dimanche, avril 30, 2006

Ou es-tu?

Tu t’absentes pour quelques jours et je sens le poids de quelques années. Je m’enferme dans ma solitude même au milieu du bruit et de la foule. Je cherche ton regard parmi ceux que je ne reconnais plus. Je cherche ta voix parmi des cris qui ne m’intéressent plus. Je me cherche moi-même, je me suis perdue depuis que tu es parti. Ca me soulage, étant perdue, il leur serait plus difficile de me retrouver. Je ne veux pas être retrouvée encore. Je t’attends.

Où es-tu ? Je m’ennuie de tout, des études, des livres, de tes lettres, du temps, des amis et de la vie. Je dors pour que ça passe, je m’occupe à faire des choses inutiles et je pense à toi. Je te cherche dans mes souvenirs et dans mes rêves. Mais tu n’es pas là. Je remplis mes journées mais elles demeurent fades. Alors, je t’attends.

Où es-tu ? Reviens vite. C’est bête la vie sans toi. Le temps se fait lourd, les nuits trop longues et le silence dur. Plus dur que ces mots qu’on murmure parfois, et aussi dur que ton absence. Un silence qu’il m’est impossible de remplir. Je déteste ce qui te retient. Je me sens égoïste mais c’est à cause de toi. Tu t’es fait indispensable à ma survie. Et je te cherche tout en sachant que je ne puis te retrouver. Pas encore. Je te cherche et je sais où tu es. Reviens vite. Je ne te l’ai pas dit… Mais je crois que tu sais que je t’attends.

samedi, avril 29, 2006

Le gris.

Le temps a une très grande influence sur l’humeur de la personne. Il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, la température nous convient et on a tout à coup envie de sortir, de bouger, de rire, de parler… On se sent plus ouvert, plus heureux et plus sociable. Le mauvais temps nous rend paresseux. Il pleut dehors, le ciel est gris, et on préfère rester au lit… Bien sûr, certaines personnes sont stoïques face aux changements du temps, de saisons, de température. La nature n’affecte en rien leur caractère, et celle-ci ne peut en aucune façon bouleverser leur manière d’être, ni positivement, ni négativement. Ils ont dépassé le niveau matériel et même celui des sentiments « légers ».

Je suis de ceux qui trouvent leur bonheur dans les choses simples de la vie : dans un sourire, une glace, une bonne note, une promesse, le vent sur mon visage, une belle chanson sur la radio, une conversation profonde et… le temps.
Il faisait très beau aujourd’hui. Très gris mais très beau quand même. Je ne puis l’expliquer. Moi qui aime le bleu intense du ciel, les couleurs pastel et la chaleur du soleil. Assise près de la fenêtre, j’humai l’air qui y pénétrait avec un bien-être indescriptible. J’entendais vaguement les explications du prof, je crois même qu’il m’a posé une question, mais cela n’avait point d’importance. J’étais en harmonie avec la nature. Je sentais qu’elle ressemblait à mon humeur du jour, qu’elle me comprenait, je ressentais le besoin de communiquer avec elle, ne serait-ce qu’en la regardant, en l’admirant et en remarquant chacun de ses mouvements. Tous les bruits autour de moi me semblaient pathétiques. Et dehors, ma meilleure amie.

Le gris n’est pas si laid après tout. Si l’on arrive à l’accepter. Il peut être décevant quand on aime les couleurs à caractère comme le blanc et le noir. Mais une fois la réalité acceptée, le gris paraît comme étant la couleur la plus sincère de toutes. Il traduit la vie comme elle l’est vraiment. Un mélange maladroit qui finit par donner une image pas très esthétique mais surtout très réelle. Il est direct, spontané et ne fait point de promesses, contrairement au blanc trop optimiste. Il ne fait pas perdre l’espoir comme le noir. Il nous fait juste réaliser cet équilibre si bien illustré par le ciel d’aujourd’hui.

Je redoutais la fin de l’heure. La vue était si belle de ma fenêtre. Je voulais plus. Je regardai alors intensément à travers la vitre, peut-être que le ciel me remarquerait. Mais le gris est très neutre. Il sait garder ses distances. Il s’est montré très professionnel. Il ne m’a pas dit les mots jolis que sait si bien dire le ciel bleu, ni les mots amers du ciel d’hiver. Il m’a juste regardée indifféremment… Et ça m’a plu.

Le gris me ressemblait beaucoup aujourd’hui. Et je me suis collée à lui. On se comprenait. On n’était pas triste, mais pas très heureux non plus. On a résumé une vie, et ça a donné quelque chose d’incertain qu’on obtient en mélangeant le blanc et le noir. Il me quittera peut-être demain. Mais il ne serait pas infidèle pour autant. Il ne m’a rien promis. Et après tout, peut-être que c’est au bleu que je ressemblerai alors.

vendredi, avril 28, 2006

"Je me sens ordinaire".

“Je me sens ordinaire”. C’est ce qu’elle m'a dit. C’est littéralement la phrase prononcée par la fille la plus brillante que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Une fille de celles qui ont trop pris l’habitude de réussir. Je pris un air surpris, puis révolté et ensuite compréhensif. Comment pouvait-elle se plaindre ? N’avait-elle pas toujours eu les meilleurs résultats ? N’avait-elle pas aussi bien réussi sur le plan social qu’universitaire ? Que voulait-elle de plus ? Et puis... Comment pouvait-elle me le dire à moi, moi qui avait si « ordinairement » réussi ?!

« Je me sens ordinaire » m’a-t-elle dit. Cette fille si brillante… Elle voulait toujours plus. Parce qu’il ne lui suffisait pas de bien réussir. Elle voulait se surpasser, transcender ses aptitudes, prouver qu’elle pouvait mieux faire, non pas aux autres – elle s’en foutait- mais à elle-même. Elle m’a expliqué que c’était une course personnelle qui avait pour but de mettre sur papier et d’offrir à la vie tout ce qu’elle possédait comme qualités, intelligence, savoir-faire, talent et sensibilité. Elle pouvait faire mieux. Elle pouvait faire plus. Et peu importe si elle avait réussi aux yeux des autres.

Elle m’a dit qu’elle aurait préféré être mauvaise, voire nulle. « Au moins, de cette facon-là, on se fait remarquer » a – t- elle dit. « Ou alors excellente ». Etre bien ne veut rien dire. Qu’avait-elle fait ? Elle a eu une très bonne note me direz-vous. Mais beaucoup de personnes l’ont fait avant elles. Et celles-ci n’ont pas mieux réussi dans la vie pour autant. Certaines d’entres elles sont même passées inaperçues, et leurs copies n’ont servi qu’à décorer les murs d'une maison toujours très vide.

Après mon regard surpris et révolté, je pris un air compréhensif. Elle avait tout à fait raison à mon avis. Il fallait laisser une trace personnelle sur le chemin que nous suivons. Une trace qui reflétera la personnalité propre et unique de chacun. Elle sera tantôt le reflet d’un sens de l’humour et tantôt celui de l’excellence. Elle gardera le souvenir d’une personne douée dans ce qu’elle fait ou vraiment très nulle, pourvu qu’elle soit exceptionnelle.

A propos de la fille qui se plaint d’être très ordinaire : il ne faut surtout pas la croire. Elle est très spéciale, sans s’en rendre compte. Elle cherche toujours quelque chose. Ce quelque chose qu’elle trouvera, quoiqu’il soit (elle est de ceux qui trouvent ce qu’ils cherchent). Peut-être qu’elle l’atteindra trop tard, et je l’espère pour elle car « tout ce qui est atteint est détruit » (Montherlant). Elle se sent perdue, elle se sent fragile, mais dans sa tristesse et son désespoir, elle se fait si bien remarquer. Elle se croit ordinaire, c'est vrai... Peut-être qu'elle manque simplement de lucidité. Car croyez-moi, elle brille à sa facon. Et elle avait réussi à laisser sa trace personnelle... dans mon coeur.

mercredi, avril 26, 2006

J’aime la nuit.


C’est vers minuit que je commence à respirer. C’est à cette heure-ci que je profite du sommeil des autres pour me réveiller. Je jette dans un des coins de ma chambre ce que je devais faire, jusqu’à cette heure, par obligation. Je retrouve le monde de la nuit précédente, mon monde à moi, mes livres, ma musique et le son de ta voix. Je retrouve mes pensées, mes faux jugements, le calme de la maison, et l’intensité du moment. Je suis en harmonie avec la nuit.

J’ai toujours aimé ces moments-là. Loin du bruit, du chaos et de la discorde, je saisis la profondeur de la nuit pour vivre. Je la respire, je la respecte, je la vénère, je la vis. Il y a ceux qui se couchent tôt pour se réveiller en forme de bonne heure. Ils vivent avec le soleil et n’ont jamais été séduit par le charme mystérieux de la lune. Il y a ceux qui savent vivre. Qui ne dorment que très tard dans la nuit, parce qu’ils ont de très belles choses à faire. Ils se réveillent tard aussi s’ils sont très paresseux, ou très tôt, la mine déconfite et les cernes sous les yeux, parce qu’ils doivent se rendre à la fac ou au travail, regrettant les caprices de la veille. Mais ils referont la même chose ce soir aussi. La nuit est leur royaume.

J’aime la nuit, je lui fais confiance. Elle me rend plus spontanée, plus sincère et plus directe. Je t’appelle. Et on se dit ce qu’on n’aurait jamais osé se dire en plein jour. Le noir est notre complice, on se sent fort, protégé des gens et de leurs critiques, on se sent en paix, dans l’intimité d’un décor sombre.

J’aime la nuit. Elle se moque de moi mais je l’aime quand même. Elle m’a fait croire que tu m’aimais, elle m’a fait croire à tes promesses. Elle me raconte des sottises qu’elle reniera au lever du jour, elle me fait des cadeaux qui ne sont pas les siens à donner, elle me fait croire que je suis en sécurité. Mais dès que j’aurai les yeux fermés, elle me laissera seule, comme tous les jours à l’aube. Elle me laissera seule quand j’aurai besoin d’elle : quand les autres seront réveillés.

J’aime la nuit surtout parce qu’il l’aime. Il rentre de voyage, et ensemble, dans un silence religieux, on se chuchote des confidences. On apprend à se connaître. Souvent sans rien dire. Rien que pour écouter la nuit. Mon père et moi, on aime la nuit.

La nuit se moque vraiment de moi. Je l’ai déjà dit. J’écris à cause d’elle n’importe quoi. Je le regretterai demain matin, j’en suis sûre, une fois ma raison regagnée. Mais ce sera déjà trop tard, je ne suis pas la seule à aimer la nuit, et ceux qui sont comme moi auront déjà lu mes bêtises. Mais ils saisiront la raison de cette maladresse. Ils l’apprécieront aussi peut-être, plongés dans la même ambiance, celle de la folie nocturne.


Alors, vous qui vivez sous le soleil, qui menez une vie raisonnable et qui profitez de la nuit pour dormir, soyez indulgents, essayez de nous comprendre.
« Nous avons des nuits plus belles que vos jours » -Racine-.

jeudi, avril 20, 2006

La jeunesse.

On la porte comme une femme belle, très belle, ignorant naïvement sa beauté. On la porte comme cette femme si sensuelle, qui ne se rend même pas compte des regards posés sur elle. Cette innocence qui la rend encore beaucoup plus belle…

On la porte comme un enfant qui se fait des soucis qu’il croit grands comme le monde, parce qu’ils sont difficiles à supporter à son âge, ces mêmes soucis qui le feront rire plus tard.
On la porte comme une fille timide dans la cour de recréation qui fait mine d’être très occupée pour ne pas avoir à affronter l’amitié.

On la porte comme une force, comme une espérance, comme un rêve. On la porte sous forme de projets, d’ambitions, de décisions et de travail.

On est jeune… On a vingt ans. On est très beau à cet âge-là. On veut être, on veut exister, tout est possible…On veut critiquer le monde, le réformer, on le regarde d’un air parfois trop fier, le nez haut et la démarche trahissant une indifférence propre aux jeunes de notre génération. On la porte sous forme d’orgueil, on veut imaginer le monde à notre façon, on se croit unique et parfait comme la rose fragile du petit prince qui n’avait que quatre épines pour se protéger et qui ignorait l’existence de champs de roses tout à fait semblables.
La jeunesse. On la porte qu’on le veuille ou pas. Devant nous le temps, le futur et la possibilité. On ne subit pas encore notre destin, on le crée. On aimerait bien faire des promesses, mais on ne sait pas encore ce que la vie nous cache. On aimerait garantir un fait, mais l’avenir ne veut rien dévoiler. On se prend parfois trop au sérieux, mais en réalité on a encore un cœur d’enfant qu’il faudrait essayer de garder.


J’aimerais bien te le dire, te le promettre, te le garantir. Mais je suis jeune. Et demain matin je ne saurai pas le faire non plus. Pas même celui d’après. J’aurais voulu tracer avec toi un chemin. Mais je ne connais que mon passé. Tout ce qui suit est encore en construction. Je ne peux te parler que de mes souvenirs. Tout ce qui reste sera l’œuvre du destin, de la chance, des choix que j’aurai à prendre, du temps, des personnes que je vais rencontrer… et de la vie.


Parle-moi de ton passé, parle moi de tes amours, de tes souvenirs, du jour où tu m’as dit que tu avais froid, parle-moi de ton enfance, du garçon qui te faisait pleurer quelque fois, parle-moi de ta mère, cette femme si belle que je vois parfois, parle-moi de tes échecs, tes succès je les connais par cœur, parle-moi de tes amis, je les aime autant que toi, parle-moi de mon sourire, de mes yeux que je vois dans les tiens, parle-moi de tes rêves et dis-moi ce que tu n’as dit à personne. Parle-moi de la mer, peut-être que tu l’as vois différemment, parle-moi de toi, je ne veux pas que tu t’en ailles déjà. Parle-moi de tout, dis moi n’importe quoi, mais surtout ne t’en va pas. Fais-moi croire que je suis unique, un peu comme la rose naïve du petit prince. Ne me laisse pas voir les champs. On peut encore être ensemble. Raconte-moi un secret, quelque chose que je serai seule à porter, donne moi un indice, un coté caché de ta personnalité, tiens-moi la main, raconte-moi des histoires, fait moi rêver. Laisse-moi connaître ce que tu sais déjà, donne-moi ton passé puisque ton avenir tu ne le possèdes pas, parle-moi d’hier puisque je n’y étais pas, marche avec moi aujourd’hui, puisque demain est inaccessible, serre-moi contre toi, j’ai peur de ce qui va suivre. J’aurais voulu que mes jours ressemblent à ce soir-là. Mais on est jeune. Et peut-être demain on grandira.

mercredi, avril 19, 2006

Elle pleurait de perfection. Son journal me l'a dit.

Voici l’histoire d’une personne qui n’avait pas le droit de se plaindre. Cette personne était la seule à pouvoir se considérer complète. En effet, elle peut objectivement affirmer, sans orgueil et sans prétentions, avoir tout réussi, sans mêmes susciter les rires et les moqueries. Je ne vais pas vous dire qu’elle était belle, la perfection avait de loin dépassé ce stade. Je ne vais même pas parler de sa carrière, quand on est si parfait, ce n’est qu’un tout petit détail parmi tant d’autres. Je vais parler du coté cœur, ce sujet qui intéresse tout le monde, aussi bien les enfants plongés dans leurs contes de fées que les machos qui vantent leurs conquêtes. Je vais parler de sa vie de couple, qui a fait beaucoup de jaloux dans les parages, je vais parler de sa relation qui a fait l’objet de tant de paris, et qui a fait gagner ceux qui ont juré qu’elle durerait éternellement- sinon très longtemps. Une histoire d’amour qu’on cherche, qu’on travaille, qu’on espère, qu’on décrit… qu’on craint. L’amour est si beau. Mais comme toute chose belle, il fait peur. Il faut savoir être à la hauteur. Et avoir dans notre tout petit cœur, une place pour un autre… Cet autre qui prend parfois un peu trop de place !




Sa vie compliquée et son emploi de temps très chargé laissaient juste le temps nécessaire d’avoir quelqu’un dans sa vie. Quelqu’un DANS sa vie. On rentre vraiment dans votre vie en amour. On la perturbe parfois. Nos vielles habitudes ne sont pas toujours compatibles avec l’AAAmour. Son ancien mode de vie était oublié, sinon rangé dans cette boite noire si utile (encore une fois : l’Inconscient). Elle ne se rappelait que rarement des soirs ou elles sortaient avec ses copines en boite, rien qu’entres filles, et ou elles dansaient sur le bar jusqu’au petit matin. J’entends déjà vos critiques !! C’était une fille bien, il ne faut pas la juger si rapidement. Disons qu’elle avait bien profité de la vie. C’est tout. Elle avait connu des hommes avant lui. Beaucoup. Plus que vingt. Moins que cent. Beaucoup d’entre eux sont mêmes tombés amoureux d’elle. Elle était jeune, belle, élégante, profonde. Je n’ai pas voulu parler de sa beauté pour assurer la profondeur de ce texte qui se situe au niveau d’un organe responsable de tous les sentiments destructeurs et détaché de tout ce qui est superficiel, mais sa beauté est un fait. Un fait non négligeable qui a contribué – il faut le dire- à sa perfection. Les hommes défilaient dans sa vie, sans la retarder. Elle avait des projets, et ses projets dépassaient leurs horizons. Elle rêvait d’un autre monde, d’autres pays, d’autres cultures. Parfois d’une autre vie. Elle avait atteint, plus tard, la perfection. Ce point ou l’on sait que plus rien ne peut changer pour le meilleur. Ce moment dans notre vie où l’on ne peut que détruire. Ou rester. Plus jamais avancer. C’est vers ce point que l’on dirige nos efforts. Mais il parait qu’une fois arrivé, ça fait mal. Très mal. Elle a donc atteint la perfection. Ce ne fut pas un cadeau du ciel. Si c’est un bonheur, elle l’avait mérité. Elle avait beaucoup travaillé dans sa vie pour atteindre ce stade. Elle était reconnue désormais pour son élégance, sa gentillesse, sa modestie et son succès. Sa plus grande victoire était d’avoir pu trouver du temps et de l’énergie à consacrer à l’amour.


Tout était si parfait. Dîners romantiques, boites et soirées télé. Il était beau, elle était belle, et ensemble ils faisaient rêver. Ils faisaient les boutiques ensemble, et parlaient aussi bien de leur avenir que du passé. Leur passé n’était pas commun, mais de leur avenir ils pouvaient décider. Que vouloir de plus quand on a la santé, l’amour et qu’on peut choisir- éventuellement- la famille. Que demander quand on a exactement ce qu’il faut pour être deux. C’est une très belle histoire à raconter. Mais on comprend mal pourquoi ses héros sont révoltés. A entendre, cette histoire dessine un sourire sur les lèvres, fait briller les yeux et battre le cœur. A vivre, il parait que c’est dangereux. Elle n’a pas accepté d’en dire plus. Quand on est parfait, on ne dit que le juste nécessaire. La perfection n’englobe pas le bavardage. Elle savait donc être discrète. Sa vie était bien meublée, et ses meubles bien disposés. Mais on m’a dit qu’on l’a vue pleurer.


Je n’ai pas compris comment, plongé dans la perfection, on pouvait ressentir du chagrin. Et comment on pouvait pleurer. De joie me dit-on. Mais ce n’est pas possible. Car être parfait suppose même être stoïque, ce qui veut dire que les faiblesses, positives soient-elles, ne sont pas possibles. De tristesse ? Ce ne serait pas la perfection. La perfection était donc, par élimination, une source de chagrins. J’ai trouvé dans son jardin, un journal intime. Je l’ai ouvert en cachette. Et oui... je ne suis pas parfaite. Et curieuse comme pas possible. Mes mains tremblaient de maladresse. Je suis tombée sur une page, qui justifiait son chagrin. Je l’ai recopiée avec hâte pour pouvoir vous la raconter.




« Cher journal,

Je rentre chez moi comme tous les soirs, après avoir réussi ma journée.
J’ai été applaudie au travail, et j’ai trouvé le bus qui me convenait,
Je rentre chez moi à la même heure, sachant que chez moi on m’attend,
Mon amour sera rentré, et il m’attendra impatiemment.
Je lui raconterai ma journée, et je lui dirai que je l’aime,
Que depuis qu’il est là, ma vie n’est plus la même,
Je lui ferai des promesses, et j’écouterai ses mots doux,
Il me dira que je suis sa princesse et que de moi il devient fou.
Ma soirée ressemblera à toutes celles,
Qui avant ce soir me rendaient la vie belle,
Je suis atteinte de la perfection,
Et je me plains de cette solution.
La perfection est sans doute un vice,
Qui fait de moi une personne malade d’ennui,
Car mon cas est grave cher ami,
Puisque ma volonté est sa complice.
Ensemble elles envahissent mes nuits,
Ensemble, elles harmonisent mes jours,
L’erreur, la bêtise et la folie,
M’ont abandonnée pour toujours.
Et je pleure ma vie,
Et je pleure mon paradis,
Comme on rit de ses faiblesses,
Comme on se moque de son ivresse
. »






Je refermai son cahier en silence, et je retrouvai ma vie perturbée. Ce soir, je la regardai d’un air différent et la remerciai d’être si désordonnée. Je l’interdis de se faire belle, elle me convenait parfaitement comme elle était. Je la défendis de devenir raisonnable, sa folie m’attirait. Je regrettai au fond de moi, la vie de cette personne si parfaite. Décidément, qui aurait cru avant ce soir-là que la perfection pouvait causer des ennuis ? Je tacherai dans le futur, pour ne pas changer mes habitudes, de chercher ennuis et problèmes afin d’éliminer toute possibilité de pleurer de perfection. Mon journal n’aura pas à me consoler. Je vous le jure, jamais parfaite je ne serai.

Paroles de grand corps malade- rencontres. ps: ces paroles ne st pas les miennes. Elles forment une des chansons de "grand corps malade".

C’était sur une grande route, j’marchais là d’puis des jours Voire des s’maines ou des mois, j’marchais là d’puis toujours Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient Un ch’min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie Evidemment j’étais pas tout seul, j’avais envie d’faire connaissance Y’avait un tas d’personnes et personne marchait dans l’même sens Alors j’continuais tout droit mais un doute s’est installé Je savais pas c’que j’foutais là, encore moins où j’devais aller Mais en ch’min au fil du temps j’ai fait des sacrées rencontres Des trucs impressionants, faut absolument qu’j’vous raconte Ces personnages que j’ai croisé c’est pas vraiment des êtres humains Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main Tout d’abord sur mon parcours j’ai rencontré l’innocence Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d’expérience On a marché un p’tit moment, moins longtemps que c’que j’aurais cru
J’ai rencontré d’autres éléments et l’innocence a disparue Un moment sur mon ch’min, j’ai rencontré le sport Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès d’qui tu d’viens fort Pour des raisons techniques on a du s’quitter c’était dur Mais finalement c’est bien comme ça, puis l’sport ça donne des courbatures J’ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux Elle prétendait qu’avec les mots on pouvait traverser les cieux J’lui ai dit j’t’ai d’jà croisée et franchement tu vaux pas l’coup On m’a parlé d’toi à l’école et t’avais l’air vraiment relou Mais la poésie a insisté et m’a rattrapé sous d’autres formes J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes J’lui ai d’mandé tu penses qu’on peux vivre ensemble ? J’crois qu’j’suis accroc Elle m’a dit t’inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop Puis j’ai rencontré la détresse et franchement elle m’a saoulé On a discuté vite fait mais rapidement je l’ai r’foulée Elle a plein d’certitudes sous ses grands airs plein d’tension Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d’conversations
Un moment sur ma route j’ai rencontré l’amour J’lui ai dit tient tu tombes bien, j’veux t’parler d’puis toujours Dans l’absolu t’es une bonne idée mais dans les faits c’est un peu nul Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu’tu r’travaille ta formule L’amour m’a dit écoute petit ça fait des siècles que j’fais mon taff Alors tu m’parles sur un autre ton si tu veux pas t’manger des baffes Moi j’veux bien être gentille mais faut qu’chacun y mette du sien Les humains n’font aucun effort et moi j’suis pas un magicien On s’est embrouillé un p’tit moment et c’est là qu’j’me suis rendu compte Que l’amour était sympa mais que quand même il s’la raconte Puis il m’a dit qu’il d’vait partir, il avait des rendez-vous par centaine Que ce soir il d’vait diner chez sa d’mi-soeur : la haine Avant d’partir j’ai pas bien compris, il m’a conseillé d’y croire toujours Puis s’est éloigné sans s’retourner, c’était mes derniers mots d’amour J’suis content d’l’avoir connu, ça j’l’ai bien réalisé Et je sais qu’un d’ces quatre on s’ra amené à s’recroiser Un peu plu stard sur mon ch’min j’ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l’amour derrière les barrières que le temps dresse Un peu plus tard sur mon ch’min j’ai rencontré la nostalgie La fiancée des bons souvenirs qu’on éclaire à la bougie Assez tôt sur mon parcours j’avais rencontré l’amitié Et jusqu’à c’jour, elle marche toujours à mes côtés Avec elle j’ma tape des barres et on connait pas la routine Maintenant c’est sûr, l’amitié, c’est vraiment ma meilleure copine J’ai rencontré l’avenir mais il est resté très mystérieux Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux Pas moyen d’mieux l’connaitre, il m’a laissé aucune piste Je sais pas à quoi il r’semble mais au moins j’sais qu’il existe J’ai rencontré quelques peines, j’ai rencontré beaucoup d’joie C’est parfois une question d’chance, souvent une histoire de choix J’suis pas au bout d’mes surprises, là d’sus y’a aucun doute Et tous les jours je continue d’apprendre les codes de ma route
C’était sur une grande route, j’marchais là d’puis des jours Voire des s’maines ou des mois, j’marchais là d’puis toujours
Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient Un ch’min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.

lundi, avril 17, 2006

Ma légende personnelle.


Je n’arrive pas à commencer mon histoire… C’est un sentiment que je n’ai jamais ressenti auparavant. Une impossibilité à transmettre une idée, un fait, une réalité. Une difficulté de mettre sur papier – ou plutôt sur écran- une certitude qui ne sera jamais écrite. Je croyais que je passerais ma vie à écrire. Et voilà que je n’arrive plus à faire cette seule chose dans laquelle j’excellais- je crois (vous pensez ?). J’ai toujours su raconter des histoires. Des grandes, des petites, des histoires vraies, d’autres inventées, certaines préparées, et d’autres spontanées. J’ai eu recours aux discours pour réussir, fuir ou simplement rigoler… C’était mon domaine. Et maintenant, je n’arrive pas à raconter une simple expérience, une constatation, un secret… Ma vie aurait-elle perdu son sens ? Sa raison d’être?


Je suis inquiète… Que faire de ma vie ? Je n’ai rien d’autre à faire. Je n’aurais jamais du abandonner le ballet. Peut-être qu'après tout j’aurais été bien meilleure en danse ou en ballet qu’en droit. Peut-être que mes histoires ne vous intéressent pas du tout. Mais pour le moment, j’ai des choses à dire… Et vous devez encore supporter ma dernière tentative de survie. Oui de survie… Je ne puis vivre autrement. Je suis née ainsi, très bavarde… Alors voici le début de ce que j’aurais aimé faire passer, ce que j’aurais aimé crier, ce qui aurait été ma danse d’ouverture il y a quelques années, alors que je savais encore danser… Voici ce que j’aurais écrit en chanson les jours où je savais écrire… Pour le moment, rien que des paroles désordonnées qui ont pour seule qualité- exceptionnelle- d’être vraies et sincères. Les mots nocturnes d’une personne très fatiguée et un peu perdue…


Je ne sais pas si comme moi, vous avez parfois envie de changer votre vie. De la bouleverser, la transformer, la détruire. Si vous avez envie de faire ce que vous n’avez jamais fait, et abandonner ce rythme normal qui vous allait très bien. Si vous décidez un jour de suivre les conseils qui vous sont donnés, non pas par conviction – mais alors pas du tout- mais rien que pour vérifier que vous avez raison et que le reste du monde a tort. Ce petit moment qui n’est pas une hésitation- loin de là- mais une décision que prend toute personne raisonnable afin de s’assurer qu’elle ne vit pas dans le mensonge, l’ennui ou l’ignorance. Vous vous dirigez alors vers cet endroit fréquenté par tous, connu et reconnu pour sa Grande réputation, et vous empruntez ce chemin qu’empruntent vos « conseillers ». Vous n’êtes pas satisfaits. Décidément, votre vie allait très bien sans leurs conseils.


Cette expérience ne peut pas être considérée comme une perte de temps. Elle fut un stop essentiel afin de poursuivre la route en paix dans la conviction que ça va, tout va bien. Très bien même. Mais le pire reste à suivre. Vous arrivez au sommet de cette montagne, guidé par ces habitués qui ne sont en réalité que des imbéciles d’habitude, et vous leur rendez le sourire qu’ils vous adressent – ce sourire fier, la fierté pathétique de l’échec ignoré-. Vous arrivez au bout de cette montagne, n’ayant pas toujours saisi ni le but ni l’intérêt de cette course inutile, et vous subissez leurs critiques. Ils vous reprochent d’avoir emprunté ce chemin qui ne vous va pas, cette montagne qui n’est pas la votre, d’avoir trahi votre destin, de vous être égarés en plein chemin. Vous suivez, contre votre volonté, le chemin qu’on vous propose, qu’on vous impose, et ils ne sont pas contents… Ils vous incitent puis vous accusent. Vous invitent puis vous renvoient. Ils ne sont jamais contents en fait, ils ont toujours quelque chose à dire, que vous soyez de leur avis ou pas, peu importe, vous avez toujours le numéro perdant…


Je n’ai pas essayé de faire beau. Je n’ai même pas essayé de faire bien. Je voulais juste faire vrai. Et le vrai en ce moment c’est le chemin qu’on décide d’adopter, qu’on est les seuls à reconnaître, et que nul ne peut juger de faux, de fragile ou d’inutile. C’est notre voie personnelle, notre légende, notre histoire. Celle que les autres ne pourront observer que de l’extérieur et dont ils ne verront jamais les merveilles. Les merveilles cachées dans ses nuits et dans ses jours. Surtout dans ses nuits… Cette vie qui n’appartient qu’à nous, qu’on peint à notre façon, avec des couleurs pastel ou des couleurs sombres, qu’on décore selon nos goûts personnels, qu’on construit et qu’on cultive. Le vrai est peut-être – malheureusement- la nécessité d’être agressif, non pas pour nuire à autrui, mais pour survivre. Rien que pour pouvoir bien vivre, à l’abri de ceux qui pensent à tort deviner notre façon de vivre, et qui se reconnaissent le droit de la critiquer.


J’ai voulu surtout t’écrire… Toi qui supporte mes sautes d’humeur et mes "Grands Projets". Toi qui est le seul à connaître les merveilles de mes nuits et de mes jours. Le seul qui a le pouvoir – et le droit – de juger ma façon de vivre et le chemin que j’ai un jour décidé de suivre. Toi qui est –ironiquement- le seul qui ne le fait pas. Le seul qui me laisse vivre comme j’aime le faire, le seul qui me laisse simplement… vivre. J’ai voulu écrire à celui qui m’observe m’éloigner quelques fois, sachant que je reviendrai très rapidement, celui qui sait que sans lui, ma vie ressemblerait à une course inutile vers le sommet d’une montagne alors qu’un très beau chemin longeant une mer calme et sereine d’un mois de juillet m’est offert. Je t’écris pour te dire que j’ai suivi leurs conseils, j’ai changé ma vie (pour une seconde ou deux), j’ai vu ailleurs leur définition de vivre, et je suis revenue retrouver la mienne, celle que j’ai puisée de mon propre dictionnaire, celui qu’on a pu un jour écrire tous les deux. Je suis venue te dire que mon chemin n’est autre que le tien.


Ce sentiment d’impuissance s’est évaporé. Il ne ressemble plus qu’à un vague souvenir incertain. J’ai essayé de chercher un moyen de communication, une façon d’atteindre leurs cœurs, une manière de les convaincre… En réalité, tous mes mots étaient là. Les leurs manquaient. Mais ces derniers ne sont plus ceux que je recherche. J’ai employé les mots que tu comprends. Dans ma vie, mes règles de jeu. Dans ma vie, ma légende personnelle…



vendredi, avril 14, 2006

« Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d’intervalle qui les écrit. » -Marcel Proust.

Un écrivain écrit de, avec et pour sa passion. Elle le guide, l’envahit, l’inspire et le transporte. Elle fait couler les mots, elle les fait vivre, et leur permet d’exister. La passion réveille les sens, elle nous rend maladroit dans la vie, mais éloquent dans la parole. Un écrivain raconte sa vie par des phrases et des vers. Mais il raconte aussi les passions des autres. Toutes les vies se ressemblent.


Un écrivain vole la vie de tous pour réussir la sienne. Il observe chaque mouvement, écoute chaque mot, et remarque tout mouvement. Sensible, il cherche dans le monde qui l’entoure sa prochaine histoire. Et dans le silence de la nuit, il dévoile des secrets qui ne sont pas toujours les siens à raconter. Dans le noir et le calme, il raconte le monde a sa façon, réinvente la vie, réinvente l’amour, libre de créer, détruire et transformer. Un écrivain trouve ses mots dans un sourire, il les puise d’un simple regard, et les lit dans une caresse.


Les gens vivent, il écrit. Mais il ne faut pas croire qu’il est passif. Il est le plus actif de tous. Il est aussi acteur que les autres. Ecrire, c’est sa façon de vivre, sa façon d’exister. Mais il fait vivre les autres aussi. Il raconte leurs histoires. Ils partiront. Mais les histoires resteront. Non pas comme un souvenir, mais comme une preuve que la vie ne suffit pas.


D’une passion naît une histoire. De cette histoire naît des passions. Un livre raconte une très belle histoire, celle d’un amour pur et éternel appartenant à un autre siècle, un autre monde, une autre vie. Longtemps posé sur une étagère poussiéreuse, ce livre essaie d’attirer l’attention de lecteurs paresseux qui choisissent toujours un livre bien plus court, bien plus neuf, avec une couverture plus attirante. Comme si celle-ci faisait le livre. Mais il attend patiemment un lecteur qui saura propager la nouvelle. Il sait qu’il viendra un jour. Il garde l’espoir.


Un beau jour, il fut ouvert. Et c’est ainsi que les amoureux s’échappèrent de ses pages pour envahir la terre. Leur mission était à accomplir. Il fallait propager la vérité. L’amour était partout désormais. Ils avaient réussi à faire de leur passion personnelle celle de tous. Et des passions… des histoires défiant l’espace et le temps.

jeudi, avril 13, 2006

Des jours qui se ressemblent...

La vie nous rapproche des gens qui nous ressemblent. On se retrouve, naturellement, avec des personnes du même milieu que nous, qui ont souvent fréquente la même école, parlant la même langue et ayant des intérêts qui rejoignent les nôtres. Les conversations se ressemblent et chaque rencontre se différencie légèrement de la précédente. On croit que le monde n’est que celui qu’on a connu, qu’on connaît, que les gens ressemblent tous a nos amis, qu’ils sont comme eux, gentils, méchants ou superficiels- ça dépend de nos amis.


On s’enferme dans une vie qu’on croit la bonne, qu’on accepte et qu’on idéalise, qu’on vit intensément, douloureusement, passionnément parce qu’on décide qu’elle est faite et bien faite, et on en fait une définition de la perfection, par la seule volonté arbitraire d’un très mauvais juge. Toutes les pancartes nous indiquent un chemin différent. Mais le juge est têtu. Il croit bien faire. Il croit avoir trouvé un raccourci. Son chemin est en réalité le plus mauvais de tous. Et du haut de son estrade, il s'imagine un ciel fictif qui lui sourit.


On fait les boutiques habituelles, sans regarder les nouvelles vitrines, on commande une glace chocolat vanille, pour ne pas risquer des parfums plus exotiques, et on finit par écouter les chansons 3, 8 et 11 d’un CD, sans prendre la peine d’écouter pour une fois les autres. On le fait par ennui, habitude, paresse et manque de courage. Puis on s’énerve de cette routine qui tue…


Un jour, on est « jeté » dans une foule au regard cruel, parmi des créatures sauvages et inhabituelles, des êtres différents du « monde » : on n’a connu qu’un seul jusqu'à présent, et ce qu’on voit n’est clairement pas le même. On est surpris de voir une vie en dehors de la notre, du bruit en dehors d’un « chez nous » que l’on croyait très dynamique mais qui s’est avere n’être qu’aussi vivant que tous les autres- et parfois un peu moins.


On essaie alors de s’évader, la tentation est aujourd’hui plus grande, on veut toucher, regarder, goûter, sentir et entendre tout ce qui n’appartenait pas avant ce jour a notre vocabulaire qu’on découvre- surpris- un peu limité. Le monde est grand, on se sent très petit, le monde est vaste, on sent qu’on sait peu de choses. On commence par marcher, puis on court… puis on s’arrête. Que choisir ?


Enfant je me suis perdue. J’étais seule dans la rue. J’ai marché, j’ai couru et puis je me suis assise sur l’une des marches d’un escalier. J’attendais quelque chose, quelqu’un. J’étais seule mais je n’avais pas peur. J’ignorais le danger. Enfant, on n’a peur de rien. Aujourd’hui, tu me laisses parce que je le veux. Tu me quittes parce que j’en ai besoin. Et tu me laisses seule dans la rue. J’ai 10 ans de plus, et 10 fois plus peur… Je ne peux pas marcher. Sans toi, je ne sais pas le faire. Mais on m’a dit qu’a vingt ans, il faut savoir le faire.

lundi, avril 10, 2006

Il avait a choisir entre elle et la societe.

Elle n’était pas déviante. Et a fortiori pas délinquante. Elle n’était même pas excentrique. Elle avait juste refusé ce qu’on lui proposait. Elle ne correspondait à aucune qualification dualiste socialement admise. Elle n’était pas gentille-insignifiante, ni salope-intéressante, elle n’était pas très jolie, mais pas laide non plus… C’était une fille très sincère, mais il fallait la connaître pour le remarquer. C’était une fille très spéciale, mais il ne suffisait de la regarder… Il fallait la connaître. Et pour la connaître, il fallait dépasser un obstacle : la société. Pour certaines raisons, elles étaient incompatibles. Et lui, surtout lui, devait choisir entre elle et la société. Séduit, presque comme tout le monde, par le nombre, et après avoir tant hésité, il opta pour la seconde. La norme était bien plus rassurante. Elle n’était pas déviante. Pas délinquante non plus. Elle était simplement différente. Elle aimait agir, surprendre, sentir. Il était de ceux qui attendent. Mais qu’attendait-il ? Elle ? Non, il l’avait laissée passer…

samedi, avril 08, 2006

Une lettre au fond d'un tiroir.

C’est dans un grand tiroir que repose le désordre, c’est dans un des tiroirs de ma chambre que je range tout ce qui traîne. Apparemment, la chambre est bien rangée. Mais en réalité, ce tiroir contient plus de choses que ma maison entière. Dans toute chambre, un tiroir pareil garde, comme un ami fidèle, des secrets, des photos jaunies par le temps, des lettres, des billets de cinéma d'un premier rendez-vous, les bulletins scolaires qu’il a bien fait de cacher, des fleurs séchées et toute sorte de souvenirs. On essaie de ne pas l’ouvrir, il est parfois difficile d’affronter le passé. Ce tiroir raconte une vie. Mais la vie continue, et ce tiroir, si ouvert, ne ferait que compliquer le chemin. Alors, on le garde clos. Au moins, lui, il sait bien garder le silence. C’est le meilleur gardien de confidences. Et puis un jour, alors qu’on cherche désespérément un papier perdu, on l’ouvre. Et c’est à ce moment que surgissent, du fond de la mémoire, des histoires que l’on croyait oubliées, des moments que l’on croyait disparus avec le temps, des images qu’on a un jour refoulées de notre conscience pour les placer au calme, dans un endroit de notre inconscient qu’on ne visitait jamais. Et parmi ces choses du passé, une lettre. Une lettre que j’ai un jour écrite dans un avion, à une personne dont j’ignore l’identité aujourd’hui, mais qui m’a un jour – apparemment- touchée. J’ai souvent écrit des lettres qui sont restées dans un de ces tiroirs à souvenirs. Cette lettre n’est plus confidentielle. Elle a perdu son destinataire. Elle n’est aujourd’hui que le fruit de sentiments passés… oubliés.

"Ton appel et mon réveil matin se sont confondus. Pas beaucoup de personnes se sont réveillées pour me dire au revoir. Aucune, en fait. On a beaucoup parlé de ce trajet matinal qui mène vers l’aéroport au lever du jour, du ciel rose et bleu à la fois, de la route réservée à ceux qui n’ont pas une minute à perdre et dont la journée commence quand la notre se termine, du calme et de la paix qui règnent sur la ville, de l’envie de partir pour s’évader un bout de temps… et de l’envie folle de revenir.
Ce matin, il faisait très noir encore, et les gens qui sont d’habitude déjà debout dormaient encore. Il pleuvait. J’ai pensé à toi, aux longues heures passées au téléphone, à se raconter des secrets, des histoires, des remarques et des bêtises. J’ai pensé à la journée d’études, au chocolat que tu m’as donné, à ton rire, aux mots qui me blessent, à ce que je te dis parfois pour te rendre jaloux… et peut-être amoureux. J’ai pensé à Beyrouth, j’ai pensé à Londres, j’ai pensé à Paris, à notre histoire, au temps qui nous sépare, à celui qui a fait qu’on se rencontre, au banc inconfortable sur lequel on s’est assis un jour, au courage que j’ai du concentrer pour créer la circonstance. J’ai hâte de partir, de me séparer un moment de mon quotidien, d’oublier ce qui me retient normalement, et toutes les choses auxquelles je me suis tellement attachée. J’ai envie d’oublier pour quelques jours les histoires qui n’ont pas de valeur, une fois regardées de haut. Tu devrais venir ici, et les regarder toi aussi. Tu verras que j’ai raison… Que le monde fait rire d’en haut. Que les gens perdent leur sérieux quand on les observe agir en silence de la fenêtre d’un avion. Il faut que je parte. Rien que pour mieux revenir. Marcel Proust écrit que le bonheur n’est que dans le souvenir des choses vécues. S’il a raison, je serai heureuse en pensant à toi. Mais quel malheur de ne pouvoir trouver du bonheur que dans le souvenir ! Le moment n’a-t-il pas sa joie ? Je ne sais pas… je ne sais plus. Le temps passe, et je m’éloigne de plus en plus. A cette heure-ci, tu dors probablement encore. Entre nous, le temps, la distance et l’ennui. Parle-moi, tu sais très bien que je peux t’entendre. Je ferai semblant de te croire. Rien que pour saisir le moment, rien que pour prouver que Proust a tort. Parle-moi… Tu sais bien qu’on ne possède, tous les deux, que des mots. Mais les mots s’en vont… Et les mots s’évaporent."

jeudi, avril 06, 2006

Ma pesanteur.

Une fois du plus, je commence cette chose que je n’ai jamais su terminer. Une fois de plus, je tente d’achever une des taches les plus difficiles. J’ai toujours eu peur de t’écrire. Peur de gâcher une si belle réalité. Si les écrivains transforment le vrai en bien meilleur, tout ce que je pourrais écrire sur toi ne ferait que transformer le bien meilleur en vrai. Je ne peux pas te faire ça. Tu es trop parfaite. Alors je cherche mes mots. « Un écrivain véritable cherche ses mots. Alors il trouve mieux » -Valery. Mais je ne suis pas un écrivain véritable. Je ne suis même pas un écrivain. Je cherche mes mots, et je ne les trouve pas. Je cherche ceux des autres. Mais il parait qu’ils m’évitent aussi. Je ne fais que troubler leur sommeil. Je me contenterai alors – pour une fois – de la réalité. Tu seras quand même sublime. Tu n’as jamais eu besoin de mes histoires.

Etre une femme, c’est être belle. Toutes les femmes le sont, chacune a sa manière. Et toi, tu es une femme. Avoir une mère comme toi, c’est refuser de grandir. C’est aimer les difficultés rien que pour partager avec toi d’interminables discutions au fond de la nuit, qui se terminent en fous rire et en chuchotements. C’est vouloir réussir pour te faire plaisir. C’est savoir surpasser tous les obstacles puisque tu rends les choses tellement simples. Tu as toujours été ma pesanteur. Cette force qui me permet de garder les pieds sur terre. Tu m’as fait comprendre, très tôt, qu’il ne faut jamais essayer d’être le meilleur. Qu’il y aura toujours des personnes plus belles, plus intelligentes, plus cultivées… Qu’il ne faut chercher qu’à être soi-même. Etre soi, ça suffit. Et c’est même parfait. Pour cela, je suis ce que je suis, et je sais que tu m’aimes comme ça. Une mère ça réconforte, ça donne de la force et surtout de la tendresse. Une mère, c’est la preuve irréfragable de l’existence de l’amour.

J’ai encore une fois échoué. Crois-moi, il n’est pas facile de t’écrire. Mais je te promets que je continuerai à chercher mes mots. A la limite, ceux des autres. Je sais que je les trouverai. Un jour.

mercredi, avril 05, 2006

LE VOYAGEUR.

J’ai eu la chance de connaître dans ma vie un voyageur. J’ai eu la chance de connaître le plus voyageur de tous les voyageurs. C’est de lui que viennent mes histoires. C’est lui que raconte cette histoire en particulier.

Il raconte le monde comme on raconte son pays. Il parle des gens comme on parle de sa famille. Il bouge sans cesse, s’en va découvrir de nouveaux pays, d’autres océans et des terres lointaines. J’ai pu lire dans ses yeux les rues de Paris, le froid de Moscou et les statues de Rome. J’ai rencontre des gens, j’ai visite des musées, j’ai goûté aux fruits d’Afrique, j’ai appris des langues et même des chansons brésiliennes rien qu’en l’écoutant parler. Ses mots rendent la vie belle. Ses mots rendent le monde intéressant. Je me suis souvent demandée si la réalité correspondait vraiment à ses histoires. Peu importe, je voulais y croire. C’était une façon de voyager. Son cœur n’appartenait pas à une seule culture. Ailleurs, on l’attendait. Son cœur battait pour le nouveau, l’imprévu, le diffèrent. Son cœur battait pour l’aventure. Il part pour partir, l’air léger et libre, il part sans prévenir. Ce voyageur ne préparait pas ses affaires à l’avance, ne portait pas de valise. Il s’était détaché des choses matérielles de la vie. Il avait compris que ces choses-la existaient partout, qu’il en aimera d’autres dans d’autres pays. Il connaissait le monde, il connaissait les gens. Il avait tellement vécu. Le voyageur était un homme drôle et gentil. Sa voix était rassurante, son sourire charmeur et ses traits profonds. Chaque ride sur son visage semblait avoir une histoire. Un jour, il est parti sans dire adieu. Je ne sais pas quand il reviendra. Ou même s’il reviendra. On dit qu’un voyageur est toujours infidèle. Je n’aurais pas du croire qu’un jour il s’arrêterait. Pourquoi le ferait-il ? Il faut qu’il parte, il faut qu’il découvre… Mais il faut qu’il revienne.



J’ai connu le plus voyageur des voyageurs... Puisqu’il ne voyageait que dans les pensées.

lundi, avril 03, 2006

Une pensee.

En fait, tout est question de papiers...

samedi, avril 01, 2006

Un extrait de poeme.

"Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,

Et la mer est amere et l'amour est amer;

L'on s'abime en l'amour aussi bien qu'en la mer

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage."

-Marbeuf-

vendredi, mars 31, 2006

Le Bien.

J’ai failli écrire une de ces longues histoires opposant le bien et le mal. J’ai failli écrire une histoire qui ressemble a un des livres de paolo coelho « Le Démon et mademoiselle Prym », qu’on lit impatiemment dans l’attente d’une réponse, parfois un peu trop vite, pour savoir lequel du mal ou du bien va gagner. On tourne alors les pages, sursautant au bruit de chaque feuille, nos yeux sautent de ligne en ligne, la fatigue nous emporte, le sommeil aussi, mais nous continuons a lire, non pas parce que le livre est spécialement passionnant, non pas parce que le style nous plait et que les phrases font rêver mais uniquement dans le but de savoir, juste avant de dormir et pour pouvoir le faire tranquillement, lequel du bien ou du mal va emporter la partie. Puis on arrive a la fin du livre, la dernière page précisément, arrive la dernière ligne, puis le dernier mot. Pas de réponse. Peut-être que j’ai mal compris. Je relis les dernières pages. Je ne peux pas dormir comme ça ! J’avais bien lu, mais cette réponse donnée par l’auteur m’est insuffisante. J’avais besoin de lire quelque chose d’autre, qui n’a pas à être plus optimiste. Simplement différent. Ce que je suis sur le point d’écrire ne ressemblera pas à cette histoire décevante. Ce sera mieux. Je ne sais pas si j’arriverai à vous convaincre. Une chose est certaine, c’est l’histoire d’un des combats entre le bien et le mal. Un des plus vrais combats. Je vous dis tout de suite que le Bien a emporte la bataille, afin que vous ne me lisiez pas impatiemment, et pas trop vite. J’ai remarque que dans ma vie, je n’ai voulu voir que le mal. Alors que l’amour et le bonheur y régnaient, il suffisait qu’un obstacle surgisse, qu’un évènement imprévu apparaisse, pour que le monde devienne noir. Ou du moins gris. J’oubliais de peser les choses, j’oubliais que cette part de malheur ne représentait pas grand-chose face à tout le reste. Une seule personne malhonnête me poussait à être méfiante envers tout le monde, une seule personne menteuse me faisait croire que la vérité n’existe pas. Ou plus. Je me suis même cachée dans la solitude quelques fois, par manque de courage. Il m’était difficile de faire face… à la vie. Aujourd’hui je me demande si l’amour, le bonheur et les autres belles choses de la vie ne méritent pas un risque à prendre. Ne faut-il pas prendre le risque d’être déçu en contrepartie de la simple possibilité de vivre une grande histoire d’amour ? La déception n’est-elle pas surmontable ? Je me suis posée plein de questions de ce genre. Pour nous protéger d’autrui, et même de nous-même, nous pouvons évidemment vivre, un certain moment, « à l’abri » des autres, donc à l’abri de tout ce qui vaut d’être vécu. Ces précautions sont très efficaces, mais ce n’est pas une façon de grandir. En ce qui me concerne, j’ai appris aujourd’hui qu’une personne ne fait pas la règle. J’ai peut-être été déçue d’un cote, mais d’un autre, j’ai compris que le bien l’emportait très facilement. L’amitié et l’amour sont partout dans la vie des gens. Partout. J’ai peut-être perdu du temps, de l’énergie, mais j’ai gagne une vraie amie. J’ai besoin de voir le monde en rose, en blanc, au risque de passer pour une fille très naïve, parce qu’une vraie amitié et une belle histoire d’amour valent mille déceptions. Arrivent la dernière ligne, le dernier mot. Relisez-les. Pour un monde plus beau.

mercredi, mars 29, 2006

A tous ceux qui ont pris l’habitude de réussir.

Vous connaissez sans doute, dans votre famille, votre milieu professionnel ou votre entourage, des personnes qui ont l’habitude de réussir. Elles réussissent tout ce qu’elles entreprennent, sans le moindre effort apparent, du bout des doigts, tout en gardant un énorme sourire, une mine parfaite et surtout en ne changeant rien dans leur vie quotidienne. Elle réussissent aussi naturellement que nous échouons. Elles savent le faire comme nous savons verser la quantité habituelle de lait dans notre café, comme nous prenons le chemin de tous les jours, et comme nous écoutons notre CD favori. Bref, ces personnes-là ont intégré- volontairement ou involontairement (par un don du ciel)- la réussite dans leur quotidien. Elles obtiennent toujours la première place et ne semblent même pas s’en réjouir. La réussite ne représente plus une récompense, un but, mais la seule possibilité, excluant toute alternative. Elles ne sont pas obsédées par la perfection, mais ne savent pas faire autrement. Elles font les choses, et elles les font bien. Ces personnes réussissent aussi bien en sport, dans les études, que dans la vie. Pendant que je profite des matelas de la salle de gym pour faire une petite sieste, elles font des sauts qui décrochent l’admiration de tous. On les voit dans les soirées et dans les cours de 8h.
Puis surgit un évènement inattendu, extérieur qui vient bouleverser le bon déroulement des choses : une tempête, un orage, ou une simple pluie. Elles sont prises de panique. Elles réussissent bien, c’est vrai, mais dans des conditions prévisibles. Le mauvais temps n’était pas au programme. Et pour qu’elles puissent briller, il faut que le monde autour soit a leur avantage. Cependant, la vraie réussite n’est pas celle qu’on obtient quand il fait beau. La vraie réussite défie les problèmes de santé, les tentations diverses qui risquent de nous éloigner du bon chemin et les soucis professionnels ou même affectifs. C’est ainsi que nous pouvons reconnaître un héros. Un vrai. C’est celui que rien de décourage. Il arrive au but, alors que le courant essayait de l’emporter dans le sens contraire. Etre un héros, c’est transformer les critiques, les pièges et les mauvais tours de la vie en une énergie positive nécessaire pour réussir. La réussite dans ce seul cas est exceptionnelle. Et c’est ce qui la rend… différente des autres.

jeudi, mars 23, 2006

Coincee entre deux axes.

Depuis quelque temps, je me surprends en train de classifier les personnes et les choses. Je ressens ce besoin de trouver a chaque personne une case dans laquelle l’insérer, et a chaque catégorie une personne adéquate. Aucun élément ne doit subsister non classe, non qualifie ou non range. On y trouve les gentils et les méchants, les gros et les maigres, le noir et le blanc, les souriants et les grincheux…. Récemment, j’ai commence a faire des listes de tout : des choses a ranger dans mon sac, des personnes que je devais appeler, des choses a dire a ma mère, des défauts qui me dérangent chez mon amie, des devoirs toujours en suspens… J’ai même pris l’habitude, dans toute conversation, de faire dans ma tête un plan compose de 2 parties de 2 sous parties chacune. Ca n’aurait pas été très grave si je trouvais le bon…
Le système universitaire en est peut-être pour quelque chose. Ce besoin intense, cette obsession de se plier a une méthodologie qui est, certes, constructive et sert sans doute a enchaîner d’une façon logique et structuree les idées, produit, du moins en ce qui me concerne, un effet contraire. Mes arguments et mes idées se trouvent étouffés par un nombre limite de lignes a remplir, par la nécessite de faire de deux parties pratiquement disproportionnées un équilibre impossible qui finit par être réalise en supprimant d’une partie un essentiel injustement puni ou au contraire, en ajoutant afin de sauver cet essentiel, quelques phrases qui n’ont aucun sens et aucune utilité a part l’esthétique d’une feuille superficielle obsédée par son physique. Puis me vient une idée sensationnelle, une idée principale, ce petit plus qui me permettra- peut-être- de dépasser la moyenne, le salut du 10 "moins" au 10 "plus". Malheureusement, il ne trouvera aucune place dans cet enchaînement mécanique, dans ces cases réservées a l’avance par des clients de 1e classe, des habitues, qu’on reconnaît sous l’appellation de phrases préfabriquées. Personnellement, je ne leur trouve rien d’exceptionnel, de surprenant a part l’atout d’avoir été organisées a l’avance, d’être prévues, attendues, et surtout, absolument ennuyantes. Ce mot qui me semble totalement convaincant serait, d’après cette typologie de base, non juridique, cette phrase trop sensible et mon raisonnement, que je croyais être le bon, beaucoup plus proche de la sociologie que du Droit. Les sous parties sont comme d’habitude en retard, le Grand A se sent solitaire alors qu’en dessous, le Grand B vante d’un air prétentieux ses petits 1 et 2 qui sont déjà au rendez-vous. Et moi, le regard fixe sur ce shema insensé, j’essaie de trouver des titres-obstacles qui ne serviront qu’à m’ouvrir le chemin, toujours dans le respect de l’esthétique.
La solution parfaite serait de savoir concilier la méthodologie stricte, mesurée, à un laisser-aller littéraire qui reflète une vision personnelle des choses. Mais cette simple restriction paralyse mes idées et me rend esclave de la forme. S'abandonner au fond et ne laisser de la structure que le necessaire? Un ami m’a conseille, citant Nietzsche, de n’écrire que ce qui me semble vrai : « de tout ce qui est écrit, je ne lis que ce que quelqu’un écrit avec son sang. Ecris avec ton sang, et tu verras que le sang est esprit ». J’essayerai donc d’être fidèle a mes principes, mes pensées, mes envies et mon humeur (au risque de parler de sociologie en droit). Alors Nietzsche, dis-moi, me liras-tu ?



lundi, mars 20, 2006

Ce fut une tres longue histoire...

Essayer de raconter mon histoire avec les mots est une chose très difficile. En effet, je ne me souviens plus ou, ni quand tout a commence. J’ai toujours cru au pouvoir des mots, aux effets qu’ils produisent, aux sentiments qu’ils font naître et à leur utilité dans nos vies. Ils ont toujours été présents dans la mienne, d’une façon peut-être plus marquée, comme d’autres font place à la musique, à la danse, ou aux maths. A l’école, c’est grâce à eux que j’ai réussi, et je leur présente ma gratitude. En effet, ne connaissant rien au sujet objet de l’examen, je les étalais sur le blanc angoissant des feuilles de tests, et j’inventais des poèmes en biologie, des chansons en économie, et des histoires d’amour en chimie. Et pour finir, un beau discours d’adieu, faisant tantôt rire, tantôt pleurer l’audience. Les mots sortaient facilement de ma bouche, et me venaient en aide dans les situations les plus dramatiques, me métamorphosant ainsi de coupable en victime en une phrase ou deux, et tout ceci en quelques minutes.

Les mots caractérisent la personne. Selon le vocabulaire qu’elle emploie, ils reflètent ainsi élégance ou vulgarité, assurance ou timidité. Ils servent à expliciter les pensées, concrétiser les sentiments et rapprocher les gens les uns des autres. Le langage est propre à l’Homme, et lui donne cette aptitude extraordinaire de pouvoir s’expliquer, de faire plaisir à son entourage et de convaincre ses interlocuteurs. C’est ainsi que j’ai trouve dans les pages des livres un monde qui n’est pas très loin de la réalité, et dans lequel je me suis perdue, vivant de la vie des auteurs, tirant des leçons de leurs expériences et fermant les yeux tard dans la nuit dans l’espoir de les retrouver le matin. J’ai vu dans chaque personnage une personne que je connais, je m’y suis identifiée, tout en m’y attachant de plus en plus.

Les mots ne sont pas possessifs. Ils racontent une histoire, un moment, un endroit tout en laissant à notre imagination l’art de lui associer une image a notre goût. Ils n’imposent aucune couleur, aucune note de musique et aucun décor. La beauté reste donc l’œuvre de l’esprit et la laideur fruit de la subjectivité. J’ai ainsi pu voir ma maison dans chaque histoire, mes amis dans chaque poème, et mes craintes dans celles des héros. J’ai eu envie d’écrire, dans l’espoir de rendre aux mots tous les cadeaux qu’ils m’ont offert au fil des ans, en espérant qu’on puisse s’y identifier en me lisant.

Une fille que j’ai pu détester un jour m’a dit qu’elle aime ce que j’écris. Mes textes m’ont rapprochée une fois de plus d’une personne, mais cette fois c’était différent. Ses mots ont donne du sens aux miens. Quand j’écrirai, je penserai a elle, elle ne le saura pas, mais elle inspirera sans doute certaines de mes histoires. C’est en partie pour elle que j’écrirai. Ce message lui est dédie. Elle m’a rappelée pourquoi j’écrivais. Les mots puisent leur existence des sourires qu’ils provoquent chez les lecteurs, du bonheur qu’ils font naître et surtout de cet éternel partage, ce lien qui existe entre celui qui écrit et le destinataire. Ne laissez pas mourir les mots. J’en ai besoin.

dimanche, mars 19, 2006

Une nuit dans un trou noir...

Samedi soir... Il faut aller en boite. Il faut y aller, c'est ce qu'on fait les samedis soirs, et les vendredis aussi pour ceux qui n'ont vraiment rien d'autre à faire. Samedi soir, on s'arrange pour faire bien, pour plaire a des personnes a qui on n'a nullement envie de plaire, sortir avec des amis qu'on déteste depuis quelque temps, et danser sur une musique qui n'est vraiment pas a notre goût... Peut-être c'est seulement moi. Peut-être que j'ai vieilli tout a coup. Mais non: je n'ai que 20 ans!!! (Et pas encore.) Alors, je vais essayer de vous faire comprendre pourquoi je sens. Comment dire? Bref, pourquoi je sens ce que je sens... Je rentre dans la salle, tout le monde me bouscule. J'essaie de me créer un chemin, mais c'est impossible. Je reconnais un visage. Je suis contente. Je ne me souviens plus d'ou je connais cette personne. J'essaie de me rappeler, tout en me dirigeant vers elle. Puis ça me revient, ce garçon est dans ma classe, je le vois tous les jours, mais on ne se parle pas. J'avais oublie: il faut prétendre qu'on ne se connait pas. Ce garçon la est probablement le plus nul, le moins intelligent, mais il se sent bien ce soir. C'est son milieu. Il y a des filles sur "sa" table, il se sent fort, viril. Il en a besoin pour se sentir homme. Il ne les voit pas, elles sont juste la pour le décor. Il est assis, elles sont debout a cote. Certaines dansent sur la table... pour lui! Il a un verre d'alcool dans la main. Il est sur de lui. Dire qu'en dehors de ce trou, il ressemble tout a fait a autre chose! Un peu plus loin, des filles bavardent près du bar. Elles attendent qu'on vienne leur parler. Mais elles repartiront seules ce soir aussi. Parce qu'on est trop complexe pour faire connaissance. Elles sont maniérées, elles se demandent si elles sont assez belles pour plaire. Elles oublient de se demander si ce con en face d'elles saura les faire rire, s'il essayera de s'occuper d'elles au lieu de sa propre personne, s'il prendra la peine de les raccompagner, s'il aura envie de discuter, juste pour le plaisir de le faire, sans intentions, et sans même l'espoir de les revoir. Elles ne pensent qu'aux autres. Elles ne s'aiment pas assez. Un manque d'oxygène. Je me dirige vers les toilettes, il parait que là-bas on peut respirer. Je me sens mal. J'ai envie de pleurer. Je me sens bête. C'est ridicule. Dire que je n'aime pas veiller? On se moquerait de moi. C'est une confidence, j'espère que vous saurez au moins garder un secret. Surtout, qu'en finissant ce texte insensé, je serais probablement en train d'organiser la prochaine soirée... Toujours dans le noir. La musique me déchire les oreilles, je regarde avec pitié ces personnes avec qui je suis sortie, ces personnes que je déteste de plus en plus, mais desquelles je n'arrive pas à me détacher. Je l'appelle. Je veux qu'il vienne me chercher. Il dort. Je le réveille, et il vient tout de suite. Il conduit. Je ne lui raconte rien, il sait déjà. Il me comprend. Je n'ai pas envie qu'il s'arrête. Je ne sais pas où il va. Je ne reconnais pas la route. Je ne veux surtout pas qu'il s'arrête. Il met de la musique. Une vraie musique. Je me sens bien.

dimanche, mars 12, 2006

Elle m'a laissee seule..

1, 2, 3 … , 326, 450. Enfin la dernière marche. Je bois doucement mon café, ce café ni trop chaud, ni trop froid mais parfait. Je le prépare avec soin chaque matin avant d’aller a l’université et il me permet de bien commencer ma journée. Je ne pourrais quitter sans lui. En voiture, je mets mes chansons preferees, des mots auxquels je m’identifie accompagnes d’un rythme régulier, oui, regulier, insignifiant. Je respire la musique. Je hausse le son, pour que la musique m’emporte. Je la sens pénétrer mon corps, faire battre mon cœur et s’emparer de moi. Je hausse encore. J’atteints vite le maximum, recherchant l’excès sonore et je suis en quelque sorte déçue. Mes sens en demandent d’avantage. J’éteins la radio. Je mange mes corn flakes light, cette nourriture qui n’a le goût de rien, qui fait du bruit quand on la croque et qui a pour seul avantage de nous garder en forme. Je vis doucement ces 2 heures qui séparent mon réveil et le début du cours. Trop doucement, peut-être. 450, la dernière marche. Je me déplace d’un air calme. Puis elle apparaît comme d’habitude, magnifique, splendide, pleine d'energie, me bouscule et arrive avant moi. Elle fait tomber mon café, et se moque de mes jambes qui traînent. Elle rentre ravissante en classe, et prends la meilleure place. La mienne. Elle est deja bien réveillée. J’essaie de résoudre un exercice, j’écris des probabilités sur une feuille que je vole de mon voisin endormi, je suis fière de ma prestation. Mais elle est déjà en face de l’audience, applaudie par un public emerveille. Plus tard, je vais en boite, vêtue de mon jeans porte bonheur, de talons qui me rendent la vie insupportable mais la démarche distinguee, convaincue que c’est la soirée qui me fera oublier les soucis de la journée. Mais elle est déjà là-bas et se fait vite remarquer. Elle est partout. Je prends mon temps, et le temps se presse. Je fais une petite sieste mais personne ne m’attend. Je parle doucement, les mots vont voir ailleurs. Puis elle sourit, un sourire ironique, un sourire blessant, elle rit fort, un rire qui me tue tout doucement. Elle se moque de mon existence tranquille, du silence qui m’entoure et des heures qui se transforment en semaines. Elle court, me bouscule encore, me fais tomber, m'écrase. Je me releve, j’essaie de la rattraper, je rassemble mes forces pour courir mais elle s’en va. Elle est deja partie. Elle va trop vite pour moi. Elle cherche du bruit, du feu, des sentiments, du risque. Elle demande de l’imprévu, du chaud, du froid. Elle part observer ceux qui s’aiment, ceux qui se détestent, ceux qui se font souffrir et ceux qui crient des hauteurs. Pourquoi choisirait-elle cette indifference? Elle s’en va dans la lumière, dans les cieux et dans l’enfer. Elle me rejette, s’apitoie sur mon sort. Elle a voulu que je la défie, que je la provoque, que je la retienne. Je l’ai laissée faire, et je l’ai observée timidement de derrière. C’était un test et j’ai échoue. Elle a trouve mieux ailleurs, elle a trouve ces gens qui combattent pour leur pays, pour des valeurs, pour un parti. Elle s’est fait de nouveaux amis, qui la portent sur leurs levres, dans leurs yeux et jusqu’au bout des doigts. Elle les accompagne partout maintenant. Ils sont faciles a reconnaître : on les voit rire du fond du cœur, danser quand ils en ont envie, parler haut et fort pour défendre leurs principes et gagner les plus difficiles combats. Ils sont plus forts encore aujourd’hui,puisqu’elle est avec eux… Qui est-elle? La Vie!

Le vagabond.

C'est l'histoire d'un garcon que vous connaissez tous, où que vous soyez. Vous l'avez surement deja rencontre, mais peut-etre sans le remarquer. Dans toute vie, il ya un vagabond. Une personne qui marche seule, discretement. Une personne silencieuse, le regard triste, qui erre dans les rues cherchant quelquechose ou quelqu'un, une personne qui ne sait pas où elle sera le lendemain. Dans toute vie, il ya un petit garcon, un homme ou une fille, qui nous regarde du coin de l'oeil, cherchant a engager une conversation qui lui rechauffera le coeur, qui ne veut rien de plus qu'un sourire aimable, ou une caresse sur la joue. Le seul vagabond que j'ai connu est entre dans ma vie sans invitation. Il est entre dans ma vie, parce que c'est ce qu'ils font. Il avait deja fait un long voyage. La cadence de ses pas accompagnait les battements de son coeur devenu trop lourd. Il ne m'a pas demande de l'aide. Il avait passe sa vie de nomade a observer les gens. Et plus il les observait, plus il avait envie de rester seul. Il a connu des femmes superficielles, attirees par la fourrure et les diamants, il a connu des hommes infideles, des jeunes, noyes par l'exces de la drogue et de la musique, il a connu des enfants laisses a eux meme dans un monde impudique. Il avait decide de faire un chemin solitaire, degoute de ce que lui proposait son existence sur la Terre. Il ne m'a pas demande de l'aide. Je ne crois pas qu'il en avait besoin. Il a meme essaye de me soulever. J'etais bien plus perdue que lui, et beaucoup plus fragile. J'ai pense qu'on etait deja tres nombreux, et qu'une personne de plus ne derangerait personne. Je m'etais trompee. Il a continue sa route loin de la mienne. Il est parti decouvrir d'autres paysages. Je l'ai vu marcher la tete haute, la demarche tranquille. Rien ni personne ne l'attendait. Il fumait une cigarette de temps en temps echangeant quelques mots avec des compagnons de passage. J'ai connu un vagabond, mais j'ai eu peur de boulverser ma vie organisee. J'ai prefere mes habitudes d'enfant gatee. Si un jour vous le rencontrez, errant dans les rues le regard triste, si vous appercevez ce garcon cherchant quelqu'un avec qui discuter, dites lui que moi aussi, comme lui aujourd'hui, je marche solitaire ne sachant où aller. Dites lui de revenir. Dites lui que ce soir, je deteste ces objets qui m'entourent, ce lit bien chaud qui m'est offert et les mots justes que je suis obligee de prononcer. Que je ne merite pas qu'il revienne, mais que je regrette aujourd'hui. Que ce soir, une fille sera a la recherche d'un vagabon qui la fera rever. Aidez moi s'il vous plait.

jeudi, mars 09, 2006

4h du matin: destination aeroport.

Un ciel rose... je regarde la vue de la fenêtre de la voiture, cette vue que je rate normalement. A cette heure ci, je suis souvent plongée dans un profond sommeil. Je regarde la ville encore endormie, qui règne dans une paix profonde et dans un calme religieux. Je ne sais pas si ce mystère disparaît pendant la journée, ou bien si nous sommes trop occupes pour le remarquer. Je regarde la beauté de mon pays, comme si je le voyais pour la première fois. C'est peut-être aussi le fait que je voyage, et la peur de ne pouvoir le revoir. C’est comme dire adieu a une personne qu'on aime, mais qu'on n'apprécie qu'au moment de la quitter. Je regarde émerveillée les couleurs de l'aube. J'essaie de fixer cette image dans ma mémoire, j'essaie de retenir la richesse de ce moment. Je tends la main pour toucher l'horizon. Rien ne me semble impossible. Mon nez colle a la vitre, je savoure la splendeur du spectacle, avide de lumière et de perfection, les yeux a moitie endormis. Je sens que le monde n'appartient qu’a moi, qu'il me confie ses secrets, qu'il m'apprivoise. Mon père m'accompagne, il parle, il me demande de faire attention, et je l'écoute tout en fixant l'extérieur. Le regarder serait lui avouer trop de choses. Les pêcheurs sont déjà réveilles, éparpilles sur la surface de l'eau. Je leur en veux d'avoir garde ce secret, de ne m'avoir pas raconte ce que je ratais pendant que je dormais. Je leur en veux de s'être approprie en silence une partie de la journée. Je leur reproche surtout de l'avoir fait alors que j'avais les yeux fermes. Autour de nous, quelques voitures circulent aussi discrètement. Je me demande ou elles vont, ou elles étaient et pourquoi elles sont tellement matinales. Ne sont-elles pas la que pour le décor de la pièce? Des personnes âgées se promènent se tenant la main. On dit qu'elles dorment très peu, qu'elles craignent la mort. Je pense qu'elles sont les seules à avoir découvert les miracles de la nature. Le temps passe, et la vue se fait plus claire. La vie semble recommencer. Ou plutôt, se terminer. Les magasins s'ouvrent, et les rues accueillent ce monde très agite, pour une nouvelle journée, qui sera comme toutes les autres trop courte, trop fatigante, trop insignifiante. Le chemin se raccourcit, le temps restant varie dans un sens décroissant. Je redoute l'arrivée. Je ne voyage que pour ce moment de prière. Bientôt, la ville va complètement se réveiller. Bientôt, la voix de mon père devra s'éteindre. Et personne ne saura que ce matin la, j'ai eu une conversation avec la mer. Je ne le leur dirai pas. D'ailleurs, j'ai une excuse, les pêcheurs ne m'avaient rien dit. Je suis finalement arrivée à l'aéroport. Mais mon voyage s'était déjà termine. Le soleil s'était levé, et le bruit régna de nouveau. Un bruit vivant, un bruit presse, un bruit qui m'a fait vite oublier, que le ciel ce matin la, était très bien habille.

mardi, mars 07, 2006

On est tous fous.

Je fais partie de ces personnes qui se demandent ce que les gens normaux auraient fait à ce moment précis, ce qu’une personne « normale » aurait dit, et comment « M. tout le monde » aurait réagi. Dans le film « les poupées russes », l’acteur principal décrit son voisin, un homme insignifiant qui rassemble des qualités et des défauts tout a fait ordinaires au point de faire de lui une créature invisible. Pourtant, ce M. tout le monde existe très peu en réalité. Je pense aux personnes que je connais, à ma famille, a ma classe, a mes amis, aux gens que je rencontre en boite, au ciné, au supermarché et dans la rue. Aucune de ces personnes ne pourrait se considérer « normale ». Je vais donner l’exemple de ma famille (parce que j’en ai le droit) et je vous assure qu’aucun de ses membres n’est identique à l’autre. Et si le caractère normal c’est la conformité des uns aux autres, je peux déjà éliminer une catégorie. Entre cette fille que je connais bien et qui se reveille en sursaut a 4h du matin pour resoudre un exercice de maths et cet homme connu au village qu'on appelle "le fou" qui passe son temps a cueillir des fleurs et qui croit vraiment assurer la circulation des voitures et le maintien de l'ordre, je n'arrive pas a choisir le plus sain d'esprit. Cette femme qui mange du chocolat en cachette alors que personne ne la surveille et ce prof qui arrive 2 heures avant le cours me paraissent egalement aussi fou l'un que l'autre. D'ailleurs, Paolo Coelho écrit dans Veronika décide de mourir que « nous sommes tous fous, d’une façon ou d’une autre ».


Apres un malentendu avec quelqu'un qui m’est cher, je cherche des choses a me reprocher, des mots déplaces que j’ai employés, des phrases blessantes, des reproches injustifiées. Je ne trouve rien. Je culpabilise ma mémoire, déterminée que c’est ma faute. Je vais m’excuser. Et je regrette un instant plus tard car les gens profitent de cet état de faiblesse qui est, je vous l’assure, la plus grande force du monde : celle de dire pardon. Je n’avais jamais imagine que ça pouvait être aussi dur. Ca mêle timidité et peur. Peut-etre que les personnes « normales » auraient recherche dans cette histoire des excuses, des justifications, des explications personnelles, des causes de « non imputabilité » afin de se transformer en victime. Si c'est le cas, j'ai agi differemment. Mais comment savoir ce qu'est un comportement normal? Ma vision optimiste du monde, ma naïveté croissante m’ordonnait a faire de cette personne lâche quelqu’un de bien, pour que le monde reste ce que je veux qu’il soit, cet endroit magnifique qui ne laisse place qu’a la beauté. Afin de sauver mes croyances, ma religion, il fallait que le bien l'emporte.


J’ai essaye de faire – encore- ce qu’une personne normale aurait, peut-etre, fait. J’ai essaye d’être M. tout le monde, qu’il existe ou pas.Il fallait absolument que je le crée. Mais être comme les autres, ou plutôt, être comme personne, fut pour moi une tentative qui aboutit a un échec. Moi, ou les autres. Je ne sais pas a qui j'ai voulu plaire mais je suis déterminée aujourd’hui qu’il ne faut être que soi,sans essayer de savoir a qui on ressemble et même si être soi c’est se faire rejeter par la société (et quelle société…!).Si je pouvais recommencer cette petite "experience", j’aurais dit a cette personne, au risque de me faire traiter de Veronika ou de succeder au fou du village, que je n’ai rien a me reprocher, que de toute façon, je ne suis pas très normale, et surtout que je n’ai point envie de l’être.

mardi, février 28, 2006

Aujourd'hui, quelqu'un m'a regardée.

Je marchais d'un pas pressé, timide sans en avoir l'air, je marchais d'un pas maladroit, embarassée mais toujours fière. Je marchais je ne sais où, tout en faisant croire qu'on m'attendait, je marchais toute seule, comme quelqu'un trop hautain pour se faire accompagner. Je me sentais abandonnée, je me sentais fragile, je pris un air de star de ciné, pour qu'on ne se doute de mes pensées.

Je marchais tout droit pour pas frémir, je controlais mes joues pour pas rougir. En passant, j'entendis des murmures. En passant j'entendis leurs paroles. On me traitait d'orgueil et de vanité, on me traitait de superficielle, de mal élevée. Je pressai le pas, en balancant harmonieusement les hanches, je pressai le pas comme une personne insouciante un beau dimanche.

Je continuai ma ballade solitaire, pensant à ce procès inégalitaire. J'étais toute seule à marcher, ils étaient nombreux à critiquer. Puis tout à coup, une chaleur parcourut mon corps, une caresse traversa mon dos, et une certaine assurance m'envahit. Quelqu'un m'avait regardée. Quelqu'un m'avait regardée differemment. Son regard ressemblait à une promesse, à un mot doux dans l'oreille, à un secret dont j'étais le seul gardien désormais. Son regard m'avait fait gagner le procès.

Je marchais d'un pas tranquille, où j'allais n'importait plus. Je marchais toute seule encore, mais sans leur faire croire qu'on m'attendait. Ce qu'ils pensaient n'avait plus de valeur. Leurs murmures s'etaient transformés en un bruit lointain et mortel. Je marchais doucement, je marchais vraiment. J'étais heureuse. J'avais gagné. Aujourd'hui, quelqu'un m'a regardée.

dimanche, février 26, 2006

UN GRAND HOMME

A chaque fois que tu parles, j'essaie de retenir ce que tu dis. Tes mots ont la couleur du ciel; d'ailleurs, dans ton avion, tu es si proche de lui.
Tes mots traduisent les secrets du monde, ce que seul un homme sage pourrait voir. Grace à l'amour que tu nous portes, je pourrais défier le monde. Avec la confiance que tu nous donnes, toujours plus grande que celle que nous nous donnons, la réussite est en grande partie pour te plaire, pour te rendre fier, pour faire briller tes yeux, ces yeux que tu m'as offerts, ces yeux marrons si sombres et si clairs à la fois. On dit que le marron est insignifiant, couleur d'automne; je trouve qu'il est profond, qu'il porte ta sagesse. Sur des bancs de classe toujours incomfortables, un professeur d'Histoire citait les grands hommes.

J'ai compris qu'un Grand Homme était un Grand Voleur, un Grand Assassin, un Grand Politicien (mot diplomatique pour Menteur). En résumé, un homme qui incarne tous les vices du monde est un grand homme qu'on admire après des centaines d'années.
J'essayai de trouver une position comfortable, pliai et dépliai mes jambes pour remarquer que ce qui me révoltais en fait était cette définition cruelle. Je regardai le ciel, ton univers et trouvai la vraie signification d'un grand homme: un grand homme est tout d'abord un père. C'est une personne grande par son amour, grande par sa bonté, par sa compréhension, par ses projets, par ses rêves (qui sont toujours ceux de ses enfants). Une grande personne, dirait Saint-Exupery, est une personne qui n'a pas oublié l'enfant qu'elle était un jour, qui vit toujours à travers elle.
Je te remercie tous les jours d'être avant tout un père, un vrai. Je te remercie d'avoir ces paroles honnêtes qu'ont seulement les parents, d'avoir cette vue élevée du monde, cette vue d'en haut. De leurs avions, les pilotes peuvent tout voir: la mer, les montagnes, les maisons... et surtout la notre. Une maison qui porte ton nom et qui le portera toujours. Dans ton avion, tu fais le tour du monde, tu t'éloignes pour mieux revenir, tu recules pour mieux observer, tu t'absentes pour donner plus et tu reviens chaque fois un peu plus... grand.
Loin de devenir une habitude, tu m'es un émerveillement quotidien, un voyage dans ton monde donc dans le notre, un voyage dans le plus beau monde, le seul, au bord de cet avion que tu conduis si bien.

Ce quon appelle la mode

La mode, expression de style, ou uniformisation culturelle?

Pour être intégré en société, l'Homme a aujourd'hui besoin, parait-il, de s'identifier à un groupe socio-culturel qu'il idéalise, sous peine d'être critiqué, voire exclu.

Dans une société où le regard d'autrui guide presque le comportement de l'individu, ce dernier a tendance à emprunter certains codes d'habillement (entre autres), qui ne traduisent pas nécessairement ses goûts ou sa personnalité, mais les "must" du moment, afin qu'il soit "in" ou branché.

Le consommateur perd alors son esprit sélectif, sa censure morale et opte pour l'adhésion. La mode, qui devrait en principe refléter fantaisies et particularismes, devient alors une forme d'uniformisation culturelle qui banit l'originalité et l'individualisme.

Aidées par les mass media qui font véhiculer aux quatre coins du monde les mêmes folies, les industries culturelles réussissent à influencer les choix et réalisent des profits inimaginables dans une société de jetable où la mode ne résiste pas à l'épreuve du temps: elle doit toujours changer, faire croire qu'elle évolue et attirer les accrochés au superficiel. D'ailleurs, la couturière Coco Chanel disait: "La mode, c'est ce qui se démode".

Bien sûr, être à la mode c'est aussi une forme d'adaptation nécessaire, à condition de choisir. Le meilleur moyen d'assurer un équilibre entre ce qui est imposé et l'excentrique de la contre-acculturation qui a pour corollaire le repli sur soi, reste à considérer à la fois le besoin et le désir. La mode resterait alors ce qu'elle devrait être, en harmonie avec le corps, les goûts et les sentiments. "Prouver que l'on existe, c'est passer d'une attitude de CON-sommation à une attitude de consom'ACTION". –Stephane Giquello-

Lui/Elle

Elle l'a connu à la fac. C'est un garcon considéré mignon a l'univ. Presque un homme, mais pas encore. Dans ses yeux se mêlent timidité, classe et tristesse. Elle lui dit qu'il a les yeux noirs corbeaux, les yeux du nil, même si sa meilleure amie future pharmacienne et toujours un peu trop philosophe lui assure qu'elle a tord, car d'après elle les yeux noirs ca n'existe pas. Elle sait que ca existe, puisqu'elle les voit!
Il fait des études d'économie, il est en 2ème année. Elle est en sa première année de droit et ne sait même pas si elle réussira. Elle est maladroite, lui parfait. Il réussit en silence. Elle crie un succès pas encore touché. Il écoute. Elle parle. Il apprend. Elle enseigne (des conneries). Il lit, elle écrie.
C'est un garcon pas comme les autres. Il cache dans le coeur une peine accumulée, il est vieux et enfant à la fois. Vieux, plus discret que les autres. Enfant, fragile entre ses bras.
Il finit la première étape de ses études l'année prochaine. Il partira: à Paris, à Londres, aux Etats-unis? Ils voyagent tous, surtout eux. Il la laissera ici. Elle sera encore en sa première année peut-être. Il lui dit que le fait qu'il voyage ne changera rien dans leur relation. Mais voyons, elle le voit déjà revenir avec une blonde aux yeux bleus, une francaise, anglaise ou américaine, mannequin de préférence, qu'il préfèrera à cette libanaise compliquée et maladroite.
Pas de travail au Liban, un service militaire obligatoire et toutes les raisons pour partir. Elle aimerait lui dire au revoir sur un quai de gare comme dans les chansons tristes d'amour qu'on chante souvent en voiture dans les embouteillages, se dirigeant vers la fac, croyant être protégés du monde alors que les gens autour se moquent de nos grimaces de faux chanteur, elle aimerait lui dire adieu comme ces films qu'elle regarde les larmes aux yeux, croyant ces scènes tellement loin de la réalité. Il partira tout de même, elle le sait, et l'adieu ne sera que dans le seul aéroport ou quasi-aéroport de la capitale. Beyrouth, tu fais fuir nos "maris". Ca l'a fait rire, quelle ironie puisqu'elle le sait déjà, puisqu'elle s'y attend. Elle n'y peut rien, vaut mieux rire que pleurer. Elle voyagera aussi peut-être. Ou pas. Peu importe.

solitude

C'est à travers toi que j'existe,
C'est dans tes yeux que je me vois.

L'indifférence, qu'on la subisse ou qu'on l'éprouve ressemble à l'inertie et à la mort. Solitaire, l'Homme ne peut épanouir sa nature spécifique et ne développe ses facultés qu'au contact de ses semblables. C'est ce que démontre a contrario le cas des enfants sauvages, laissés à eux mêmes. De même, des études ont montré comment l'absence prolongée de contact avec les autres est facteur de régression mentale chez l'individu déjà formé.
La question est de savoir quelle importance revête la société dans la vie d'une personne. L'analyse conduira donc à pointer la dimension fondamentale de l'autre et à repenser les conditions de cette coexistence.

Il est évident que pour vivre, l'Homme a besoin d'un entourage auquel il puisse s'identifier. La communication est une caractéristique propre à l'Homme (et ne peut évidemment avoir lieu qu'en présence de deux personnes au moins) qui le distingue par conséquent de l'animal. Entouré de personnes, l'Homme humanise ses tendances à la base égoistes et devient un "animal social". Dès sa naissance, il imite instinctivement le comportement d'autrui. On lui transmet d'abord le langage, manifestation première de l'existence de l'autre. A travers le jeu, l'enfant apprend le partage comme le démontre le sociologue Jean Piaget. Quelques années plus tard, il essaie de remplir les exigences d'une société sévère afin de réussir une intégration essentielle et d'éviter l'exclusion. Le regard de l'autre devient primordial.
La solitude a bien des effets régressifs. En effet, Michel Tournier démontre que l'absence d'autrui enferme l'individu dans sa propre conscience et induit des confusions entre le rêve et la réalité. Aussi, l'absence d'échange verbal produit l'appauvrissement du vocabulaire ainsi que la perte de la capacité d'abstraction. Pour vivre biologiquement et socialement l'Homme a donc besoin des autres et se doit de développer son altruisme. Valéry écrit "Un homme seul est toujours de mauvaise compagnie."

Toutefois, l'individu n'a-t-il pas également besoin d'espace et de recul pour bien se connaitre? Si la solitude renvoie une image péjorative, n'est-elle pas aussi et surtout une condition de bien-être? Pour être à l'aise en société, ne faut-il pas d'abord être à l'aise seul?

On ressent tous à un moment donné le besoin de s'isoler, de se mettre à l'écart. Même très entouré, on est quelque fois très seuls. Une envie d'évasion s'installe en nous, comme si le monde entier ne suffisait plus. On se surprend alors observant le ciel une nuit d'été ou couché sous le soleil alors que notre travail n'est pas achevé (même pas commencé). On se rend compte qu'on a arrêté le chronomètre et qu'on n'entend plus le téléphone sonner, ce même téléphone qui rythme d'habitude la cadence de nos pas. Les gens disparaissent soudain de notre vie, et notre solitude devient vitale. Des idées nouvelles nous parcourent la tête et une paix intérieure nous envahit. On marche inhabituellement sans destination, on n'est plus pressé. Nos soucis accumulés n'ont plus d'importance. On revient un peu plus tard, comme revenant d'un très long voyage, avec plein d'histoires à raconter et une vie à recommencer.
La solitude est parfois un très bon remède, mais pas pour longtemps, j'ai besoin de toi:
C'est à travers toi que j'existe,
C'est dans tes yeux que je me vois.

L'amitie

Définir l'amitié?
L'amitié, pour moi, c'est tout d'abord contribuer à l'épanouissement de l'autre. C'est un partage, un échange de sourires qui veulent tout et rien dire, un échange de larmes qui nous font à la fois perdre l'équilibre et retrouver le repère, de cris qui nous rappellent la place qu'on remplit, et d'encouragements qui nous poussent vers l'avant quand on sent qu'on ne peut plus marcher. L'amitié, c'est quand on trouve des bras ouverts pour nous serrer tellement fort au point de nous couper la respiration, quand les bras du monde nous ont laissé tomber.
C'est se raconter ce qu'on aime.
L'amitié c'est comprendre l'autre sans que cet autre ne prononce un mot, c'est l'aider à se relever et c'est se ranger de son coté quand tout le monde le condamne.
Mais l'amitié c'est aussi laisser l'autre vivre son histoire. L'amitié dépasse les calculs, et quand l'amitié devient obstacle on s'en passe.
L'amitié c'est l'harmonie des esprits, et la danse des coeurs. Quand l'amitié s'oppose au bonheur de l'autre, quand l'amitié vire à l'égoisme, on s'en passe. Si cet autre veut s'envoler, en amitié on le laisse faire, on le laisse apprendre s'il a besoin d'apprendre, on le laisse se noyer si c'est ce qu'il veut, mais on est là s'il tombe, et on est à son secours s'il tarde sous l'eau, parce qu'on est les seuls a savoir combien de temps il peut tenir sans respirer, avant de voir la mort.
Quand l'amitié viole les valeurs qu'on prétend incarnées en nous, quand l'amitié contredit nos principes, elle perd sa définition.Les bonnes manières ne sont guère en apparence. Les bonnes manières ne sont pas les manières que tu fais, les roles que tu joues devant les autres et que moi je reconnais, les choses superficielles que je laisse passer, et les mots bas que je prétends ne pas entendre. Les bonnes manières, en amitié et en tout, c'est savoir être noble. Et ca, tu ne sais pas l'être. L'amitié, c'est surtout penser à l'autre et ne pas voir que ce qui nous enchante. Parceque c'est là que l'amitié s'évapore. C'est là que les calculs commencent. Et moi, tu le sais, je n'avais jamais ete bien en maths, je n'ai jamais su calculer.

Agitations dans les coulisses.

Agitations dans les coulisses. Derniers conseils, dernier coup de peigne afin de mettre en ordre les mèches rebelles. Une dernière couche de maquillage et les rideaux d'un rouge pourpre s'ouvrent brusquement face à un public attentif.

Je prends des roles différents. Tantot princesse d'Orient, tantot prostituée d'une rue mal fréquentée. Parfois gitane, parfois prisonnière attendant mon prince charmant, histérique mélancolique ou fille modèle, étudiante ambitieuse ou poète rêveuse... un simple masque, un changement de décor, un choix de musique et le tour est joué.

Je peux révolter le public, l'attirer par des mots doux, le provoquer par des costumes indécents, le noyer d'ivresse. Sur scène tout est permis. Des masques colorés, un masque noir pour faire mystérieuse, un masque rouge pour la gaieté. Mais un masque. Un masque pour cacher. Ce n'est qu'un role à jouer.

Ensuite, sous les projecteurs et après avoir salué l'audience naive, je salue et je quitte. Une fois encore, j'ai réussi. Pas question de montrer qui je suis. C'est l'enveloppe qu'ils veulent voir. Ca fait du bien de plaire. Peu importe qui je suis, puisque je peux être ce qu'ils veulent. Peu importe ce que je sens, puisque c'est leur admiration que j'obtiens. Si je suis princesse d'Orient, prostituée, gitane, prisonnière, histérique, étudiante ou poète rêveuse. Peu importe.

Une pièce à jouer, constamment, quotidiennement, de facon permanente. Un visage différent tous les jours, un beau discours bien préparé, des gestes bien étudiés, des mots justes, des pas calculés.
Actrice sur scène, quel beau métier d'être applaudie. Un seul problème: plus de spectateurs. Tout le monde sur scène.

Les yeux revolver

"Les yeux revolver", ces yeux qui nous guettent, nous critiquent, nous violent, nous déshabillent, nous inventent, prétendent nous connaitre, nous jugent, nous accusent, nous étouffent, nous envient.. nous tuent. Des yeux sévères, des yeux injustes, des yeux grands ouverts, des yeux moqueurs, des yeux destructeurs, des yeux jaloux, des yeux qui nous tuent... encore.Je ne parle pas de ce regard qui tue par son charme comme le chante Marc Lavoine, mais de ce qui se cache derrière un bleu troublant, un vert changeant, un marron sympathique ou un noir profond.Je parle du regard que nous portons vers l'autre, de cette incapacité à accepter ses différences sans le comparer à nos "perfections", je parle contre ceux qui croient que ce qui est différent est faux, que l'inconnu fait peur, et je parle surtout pour ceux qui vivent en marge de la société, pour ceux qui sont déviants et non délinquants, pour ceux qui savent que la majorité n'a pas toujours raison, que la minorité n'a pas toujours tord, qui n'ont pas peur de crier haut et fort ce qu'ils pensent, qui veulent changer le monde et qui réussiront un jour, pour ceux qui vont à contre courant, pour les élites de la société, les élites du savoir, ceux qui s'en foutent royalement si on n'aime pas leur top rouge et leurs chaussettes oranges, ceux qui ne se sentent pas inférieurs parcequ'ils ne possèdent pas le sac Di-R, le jeans D-es-l, et le string Doré qui dépasse de ce dernier. Je parle pour ceux qui ont le courage de résister aux bêtises de la mode, qui ont la sagesse d'ignorer les commentaires des hommes mortels, qui ont la force de rester stoiques face aux faiblesses de la race humaine, qui ont la chance de voir d'en haut. Je parle pour ceux qui sont à la hauteur de se faire des amis de classe, comme Antoine de Saint Exupery, je parle pour ces dieux critiqués jour après jour, montrés sans cesse du doigt, toujours mal compris ou trop compris, je parle pour ceux qui ont pitié de nous, nous les superficiels aux yeux revolver, qui passons notre temps à les foudroyer de l'oeil, et à nous foudroyer entre nous, qui passons notre temps à mesurer qualités et défauts, afin de métamorphoser tout atout en vice, nous qui sommes assez limités d'esprit pour ne retenir que l'échec de l'autre en oubliant, ou voulant oublier, ses réussites. Ils viveront éternellement, ils sont nés différents, nous non. Je parle pour ces fantomes qui rendent notre monde meilleur, que nous n'évoquons jamais d'ailleurs –on se sentirait bêtes- sauf pour les humilier, et se sentir marrants.Je parle pour ces personnes qui savent que la différence est richesse, que les gens pourraient être complémentaires s'ils le voulaient, je parle pour ceux qui ont l'imagination assez fertile pour se créer un monde magique à l'intérieur du faux qui n'est pas à leur goût, pour ceux qui ont la patience de supporter nos bêtises d'intelligence réduite, espérant qu'un jour ce sera différent.

Mme tete en lair

C'est l'histoire d'une fille maladroite. Elle est maladroite, elle est tête-en-l'air et ca lui fait mal. A plusieurs reprises, elle a oublié les phares de sa voiture allumés. A chaque fois on lui dit "ca te servira de lecon". Mais non, elle refait la même chose, parceque ses gestes ne sont pas réfléchis, et sa vie n'est pas étudiée. On ne comprend pas qu'elle vit ailleurs, que dans sa voiture rejetée, elle s'imagine dans le carosse de Cendrillon, et dans un carosse-citrouille on ne risque pas d'oublier les phares, ni de garder la clé à l'intérieur, on oublie que dans son jeans mal lavé, elle s'imagine dans une robe qui couvre le monde de grandeur et qui vole aux étoiles leur splendeur, on ne comprend pas qu'elle n'entend rien autour d'elle, qu'elle ne voit pas les sauterelles, qu'elle est maladroite parce qu'elle pense à autre chose, à ses devoirs jamais terminés, à celui qu'elle aime, à la beauté du ciel après la pluie et au vent qui lui caresse le cou.
Elle est maladroite et ca lui fait mal. Elle n'a plus envie de conduire, elle n'a plus envie de sortir, tout ce qu'elle fait sonne faux et elle ne sait pas comment faire pour se concentrer. Et puis le temps... Elle déteste le temps. Elle ne pense pas que le contraire de la liberté est l'oppression. La liberté est emprisonnée dans la notion "temps".
Comment faire pour rester à jour dans ses études, pour sortir, pour lire, pour jouer avec ses cheveux et pour voir son petit ami en si peu de temps?
Je déteste ce sablier tricheur, qui ne fait que vanter ses graines rapides, qui me vole mes jours, me sépare de mon amour, me menace d'échec, me montre les rides du futur et se moque de mes jours heureux perdus. Je déteste la vie injuste, qui ne donne du bonheur que contre un travail acharné, une crainte de perte ou un malheur bien plus grand.
Mais j'aime cette course infinie, j'aime souffrir. Ca me donne envie d'écrire.