commune. Une raison qui n’a rien de raisonnable. Car on nous dit tellement de choses. On nous donne des conseils. On nous prévient. On nous protège.

Oui, on nous protège de l’amour. De la beauté. Du fun. De la folie. De la musique. Du bonheur. Et de la vie ! On nous réveille alors qu’on faisait un très beau rêve. On nous endort alors qu’on se réveille pour la première fois. On nous tue alors qu’on vient d’apprendre à vivre, on nous étouffe alors qu’on vient de respirer.

La morale, la norme, les principes… Et puis quoi ? Croyez-moi, ils ne savent rien du tout. Et moi, je viens de les écouter. Je viens d’exécuter des ordres arbitraires, autoritaires et irréfléchis. J’ai voulu leur plaire. Je n’ai pas compris que ça allait tellement me déplaire. Leur plaire serait déplaire aux deux personnes à qui j’aurais voulu plaire: lui et ... moi.

J’ai appris qu’il fallait écouter son cœur et se méfier de la raison car celle-ci est négativement influençable. J’ai compris qu’il fallait que je choisisse le chemin qui m’attire, me séduit, me sourit, m’ouvre les bras, car ma vie n’appartient qu’à moi. J’ai enfin réalisé combien leurs regards étaient pathétiques et curieux. Et je sais qu’à partir d’aujourd’hui, je me montrerais indifférente face à ces yeux qui viennent me juger et que je ne me perdrais que dans ses yeux à lui, car ce ne sont que ses yeux qui me font rêver.

lundi, septembre 04, 2006

Ca se passe dans le regard.


C’est dans le regard que tout passe. A travers un simple regard se fait la première caresse, la première déclaration, une invitation indécente, une proposition, une insulte, une promesse, un secret, une confidence, un appel au secours. C’est dans un regard qu’il m’a tout dit. Ou presque. Et c’est par un regard que je lui ai dit que moi aussi, je suis un peu seule.C’est dans nos regards qu’on se comprend puisqu’ils expriment des sentiments que les mots n’oseraient traduire et que le cerveau essaie toujours de censurer. Ce sont nos regards qui se sont parlés en premier. Car ses yeux sur moi se sont posés.

Elle m’a raconté qu’un regard l’a révoltée. Car ce regard était trop brusque, trop direct et trop peu discret.
Eux, par un simple regard se sont aimés. Et par un autre se sont quittés.
L’intelligence réside dans le regard. Et les idées folles aussi. Car le regard trahit les gestes du corps, et raconte un secret trop longtemps caché. Un regard dit ce qu’on aurait voulu masquer. Il traduit souvent des envies qu’on repousse, des tendances qu’on refoule. Le regard, meilleur ami de l’Inconscient. Le regard, ami et ennemi à la fois. Car il raconte ce qu’on veut dire. Et souvent aussi ce que notre bouche a très bien su garder.

Alors on se regarde pour dire « je t’aime ». On se regarde pour dire que c’est fini. On se regarde pour dire « j’ai envie de toi », « tu m’intéresses », « je m’en fous », « tu es belle ». On se regarde pour dire « ne me crois surtout pas ». Et on regarde pour dire « je joue ». Et les yeux dévoilent des vérités… Car ça s’écrit dans le cœur, et ça se dit avec les yeux.

Des passions qu'on chuchote. Ou pas.

On écrit souvent pour parler de nos passions ou de celles des autres. On écrit pour raconter une passion vécue et une autre rêvée. On parle souvent d’une passion imaginée, un luxe qu’on s’offre et qui ressemble au mensonge. On en a tellement envie qu’on se demande pourquoi se refuser un si beau cadeau. Alors on prend comme point de départ un bout de réalité. Et on s’évade dans nos idées pour finir le reste. Ca donne quelque chose de très beau. Trop beau peut-être. Mais pas très vrai.

Plongé dans sa passion, on n’en parle souvent pas. Car on a peur qu’elle s’envole. On la tient comme un enfant égoïste tiendrait un nouveau jouet. On se l’approprie de peur que les autres veuillent la toucher ou y goûter. On la cache de peur qu’elle se fane au soleil. On la garde pour soi car on n’aimerait pas la partager. C’est un bonheur pur qui se suffit à lui-même. C’est un bonheur trop libre qui se détache du monde et qui n’a besoin de rien ni de personne pour exister. Alors on chuchote sa passion à une personne qui pourrait la comprendre. Mais on ne raconte jamais tout. Car le reste est trop passionné. Le reste est irréfléchi, fou, volatile, naïf et stupide.

Une fois la passion passée, on se réveille comme d’un mauvais rêve. On s’en veut trop d’y avoir cru trop fort et d’avoir été sourd et aveugle. Et c’est à ce moment là que les mots viennent la raconter, la chanter, la crier pour tout avouer. Car ce n’est qu’entre une passion et une autre qu’on trouve les phrases pour le dire. Passionné, on est trop occupé pour écrire.

mercredi, août 30, 2006

Ce qu'on nous dit.

On nous dit beaucoup de trucs. Ces choses réfléchies de grandes personnes : ne bois pas trop, fume moins, rentre tôt, étudie, sois plus sérieux, ne parle pas à autrui qui est égoïste, vicieux, agressif, méchant, malin. On nous donne beaucoup de conseils, qu’on suivra peut-être mais peut-être pas. On ne les suivra souvent pas, on fera mine d’acquiescer rien que pour faire taire gentiment l’auteur de ces directives, on sourira d’une façon hypocrite rien que pour faire croire à la personne en question qu’on est tout à fait d’accord. Alors qu’au fond : on s’en fout !
On s’en fout souvent. Et c’est la vérité. Pourquoi ? Parce qu’on a tous besoin d’essayer, et de tomber dans l’erreur, le faux, le décevant, le choquant. On en a besoin, et on n’apprend que de nos expériences. Parce que les autres ne savent rien. Absolument rien. Ou si peu.
On nous dit tellement de choses sous forme de phrases préfabriquées qui sonnent sérieuses et matures à souhait, belles en théorie, si difficilement applicables en pratique.

J’ai surtout entendu : « ne fais confiance à personne ». Je trouve que c’est tellement dommage. Car ce n’est qu’en donnant à l’autre sa confiance qu’on la mérite en retour et ce n’est qu’ainsi qu’on vit à fond et réellement les relations sociales. Car autrui ne peut nous décevoir quand il vient de recevoir un si beau cadeau : la confiance. C’est bien sur un risque à prendre mais ce n’est qu’en risquant qu’on gagne.
Alors vous entendrez de trop beaux conseils de la bouche de ceux qui savent mieux et plus. Vous pourrez bien sur les écouter. Et vous aurez raison. Ou bien vous pouvez opter pour la seconde des solutions, celle que je préfère. Vous pouvez choisir de VIVRE.

dimanche, août 27, 2006

Trop fragiles.


Je croyais qu’avec l’âge je serais plus forte. Que les expériences et les aventures diverses et successives m’apporteraient, en plus des ennuis bien sur, une certaine force. Cette force consiste à pouvoir gérer une situation devenue presque « normale » car vécue à l’avance, une fois au moins.

Je croyais qu’un homme avait moins besoin d’affection qu’une femme, puisque la femme se montre douce et fragile et que lui, souvent macho, semble être fort et heureux même solitaire.

Je croyais qu’à vingt ans j’étais encore un enfant. Peut-être pour justifier des comportements que je sais et veux immatures. Peut-être pour justifier des bêtises lucides qui se savent irréfléchies et coûteuses.

Je croyais qu’il fallait écouter les autres, qu’il fallait d’abord plaire à sa famille qui ne nous souhaite que le bonheur, à ses amis, compagnons fidèles, à ses voisins, juges curieux et sévères, à la société en général pour pouvoir s’y intégrer.

Je garde ses idées en suspens. En réalité, je n’ai aucune réponse et mes questions ne sont pas claires pour autant. Car j’ai vu un homme fragile, une femme très autonome.

Je croyais tout savoir et plus je cherche moins je trouve. J’attendais avec patience que le temps fasse bien les choses, qu’il m’apprenne à comprendre les autres et à mieux me connaître. Je comptais sur lui pour me le dire. Je voulais savoir si les « grandes personnes » demandent plus, moins ou différent de la vie. Mais le temps m’a donné une réponse provisoire, une réponse qui me plait mais qui me fait peur en même temps. Le temps m’a chuchoté qu’on est tous… trop fragiles.

samedi, août 26, 2006

Du papier.

Je l’avais dit plus tôt, sans savoir l’expliquer. Le fait que tout soit question de papier. Il faut toujours un bout de papier pour avancer : un diplôme, un visa, un permis de conduire, une licence, un billet d’argent.
Nous vivons malheureusement dans un monde dans lequel il est nécessaire de procurer une preuve afin d’être valorisé. Le dire ne suffit pas. Le montrer non plus. Le sentir… encore moins.

Ci-dessus un texte maladroit que j’ai un jour commencé. Je le publie puisque je n’ai pas encore changé d’avis mais sans vraiment savoir le développer. Peut-être qu’un bout de papier lui donnerait plus de valeur. Un diplôme en littérature peut-être ? Un jour.

vendredi, août 25, 2006

Les samedis soir d'autrefois

Je ne saurais vous dire avec certitude, pour parler de cette période passée de ma vie, si j’étais heureuse ou pas. D’abord parce qu’on ne sait jamais bien évaluer ce qu’on ressent au moment même ni apprécier le bonheur de l’instant. D’ailleurs, je ne pense pas m’être arrêtée quelques secondes pour le savoir, dans cette course qui faisait ma vie. Ensuite, parce que les souvenirs sont toujours flous, comme le sont ceux qui me ramènent ce soir quelques années en arrière. On dit que les souvenirs sont toujours heureux, même si la chose dont on se souvient l’est moins. Alors que sais-je si j’étais heureuse… Je ne fais pas confiance aux souvenirs. Puisque je les crée, comme un texte que j’écris ou une histoire que je raconte. Puisque j’en rajoute parfois un petit peu, en finissant par y croire, un peu mythomane. Et puis la mémoire a ses défauts.

Les samedis soirs d’autrefois sont différents de ceux d’aujourd’hui. On passait la journée à programmer la soirée du soir, qui allait être la copie presque conforme du samedi d’avant et de celui d’après probablement. Et puis, dans un chaos total et un bavardage autant inutile qu’assourdissant, on se préparait des heures pour bien vivre « l’évènement » qui se reproduisait chaque semaine, dans un intervalle de 7 jours exactement, comme une habitude, une routine, un rite, une dépendance. Les samedis soirs d’autrefois étaient fous, saouls, drôles et lost. Les autres importaient peu. Perdus dans la foule et la musique, on vivait pleinement un samedi soir.

Aujourd’hui, tout a changé. On a grandi peut-être. Trop vite sûrement. Puisque le samedi ressemble presque aux autres jours de la semaine, et je le passe souvent devant la télé à regarder un film quelconque sans trop de concentration. Alors on sort peut-être, parfois pas, peu importe. On s’appelle pour voir s’il y a quelque chose de prévu pour le soir, chose qui aurait constitué un crime autrefois, car trop évidente.

Si j’étais heureuse ? Sans doute oui… Je viens de croire, une fois de plus, mes souvenirs. Car je n’ai gardé en tête que les moments de bonheur. Mais on a grandi. Et demain je me souviendrai de ce soir, ce soir qui n’est pas moins beau qu’hier, non, pas du tout, mais simplement trop différent.

mercredi, août 16, 2006

La complexite de l'autre.

Il n’y a rien de plus complexe que la tentative de l’interprétation de l’autre dans ses gestes, son regard, ses sourires, sa démarche et ses paroles. Car tout acte est susceptible de plusieurs significations et la preuve de la véracité de l’une impossible.
Alors comment savoir si son sourire est ironique, aimable, invitant ou poli ? Comment savoir si sa démarche dévoile assurance ou arrogance ? Comment deviner ses intentions ? On parle du langage du corps, comme si les mouvements étaient aussi clairs que les mots, alors que ces derniers ne sont même pas de fidèles guides. Car chaque mot peut avoir des sens divers selon qu’il soit employé au sens figuré ou au sens propre, au pluriel ou au singulier. Alors comment déchiffrer le comportement d’autrui quand on ne peut se fier à ses histoires ? Comment le comprendre quand il dit trop mais n’agit pas assez ? Comment gérer la situation inverse qui suppose trop de paroles jolies, des compliments, des rimes et des promesses et peu d’action ? Quelle situation choisir à supposer qu’il y a lieu de décider ? Préférer le beau parleur quand on aime les mots et les gestes à la fois ?

L’autre est en réalité inaccessible. Et quand il est bon acteur, l’autre est redoutable. Tout le monde sait jouer la comédie en réalité. Il y a ceux qui parlent fort pour se faire entendre et couvrir la voix des autres. Ils font peur la première fois qu’on les rencontre mais on remarque vite qu’ils sont très fragiles. Il y a ceux à la voix douce et chantante, aux joues roses et au regard timide. Ils marchent doucement et semblent parfois perdus. Mais ils savent très souvent exactement ce qu’ils recherchent.
Je le regarde avec insistance, intriguée, émerveillée inquiète et je me demande ce que son corps essaie de dire et ce que ses paroles essayent de cacher. Je me demande si sa gentillesse est excessive et si sa méchanceté est préméditée. Je me demande s’il fait des jeux ou si son mouvement n’est que naturel. Alors je marche le regard fier pour cacher ma timidité, je regarde loin pour paraître désintéressée, je souris pour le mettre en confiance et je me demande s’il me trouve complexe et si comme moi, il essaie de m’interpréter.

Quand j’ai l’esprit rêveur et le regard errant, quand je suis trop calme et un peu triste, c’est que j’essaie de comprendre chacune de ses paroles et chacun de ses gestes. Je réfléchis et je repasse certaines scènes dans ma mémoire. Je regrette ne pouvoir lire dans les pensées, et mieux comprendre les gens qui m’entourent. Je regrette ne pas avoir fait de la psycho et ne pas être assez sensible ou lucide pour saisir les messages clairs et ceux qui sont au contraire cachés. Puis je réalise la beauté du mystère et le bonheur de la découverte. Car tant que cet autre est silencieux, tant qu’il cache des secrets qui font briller ses yeux et des histoires qui font sa personnalité, tant qu’il agit sans expliquer et qu’il explique sans agir, tant qu’il me fait réfléchir et essayer de comprendre, il est intéressant. Plus on s’approche et plus on apprend, on remarque qu’il n’est qu’une personne comme tant d’autres, une personne qui nous ressemble, avec ses défauts et ses craintes, avec ses complexes et ses mauvaises intentions, avec ses maladresses et ses sales coups.
Et je suis en quelque sorte soulagée et satisfaite de la distance qui me sépare de l’autre, de mon incapacité à tout le temps le comprendre et de l’impossibilité de le connaître vraiment, complètement. Mon incompréhension fait alors durer le mystère.
Et puis, "l'autre c'est moi", non? (Gad el maleh).

mardi, août 15, 2006

Le bonheur de vivre.


Hier, une personne m’a dit qu’elle aimait la solitude tout en précisant qu’elle appréciait peu ceux qui ressentent le besoin d’être tout le temps entourés. Précision faite, je ne pouvais ajouter que moi, j’ai besoin que l’on m’aime. Parce que je voulais qu’elle m’apprécie et redoutait qu’elle me classe dans une quelconque catégorie qu’elle montrait du doigt. Et lui dire que la solitude est le remède à mes problèmes serait lui mentir. Car voulez-vous bien me dire ce que procurent des heures de solitude ? Je vous entends déjà parler de méditation, d’introspection, de calme, de prière… Et après ? Une seconde me suffit. Je médite, je prie, et je me ressaisis en une seconde seulement. Parce que j’ai besoin de quelqu’un. J’ai besoin des autres. Les autres m’apportent le bonheur de vivre.
On a tous besoin d’être aimé. Mais plus encore, le besoin d’aimer. Ce n’est pas tellement égoïste après tout, puisque c’est un besoin qui offre et pas seulement un besoin qui reçoit ou retire. Mais l’amour ne constitue pas à lui seul le bonheur de vivre. A chacun son bonheur de vivre.
Cette fille que je connais trouve son bonheur quand elle remarque qu’une fois de plus, tous les regards se sont posés sur elle suite à son passage et qui s’énerve si une personne un peu distraite n’a pas remarqué son élégance.
Le bonheur de vivre quand cette femme libanaise parle à son mari en Afrique et qu’elle crie fort au téléphone parce que l’Afrique est loin et qu’il faut bien qu’il l’entende.
Le bonheur quand je me réveille le matin et que je remarque que mon petit frère s’est réveillé avant moi rien que pour me chercher des croissants.
Un bonheur de vivre qui ne dure que quelques secondes, le temps d’un plongeon ridicule dans l’eau froide d’une piscine, une journée très chaude.
Le bonheur quand nos pieds s’enfoncent dans le sable très chaud sur une très belle plage, quand ces mêmes pieds brûlent quelques secondes après, et qu’il faut courir pour atteindre au plus vite l’eau de la mer.
Le bonheur de retrouver quelqu’un qu’on aime.
Le bonheur de vivre en dégustant un énorme chocolat mou qui laisse ses traces sur une bouche gourmande et pulpeuse.
Le bonheur de vivre un soir d’été, dans une boite en plein air, quand deux corps de rapprochent comme instinctivement, perdus dans la nuit et dans une très belle chanson, accusant le noir ou la musique.
Le bonheur d’avoir une bonne note, récompense capricieuse d’efforts fous.
Le bonheur et l’assurance de plaire.
Le bonheur d’aimer. Celui d’être aimé en retour.
Le bonheur d’être seul. Mais seulement pour une seconde. Une seconde : le temps d’une prière, d’une méditation et d’une introspection. Une seconde, rien que pour se rappeler que la vie, quand il y a bonheur de vivre, n’est qu’une éternelle prière.

jeudi, août 10, 2006

Des questions qu'on se pose.


Certaines questions sont considérées unanimement stupides. Mais elles restent des questions, c'est-à-dire des points d’interrogation spontanés ou provoqués qui viennent fatiguer le cerveau et parfois même le cœur. Pour les évacuer, ainsi que pour éliminer leurs effets nocifs, il faut les poser. Mais pour cela, il faut savoir choisir la bonne personne, car interroger n’importe qui risquerait de mettre en péril la réputation de la personne qui s’interroge. Et la réputation est plus ou moins importante, quoique l’on vous dise.

Pour évacuer mes questions bêtes, j’ai choisi ma meilleure amie. Elle ne se moquerait pas de moi… Enfin, je crois. Elle sait déjà que je suis… Comment dire ? Bref, bizarre. Je lui ai demandé si comme ici, partout dans le monde, les gens se sentent parfois seuls, fatigués, tristes, abandonnés, perdus… Je lui ai demandé si comme moi, quelque part d’autre, dans un autre pays, un autre continent peut-être, quelqu’un avait envie de changer sa vie, de respirer loin, un autre air, de chanter un nouveau refrain, de rencontrer de nouvelles personnes et de vivre une nouvelle aventure. Je lui ai demandé si elle ressentait parfois le besoin de tout abandonner et de recommencer les choses à zéro, sans souci du temps, du passé, de l’avenir, des valeurs, des besoins (des autres), des exigences (sociales), des mœurs et des restrictions diverses… Je lui ai demandé pourquoi un jour, un matin, ou un soir en fait, peu importe, la fatigue l’emporte, l’ennui surtout, ou les deux, et on ferme les yeux pour ne pas pleurer, on se jette sur un lit devenu lui-même ennuyant, pour essayer de trouver une sortie de secours, une solution, une réponse à une question elle-même incertaine…

Ce sont des questions que l’on se pose, nous, quand on s’ennuie, quand on est fatigué, désespéré et coincé ici. Les réponses sont elles subjectives je crois… Quant à elle, elle pense, en regardant un concert de Patrick Bruel à la télé, que dans la salle, des personnes se séparent, et d’autres s’embrassent pour la première fois. Elle pense que certains se disputent, et d’autres ferment les yeux pour apprécier les paroles d’une chanson. Elle dit que certains ont chaud, et que d’autres pensent qu’ils auraient dû faire autre chose ce soir, aller au ciné peut-être. Elle dit aussi que certains détestent le chanteur, mais qu’ils sont venus quand même parce qu’ils ont reçu des billets gratuits ou simplement pour faire plaisir à une adolescente capricieuse qui se sent concernée quand il chante « je te mentirais ». Elle parle. Peut-être pour répondre à mes questions. Comme quoi, partout dans le monde, en France ou au Liban, qu’il y ait la paix, ou comme ici la guerre, le soleil ou le froid… on est tous pareil. D’ailleurs, dans son concert, Patrick Bruel l’a bien dit : « C’est La Vie ».

mardi, août 08, 2006

Ceux qui partent


Il y a ceux qui partent pour partir. Ils s’en vont sans savoir ce qui les attend. Ils partent le pas déterminé, le regard sûr, l’esprit prêt à rencontrer, essayer, courir, tomber, pleurer, sourire… Ils partent là-bas s’épanouir. C’est cette destination lointaine et incertaine qu’ils recherchent.

Il y a ceux qui partent pour le voyage. Peu importe le terminus, c’est le chemin qui compte. Ils marcheraient si possible, pourvu qu’ils fassent des rencontres. Tout les intéresse mais rien en même temps, car aucun objet et aucune personne ne saurait les retenir longtemps. Ailleurs, il y a mieux, pensent-ils. Mais à force de rechercher ils ne trouvent rien vraiment. Car ils trouvent tout mais pour un trop court instant. Ils possèdent tout et rien à la fois. Car ils sont attirés par la prochaine station. Une station qui restera prochaine. Voici le profil type du voyageur, qui ressemble beaucoup à celui du dragueur. Quelque part d’autre, ailleurs, là-bas, au loin, à l’étranger, quelqu’un l’attend. On voudrait tant être ce paysage lointain. Mais c’est impossible. Alors on se contente de ses souvenirs, et de ses rêves surtout. Il décrit choses et saveurs une lumière aux yeux. Et il dit ensuite Adieu…

Il y a ceux qui ne partent qu’à moitié. Ils aiment le nouveau décor mais sont envahis par le passé. Ils pensent à leur chambre, à leur lit, à leur belle voisine inaccessible, ils pensent à la rue de la fac, au resto du coin, à l’odeur des crêpes qui se dégage de la cuisine pour envahir la chambre et les réveiller un sourire aux lèvres, ils pensent au bruit de la mer, à ses vagues douces et timides, ils pensent aux discussions tardives sur un balcon discret… Ils pensent à tout. Et ne sont jamais vraiment partis. Ils sont entre un là et un là-bas et vivent difficilement un beau voyage. Il faut les pousser, les regarder sévèrement, les obliger a bien vivre l’aventure. Mais ce sont de mauvais voyageurs.

Ci-dessus une description brève des voyageurs que j’ai connus. J’admire les premiers, j’évite les seconds et je plains les derniers. Qui suis-je vraiment ? Je l’ignore… Ici, le monde que j’aimais. Celui que j’aimerai à nouveau peut-être, une fois guéri. Ailleurs, le monde qui m’attire un peu, celui que j’ignore, qui me tente, me sourit, me séduit.
Partir pour la route ? Partir pour l’arrivée ? Ou partir pour rester ?
Est-ce que nous partons vraiment ? Je ne le pense pas… Car pour partir, il faut d’abord se déplacer, changer d’endroit et de mode de vie, changer d’amis et d’habitudes, d’idées et de visions peut-être. Il faut ensuite que le passé s’éloigne aussi. Mais quand on a un si beau passé, une si belle maison et tellement de souvenirs, ils décident de nous suivre et de partir eux aussi. Alors on part tous ensemble… Oui, là-bas. Pour rester un peu ici.
C’est pour cela qu’on a le regard de l’orient, les gestes de la méditerranée, le sourire libanais, la générosité arabe et l’accent qui chante. C’est pour cela que l’on marche lentement, en balançant les hanches, et en souriant bêtement… C’est au Liban que l’on pense.

Publie dans l'Orient Le Jour le samedi 13 janvier 2007

dimanche, août 06, 2006

Les femmes.


Les femmes veulent parfois être fortes. Elles ont les larmes aux yeux et un nœud à la gorge mais elles s’éclaircissent la voix, prennent un ton sérieux pour dire un truc qu’elles pensent et pas un truc qu’elles ressentent. Parce que parfois, il faut qu’elles le soient. Fortes.

Les femmes s’énervent quelques fois. Elles s’énervent souvent pour un tout petit truc, comme une parole blessante dite par un fils qui ne la pensait pas vraiment. Le fils était énervé, il a dit n’importe quoi. Et n’importe quoi blesse maman. Elle se retourne alors, fait mine de s’en aller. Il prononce la formule magique qui la retient toujours : « j’ai besoin de toi ». Maman revient.

Les femmes sont sensibles, honnêtes, fidèles, sincères. Les femmes sont belles. Et les femmes peuvent êtres fortes. Il suffit de croire en elles. Peut-être qu’elles auraient mieux fait les choses, elles… Mais elles sont souvent en coulisse. Et sur scène, il y a encore ceux qui échouent.
Les femmes ont peut-être la solution. Puisqu’elles « sont » la solution. Elles ont la force et la conscience. Laissez-les faire. Voulez-vous ?

Ecouter les autres parler.


Ecouter les autres parler est sans aucun doute la meilleure façon de déprimer. Par meilleure je veux dire rapide et efficace.
Je vous invite chez moi écouter un con offrir son pronostic sur la durée du voyage. Quel voyage ? Voyons !!
Je vous invite chez moi. Venez, vous écouterez une fille qui ne s’est jamais intéressée à la politique, peut-être parce que comme moi, la politique ne s’est jamais intéressée à elle. Venez l’entendre parler. Elle vous dira que demain, en plus de la rareté de l’essence, on assistera à une coupure permanente d’électricité. Vous la verrez très inquiète aussi. Elle demandera à ses parents, d’un air naïf, à la limite bête, comment ceux-ci ont survécu la précédente guerre sans portable et ordi. Vous ne les entendrez pas répondre que ces objets inutiles n’existaient pas à l’époque. Par manque de patience peut-être. Ou par manque de confiance… en elle.
Je vous invite chez moi, vous verrez quelqu’un qui n’a toujours pas su ce qui se passe. « La guerre ? Ou ça ? ».
Lui, pfff… Lui dit qu’il y aura une guerre civile. Il sirote son thé. Et s’amuse à dire des bêtises. Qu’est-ce qu’il en sait !
Elle… je l’aime bien. Elle me dit d’accélérer à chaque fois qu’on passe sur ou sous un pont. On accélère alors, on hausse un peu la musique… Et on rigole une fois le pont passé.
Si vous etiez venus plus tôt, vous auriez vu 5 personnes, l’une après l’autre, prendre quelques affaires à la hâte, et quitter.
Venez répondre au téléphone. Venez parler aux personnes que j’aime, qui, elles, sont optimistes -heureusement-, mais –malheureusement- très loin aussi.
Venez chez moi. Venez me dire que c’est une question de temps. Venez leur dire d’apprécier la chance qu’ils ont. Venez rire. Venez discuter. Venez puis repartez. Ce ne sont que des paroles. Mais j’en ai marre d’écouter les autres parler.

samedi, août 05, 2006

Un peu partout...

Les gens sont eparpilles ici et la. Dans chaque pays un etre cher. Il suffit de se concentrer, de penser a la personne qu'on aime, pour faire un petit voyage.
Avec lui, je ne reste jamais longtemps au meme endroit. Il ne sait pas ou il va. Mais je lui fais confiance. Alors je pense a lui, et j'entends le son de sa voix. J'entends son rire, et je le vois sourire des yeux. Alors il m'emmene avec lui.
Puis je pense a elle. Mais je ne sais pas exactement ou elle est, et je connais tres peu le decor ou elle se trouve. Alors je l'imagine en me basant sur ses histoires et ses descriptions. Mais elle ne parle pas beaucoup. Alors je reve... Et j'aime bien.
Je pense a lui aussi. Il doit etre plonge dans ses livres. Non, pas pour etudier. Plonge pour y dormir. Il est paresseux. Et ne saisit pas la chance qu'il a, celle d'avoir un truc a faire.
Aujourd'hui je suis avec elle. On evite de parler d'eux. Et on se parle tres peu. Dans notre silence, on se comprend. On respecte le calme de l'autre. Parce que chacune de nous fait, a elle seule, un beau voyage. C'est un voyage intime, un voyage secret, un voyage improvise. C'est un tres beau voyage. Un voyage dans les pensees.

jeudi, août 03, 2006

Quand les jeunes s'en vont.

Que font les vieux quand les jeunes s’en vont ? Que fait un père quand il laisse sa fille s’en aller, quand il la laisse partir et qu’il ne sait pas s’il doit l’en empêcher ? Que fait-il quand il est obligé de la quitter et que ses yeux pleurent et que son cœur ne peut plus supporter ? Que font des parents qui ont enfin pu voir leurs enfants devenir « grands », quand leurs petits-grands décident de vivre là-bas et pas ici ?
Que font des grands parents qui ont retrouvé le sourire depuis la naissance de leur petite fille quand leurs enfants décident de l’emmener dans un endroit plus calme. Que font-ils quand ils ne savent plus sourire puisque cette fille a emmené ce bout de bonheur avec elle, souvenir de son pays, souvenir de ses amis ?
Que fait une mère qui veut envoyer son fils poursuivre ses études à l’étranger, non pas parce qu’elle doute du niveau local mais parce qu’elle a dû voir les portes des écoles se refermer ? Que fait-elle quand elle vit seule et que de lui elle ne peut se séparer ?
Que fait un père qui travaille très loin, qui regarde les nouvelles et voit des avions survoler son toit ? Que fait-il quand des nouvelles de ses enfants, il n’en a pas ?
Que font les vieux quand les jeunes s’en vont ? De quoi vivent-ils quand c’est de leur énergie qu’ils vivaient et dans leurs yeux qu’ils rêvaient ? Qu’espèrent-ils quand ils ne peuvent plus être fiers de la réussite de ces derniers ?
Que fait une sœur qui sait qu’au loin là-bas ses frères pensent à elle ? Que fait-elle quand il lui est impossible désormais de les voir, et difficile de leur parler ?
Que font les moins jeunes? Que font-ils ? Pourquoi sont-ils obliges de se séparer de leurs petits ? Seront-ils fiers en cas de victoire ? Peuvent-ils réellement crier victoire quand dans leur maison, il n’y a plus d’espoir ?
Que compte vraiment ? Le monde ? Un pays ? Une patrie ? Non… d’abord la famille.

mercredi, août 02, 2006

Le Désintérêt.

Le Désintérêt fait partie d’une grande famille. Ses frères et sœurs, comme lui, ont souvent le visage pale, les yeux à moitié endormis et la démarche nonchalante. Vous connaissez sûrement L’Indifférence, l’Ennui, l’Ignorance. Quelque soit le stimulus extérieur, leur réaction est, sinon absente, du moins difficile à remarquer. Leur silence est ennuyant. Leur silence est silencieux. Ou plutôt… désintéressé.

Depuis quelques jours, je fréquente Le Désintérêt. Et j’ai adopté quelques unes de ses mauvaises habitudes. Je me réveille en n’espérant rien de nouveau et en me contentant de la reproduction presque parfaite de la journée précédente. Si quelques élément, eux, varient, l’ensemble reste à peu près le même. Non, pas triste. Indifférent.

Comment reconnaître Les Désintéressés ? Ils regardent passivement la télé et ne remarquent pas quand on change de film. Ils iraient n’importe où, peu importe où on les emmène. Ils ne se mettent pas en colère. Mais leurs yeux ne brillent plus depuis longtemps.
Ils sourient à tout le monde et ne se soucient d’un sourire en contrepartie, ce sourire qui faisait, avant, leur vie. Ils souffrent beaucoup, puisqu’ils ne savent plus souffrir. Ni joie, ni peine, ni peur, ni froid, ni amour, ni haine.
Ils n’espèrent rien. Même pas la seconde qui suit. Mais ils ne détestent pas le présent pour autant.
Le Désintérêt, le sentiment du non sentiment. Le Désintérêt, l’angoisse de l’angoissant. Le Désintérêt, la passion de la non passion. Le desinteret: la mort, l'inertie, le néant.

dimanche, juillet 30, 2006

Un demi sourire

J’entendis une voix. Une voix douce et spontanée. Une voix qui vint me demander si l’amour existe. Je regardai autour de moi, afin de trouver l’auteur de la question. Il était debout à mes cotés. Souriant, drôle… et très petit.
Un enfant m’a posé une question trop difficile. Et j’ai répondu par un demi sourire. Il était trop mignon… Mais je n'ai pas su quoi lui dire… Un demi-sourire. Réponse hypocrite. Réponse qui ne veut dire ni oui, ni non… Réponse qui ne veut même pas dire peut-être. Mais ça a dû le satisfaire. Puisqu’il en a posé une autre aussitôt. Une question encore plus dure : « Qu’est-ce que tu fais ? ».
A cette seconde question, j’ai essayé de donner une réponse un peu plus sincère. Car une réponse sincère ne pouvait- cette fois- le décevoir.
Alors je lui ai dit, doucement, en caressant ses cheveux noirs, que je ne sais vraiment pas ce que je fais. Je lui ai dis que je ne faisais rien… Il m’a demandé surpris « pourquoi tu ne fais rien ? Tu n’as pas d’amis ? »… Et je lui ai souris, d’un demi sourire qui devait beaucoup ressembler au premier…
On a discuté quelques minutes. Puis il est parti jouer…

mercredi, juillet 26, 2006

Les photos.


Pour cristalliser un moment, certaines personnes optent pour les photos. Elles sont toujours armées de leur caméra afin de saisir un sourire, une fête, un gâteau d’anniversaire… Bref, toujours un moment heureux. Bien sur, je ne parle pas des photos prises par les journalistes, mais de ces photos qu'on prend, nous, tous les jours...
Les photos semblent être la reproduction la plus exacte de la vie. Mais de quelle vie ? Comment choisit-on le décor à saisir ? Comment choisit-on un mannequin, un gâteau, une plage, un sourire ?
Prendre une photo c’est éliminer le monde et ne choisir qu’un champ minuscule qu’on aime bien ou qui nous semble conforme au Beau. Prendre une photo c’est garantir le non oubli d’un instant qu’on aimerait à jamais se prolonger. Prendre une photo c’est faire un jugement. C’est flatter une fille un peu timide. C'est etre attentif et sensible. C'est prouver à nos amis qu’on a peur de les perdre. C’est faire en sorte que les vacances ne se terminent pas tout à fait. C’est voler à un bel endroit une de ses pièces essentielles. C’est violer la splendeur d’un château. Prendre une photo c’est reproduire une vérité pure, sans donner un avis, sans jugement de valeur, sans rien demander à son imagination, sans rien vouloir de plus que le paysage qui s’expose à notre vue. Et surtout en profiter.

Mais que voit-on sur les photos ? On voit souvent un enfant qui souffle une bougie. Deux meilleures amies saoules et heureuses en boite levant leurs verres à cet inconnu qui prend la photo. On voit une femme très belle. Une femme aux yeux bleus. On voit un homme qui pêche. On voit mon chat qui dort paisiblement sur le plus beau canapé du salon. On voit une danse qu’on a faite en septième. On voit un pilote en uniforme et kepi, tres beau, dans le cockpit d’un avion. On voit une fille en maillot, lunettes de soleil et chapeau en paille. On voit une photo de classe. Dans les photos, on voit souvent des frères dans le train de la montagne russe. On voit une adolescente faire une belle pause.
On ne voit que les beaux moments.
Les photos ne représentent pas toujours la vie. Il ne faut pas faire confiance aux photos. Parce que souvent, derrière les filles en boites, il y a d’autres personnes qui s’éclatent autant ou plus, et qui lèvent leur verre, cette fois pas pour la photo, mais parce qu’elles passent vraiment et sincèrement un très bon moment.
Parce que souvent, quand le chat se réveille, il n’est plus aussi mignon que tout à l’heure, mais déchire avec ses griffes ce si beau canapé sur lequel il s’était endormi.
Parce que la fille en maillot est belle parce que c’est l’été mais durant l’année elle est tres blanche et porte de grosses lunettes.
Parce que dans les photos, on est beau tout simplement ! C’est le but …

Si j'aime les photos ? Je ne sais pas… J’ai été proche de la caméra un jour… Et puis très loin d’elle. Je n’ai jamais été accro. Peut-être ai-je eu peur de gâcher le moment. Le temps d’aller chercher la caméra, de sourire artificiellement, et de prendre une pause, souvent, le moment est parti. Quand je suis heureuse, je ne pense pas aux photos.
Je ne les aime pas beaucoup en fait. Parce qu’elles sont injustes. Les personnes au premier plan sont immobilisées volontairement pour quelques instants, le temps que le flash se dégage de l’appareil. Alors que les personnes derrière, comme les passants qui ne se soucient de rien, et qui ignorent l’existence d’une caméra, continuent leur vie. Leurs mouvements, pour ceux qui regardent un peu plus loin que le premier plan, sont si vivants qu'une simple photo ne saurait cristalliser. Alors il y a ceux qui sourient bêtement. Et les autres qui vivent. La photo traduit un moment, un seul. Tout etait probablement different avant elle. Et tout change apres.
Et les photos jaunissent...

vendredi, juillet 21, 2006

A toi Chris.

Je me suis souvent sentie seule. Par contre, j'ai toujours ete bien entouree. C'est un sentiment bizarre, illogique et capricieux. Mais c'est un sentiment qui me hante parfois, et je ressens le besoin de partager quelque chose avec quelqu'un, quand les personnes autour de moi sont proches mais si loin.
On m'a souvent dit qu'il y a toujours quelque'un, quelquepart, qui pense a nous: un frere, une soeur, un ami...
Hier soir, je lisais le blog d'un de mes meilleurs amis. Et je tombe sur un texte ecrit le 13 juin, date qui tombe pendant le mois de mes examens. Chris, dans ce texte parlait de moi. Et moi, plongee dans mes cours, je ne le savais pas. Les textes qui ont suivi ce dernier parlaient un peu de moi aussi, mais cette fois d'une facon indirecte.
Voici ci-dessous le texte qu'il ma dedie. J'ai voulu le partager avec vous, d'abord parce qu'il est bien ecrit, ensuite parce qu'il est sincere et enfin pour le remercier.
Rien que pour vous dire qu'il y a toujours quelqu'un, quelque part, qui pense a vous...


ELLE... TOUT SIMPLEMENT...

Ce qui suit ne s'adresse qu'a elle et a elle seule, et encore... Ce qui suis ne sera sans doute interprété que comme... après tout je m'en moque... interprétez cela comme vous le voudrez, vous qui lirez ces lignes. Peut être que sera-ce toi... peut être pas... Je ne sais même pas comment la décrire... je pourrai simplement énumérer ces qualités, que se soit sa beauté, ou son intelligence, son talent pour l’écriture ou sa faculté de comprendre les gens, la noblesse de son esprit, son humour ou le regard unique qu’elle arrive à poser sur le monde, mais ce serait faire insulte à toute ces autres choses sans nom mais tout aussi exceptionnelles qui font d’elle ce quelle est. C’est sa passion pour les mots qui m’a donné l’envi d’essayer de mettre par écrit ce que j’arrive à peine a définir : Ce que je ressens. Bien entendus, elle le niera en bloc, même si je pouvais le lui démontrer, tout comme elle niera la plus part de ce que l’on pourrai dire d’élogieux a son égard. Voilà 5 ans que je l’ai rencontrée, ou et comment, je ne sais plus trop… mais cela a-t-il de l’importance ? L’important est dans ce que l’on a vécus ensemble, du rire aux larmes, du simple sourire à ces conversations qui se passent de mots. Et pourtant, je ne l’ai jamais rencontrée… Je ne sais que très peu de chose d’elle, finalement… Uniquement ce qu’elle veut bien me livrer au détour de nos conversations ou d’un de ces écrits qui constellent son blog. Je ne sais pas la musique de ses chansons, ni ce qu’elle pense lorsqu’elle laisse son esprit vagabonder… Je ne sais pas ce qu’elle entend lorsque la pluie tombe, ni ce qu’elle voit quant elle regarde le soleil se lever sur les paysages de chez elle, ou quant elle écrit… et pourtant, c’est en parti a elle que je dois d’avoir réussi a me retrouvé, la d’ou je n’ai même pas su me tirer… la ou j’ai fait le vide, elle a mis de la place…et a la place du doute, elle a mis des questions… je sais maintenant comment doit être interprété cet article… Comme un grand merci à elle, un simple merci… ni plus, ni moins… J’aimerai qu’elle puisse compter sur moi comme J’ai pu compter sur elle.. Mais elle est loin et je la sais parfaitement entourée… elle n’a pas besoin de moi. La d’ou elle est, je ne suis que… je n’en sais rien, en faite… mais je m’en moque… quoi que je sois pour elle, je serai a ces coté si elle le demande…je le lui dois… elle ne saura sans doute jamais a quelle point ce qu’elle a fait pour moi compte a mes yeux… il me vient une question, que quelqu’un possédant plus de talent pour l’écriture que moi ,a très bien mis en forme… « qui est tu donc ? le miroir ou je me vois, ou l’abîme ou je me perd ? » Un peu des deux je pense… Encore Merci a toi… Elle m’a demander un jour, au hasard d’un commentaire « ne me laisse plus »… je ne le veut pas… non, je ne le peut pas… j’espère que tu écriras sur moi, un jour, juste pour le plaisir de pouvoir te répondre… Ce qui a précédé n’était destiné qu’a toi… c’était ma façon a moi de te remercié d’une manière un peu plus sincère qu’un simple mot, en espérant le jour ou je pourrait te rendre la pareil…

Les etoiles.

Pour voir les etoiles, je n'avais pas besoin de regarder vers le haut. Des etoiles, j'en ai connu de trop pres. Ce sont des astres lumineux, qui naissent brillants, et qui grandissent pour devenir de merveilleuses etincelles dorees. Les etoiles ne sont pas aussi grandes que le soleil. Et puis le soleil brule... Les etoiles, elles, sont tendres. Elles ne sortent que la nuit, elles se font belles et ne sont pas jalouses. Car meme entourees de leurs semblables, elles restent sublimes et savent que la beaute des autres ne les rend pas moins belles pour autant. Chaque etoile brille a sa facon.
Je ne vois pas les etoiles dans le ciel. Parce que les etoiles sont dans ma vie. Et je ne me lasse de les contempler.
Des etoiles j'en ai connu. Elles se sont un peu eloignees aujourd'hui. Mais je sais qu'elles sont la-bas, quelque part, et qu'elles pensent un peu a moi... quelquefois.
Je ne vois plus mes etoiles. Mais quand le ciel est beau, je sais qu'elles sont sorties. Parce que ce sont mes etoiles qui rendent beau le ciel.
Ce soir, jai regarde le ciel. Et c'etait un ciel etoile. Bien sur, il etait beau, et les etoiles belles, mais moins belles que celles que jai connues. Peut-etre parce qu'elles me sont etrangeres. Mais j'ai entendu leurs murmures... Et j'ai su qu'elles parlaient de toi. Et d'elle.
Les etoiles parlent de vous. Vous, les etoiles de mon ciel.

Des conversations grises.


Depuis sa « création », mon blog a servi à alimenter trois sortes de relations : la première est celle qui me lie aux personnes qui lisent ce que j’écris et la seconde crée des liens entre ceux qui enregistrent un commentaire. La troisième m’intéresse particulièrement ce soir puisque c’est une relation entre moi… et moi. J’ai décidé d’écrire pour lutter contre le temps. Non, je ne parle pas de l’ennui. Je n’écris pas pour « passer » le temps. J’écris pour cristalliser ce qui pourrait s’évaporer. Parce que les paroles s’envolent. Et les écrits demeurent. La mémoire, faible comme tout ce que possède l’Homme comme capacité, ne peut stocker tous les évènements. Et heureusement !! Je n’ai toujours pas saisi les critères de sélection qu’elle adopte. Alors j’ai créé les miens. Et je transmets ce dont j’ai besoin et envie dans mon blog.

J’ai voulu que ma page me ressemble. J’ai choisi une couleur que j’aimais bien et qui repose la vue. J’ai voulu qu’il soit gai. Alors j’ai mis quelques photos, dans le seul but d’éloigner mes écrits de la monotonie d’un journal. Et j’ai parlé de ma vie, des personnes que je connais, celles qui m’intéressent, mes expériences, mes sentiments… Ecrire ma vie aujourd’hui est une tache difficile. Alors j’ai commencé par une intro maladroite qui ne sert qu’à mieux m’introduire, moi auteur de ce texte, dans le corps du sujet (alors qu’une intro est normalement destinée aux lecteurs).

Ecrire est une tache difficile aujourd’hui. Parce que pour parler de ma vie il faut parler de la guerre. Et rendre un peu moins rose une page que je voulais naïve et innocente. Difficile, car je n’ai parlé jusque là que des choses simples que je comprenais. Et voilà que je suis obligée, pour rester fidèle au but que je m’étais posé, celui de tout transmettre, de parler de la crise au Moyen-Orient. Non je ne suis pas en guerre. Mais la guerre s’est imposée. Et je n’ai pas su la renvoyer. Comme M., je n’ai pas envie de me plaindre. Parce que moi aussi j’essaie d’apprécier des moments en famille qui deviennent de plus en plus rare quand il est facile de se déplacer.

Mais aujourd’hui j’ai décidé de sortir. Et je n’ai entendu que des conversations grises. Des enfants parlaient de la perfection des avions israéliens. Leur champ lexical comprenait essentiellement les armes, les avions et les bombes. D’autres mots techniques encore, un peu plus « sophistiqués », des mots que j’ai essayé en vain de retenir. Les « grands » aussi parlaient de la guerre. Normal, me diriez-vous. Oui c’est normal… Mais normalement, quand on est enfant, on rêve. Et quand on est adulte, on mène une vie stable. Mais la norme fait défaut. La poussière a formé une couche qui masque le soleil. L’air est plus pollué que jamais. Les regards sont perdus. Les pas hésitants. Les projets temporaires, les prévisions fragiles. Et les conversations… grises.

mercredi, juillet 19, 2006

Le temps...

J’ai toujours considéré le temps comme un obstacle : « donne moi plus de temps pour te connaître, plus de temps et je t’aimerai, une semaine de plus et j’aurais réussi mes examens, quelques jours de plus sous le soleil et j’aurais eu une belle peau bronzée, un mois de plus et j’aurais mieux profité des vacances, quelques heures de plus par jour et j’aurais eu le temps de voir tous mes amis ».
Même les minutes avaient leur importance. Je me souviens des matins d’école. Ma mère me réveillait, brusquement, allumait la lumière (quelle cruauté !!), retirait le drap et murmurait quelques mots que je n’arrivais, encore, à comprendre. Et je criai, suppliante, vulnérable, paresseuse, malheureuse, les larmes aux yeux : « Cinq minutes ! S’il te plait !! ». Et ces cinq minutes, quand – rarement- accordées, faisait naître en moi un bonheur indescriptible et je replongeai, ne serait-ce que pour quelques minutes (cinq), dans le plus profond des sommeils.
Le temps, pour moi, étant limité, était le contraire de la liberté. Donne moi du temps, pensai-je, et je ferais des merveilles.
J'ai meme remarque sa predominance en Droit. En effet, une fois le delai depasse, le recours est irrecevable. Le terme servait a etablir l'ordre. Des situations, meme irregulieres et pas tout a fait justes, deviennent irreversibles et intouchables du fait du depassement du delai, un jour ou une heure fixee a l'avance. Cette condition, quoique injuste, assurait la stabilite des transactions.

Je compris, bien plus tard, que c’est lui, en effet, lui le monstre, lui l’homme avare, lui la calculatrice, le sablier, qui fait la différence. Celui qui arrive à finir – et bien faire- son devoir, dans les limites du temps prévu, réussira. L’épreuve consistait donc à se plier aux consignes… dans les limites du temps prévu. Parce que tout le monde peut faire – presque- la même chose. Mais c’est le temps qui départage les candidats. On distinguera alors le plus productif, au rendement supérieur, de celui au travail inachevé. Qu’il ait pu le finir s’il avait eu le temps… peu importe.

Mais le temps à lui seul ne suffit pas. Il y a une semaine d’aujourd’hui, le 12 juillet, le Liban fut attaqué. Une surprise, un choc, un cauchemar. Parce que le 11 juillet encore, le Liban était si beau. L’été avait commencé et l’Italie avait gagné. Il y a une semaine, 7 jours, les jeunes parlaient de Beyrouth, de leurs projets au Liban. On voyait dans leurs yeux de l’espoir, l’envie de rester. Les libanais avaient regagné confiance en leur pays. Mais tout a changé si vite. Et depuis ce jour-là, c’est le sentiment d’impuissance qui a pris place. Parce qu’on ne peut rien faire. Ceux qui ont assez de chance d’habiter loin des zones en danger sont cloîtrés devant leur télé. Et ce n’est pas le temps qui manque. La vie est en suspens, l’avenir est incertain, le temps trop long cette fois. Le temps ne passe pas. Et demain est imprévisible.
Je croyais que c’est le temps qui me manquait, et qui m’empêchait de mieux et de plus écrire. J’ai tout le temps maintenant… Mais je n’ai rien à dire.

lundi, juillet 17, 2006

Ce qu'en pense Gaelle.

"inchallah" je crois que c'est le seul mot qu'on peut dire...je pense vraiment qu'on n'a plus que les prières pour nous sauver...chaque famille a une "elle", un "lui" et des "eux"...chaque famille est disloquée ici et là...je n'aurais jamais cru que la vie pouvait basculer aussi rapidement...d'une facon aussi inattendue...en un instant tout a été brisé,le rêve est devenu cauchemard,l'espoir et l'avenir incertains...je pense très fort a toi et a tous nos amis, surtout ceux qui peuvent directement être touchés par les événements...j'espere du plus profond de moi-même que le prochain comment que j'écrirai sera sur la paix au liban...

dimanche, juillet 16, 2006

Inchallah.

J'ai souvent entendu ma grand mere dire, comme la majorite des personnes de son age, alors que je faisais des plans pour le soir, le lendemain ou la semaine d'apres, "Inchallah". Inchallah, si Dieu le veut... Parce qu'il ne nous appartient pas, selon elle, de determiner a l'avance l'avenir. Parce qu'il nous est impossible, a ses yeux, de prevoir le lendemain ou meme la seconde qui suit.
Mais moi, je suis jeune. Et comme la majorite des personnes de mon age, je croyais qu'il suffisait de rever, de decider, de planifier et de determiner une date pour que l'evenement prevu ou voulu se realise. Dieu pouvait bien sur aider, et ecouter nos prieres, mais je croyais que l'avenir n'appartenait qu'a nous, nous les humains, nous les hommes, nous les femmes, nous les jeunes. Nous les libanais.

Fixe une date et voyage. Vas-y. Parcours le monde. Fixe un endroit et j'y serai. Fixe un programme et il se realisera. Decide. Reve. Ecris. Planifie. Emmene-moi. Et c'est ce qu'elle a fait. Et lui aussi. Et moi d'ailleurs. Parce que nous y croyions vraiment. Nous voulions y croire.
Elle par exemple, voulait partir. Elle voulait aller la-bas, tres loin, travailler, decouvrir, et y habiter. Son voyage me faisait de la peine, je redoutais son depart. Elle devait aller en avion.
Lui est venu passer les vacances ici. Parce qu'ici c'est son pays, ses amis, sa famille. Lui est aujourd'hui coince ici. Et la-bas c'etait son avenir, son travail et sa vie.
Eux, ont 3 et 4 ans. Ils sont seuls au Liban. Leurs parents sont ailleurs. Ils pleurent. Ils auraient voulu les voir, les serrer, les reconforter.
Mais elle est partie. Non, pas en avion. Et je n'ai pas pleure parce qu'elle s'en allait. J'ai pleure parce qu'elle est partie comme ca, fragile, fatiguee, inquiete. Inquiete pour elle, puisqu'elle devait traverser le pays en voiture. Inquiete pour nous. Inquiete pour son pays.
Lui est devant la tele. Il regarde les nouvelles et son pays s'effondrer. Il ne pense pas trop a lui, pas trop a son travail et pas trop a sa vie. Ou bien reussit-il a bien le cacher.
Eux, ils essayent d'appeler. C'est tout ce qu'ils peuvent faire pour le moment.

Inchallah, avait dit ma grand-mere. Oui, je veux bien te croire. Parce que je ne sais quoi faire d'autre. Et je ne peux rien decider. Fixe une date, un endroit, un programme. Et j'y penserai. Parce que demain ne nous appartient vraiment pas. Parce que l'avenir nous echappe. Parce qu'hier je ne savais pas qu'aujourd'hui serait ainsi.
Inchallah qu'elle arrive en paix, que le voyage ne l'ait pas trop fatiguee. Inchallah qu'il puisse revenir chez lui, je n'aime pas le voir si triste et si perdu. Inchallah qu'ils puissent les revoir, leurs enfants. Inchallah que le pays renaisse, une fois de plus.
Quoi faire? Attendre... peut-etre. Et demander que Sa Volonte soit faite.

mardi, juillet 11, 2006

Que la vie est belle...

Il me dit que la vie est belle.
Il me dit qu'il est heureux, alors qu'on passe tous les deux par une periode un peu triste.
Il sourit puis repete, tout bas, qu'il est heureux, que la vie est vraiment tres belle. Alors qu'on venait de se quitter et qu'on avait encore les larmes aux yeux.
Non... Je n'avais pas tres bien compris comment il pouvait la trouver ainsi aujourd'hui en particulier. Aujourd'hui qui n'est pas un jour comme les autres.
Puis il a ajoute, afin que je comprenne: "La vie est belle. Parce que tu ecris bien".
Et j'ai trouve ma vie... tres belle!

lundi, juillet 10, 2006

Un choix.

C’est parfois une question de chance, souvent une question de choix. Faire un choix est une des choses les plus difficiles. Il faut réfléchir, décider, abandonner peut-être quelque chose pour une chose nouvelle qu’on ignore souvent ou connaît si peu. Ca suppose de la détermination, du courage et de la volonté. Bien sur, certaines décisions sont faciles à prendre, et encore, pas pour tout le monde : le choix du film au ciné, du programme de samedi soir, du sandwich au restaurant. Certains se permettent même de varier les données proposées, comme ajouter une réponse D dans un QCM de trois réponses pour chaque question (A, B, C) ou de substituer les ingrédients d’un plat proposé. Ca donne quelque chose du genre « une salade grecque sans fromage, sans oignons, et sans légumes ». C’est une décision maladroite. Mais elle fut prise. Et c’est l’essentiel.

J’écris pour parler d’une autre catégorie de choix, ceux qui peuvent aller jusqu’à bouleverser tout un mode de vie. Je me suis souvent arrêtée longtemps à la même station : je mange toujours la même glace, je ne lis qu’Amelie nothomb, Coelho, Levy, Weber et quelques autres auteurs. Mais j’ai envie d’en découvrir d’autres pour une fois, qui seront peut-être – et probablement- moins bons a mon gout, mais que je devrais lire rien que pour mieux apprécier les premiers. Ca ne veut pas dire que ma vie ne me plait pas ou plus. C’est juste qu’elle a été ainsi depuis quelque temps, des mois ou même une année ou deux. Alors je décide de la bousculer. C’est une décision impulsive et irréfléchie, immature et spontanée, téméraire mais qui manque un peu d’expérience. C’est une décision qui vient tout remuer. Je ne sais pas si l’on sera plus heureux. Peut-être plus triste. Mais c’est un changement nécessaire. Un besoin pressant et pressé qui ne peut plus attendre.

Tu me demandes ce que je cherche, où je vais et ce que je vais devenir. Mais je ne sais pas quoi te répondre. Parce que j’ai décidé trop vite, j’ai oublié les motifs de mon choix. Mais pour une fois j’ai su le faire. Et comme la salade grecque qui n’en est plus une, il reste valable. C’est une envie d’aller vers l’aventure, d’être seule et mal protégée, d’être fragile certes mais plus indépendante, une bêtise des filles de mon age, une incertitude, une impulsion, un caprice.
Vais-je revenir ? Suis-je vraiment partie ? Peut-on tout changer par simple choix ? Je ne sais pas… Et si je change d’avis, peut-être qu’à ton tour t’auras fais un choix. C’est ton droit.
Ca se termine exactement comme ça a commencé, dans le respect du « parallélisme des formes ». Parce que ça se termine vite, et que ça a commencé en quelques secondes, le temps que nos mains se touchent… Parce que ça se termine par des promesses, parce que ça se termine avec des larmes mais surtout des sourires, parce que ça se termine sur un escalier, parce que ça se termine par des confidences, des secrets et des souvenirs. Beaucoup trop de souvenirs.
On peut changer, dit Paolo Coelho, mais on ne peut pas oublier. Je ne vais rien oublier, rien du tout, je te le jure. Je n’aimerais pas le contredire. A lui je serai fidèle. Et à toi aussi. D’une certaine manière.

samedi, juillet 08, 2006

Elle s'en va.


Je me suis souvent imaginée le jour des adieux. Je l’ai souvent entendue dire, avec un sourire malin qui est le sien « dans quelques semaines, je m’en vais ». Quelques semaines, ça me paraissait long, assez long. Et même éternel. Pour moi, elle ne pouvait pas quitter, et ce projet, cette date sure et certaine, ne pouvaient facilement arriver. Je l’ai souvent entendue demander, de cet air hautain qu’elle emprunte « je vais vous manquer ? ». Et je répondais, bien sur, ironiquement, avec un large sourire « Non !!! ».
Je l’ai vue préparer ses affaires, ranger sa valise, faire une liste afin de ne rien oublier. Je suis allée avec elle acheter ces choses dont elle aurait besoin, à l’autre bout de la terre. Je l’ai aidée. J’ai participé au crime. Autant qu’elle. Parce que je ne veux pas qu’elle s’en aille. Et je ne pense pas qu’elle ait le droit de s’en aller.

Je l’ai vue un peu triste mais surtout très heureuse de commencer sa vie. Je l’ai vue souriante et enthousiaste, je l’ai écoutée raconter ses prochaines semaines. Mais j’ai si peur pour elle. Je veux qu’elle m’emmène, je suis déjà jalouse de ceux qu’elle va rencontrer, je me demande si elle parlera de moi, j’ai peur qu’elle marche seule dans la rue, je me fais du souci pour elle, et je déteste déjà ceux qui oseront lui faire du mal. Il est trop dur de la quitter. Puisqu’il est déjà dur d’y penser.

Je lai vue s’éloigner un peu de ses amis. Je pense qu’elle redoute, comme moi, les adieux. Je l’ai vue occupée, heureuse, triste, confuse, déterminée. Dans quelques jours, elle s’en va. Je n’ai pas vu le temps passer. Mais le temps s’en fout. Il passe quand même. Plus on s’approche de samedi, le jour du voyage, et plus je suis perdue. Je sais ce que je vais perdre, mais je ne sais pas comment ça va être sans elle. Ou même si ça peut « être » sans elle. Je n’ai jamais été sans elle. Et je ne veux pas être sans elle. Je ne veux pas qu’elle s’en aille. Mais que je veuille ou ne veuille pas…

Quelqu’un qu’on aime s’en va… Et on repense, le sourire au visage et les larmes aux yeux, aux beaux moments passés ensemble. On repense aux fous rires, aux disputes, aux conseils… On regrette n’avoir pas passé plus de temps avec cette personne qu’on adore et qui s’en va aujourd’hui. On regrette ne pas lui avoir dit tous les jours « je t’aime ». On se demande si on peut l’arrêter, l’interdire, la retenir. Mais c’est impossible. Demain, ma sœur s’en va.

Une seule chose me console. Je sais qu’elle va à la recherche de son bonheur. Qu’elle soit heureuse me réconforte. Et pour cette raison, je peux – peut-être- la laisser partir.
Alors si tu ne veux pas me voir pleurer, si tu veux que je te dise, avec un très grand sourire, comme hier, le mois passé, et l’année dernière « Non, tu ne vas pas me manquer », sois heureuse. Sois heureuse, combattante, forte, souriante… Parce que c’est comme ça que je t’aime. Et puis tu reviendras, belle, jeune, fraîche et encore plus forte, me raconter qu’une fois de plus tu as réussi. Je te demanderai, surprise et émerveillée, comment tu t’y prends. Tu répondras, comme tu as l’habitude de le faire « c’est moi… je suis lion ! ».

jeudi, juillet 06, 2006

Ce qu'on voit dans le ciel.


Ce soir, il a fait très beau… Pas trop froid, ni trop chaud : la température parfaite. Ce soir-la, même le ciel avait des choses à dire. Et la lune avait une couleur bizarre, mais vraiment très belle. Une couleur qui n’est pas la sienne normalement, mais qu’elle a choisi, ce soir-là, d’emprunter. Une couleur entre l’orange et le rouge. Je n’ai pas pu distinguer sa forme, elle ne formait ni un rond, ni un croissant. Rien qu’une tâche de couleur sur un drap noir.

Je t’ai attendu pour te la montrer… Tu étais quelque part dans la maison. Je t’ai attendu pour te montrer une très belle image, l’image de ce soir-la, tout en fixant la lune des yeux. Comme s’il suffisait de la fixer pour qu’elle reste. Comme s’il suffisait de la vouloir afin qu’elle ne disparaisse. Je t’ai attendu, pour mieux la regarder. J’ai pensé qu’à deux, elle serait encore plus belle. Puis tu es arrivé. Je me suis retournée un instant, le temps de t’appeler. Je me suis retournée une seconde, le temps de te la raconter. On se dirigea tous les deux, moi enthousiaste et toi ennuyé, vers la vitre. Mais elle avait déjà disparu.

Je suppose qu’elle voulait que tu sois un peu plus intéressé. La lune a raison. Il faut l’aimer assez pour qu’elle se laisse admirer. Il faut la respecter. Sinon, elle s’en va. Elle est orgueilleuse. Aime-la. Ou au moins, fait mine d’être ébloui. La lune est une femme. Et toi, les yeux endormis et la démarche nonchalante, tu n’aurais su l’apprécier.

Je ne sais si j’ai vraiment vu la lune ce soir-là. Mais j’ai surtout compris que ce qu’on voit dans le ciel est éphémère. Il faut savoir profiter du moment, parce qu’il suffit qu’on se retourne un instant pour que le ciel change de décor.
Ce qu’on voit dans le ciel ne dure qu’un moment. Il faut savoir en profiter, bien contempler la vue de la fenêtre, ne penser à rien… Car il suffit de se retourner… Et la lune est déjà partie.
On m’a souvent dit de profiter de la vie, de profiter du présent, sans trop me soucier de l’avenir, et sans laisser le passé me retenir. Avant ce soir, je n’avais pas vraiment compris. Profiter de la vie, c’est sans doute en faire une éternelle vue donnant sur le ciel.

mercredi, juillet 05, 2006

A perfect timing.


Certaines choses se passent au bon moment. C'est un Tres bon moment, tellement bon que ca fait peur. On se demande si l'on doit ceci au hasard, a une simple coincidence ou a une force surnaturelle. On se pose, certes, la question. Mais on la laisse tomber aussitot. Elle fait partie de celles auxquelles il est difficile de trouver une reponse satisfaisante et definitive.
L'ete dernier, j'eus des doutes sur l'existence de l'amour. Je n'y croyais plus. J'etais persuadee que l'Amour, en tant que sentiment superieur depassant obstacles et faiblesses, l'Amour des livres et des films, des reves et des histoires, n'existait pas dans la "vraie vie". Je me fis a cette idee, sans tristesse et sans grande deception, et j'acceptai persque ma constatation, determinee a vivre avec.
Dans une des bibliotheques de Paris, je choisissais des livres pour passer les vacances. Et une couverture attira mon attention. J'achetai le livre sans meme le feuilleter. Je lus, bien plus tard, "l'amour dans la vie des gens". J'avais trouve le livre au " tres bon moment".
Ce livre parlait - il est clair- de l'AAAmour. Et il reussit a me convaincre que l'amour est partout. On a tous besoin du support que procure l'autre. C'est peut-etre quand on s'attend a un conte de fees, a une passion continue et a la perfection qu'on passe a cote. Sinon, quand on comprend et accepte la realite de l'amour, on peut tous, et facilement, vivre une assez belle histoire. Parce qu'on cherche tous la meme chose. Certains le disent, d'autres pas, certains pretendent pouvoir vivre seul, d'autres enchainent des aventures vides.
Je n'ai pas voulu ecrire un texte enfantin et naif, meme pas un texte "spirituel" qui vanterait les bienfaits de l'amour... Juste une verite generale. Tout le monde s'aime. Ou plutot... peut s'aimer.
L'amour, quant a sa forme, peut varier. Et ses consequences, elles, peuvent etre negatives. Quant a son existence, je n'ai plus de doutes...

mardi, juillet 04, 2006

Le menage


Un jour ou l'autre, ce jour qu'on bouscule, ignore et retarde, il faut faire le menage: le menage dans sa tete, sa chambre, le menage dans sa voiture et le menage dans sa vie. Il faut trier les elements qui la constituent, jeter les saletes, garder le neuf ou simplement ce qui nous tient a coeur, il faut mettre de l'ordre afin de comprendre. Le desordre cache souvent ce qu'il y a de mieux. Et parmi des tonnes d'objets inutiles, on ne voit plus ce qui nous est vraiment necessaire.
J'ai donc decide de faire le menage. Et de commencer par la plus grande boite de tous, l'espace le plus vaste, la chambre la plus libre: la vie. Ma demarche peut sember illogique, maladroite et inversee. Il faut commencer par la boite la plus petite de toute me dit-on, comme un tiroir par exemple. Mais bon, je fais ce que je veux. Et c'est ma vie en generale qui, apres avoir ete ignoree pendant des mois, souffre d'un chaos total. Aujourd'hui j'ai le temps, je peux bien l'observer, la juger, la critiquer... meme si elle m'appartient.
Oui, aujourd'hui j'ai tout pose d'un cote. C'est une phase temporaire ou tout est en suspens, je refuse son ensemble pour n'accepter que les choses necessaires ou simplement jolies. Parce qu'il est difficile de gerer un "tout".
Mais la vraie raison de tout menage est que toute personne change ses gouts. Ou bien elle les decouvre pour la premiere fois. Elle se reveille un matin et decouvre que tout ce qui l'entoure ne lui ressemble plus. Alors elle deprime... ou elle se met au travail. C'est la seconde des deux solutions que j'ai choisi. Et vous?

lundi, juillet 03, 2006

Il suffit qu'elle soit unique.

C’est en buvant un délicieux café, sur une belle terrasse, avec une personne qui m’est chère, que j’eus une brillante idée. Je suppose qu’elle fut réellement brillante puisque je me rappelle –vaguement- avoir eu envie de rentrer sur le champ rien que pour pouvoir écrire mon histoire, cette histoire qui relancera –peut-être- une succession de textes créés par besoin et envie. Je pris le chemin du retour avec hâte, imaginant déjà les prochaines heures, assise confortablement dans mon lit, mon ordinateur sur les genoux, mes lunettes sur le nez, à relater quelque récit qui pourrait intéresser quiconque ou personne. J’arrivai évidemment à la maison et je créai le décor propice de mes moments favoris. Tout était là… sauf mon histoire ! Je l’avais oubliée… J’appelai alors mon ami, celui avec qui j’avais passé l’après-midi, mais il n’en savait rien. Je ne l’avais pas partagée avec lui. J’avais pourtant la certitude de l’avoir explicitée. Ca devait être encore un sale tour de mon imagination.
Peu importe… Un oubli d’histoire remplaça mon histoire qui devait être sans doute aussi banale que la vie de tous.
Une vie banale… J’ai souvent effacé, en appuyant avec insistance sur la flèche « delete » du clavier, un épisode qui racontait une journée sur la plage, un après-midi avec toi, une conversation nocturne au téléphone. J’ai souvent effacé des « bouts de vie » qui me semblaient tout à coup banals. J’ai souvent eu la peur, le manque de confiance, de partager des moments précieux qui semblaient ordinaires une fois écrits. Puis je t’envoie par texto qu’une vie ordinaire, c’est extraordinaire… Et je la retrouve, mon histoire… Ou bien une autre. Peu importe. J’ai retrouvé une histoire quelconque, une histoire banale, une histoire qui appartient à tous, j’ai compris pourquoi il la trouvait belle, cette fille que je n’avais pas remarquée avant de le connaître, j’ai compris pourquoi le petit Michel adorait les fraises que je pourrais bien remplacer par des cerises, j’ai compris –un peu- ce que mon père ressent à chaque fois que son avion décolle, ce qu’un footballeur peut ressentir quand il marque un but et tout le reste qui, pour moi, n’avait aucune importance… ou si peu.
Ce n’est pas grave si j’ai oublié mon histoire. Elle devait sans doute raconter un sourire, un regard, une promesse ou une glace. Toutes les histoires se ressemblent. Elles n’ont de sens qu’une fois vécues. Alors tu comprends maintenant pourquoi parfois j’ai envie d’être seule, sous le soleil, un livre entre les mains (même s’il ne sera jamais lu) ? Je repense à ces bouts de vie qui font ma vie, à des épisodes que je ne saurais raconter, à un bonheur qui se manifeste sans cesse, tantôt discret et tantôt imposant.
Et puis je raconte une histoire qui est la somme de toutes et qui englobe celle que j’ai oubliée, qui la dépasse, la transcende et la snobe pour devenir l’histoire des histoires, la somme de sentiments légers qui hantent nos vies.
Ce que je viens d’écrire est l’Histoire de moments anodins absolument hors du commun. Aucune vie n’est banale. Il suffit qu’elle soit unique. Et elle l’est toujours…

samedi, juin 24, 2006

En deux mots...

Pourquoi je n'ecris pas?
L'ambiance est plutot tendue en ce moment. Fatigue, ennui et une tonne de feuilles a lire pour lundi. Une mission impossible qui sera achevee a moitie. Meme pas. Peu importe. Ca passera. "Y a des jours comme ca", non? Et jeudi prochain tout ira mieux....
Alors je vous donne rendez-vous dans une semaine pour de vraies vacances. Et de nouvelles histoires a raconter. Contrairement a ce que je pensais, ce n'est pas dans les livres qu'on les puise. Et dehors, toute une vie a ecrire. Dehors, une vraie vie.
Alors j'attends cette date, cette "resurrection", cette "metamorphose" (c bien ca mane non?). Dehors y a vous, et c'est sur vous - comme dirait Anthony- que j'ecrivais (JADIS). Mais j'ecrirai pour vous aussi....
Alors a tres bientot...
Karen.

mardi, juin 20, 2006

Une conversation avec toi.

A G…

C’est fini… Je te l’avais bien dit. On regarde un peu en arrière, pas pour regretter, ni s’arrêter… Juste pour faire le point. On se retourne un moment, pour avoir cette vue d’ensemble qu’on n’a pas pu saisir au moment même. On en reparle, toi et moi, avec cet air nostalgique et philosophique qui nous rend, je crois, très ridicules. On en reparle juste pour pouvoir mieux avancer. On en reparle juste pour le plaisir. Les souvenirs ne sont jamais tristes, même quand la chose vécue n’est pas très gaie.

Alors on se pose un moment, dans cet endroit que tu connais si bien, on se pose au carrefour de nos chemins, du tien et du mien, on se pose fatiguées mais heureuses de pouvoir continuer la route, peut-être à deux, peut-être pas, vers cet ailleurs qui me fait déjà très peur.

C’est fini déjà. Oui, tu peux respirer. C’est fini maintenant. Tu as bien fait, je le sais. On reparle de chaque jour, chaque semaine, chaque mois. On parle des messages anonymes que je recevais sur mon blog, ces messages qui nous amusaient, on reparle d’un prof, d’un élève, des escaliers… On parle de tout, surtout de rien, juste pour parler et pour faire durer la conversation. On reparle des vacances et des examens. Ce fut long, ce fut pénible. Et dire que plongées dedans on ne s’en était même pas rendues compte. Je te reparle de cette année qui s’achève et qui fut peut-être la plus dure mais la plus riche de toutes. Je te reparle de ce que j’ai appris, du droit, de ces nouveaux amis déjà partis et je te parle de l’amour de ma vie…

Ce que j’ai appris ? Sans doute les mêmes choses que toi. Un peu moins quand même. Tu apprends plus et mieux… J’ai du fermer les yeux quelquefois pendant les cours, les ouvrir trop tard ou trop tôt. Et puis on n’apprend que ce qui nous plait. Alors on a retenu sans doute des notions différentes. On se complète. Sauf que toi tu saisis tout…

Ce que j’ai appris ? On apprend autre chose que les études à la fac. On apprend l’amitié, l’amour et la vie.

J’ai surtout beaucoup gagné. Surtout ton amitié.

Oui c’est fini. Ok, dans une semaine, ne me regarde pas comme ça ! Ce ne fut pas si difficile après tout… Pas si dur… Et ceci grâce à toi.

dimanche, juin 18, 2006

Qui a le droit d'etre triste?

La tristesse est un vice, avait dit Flaubert. Et tout le monde, avant et après lui, l’avait remarqué. La tristesse est contagieuse et personne n’aimerait en être atteint.
Mais la tristesse est aussi un droit dont certains usent… et abusent.

Qui a le droit d’être triste ?
Ce garçon qui refuse d’étudier et qui découvre surpris qu’il a échoué ? Cette fille qui pleure parce qu’elle a un kilo de trop ? Cet enfant égoïste qui n’aimerait pas partager son jouet ? Qui a le droit de pleurer ?
Qui a le droit de se plaindre ?
J’ai encore cette image de toi devant l’ascenseur de la fac… Cette image de toi qui pleurait. Je me souviens de toi. De ton petit chagrin. Et des soucis que tu te faisais. Et puis tu m’as dit que tu n’avais pas le droit d’être triste parce que la vie t’avait tant donné. Qu’il ne t’appartenait pas de pleurer parce que ton père avait tant supporté. Je me souviens de ces larmes que tu essayais de retenir, je me souviens de cet effort que tu faisais pour les cacher. Toi tu avais compris, que nous, on n’avait pas le droit de pleurer… Toi, tu sais être reconnaissante et la gratitude est l’une de tes plus belles qualités, une qualité que tu essaies de garder, même quand tu es vraiment fatiguée. On n’a pas le droit d’être triste. Mais peut-être, seulement, de respirer…
Qui a le droit d’être triste ? Cette fille superficielle furieuse de ne pas être sortie un samedi soir ? Le premier de classe jaloux que pour une fois on l’ait devancé ? Une petite fille qui n’a pas eu, comme toujours, par la force, les cris et les griffes, ce qu’elle voulait ?

La tristesse n’appartient pas à tout le monde… La tristesse est un droit qu’il faut respecter. Et beaucoup d’entre nous n’en sont pas titulaires. La tristesse n’appartient pas aux personnes que j’ai citées. La tristesse appartient à ce soldat trop loin de chez lui, à un prof consciencieux et fatigué que personne n’écoute, à un enfant laissé tout seul dans la rue…
La tristesse n’appartient pas à tout le monde. Alors réfléchissons avant d’être triste. Parce que la tristesse, il est vrai, est un vice.
Et souvent, le bonheur passe juste à coté.

mercredi, juin 14, 2006

Supporter la reussite.

J’ai eu l’occasion, dernièrement, d’observer la réussite de plusieurs personnes autour de moi. Celle-ci prenait des formes diverses. Elle se limitait tantôt à une bonne note et pouvait aller jusqu’à une excellente carrière professionnelle qui se dessinait. Définir la réussite n’a pas d’importance. Et ce n’est pas pour cela que j’en parle. Car celle-ci est subjective, elle peut concerner la vie amoureuse d’une personne, sa santé, ses relations sociales ou encore professionnelles. La réussite des autres n’est intéressante qu’au niveau de ses effets, ceux qu’elle produit chez la personne et la manière dont celle-ci affecte sa personnalite.

Pour certains, il n’est jamais question de réussite. Ce sont les éternels insatisfaits. Ceux qui réussiront toujours plus et mieux, parce qu’ils demandent toujours d’avantage. Tout le monde autour remarque leurs exploits. Et ils semblent être les seuls à ne pas s’en rendre compte. On admire leurs ambitions, leur force, leur courage. Mais on se demande parfois s’ils sont heureux.
Il y a ceux qui sont satisfaits. Ils savent évaluer leurs prestations sans se sous estimer ni se vanter. Ils représentent la catégorie intermédiaire. Les personnes « ordinaires » qui constituent la minorité et attirent le moins l’attention. On pourrait croire que tout le monde est ainsi. Mais tout le monde, souvent, n’existe pas.
Le troisième groupe est le plus intéressant. Parce que le plus pathétique. Les personnes qui en font partie croient toujours, de façon choquante et naïve, être les premières à avoir accompli tel ou tel acte. Elles ne savent pas, ou ne veulent pas admettre, qu’avant elles, et bien avant, d’autres personnes ont aussi bien – et même mieux- réussi. Elles ne comprennent pas que réussir de la sorte n’a rien d’exceptionnel et oublient que la vie est une éternelle évolution. Ces personnes-là ne supportent pas la réussite. Celle-ci dépasse leurs aptitudes et leur équilibre interne.
Je parle de cette fille qui croyait avoir impressionné le jury lors d’une interview parce qu’elle se trouvait belle, bien habillée et très cultivée. Elle en parla à tout le monde avant de recevoir les résultats… Cette même fille apprit, une semaine plus tard, qu’elle ne fut pas admise.
Je parle de cette personne trop fière d’avoir eu une bonne note et qui se laisse aller ne ressentant pas le besoin d’étudier pour les autres examens. Cette personne en parle partout, parfois trop fort, alors que tout le monde avait, comme elle, réussi.
Je parle de cet homme politique qui a toujours eu la soif du pouvoir et dont le savoir est très limité, cet homme qui est aujourd’hui bien plus sur de lui, arrogant et mal élevé car bien trop petit dans un très grand poste.

La réussite est une responsabilité. Elle est parfois difficile à supporter. Elle nécessite un minimum de modestie et une intelligence normale qui saurait la transformer en une énergie positive qui lui permettrait de résister aux atteintes diverses.
La réussite accidentelle ou passagère est un test qui a pour but d’évaluer une personne et de savoir si celle-ci mérite – ou supporte – la réussite à long terme.
La réussite appartient à tout le monde et diffère selon les objectifs de chacun.
Mais elle ne peut vivre que quand on est assez grand pour savoir la gérer. Sinon, elle nous gère. Et c’est à ce moment là qu’on échoue. Et cette fois-ci, à très long terme.

La meilleure ennemie de la réussite.

J’ai remarqué que ce sont les choses qu’on craint le plus qu’on réussit le mieux. Et ce sont les choses « d’habitude » qui nous jouent souvent un sale coup. On est habitué, on se sent en sécurité, on n’a pas peur de s’approcher, on a l’impression d’en connaître chaque version, chaque exemple, chaque trait… Mais on ne connaît rien- jamais- assez bien. On ne connaît personne. Et vaut mieux toujours considérer cet autre comme un étranger, tout prévoir, tout prendre en considération afin d’éliminer un risque quelconque de déception.
Ceci s’applique aussi bien sur les choses que sur les personnes. J’ai souvent mieux réussi à l’école les matières que je redoutais, celles que je trouvais difficiles que celles que je croyais simples. Car ces dernières finissaient par me trahir. Elles cachaient derrière un air innocent et naïf des subtilités complexes très bien dissimulees. Elles se moquaient de moi qui croyais bien les connaître.
Pour réussir dans la vie, il faut donc lutter sans cesse, être toujours en état de combattre, prêt à attaquer, à dévorer l’adversaire. Pour réussir, il ne faut jamais se sentir en sécurité. Et ne jamais se sentir trop proche, ou trop confiant.
La réussite aurait-elle pour ennemie l’intimité ?
Et en amour ?

lundi, juin 12, 2006

Parleras-tu de moi?

Tu décides de t’en aller. Tu décides de garder une trace. Une lettre qui expliquera peut-être tes silences, tes yeux tristes et ces secrets que tu gardes pour me protéger.
Tu décides de garder un souvenir de toi qui expliquera sans doute pourquoi tu étais là et pourquoi tu décides enfin de partir. Tu expliqueras les incertitudes de ton enfance, ces chagrins que j’ai su lire alors que tu essayais de les dissimuler, tu expliqueras tes peurs, ton envie d’évasion. Tu expliqueras surtout tes silences.
Tu as décidé de partir. Tu as décidé d’écrire pour qu’ils comprennent. Eux qui t’aiment tant mais qui n’ont jamais remarqué que tu pleurais. Tu leur dévoileras ta vraie personnalité et ce que tu avais dans le cœur pendant de longues années.
Tu leur raconteras tes dernières expériences. Tu leurs parleras peut-être de ce qu’on a vécu ensemble, du jour où l’on s’est rencontré, du zinc, du gallery, du 37… Tu leur parleras peut-être de samedi dernier…
Tu t’en vas. Tu écris. Tu racontes. Tu es enfin inspiré. Tu romps le silence. Tu respires. Tu cries. Tu pleures. Tu vis.

Parleras-tu de moi ?

vendredi, juin 09, 2006

Un musicien.

C’était le jour de mon anniversaire. Et je n’avais pas vraiment envie d’y être. A coté de moi les personnes que j’aime. Et surtout lui...
Je souriais presque malgré moi, pensant à des examens qui s’approchaient de plus en plus, d’un air hautain et vaniteux, tout en me mettant de plus en plus mal à l’aise. Je souriais malgré moi… Je devais être heureuse. Et je décidai de tout oublier le temps d’une soirée. Ils étaient tous là… Tous là pour moi.
Puis surgit de loin une douce mélodie, une chanson venue d’ailleurs, bercer mes peurs et mes soucis. Surgit de loin une voix à la fois douce et profonde, forte et fragile. Une musique surgit. Et ce refrain me fit délicieusement tout oublier.
Un musicien était venu chanter la vie des gens. Il jouait comme on vit. Il rythmait nos pensées, nos regards, nos sourires crispés, nos soupirs et des sentiments qu’on essayait de dissimuler.
Cet homme-là chantait et jouait. Cet homme là, avec des notes, tout dévoilait. Mais personne ne ressentait sa présence, comme si sa musique venait de je ne sais où, comme si c’était la voix naturelle d’une vie sans musique.
Le musicien jouait pour nous. Il nous rendait la vie belle, ne serait-ce que le temps d’une soirée. Mais on ne le regardait pas. On ignorait sa présence. Et on se demandait d’où venait cet air joyeux et vrai.
Un musicien, ce soir-là, nous avait tout donné. Un musicien m’avait donné ce qu’il savait faire le mieux. Sans que je ne puisse lui rendre ce merveilleux cadeau.
Alors je me contentai d’un pauvre regard, sachant avec orgueil que moi seule l’avais remarqué, je me contentai de l’apprécier.
Sa musique ne s’arrêta que très tard dans la nuit. Et il quitta doucement, aussi doucement que quand il est arrivé. Il quitta et la musique s’arrêta. Mais bien sur, personne ne le remarqua.
Sa musique ne s’arrêta que très tard dans la nuit. Mais j’ai parfois cette impression bizarre et incertaine de pouvoir encore l’écouter.
Peut-être qu’avec la musique il m’avait donné… la plus belle version de la vie.

jeudi, juin 08, 2006

C'etait il y a quinze ans.

Ce matin, j’ai eu une conversation avec une personne que l’amour avait abandonnée. Ce matin, j’ai eu une conversation avec quelqu’un qui avait peut-être abandonné l’amour. Et qui disait qu’il avait opté pour l’amitié, sa sœur jumelle. C’est son avis, certes. Mais cette vision des choses ne correspond pas à mes expériences (très limitées).

J’ai toujours dit que l’amour était partout. Je fais partie de ceux qui aiment. Parce que tout le monde aime, tout simplement. Mais c’est de l’amour que l’on éprouve envers sa famille et ses amis que je parle, ce que j’appelle « l’amour simple ». L’amour compliqué qui unit deux personnes et qui résiste au temps et aux difficultés diverses est, par définition, très compliqué. Et je ne saurais, en ces quelques lignes, en parler.

Il y a un moment, un instant, un jour, une nuit où l’on remet en cause sa vie. On se demande ce qu’on a fait jusqu’à ce jour, ce qu’on aurait voulu faire, ce qu’on a eu peur de dire, on repense à des endroits visités, des personnes rencontrées, des amis disparus, on repense à une plage où l’on a passé son enfance, à une cour de récré. Et c’est sur cette dernière image je me suis attardé. Une image de toi. En rose. Une image de nous. On avait cinq ans. C’était il y a quinze ans.

Je n’aime pas ces moments où l’on repense son existence. Trop de choses nous bouleversent. Il faut alors trier, rejeter, accepter, admettre et essayer de ne pas regretter. Certaines stations attirent notre mémoire en particulier. On en refoule d'autres. Le passé est parfois le pire ennemi du présent. Mais ces stations d’hier ont quelque chose en commun. Ces stations d’hier portent toutes le même nom, le tien. J’ai quelquefois oublié que tu as toujours été là. J’ai quelquefois cru à tort grandir et me détacher des liens de la vie. J’ai cru à tort que la force que l’on acquiert à travers les années nous dispensait de l’intensité de l’amitié. J’ai cru à tort, quelques minutes lâches et fragiles face aux années, pouvoir vivre sans toi.

Aujourd’hui est un de ces jours où je repense mon enfance. Et je te vois partout. Tu as traversé avec moi mes quinze dernières années. Tu as supporté mes erreurs, calmé mes peurs et ensemble on a tout partagé. Je me souviens d’un serpent à sept ans, d’une chanson à dix, d’une loi à douze, je me souviens de tes premières amours, de tes anniversaires successifs... Je me souviens de tout. Je me souviens de ta voix qui me rassurait alors que je défilais, incertaine, sur un podium glissant et pathétique. Je me souviens de tes conseils.

C’est vrai qu’on a grandi. C’est vrai qu’aujourd’hui on a beaucoup changé. Et que je n’ai pas vraiment envie de grandir. Mais je réalise combien tu as été là. Je réalise à quel point l’amitié est importante dans la vie d’une personne. Si tout est éphémère, l’amitié, elle, est la plus grande source de stabilité et de bonheur.

Alors on grandit, volontairement pour certains ou comme moi, avec ennui. Tout change. Presque. Parce que certaines choses dans la vie sont, heureusement, inchangeables. Comme toi… Et pour toi j’essayerai de ne plus changer.

lundi, juin 05, 2006

Et si c’était simplement… impossible ?

Il suffit, dit-on, de la bonne recette pour réussir : un peu de volonté, du courage, quelques heures de sommeil en moins, de la force et surtout de la patience. Il suffit de la bonne recette, et tout se passera comme prévu. Pas vraiment comme prévu. Bref, comme souhaité. Comme s’il suffisait d’un bon mélange pour réussir ce qu’on tente d’achever pour la première fois. La chance du débutant ? Tu parles…

Il suffit, dit-on, de patienter quelques quatre semaines pour que la vie recommence. Comme s’il était facile de tout suspendre quand on a tellement de vie dans les veines. Comme s’il était facile de mettre « on hold » notre envie de vivre. De vivre vraiment. « On » ne comprend simplement pas que c’est dur de jouer le rôle de la mort. « On » ne comprend pas que ces quatre semaines font vraiment mal. Et qu’il y a des moments où l’on a besoin d’abandonner.

Il suffit, dit encore « on », de s’organiser. Mais comment organiser la discorde qui est par définition le chaos total. Comment organiser des cours entremêlés que l’on fait mine de comprendre, juste pour être bon joueur ? Et combien de temps dure la comédie ? Et si elle reprenait son sérieux et décidait de reprendre sa forme initiale (l’incompréhension) juste avant le « grand moment », le jour des exams ?

Il suffit, dit-on, de bien vouloir étudier. Il suffit de saisir « la logique des choses » (la logique ?!). Parce qu’il est facile de donner des conseils, mais bien plus dur de refuser le soleil.
Et si c’était simplement… impossible ?

samedi, juin 03, 2006

Que ceux qui aiment la poesie et la musique ecoutent "grand corps malade".

Quand on perd ses valeurs.

Quelles sont vos valeurs ? Chaque personne a ses valeurs. Toute personne a des valeurs. Elles naissent et grandissent avec elle. Elles guident ses actions, stoppent parfois ses mouvements et réactions, empêchent ou poussent à agir, rassemblent et séparent. Les valeurs caractérisent la personne qui les adopte. Elles en font quelqu’un de bien ou d’ordinaire. L’absence de valeurs influence également le caractère. Certains ont pour valeurs l’amitié, la fidélité, l’amour. D’autres n’en ont pas. Ils ne risquent pas d’être déçus. Et je les envie aujourd’hui.

Je ne me souviens pas quand elles sont nées en moi. Le jour de ma naissance ? Juste après ? Bien après ? Quand naissent les valeurs ? Y a-t-il un moment où l’on se dit : « A partir de ce matin je serai généreux, heureux, poli, aimable, serviable et honnête ? » Je me souviens d’avoir décidé il y a quelques années d’être gentille avec tout le monde, même avec ceux que je n’aimais pas. Pour respecter mes « valeurs », je reformule ma phrase : Je me souviens d’avoir décidé il y a quelques années d’être gentille avec tout le monde, y compris ceux dont les intérêts ne rencontrent pas les miens. Je me souviens aussi d’avoir oublié ma nouvelle valeur-résolution aussitôt décidée. On ne décide donc pas ses valeurs.

Les vraies valeurs sont donc attachées et confondues avec la personne. Elles constituent l’être, le forment. Elles SONT la personne. Les valeurs sont celles qui sont tellement naturelles qu’on ne remarque pas leur existence. On croit que c’est la seule façon de vivre, et que tout le monde, comme nous, agit de la sorte. Les valeurs naissent alors au même moment que naît la personnalité de l’individu. Ce même jour où il se socialise, où il choisit, refuse, adopte, rejette, accepte, grandit.

Moi aussi j’ai une personnalité. Moi aussi j’ai des valeurs que j’ai vues grandir en moi. J’ai idéalisé certaines personnes au point de vouloir grandir et leur ressembler. J’ai tellement embelli les choses que tout défaut me perturbe désormais. J’ai pris inconsciemment leurs valeurs. J’ai volé machinalement leurs principes, je les ai appropriés, et j’en ai fait des règles sacrées à respecter. Elles n’étaient pas nécessairement les meilleures qui soient, mais celles qui correspondaient à mon évolution. Et j’ai vraiment cru que c’est ainsi que tout le monde était.

Puis un jour, par hasard, je découvre la disparition de ces qualités qu’elles avaient. Ou que je croyais voir en elles. Je ne sais pas si j’avais tout inventé dès le départ ou si effectivement, leurs valeurs n’existent plus aujourd’hui. Dans les deux cas, que deviennent les miennes ? A quel sort sont-elles vouées si je ne reconnais plus leur source ou si leur raison d’être n’existe plus ? Perd-t-on ses valeurs ?

Que faire quand on n’a plus de valeurs ? Envier ceux qui n’en avaient pas dès l’origine puisqu’ils ne souffrent pas d’un changement quelconque qui puisse les affecter ? Envier ceux dont les valeurs sont immuables et qu’un vent violent ne saurait faire frissonner ? Comment faire pour les rattraper alors qu’elles courent si vite, comment faire pour en adopter d’autres alors même que l’envie d’en avoir nous manque ? Que faire quand on a besoin de vivre désormais sans valeurs ? Je n’oserais dire que, comme eux, j’ai besoin de perdre tout ce qui rend l’homme supérieur, ou du moins, spécial. Je n’oserais dire que comme tous ceux que je connais, j’ai besoin de me « déshumaniser ». En n’osant pas, je l’ai peut-être dit. En n’osant plus, j’ai prouvé qu’elles sont vraiment parties.

Je croyais que l’évolution, à travers l’âge, la connaissance, le savoir, l’expérience et l’échange, faisait naître en l’homme des tendances idéales. Je remarque déçue que plus on grandit, plus on perd l’envie de grandir et cette si belle vision des choses qui nous paraissait si vraie, si douce, si belle mais qui s’avère aujourd’hui si erronée ! Plus on grandit, et plus on n’arrive plus à toucher cette « presque perfection » de la jeunesse. Plus on grandit et plus on remarque que nous les jeunes on sait bien plus, bien mieux, que les « grands ».

Je regrette ces moments où je croyais que les autres savaient plus ou mieux. Je regrette ces moments où je n’ai su profiter de l’amour, la fidélité, l’amitié. Je croyais que les valeurs pouvaient, comme moi, s’épanouir et se transformer en quelque chose de splendide et d’éternel. Je n’ai pas compris que tout était là. Et que plus le temps passe, plus on perd ses valeurs.

Les valeurs n’appartiennent qu’à nous, les jeunes. Alors profitons du peu qui nous reste. J’ai perdu la grande majorité des miennes. Il m’en reste une ou deux. Et je sais qu’elles disparaîtront aussi. J’ai voulu écrire un texte heureux. Mais j’ai perdu cette valeur qui me chuchotait qu’il faut propager le bonheur et oublier le malheur. J’ai voulu écrire un texte vrai. Et je l’ai fait. Les valeurs, elles aussi, sont mortelles. Elles naissent magnifiques et s’éloignent doucement au fur et à mesure que nous découvrons la vie. Elles sont peut-être incompatibles. La vie… Et les valeurs.