J’ai choisi les mots pour remercier la vie, pour la sentir, pour la décrire, pour la comprendre. Des mots pour lutter contre le temps et contre les maladresses de la mémoire. Des mots pour mieux avancer. J’écrirai pour avouer un amour, pour décrire un sourire, pour dépasser un sentiment amer, pour partager un moment fort. J’écrirai pour le plaisir.
mercredi, mai 31, 2006
Qui etais-je?
Ecrire tous les jours étaient donc devenu une habitude. Plus, une nécessité. Un besoin de communiquer avec ces gens qui me lisaient. Ca m’a surpris d’abord d’être lue. Je ne trouvais pas ma vie plus intéressante que celle de « mes lecteurs ». Je n’avais pas encore compris que j’écrivais la vie de tous. Je n’avais pas encore compris qu’il ne fallait pas nécessairement parler du rêve, du paradis ou de l’enfer pour être lu. La vie normale était suffisamment intéressante. Et c’est la vie normale qui intéresse. Savoir que quelqu’un quelque part partage nos craintes, ambitions, rêves et idées est une chose rassurante. Et c’est ainsi qu’en parlant un peu de ces gens qui m’entourent, que je rencontre et un peu de moi, c’est de tous les autres que je parlais.
Je relis les textes écrits souvent la nuit, entre la conscience et le profond sommeil, ces idées venues par hasard et écrites juste avant qu’elles ne s’en aillent. Je relis ces mots un jour chuchotés, ces promesses jamais tenues, ces confidences qu’on aurait du garder et je me demande… qui étais-je ?
Je relis mes histoires comme si je lisais la vie d’une autre. Cette autre que j’étais. Cette autre que je redeviendrai bientôt – je l’espère-, cette autre dont la vie me manque aujourd’hui. Je ne pense pas que l’on puisse changer si vite. Et j’attends avec impatience ma re-métamorphose.
Qui étais-je ? Que suis-je aujourd’hui ? Comment change-t-on si vite et pourquoi perd-t-on l’envie d’écrire et de partager ? Ou n’est-ce qu’une histoire encore inventée afin de ne jamais s’arrêter ?
lundi, mai 29, 2006
Le parfum d'aujourd'hui.
Il suffit parfois d’un regard, d’une image, d’une parole, d’un son, d’un paysage pour nous emporter loin dans le passé. Il suffit d’un parfum pour que surgisse au présent un de nos plus beaux souvenirs. Ce que Sartre appelle un ‘analogon’. Proust avait lui aussi rattrapé son passé rien qu’en mangeant une madeleine, odeur qui réveilla son enfance. Il suffit qu’un élément anodin attire notre attention distraite pour que nos pensées s’évadent dans cet endroit aimé et redouté à la fois, lieu de rencontre d’images du passé et d’histoires belles quoique douloureuses que l’on croyait oubliées. Il a suffi d’un parfum… Et loin ce parfum m’a emportée. Je marchais distraite comme d’habitude, pensant à la fois au travail accumulé à peine commencé et à une inspiration qui m’a récemment abandonnée. Je pensais à ce temps qui s’écoulait trop vite et duquel je n’arrivais plus à profiter. Je pensais à ces nuits trop longues qui me volaient mes journées. Et c’est alors que surgit un parfum, je ne sais d’où, reste précieux d’une époque lointaine, un parfum qui me rappela une odeur que j’ai un jour adorée.
Mon corps demeurait, certes, au même endroit. Mais c’est mon esprit que je n’arrivais plus à retrouver. Un esprit errant dans les pages du passé. Mes pensées se baladaient entre Rome et Paris. Mes souvenirs étaient bien plus vivants que la réalité. Même mes sens y participaient. Autour de moi, le décor avait changé, comme pour mieux se marier avec la mémoire. Une simple odeur avait réussi à reconstituer la chaleur d’un été. Un parfum avait reconstruit les restes misérables des plus belles vacances un jour vécues. J’ignorais qu’un voyage dans le temps fût réellement possible. J’ignorais avant ce moment l’intensité du souvenir.
J’espérai au plus profond de moi que ce parfum ne s’épuise guère. J’espérai en secret que la source de cette si belle odeur soit impérissable. J’essayai de chercher des yeux la personne ou la chose à la si belle senteur. Mais vite ressurgit le présent. Et vite disparut cette même odeur. J’en voulus à mes sens, j’en voulus à cet inconnu qui sentait si bon et qui s’était vite éloigné. Mais c’est alors que je découvris les plus belles senteurs. Je découvris le parfum que je préfère aujourd’hui : le parfum du présent.
Le passé sent très bon. Son parfum est attirant. Mais il ne fait que nous arrêter inutilement au chemin. Et son odeur est éphémère. Je préfère celle du présent. Elle existe vraiment. C’est celle du futur que je n’ai pu sentir. C’est celle du futur qui demeure insaisissable. Trop la vouloir ne ferait que brûler le présent. Et le passé l’a déjà trop fait souffrir. Il n’est donc possible d’humer l’instant qu’en étant insensible face aux tentations d’un passé vieux qui tente en vain d’exister et d’un futur orgueilleux qui vante sa face cachée. Le présent me convient. Je le respire pleinement entre deux temps aux odeurs désespérées.
La place aux honnetes hommes.
Pendant leurs éternels combats, certains citoyens, très intelligents bien qu’anodins, s’enrichissaient en connaissance et en savoir. Ils avaient prédit cette chute à leurs yeux inévitable. Ils savaient que leur tour allait venir, eux, l’élite du savoir. Ils savaient très bien que l’élite du pouvoir existait, certes, mais n’avait qu’une existence éphémère. Et ce fut effectivement à eux de régner.
Les grands hommes de la cité se croyaient éternels. Ils ne s’étaient jamais préoccupés des pauvres habitants du pays. La concurrence n’existait qu’entre les grands leaders des familles les plus puissantes. Mais c’était une concurrence archaïque. Une concurrence destructrice. Et c’est ainsi qu’ils trouvèrent la mort. Leur indifférence envers les plus intellectuels était très bénéfique. Elle permit leur ascension rapide et sereine.
Ce texte est bien plus qu’une légende. Cette dynastie a existé, un jour, dans un pays du moyen orient. Mais un autre temps est arrivé, le temps de ceux qui ignorent la politique. Et au lieu de l’apprendre, ils créèrent la leur. Un autre temps, aujourd’hui, est arrivé : celui des hommes honnêtes.
On pourrait croire que mon histoire est une déformation de la réalité, une vision trop optimiste de la société, une fiction très loin de la vérité. On pourrait croire que c’est la plainte de ceux qui travaillent beaucoup tout en observant d’un œil critique ceux qui ne font rien et qui détiennent paradoxalement le pouvoir. Non.
Ceci n’est que l’ordre revenu après une très longue absence régner sur une ville qui a longtemps souffert. La justice, le savoir, l’équilibre et le progrès viennent remplacer la « politique » de ceux qui croyaient gouverner. L’économie, le Droit, les sciences, les maths, la pharmacie, la médecine, les arts gagnent enfin le combat. Et leur politique inculte admet difficilement sa plus grande défaite.
jeudi, mai 25, 2006
Une decision lunatique.
J’ai commencé à écrire quand j’ai décidé de ne plus parler. J’ai écrit pour ne plus embêter ceux qui m’entourent. C’était un très bon compromis entre le bavardage et la nécessité de vider sentiments et pensées parfois trop agités. J’ai enfermé le tout dans une boite qui s’appelle « ma vraie vie ». La boite de ma vie certes, réservée à ceux qui sauront la déchiffrer entre les lignes. Réservée à ceux avec qui j’ai pu et aimé tout partager.
Ma vraie vie s’étalait donc sans censure, sans complexe et sans détours sur des pages entières, habillées seulement – quand j’étais raisonnable – de la pudeur des figures de style et des images un peu floues mais pas moins directes pour autant. J’ai dévoilé mon existence sans raconter mes secrets. Peut-être parce que je n’en ai jamais eus.
J’ai pris le soin de garder à ma vie sa part d’intimité. Ces choses que l’on ne dit à personne. Ses instants de bonheur, de faiblesse, et ses très beaux souvenirs. Je les ai racontés, certes, tout en me réservant une partie de façon très égoïste. Les raconter aurait rendu mes écrits plus ou moins profonds. Mais ne pas les raconter était un de mes plus grands caprices. Et j’étais fière – je vous l’avoue- de pouvoir tout raconter… sans rien raconter.
Aujourd’hui j’écris pour ne rien dire, presque. Parce que mes écrits ont toujours été le reflet de ma vie. Et ma vie en ce moment est en suspens. Ma vie en ce moment ne mérite pas d’être racontée. Je ne voudrais pas vous ennuyer. Alors j’écris pour raconter une décision de ne plus écrire, un sentiment de dégoût envers ces moments de fatigue et de stress où l’on vous conseille gentiment de tout supporter sous prétexte que « ce n’est pas le moment » d’abandonner. Comme si être heureux, triste ou stressé relevait d’une simple décision déterminée d’une raison trop orgueilleuse. Comme s’il y avait « un moment » pour tout… Non, il n’y a pas un moment pour tout. C’est comme ça, c’est tout…
Puis je me dis ce que j’aurais très bien dit aux autres. Dire aux autres, ça, je sais très bien le faire : ce n’est qu’une étape, ça passera, tu vas très bien réussir, ne baisse pas les bras, ferme les yeux et ça sera déjà l’été, la plage, les mecs et le soleil, etc.… Mais vous savez quoi ? Non, ça ne passe pas. Et puis c’est déjà l’été et le soleil. Mais pas pour nous. Même l’été, même le soleil nous snobent ces jours-ci. Ils choisissent leurs clients. Et ils nous donnent rendez-vous dans un mois. Dans une éternité.
Ce n’est pas une simple décision de ne plus écrire. C’est beaucoup plus : une incapacité, une impuissance, un abandon. Plus du rejet que de la détermination. Beaucoup plus la peur que la raison. Mais je le répète, mes décisions sont lunatiques. Elles naissent d’émotions passagères elles-mêmes changeantes. Alors peut-être que demain l’été m’appellera. Peut-être que demain le soleil sera pour moi. Et je donnerai aux examens le rendez-vous que m’avait donné mon été très occupé cette année. Entre temps, en suspens ma vie, mes décisions fragiles… et votre soleil.
lundi, mai 22, 2006
Je me suis demandee.
Je me suis demandée ce qu’il fallait faire pour être lue. Je me suis demandée où je devais écrire et quoi raconter. Il fallait que je sache si j’écrivais ce qu’on lit, si on lisait ce que j’écris, si je pensais ce qu’on approuve et si je parle comme on voudrait penser. Je me suis demandée si je pouvais dire que j’aimais le petit prince puis j’ai fini par dire que c’est un livre pour enfants. Je me suis demandée qui étaient mes amis depuis que je ne les voyais plus autant qu’avant. Je me suis demandée qui j’étais et pourquoi j’existais, je me suis demandée pourquoi j’écrivais et pourquoi j’étudiais. Et j’ai tout compris quand j’ai arrêté d’y penser.
Je me suis demandée si pour être lu il fallait être rebelle. Si on pouvait être respecté si on aimait la vie. Je me suis demandée s’il fallait être différent pour plaire et si la conformité sincère repoussait. Je me suis demandée si être heureux était ennuyant et s’il fallait opter pour la révolution puisqu’elle fait plus de bruit. Je me suis demandée si la déviance était le prix à payer pour bien paraître en société. Je me suis posée plein de questions, je vous les confie aujourd’hui puisque j’ai trouvé des réponses.
J’ai compris qu’on avait le droit d’apprécier la vie, les gens et le soleil. Qu’on avait le droit d’être chanceux, talentueux et de réussir quelquefois. Qu’il ne fallait pas se sentir mal quand c’est bien mérité. J’ai compris qu’on pouvait le dire même si rebelle on nous préfère. J’ai compris qu’il ne faut pas essayer de se faire aimer, ni même de plaire. Et que si ça ne marche pas, tant pis. J’ai compris que je n’allais écrire que ce qui m’intéresse sans même faire l’effort de trouver des rimes ou des mots jolis. Que la seule option qui m’est ouverte est d’écrire mes sentiments et pensées même si ceux-ci n’intéressent personne. Et là je parle de ma satisfaction personnelle. J’ai compris que je pouvais parler de la chaleur du café ou de l’insignifiance d’une couleur sans avoir à parler de mon pays ou de la guerre quand je n’ai rien à dire à ce sujet. J’ai compris que ce n’est pas toujours par ma faute s’ils sont partis. Et que peut-être ils ont trouvé mieux ailleurs. J’ai compris que je ne devais plus me poser des questions. Que pendant ce temps il serait plus utile d’agir.
Je me suis demandée ce qu’on pensait de moi, ce qu’on disait quand j’avais le dos tourné et quelles étaient les critiques qu’on m’adressait. Je souris aujourd’hui au souvenir de ces moments d’incertitude. Je ris aujourd’hui des jours où je croyais que les autres, eux, savaient. Alors j’écris ce soir, pour parler du temps et du soleil, pour raconter ma vie ou son regard. J’écris pour raconter une chanson ou une caresse. Peu importe si ça intéresse. Mais c’est alors que je me pose de nouvelles questions. Et je me demande…
jeudi, mai 18, 2006
Le papier est mort.
Je regarde ces lettres un jour reçues avant meme la naissance du ridicule. Je relis ces mots que tu m’as envoyés avant que tu n’aies pris l’habitude de m’envoyer un « où tu es » rapide sur mon portable. Je comprends ton écriture et je sens ta présence. Sur la feuille, des mots. Mais aussi des secrets, des confidences et des promesses. Je relis celles que je ne t’ai jamais envoyées. J’y aperçois des larmes un jour versées ayant effacé une partie de ce que je n’ai jamais su dire. Et je regrette ces jours où il était si beau d’écrire.
Mais aujourd’hui le papier est mort. Des moyens plus rapides ont pris sa place. Ils sont rapides, certes, mais nous éloignent. Depuis que c’est facile, on ne se parle plus. La difficulté nous a toujours attirés. Aussi bien que l’aventure, le secret, le mystère et la passion. Et rien n’est plus impersonnel que ce courrier électronique à travers lequel je ne te retrouve plus.
Il parait que loin est l’époque du papier. Il parait que les lettres appartiennent à un autre temps, une autre vie, un autre monde. Il parait aussi que notre amour y était attaché. Il est donc parti aussi. Et j’ai perdu mes mots en même temps que j’ai perdu les tiens. Je regrette les jours où je croyais te tenir rien qu’en lisant tes histoires. Je regrette ces jours où je croyais te caresser en touchant cette feuille qui t’appartenait. Je regrette ces jours où je n’ai pas assez connu le papier. Mais le papier est effectivement mort. Et toi aussi.
Et la tristesse vient bien apres...
J’ai découvert que le plus grand vice de tous les vices était la gentillesse. Oui, la gentillesse. Certaines personnes ne peuvent qu’être gentilles. Elles ne savent pas agir autrement. Elles pensent –à raison d’ailleurs- qu’il n’y a rien de plus facile qu’un sourire au visage, elles disent merci, bonjour, de rien et à bientôt sans aucun complexe. Elles ont un fort caractère qui leur permet d’être proches des gens qu’elles rencontrent. Convaincues qu’elles agissent de la bonne manière, évitant constamment les problèmes quelconques même avant leur naissance, elles se croient à l’abri du danger. J’ai cherché à savoir d’où venait cette force que détiennent certains chanceux. J’ai compris qu’elle venait de l’amour, du bonheur, de la paix, de la compréhension, de la confiance en soi et de la douceur. On ne peut être gentil que si on est assez fort pour se passer de l’agressivité. Ce sont les plus forts qui sont les plus gentils. Ils n’ont pas besoin de se protéger. Les gentils sont souvent des personnes ayant très bien réussi. Elles n’ont pas à combattre et ne se sentent pas menacées par autrui. Elles se laissent apprivoiser, elles approchent les autres, sachant que le monde extérieur ne présente aucun danger, aucune concurrence. Elles sont en quelque sorte placées à un niveau intellectuel supérieur qui leur permet d’aimer. Leur gentillesse est improvisée. Jamais préparée. Elle brille de sincérité. Elle fait bien plus de bruit que ceux qui essayent de gagner par la force. Tout leur pouvoir réside dans l’éclat de leurs yeux. Et ils réussissent en douceur, alors que les autres sont occupés par le bruit et ne remarquent pas leur succès continu. Ils le remarqueront plus tard. Mais la gentillesse aura déjà emporté la partie. Doucement. Lentement. Sûrement. Et leurs adversaires diront un à un, déçus et surpris : “je ne savais pas qu’il était bien plus difficile de combattre la gentillesse que la méchanceté”.
La gentillesse, souvent, si excessive, est un vice. Et quand la gentillesse est un vice, elle est le plus grand vice des vices. La personne atteinte de la gentillesse excessive laisse passer certaines choses auxquelles elle devrait s’opposer énergétiquement, elle se fait même marcher sur les pieds. C’est alors que naît la confusion entre la bêtise, la gentillesse et l’indifférence démesurée. Croyant être insaisissable, elle se moque de ceux qui tentent de la blesser, les laisse faire et continue son chemin avec le même sourire qu’elle adresse aussi bien à ses amis qu’à ceux qui se considèrent fièrement ses ennemis. Des ennemis, elle n'en a pas. Pour en avoir, elle devait trouver des personnes dignes de l'etre: des personnes qui lui ressemblent. Hormis ses amis, tout le monde est à un même pied d’égalité, et personne ne saurait –ou même ne pourrait- perturber sa vie. Bien sur, elle est heureuse. Elle pense avoir trouve tout le bonheur possible en étant imperméable, mais elle oublie que ceux qui la côtoient ne sont pas comme elle honnêtes, ils n’ont pas comme elle une existence propre et c’est la sienne qu’ils tenteront de voler, alors qu’elle plonge naïvement dans une de ses illusions trop idéalistes. Elle fait confiance à la mer, ferme les yeux pour se faire bercer par ses vagues. Mais celles-ci la rejettent sur une île déserte, après s’être assurées que ses yeux étaient bien clos et son corps bien reposé sous le soleil. Elle a cru le blanc de la neige. Elle s’est dit qu’on ne peut rien cacher quand on est si beau, si grand. Elle s’est promenée sur les pages vides de la tranquillité. Elle n’a pas senti le besoin d’y marquer ses mots. Mais dans la neige elle s’est enfoncée. Et tout le monde, bien sur appréciait sa gentillesse. Tout le monde l’appréciait parce que tout le monde en profitait.
Elle a tiré la leçon qu’elle ne pouvait apprendre que de sa propre bêtise. Elle a compris que pour mériter la gentillesse il faut être à la hauteur. Que les faibles ne peuvent la supporter. Que les personnes fragiles ne savent l’affronter. Qu’elle est difficile à gérer quand on est habitué à se battre. Et elle ne savait pas grand-chose à la vie. Elle les comprenait si bien aujourd'hui. Elle comprenait ses autres qui n’étaient pas habitués à la douceur et qui y voient un appel à la défense. Mais elle a oublié, elle, de se protéger. Heureusement qu’il y a certains de ses amis qui le font pour elle. Ceux qui ont découvert, bien plus tôt, une vérité qui lui est difficile à admettre.
La gentillesse est certes une qualité. Et ne cesse de l'etre qu’après un certain seuil dépassé. Excuse-moi Flaubert, mais j’ai découvert un vice que tu n’as su remarquer. Et la tristesse, crois-moi, vient bien après.
lundi, mai 15, 2006
Une nouvelle ELLE, un peu pas ELLE.
Elle avait de belles idées un peu révolutionnaires, de l’ambition, de la force, de la détermination. Mais elle a choisi les qualités des autres. Elle a cru qu’en répétant leurs paroles, on l’apprécierait plus. Elle n’avait pas compris que ces autres sont parfois aussi fragiles qu’elle.
Et voilà qu’une nouvelle Elle apparaît, très différente et très pathétique. La copie n’est jamais aussi réussie que l’originale. Et elle étale des mots qui ne sont pas les siens, des idées qu’elle a rassemblé de partout d’une façon très maladroite, pour finir par une signature, reste misérable d’une personne ayant jadis existé. On lit les textes qu’elle s’est appropriés, ces textes qui ne correspondent nullement à sa vie, à son histoire, à son passé. Elle écrit la vie des autres. Elle ne la raconte pas, elle la recopie. Alors que la sienne aurait été beaucoup plus intéressante. Elle cherche désespérément des vers éparpillés ici et là, les emprisonne dans le mensonge, parle de la nuit alors qu’elle aime le jour, parle d’une légende qui n’a rien de personnelle, et pleure ce soir ses faux pas si mal cachés. Cette tentative aurait pu si bien réussir. Mais il faut être doué pour ça. Et elle avait raté sur ce plan, aussi bien que sur celui de l’écriture.
Cette histoire est triste. Une nouvelle Elle apparaît. Un peu pas Elle. Une Elle qui me déçoit, que j’appréciais beaucoup plus, une Elle pour qui j’écrivais, une personne qui m’avait fait croire qu’elle me lisait, tout simplement. Cet article peut très bien être recopié. Celui-là raconte, pour une fois, son histoire.
Au cours d’un chapitre de biologie, en classe de première ES, le prof, je ne sais pour qu’elle raison, nous affirma que chaque être était unique, et qu’aucune personne dans ce monde ne pouvait ressembler totalement à une autre. Ceci avait bien sur une raison scientifique que je ne saurais répéter maintenant. Je n’ai même pas su le faire PENDANT le cours. Je n’ai retenu de l’explication que l’idée inutile en biologie. Je n’ai retenu que l’idée qui serait complètement superflue à l’examen : la singularité de chacun. Je savais que ce cours de bio, pour une fois, allait me servir dans la vie. J’avais appris quelque chose ce jour-là. J’avais appris beaucoup plus que ce qu’il avait l’intention de nous faire passer. J’avais l’air trop rêveuse, alors il me demanda de répéter l’explication. Toute fière, croyant avoir la bonne réponse, je me levai, tête haute, expliquer à toute la classe l’essentiel du cours de bio. Je te l’explique ce soir.
Nous sommes nés différents, et nos différences constituent la richesse du monde. Nous trouvons dans le regard de l’autre la confiance qui nous manque, dans son sourire une assurance nécessaire, dans ses critiques une façon de s’améliorer. Au fur et à mesure que nous grandissons, notre personnalité propre s’affirme de plus en plus. Et un Nous apparaît, très beau parce que spécial, très intéressant parce que différent, très mystérieux parce que divergent. Un nous qu’on imposera, qu’on épanouira, qu’on aimera. J’ai mal compris le cours de bio, parce que je n’ai assimilé que l’idée qui faisait de moi une personne unique, non pas meilleure – jamais- mais unique. Je n’ai compris que le coté philosophique seul essentiel pour la compréhension de la vie. Et je crois que c’était plus que suffisant. Parce que depuis ce jour, je n’ai plus jamais essayé d’imiter quiconque. A toi : être soi, partager, s’aimer, aimer, et apprendre.
Etre naturel ou faire des jeux?
Je vais prendre un exemple dans lequel il est possible mais exceptionnel d’être très naturel comme possible et fréquent de faire des jeux : l’amour.
En amour, on s’habitue. D’abord, on est pris par la magie, on y pense tout le temps, on oublie parfois de manger, on sourit seul comme des imbéciles en pensant aux moments partagés, on se remémore des scènes en y ajoutant à chaque fois un peu de notre imagination (après quelque temps ça devient loin, mais TRES loin de la réalité), on sursaute à chaque fois que le téléphone sonne… Puis ça commence à faire partie du quotidien. Et on devient, après un certain moment, très naturel. Alors l’amour disparaît, quand notre nature déçoit cet autre qui s’imaginait un peu autre chose. Ou bien notre nature plait. Mais un autre problème remplace l’absence d’amour : l’habitude de l’amour. Et c’est la conséquence de notre gentillesse qui refuse les « jeux » proposés dans les magazines pour adolescents, qu’on trouve trop bêtes, trop stupides et non dignes de constituer, ne serait-ce qu’un instant, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, notre façon d’agir.
Parmi ces « jeux » classiques, je cite par exemple cette fameuse règle pathétique « suis-le il te fuit, fuis-le il suit ». Ca y est, je l’ai dit. Je ne voulais pas le faire, j’avais honte d’en parler. C’est ridicule. Mais si ça sert à convaincre, j’utilise tous mes moyens. On est convaincu que cet autre nous convient. Il n’est pas parfait, certes, mais est le plus proche possible de cet être idéal dont on avait tant rêvé. Il n’est pas parfait. Mais on hésite aujourd’hui de changer notre image de la perfection. On l’aime. Et il devient le modèle type de la beauté. Ses défauts nous plaisent, et deviennent désormais, par l’effet de l’amour, nos qualités préférées. On était des personnes « mauvaises » dans le passé. Mais sous le charme, on est transformé en être doux, gentil, attentionné… Bref, amoureux. Seulement, cette si belle scène représente un seul des deux points de vue. Il ne faut jamais prendre en considération une seule version de l’histoire. Il y a toujours une autre, parfois plus fausse, parfois plus vraie. Toujours écouter les 2 versions. On écoute par exemple la chanson de Johnny Hallyday « Que je t’aime ! ». On se dit « Que c’est beau l’amour ! ». On oublie de se demander : « Et elle ?! Elle l’aime ?! ». La réponse, « souvent », et « parfois » pour les optimistes, est Non. Elle ne l’aime pas. Et lui, il lui chante « que je t’aime ». Pas nécessairement parce qu’il l’aime. Mais on aime bien entendre parler d’amour. Ca donne de l’espoir. Ca fait rêver. Et ça fait surtout vendre des Cds. Alors il lui chante « que je t’aime ». Et il lui en chantera tant d’autres. Que importe ? On ne sait même pas de qui il parle. Et elle n’existe probablement pas. Aimer de cette façon, c’est soit être bête, soit chanter à ce parfait inconnu qu’on ne connaîtra jamais. Pourquoi ? Parce qu’il n’EXISTE PAS.
Je reviens à mon analyse. Alors on est amoureux. Que l’autre le soit ou pas, peu importe. Il peut l’être c’est possible. Je n’ai pas dit le contraire. Mais on lui montre tellement qu’on l’aime, on est « naturel », on refuse les jeux de tout genre, et lui il sait que c’est dans la poche. On n’a jamais été comme ça, on le dit, on le répète, on l’adore. Il le sait. Alors il ne fait plus aucun effort. Il est gentil, bien sur. Très gentil même. Mais il devient lui aussi tellement naturel que le charme disparaît. Ca devient presque de l’amitié. Il ne sent même pas le danger de nous perdre. Il sait qu’on l’aime trop. Ca se voit de notre façon de le regarder, de lui tenir la main, de lui parler tout bas , ça se voit quand on est triste, ça se voit quand on est heureux, ça se voit quand on annule tous nos programmes pour le voir…
J’ai changé ma réponse. Il faut, quelques fois, faire des jeux. Ne jamais le laisser sentir que tout est acquis. Ne jamais laisser la flamme s’éteindre. Ne jamais le laisser savoir que notre vie tourne autour de lui. C’est la façon dont il faut agir. Mais moi je ne pourrai jamais. Je l’aime trop pour mentir.
Voici ma réponse « théorie pratique », une réponse « scientifique » peut-être, rien que pour te convaincre. En poème, ça aurait été faible. Mais je me serais mieux exprimée. J’ai parlé de l’amour, mais ceci peut s’appliquer dans tous les autres domaines. J’ai parlé de l’amour. Parce que quand c’est un vrai amour, il est tellement difficile de jouer la comédie. Je t’entends déjà dire « il FAUT être fort, il FAUT être dur, il FAUT être rationnel »… Et tu as raison. Mais en amour on ne fait jamais – je crois- ce qu’il faut. Et une application pratique serait trop difficile. Alors « soyons fou » ! hehe. C’est ce que tu dis non ? Voici donc ma réponse. Et la tienne ?
vendredi, mai 12, 2006
Ce que j'aurais voulu te dire.
Et ceux qui se contentent de vivre,
Il y a ceux dont la vie est un reve,
Il y a nous.
Le croisement des reves et de la realite,
Puisque notre vraie vie est un reve,
Puisque notre reve a toujours ete notre vie d'aujourd'hui.
Il y a toi,
Et moi...
Et peut-etre de nouveaux reves...
Am I a peaceful person?
Suis-je une personne pacifique ? C’est là la grande question. Comment définit-on une personne paisible, comment peut-on savoir si nous sommes, ou pas, en harmonie avec les choses et les personnes qui nous entourent ? Cherchons nous vraiment à l’être ? Faisons nous des efforts en ce sens ? A y penser vraiment, je ne crois pas avoir même essayé d’éviter les embrouilles. Je me suis souvent comportée – peut-être même tout le temps- selon mes envies, mes humeurs et mes réactions. Ces dernières n’ont jamais été réfléchies, maîtrisées ou contrôlées. Et voilà qu’aujourd’hui, ce soir même, je remets en cause ces comportements « fous » du moment, ces mots pressés et ces pas maladroits. Je les remets en question dans ma tête, sans encore les appliquer, la diplomatie n’ayant jamais été l’une de mes qualités. Et je me demande s’il y avait un comportement idéal propre à chaque situation, une façon de faire les choses de manière à sortir gagnant, n’ayant pas tout dit, ou n’ayant dévoilé que le juste nécessaire. Cette part de mystère qui fait le charme de certaines personnes, qui ont le pouvoir de garder pour elles-mêmes une grande partie de leurs pensées, de censurer leurs propos. Ces personnes ne sont pas nécessairement hypocrites, mais ont la faculté de ne pas tout dire. On les appelle les « personnes pacifiques » par opposition à celles qu’on qualifie de « spontanées » et qui sont en réalité celles qui causent le plus de problèmes.
Etre pacifique… A peaceful person. Ce n’est pas très facile. Et je sais que je ne le suis pas tout à fait. J’apprendrai à l’être. J’ai franchi le premier pas de ma métamorphose. Je me suis rapprochée, après un court voyage, des personnes que j’aimais bien, et j’ai décidé d’être plus optimiste. Rien ne sert d’aggraver les choses. Tout finira par s’arranger. Je suis convaincue de la nécessité des rapports sociaux dans la vie de toute personne, de la sincérité et de la confiance essentielles dans les liens qui nous unissent aux autres et d’une joie de vivre qu’il faut essayer de garder malgré les difficultés éventuelles rencontrées sur notre route. Faire confiance, et accepter le risque d’être déçu. Croire en l’autre, essayer de régler ses problèmes avec la plus grande simplicité, ou même les éviter avant leur naissance est la clé du bonheur. Rendre l’autre heureux c’est inviter la paix chez soi. Laisser passer certaines choses parfois, juste pour le repos de l’esprit. Et ensemble, vivre calmement. Le calme, aujourd’hui, j’en ai vraiment besoin.
mercredi, mai 10, 2006
Mais c'est un film.
Ce week-end, je suis allée au cinéma. Depuis que j’ai commencé mes études de droit, aller au cinéma est un programme « fou » comme aller en boite ou même – pour exagérer- voyager… Et j’ai vu un film qu’on m’a déconseillé, ce qui m’a poussée à le voir, comme mes goûts pour les films sont un peu bizarres : « Shop Girl ». Et une scène m’a marquée. Une image. Une idée. La fille qui joue le rôle principal de ce film discutait avec un homme, son ex-copain, alors que son petit ami actuel l’attendait de coté. Elle finit sa conversation avec le premier, et se dirigeai calmement vers l’homme qui l’attendait. Il avait les bras ouverts pour l’accueillir, il l’attendait impatiemment, alors qu’elle ne s’était absentée que pour quelques minutes. Il l’attendait. Et sans poser aucune question, il la serra fort contre lui, comme pour lui promettre le monde, la vie, le bonheur, les jours heureux et les jours sombres, il la serra comme pour lui dire que tout irait bien désormais, il la serra pour lui faire savoir qu’il lui faisait confiance, qu’il serait là pour elle, il la serra comme s’il avait tout compris, il la serra comme pour lui crier qu’avec lui elle n’avait pas à avoir peur.
Mais c’est un film. Et c’est la nuit. Et tout le reste n’est que jour et réalité.
dimanche, mai 07, 2006
A quatre, on a grandi.

C’est à quatre qu’on a grandi. C’est à quatre qu’on a un jour adoré notre enfance, à quatre on a pleuré comme pleurent les enfants, on a ri tellement fort dans les nuits, on s’est aimé, on s’est fait du mal, à quatre on a rêvé, à quatre on a eu peur, on s’est encouragé, on s’est disputé à la maison mais on s’est défendu dans la vie, on a marché à coté, on a rigolé de nos différences, on a appris de nos expériences… Et à quatre on a grandi. A quatre aujourd’hui on fait face à la vie. On la voit d'une facon si differente. Mais on l’aime, je crois, autant. Vous trois, je dois vous le dire, vous serez mes compagnons de toujours.
D’abord il y a Carl. Il a aujourd’hui 26 ans. Les filles, il est beau comme un dieu. Il aime la vie, beaucoup trop je crois, ce qui l’a souvent distrait des « choses sérieuses ». Il a aimé les nuits, il a aimé la musique, les boites, la télé, les jeux, la famille, ses amis et surtout… les filles. Carl est notre grand frère. Il nous a appris à grandir. Il nous a accompagnés à l’école, nous a achetés en cachette des bonbons. Carl a su nous faire rire, il nous a appris les leçons qu’il a tirées de ses propres fautes et nous a consolés quand on avait des soucis. Il a supporté le poids de la responsabilité alors que nous étions trop jeunes pour comprendre que parfois les choses pouvaient aller mal. Il a essayé de nous cacher tout ce qui aurait pu nous rendre triste. Il gardait ces choses-là pour lui et nous a offert les plus beaux moments de notre enfance. Il nous a proteges dans les rues de Paris, et a 10 ans, il avait deja aide ma mere a demenager d'un pays a un autre plusieurs fois, alors que mon pere le regardait fierement du haut de son avion. Il refaisait sa vie a chaque fois, sans jamais se plaindre, se faisait de nouveaux amis, s'adaptait aux changements et n'oubliait jamais son role de grand frere. Carl, tu trouveras un jour la femme qu'il te faut, celle que tu pourras aimer comme tu aimes le faire, celle avec qui tu seras toi, souriant, dynamique, nerveux et reveur. Tu l'as feras danser et ensemble vous ferez votre vie. Carl est le plus rebelle de nous 4. Il n’a jamais su se conformer aux règles posées par la société. Il a toujours été différent. Aimé par tous, il garde toujours son cœur d’enfant. Il a grandi aujourd’hui. Il a 26 ans. Il travaille à Dubaï et réussit bien ce qu’il fait. J’ai grandi aussi. Peut-être. Mais il restera à jamais mon grand frère.
Ensuite il y a Carol. Carol, 22 ans, fait partie de ceux que je décris parfois : ceux qui ont l’habitude de réussir. Elle a toujours été excellente, aussi bien dans les études qu’en sport, en amour ou en amitié. Carol a un très fort caractère, elle est belle, brille à sa façon et a toujours des projets. Quand moi je rêve, elle planifie. Elle partira bientôt, une fois son centième diplôme achevé. Elle partira dans deux mois, à Londres et à New York, elle partira parce qu’elle a besoin de continuer son chemin si brillant, elle partira parce que la vie l’appelle, le monde est grand, elle partira parce que ses ambitions dépassent les limites géographiques et les horizons qu’on lui propose. Elle me laissera ici, et me privera de son amitié et de son support. Elle partira en emportant avec elle une part de mon cœur. J’aurai besoin d’elle, j’aurai besoin de sa force dans les moments où je serais fragile, j’aurai besoin de ses idées, de sa logique, de sa tendresse… Mais elle ne sera jamais vraiment partie, je le sais. On ne peut pas séparer deux sœurs. Et ensemble, on restera. Entre les sœurs, une amitié qui défie le temps et l’espace. Nos cœurs seront à jamais unis, mes pensées pour elle, et mes prières pour la protéger. Carol, je t’aime. Je sais que tu dois partir. Je te retrouverai très bientôt. Attends-moi. Réfléchis pour moi. Reste ma force, mon espoir… mon bonheur.
Et puis Ralph… L’ange de la maison. Ralph l’ange et le diable. Le plus petit de tous. Ralph a 17 ans, et ressemble aux deux premiers à la fois. Il aime la vie et partage son temps entre les filles, le sport et les études. Il réussira, je le sais, parce qu’il est honnête, fort et sensible à la fois. Il réussira parce qu’il le veut, parce qu’il sera à jamais notre petit frère et on essayera de le protéger. Ralph grandit. Il est presque un homme aujourd’hui et commence à avoir sa vie privée. On a du mal à rester à l’écart. Mais il a son histoire personnelle à écrire. Il a sa vie à construire. Et il ne nous ressemble pas. Ralph nous fait sourire, Ralph me remplit le cœur. Ralph est le dernier de la liste, mais sans doute le plus mature. Le plus petit qui joue parfois – et si bien- le rôle du plus grand.
Et enfin… il y a moi. Un enfant parmi les quatre, attaché aux trois autres, qui déteste devoir grandir et se séparer d’eux. Il y a moi, maladroite et fragile, ayant survécu grâce à nos forces réunies et nos énergies concentrées. Il y a moi, qui vous aime énormément. Une seule chose me console, une phrase tirée encore une fois d’une chanson : « On ne changera pas le monde, mais il ne nous changera pas. »
On partira alors, chacun de son coté, chacun vers ce qui l’attire. Et au carrefour de nos routes, on parlera de notre enfance, on puisera de notre passé la force nécessaire pour l’avenir et on continuera nos chemins respectifs pour se retrouver un autre jour, une autre année, avec tellement de choses à se raconter. Carl, Carol et Ralph, vous savez, à quatre, le monde est si beau.
vendredi, mai 05, 2006
Ce n'est pas du snobisme, juste de l'indifference necessaire.
Nous aimerions oublier, et profiter du moment. Nous aimerions ressembler à cet enfant insouciant, qui rit de tout sans jamais rien comprendre, nous aimerions ressembler à cet homme libre comme le vent, qui n’a pas vraiment réussi dans la vie mais qui s’en fout carrément, nous aimerions ressembler aux papillons qui ne vivent pas assez longtemps pour avoir des soucis ou encore à la cigale tellement heureuse, qui se fait des jaloux parmi les fourmis. Mais notre mémoire nous fait souffrir. Elle fait ressurgir au présent ces choses de notre passé qui rendent la vie dure, le temps paresseux et les nuits blanches. On nous dit que nous aggravons les choses. Et c’est probablement vrai. Rien ne vaut tellement de tristesse et tout finira par s’arranger. Nous donnons des conseils mais nous ne savons pas les appliquer en ce qui nous concerne. Puis le temps finit par nous apprendre. Et vient succéder l’indifférence involontaire aux soucis destructeurs.
L’indifférence devient une condition nécessaire à la survie. Elle pénètre doucement la vie d’une personne, et lui donne cet air léger et froid qui fait sa présence. Elle apparaît quand elle juge la personne capable de vivre détachée de la prison que constitue la société quand celle-ci comprend que cet autre ne doit faire partie de sa vie que dans la mesure où il est épanouissant, qu'il doit sortir de notre sphère individuelle dès qu'il dépasse les limites qui lui ont été initialement tracées. Rien ni personne ne peut désormais la déranger. Elle ne retiendra des paroles des autres qu’une partie minime qui correspond à ce qu’elle aimerait entendre. Elle ne serait pas naive pour autant. Mais elle aurait construit sa censure personnelle sans laquelle elle ne pourrait vivre en paix. Et elle marche insouciante et heureuse, dort bien la nuit, et se réveille la mine parfaite. Le cerveau n'a plus qu'à s'occuper des choses essentielles de la vie. Et tout le reste s'évapore en même temps que nous progressons.
mercredi, mai 03, 2006
Et un jour, on lui raconta le monde.
On pourrait croire qu’elle a beaucoup moins de problèmes que les autres. Parce que les gens, au lieu de se concentrer sur leur propre vie, ne font que la comparer à celle des autres, et de dehors elle paraît bien entourée, protégée, gâtée, souriante et heureuse. Ces gens-là oublient qu’en société, tout le monde parait heureux. Et que c’est ceux qui sont les plus souriants qui ont en réalité le plus de tristesse dans le cœur. Que c’est ceux qui avancent le plus vite qui ont le plus peur. Que c’est ceux qui parlent le plus haut qui sont les plus timides. Que c’est ceux qui prennent un air de supériorité qui ressentent un manque de confiance. Que c’est ceux qui évitent les autres et qui les regardent d’un air agressif qui ont peur de s’engager en amitié ou en amour. Vue de l’extérieur, on lui reprochait de tout avoir. Et c’est cette même fille qui jouait, quelques années plus tôt, dans son coin dans la cour de récréation, parce qu’elle n’avait pas le courage de courir avec les autres. On lui avait dessiné une belle image de la vie, où les enfants du monde se tenaient la main, où l’on ne disait que la vérité et où il y avait assez d’eau et de lumière pour tout le monde. Mais elle fut surprise quand elle découvrit que l’image qu’elle détenait ne correspondait en rien à celle des autres. Elle fut révoltée. Elle cria haut et fort que c’est elle qui avait raison. Que c’est elle seule qui connaissait la vérité. Mais ce fut la loi de la majorité. Elle tourna le dos et repartit triste en silence.
Ce sont ces enfants-là qui sont les plus fragiles. Ils ne savent pas agir en société. Ils ne savent pas se protéger. Ils croient toute personne qui leur parle d’un air honnête et vulnérable. On se moque d’eux. On profite. Mais petit à petit, coup après coup, ils deviennent méfiants, et plus agressifs que ceux qui sont nés dès l’origine dans le vrai monde. Ils savent même faire face aux plus difficiles situations. Elle a su le faire elle, alors que tout le monde s’attendait à ses larmes et ses caprices. Elle a su se montrer froide et recourir à sa raison. Elle sait aujourd’hui qu’il ne faut retenir des paroles des autres que celles qui sont prouvées, justifiées et utiles. Que les critiques sont constructives. Que leur jalousie est pathétique. Ce qu’ils avaient à dire attirait d’abord son attention. Mais elle est devenue aujourd’hui capable de vivre entre les gens. Et même d’accepter leurs défauts, faiblesses et regards. On se fie aux apparences pour raconter des histoires et même les certifier. Comme si les histoires des autres concernaient la notre. On oublie qu’à force de regarder vers l’arrière, on arrive en retard. Et parfois le délai s’est déjà écoulé.
Elle se promène toujours avec un air heureux et naïf. Elle ne pourra jamais s’en débarrasser. Parce qu’elle garde dans le cœur l’image ancienne du monde qui s’est avérée être la plus fausse de toutes. Mais elle la garde quand même et c’est sur celle-ci qu’elle pose son regard quand elle partage des moments avec des personnes qu’elle aime. C’est cette carte qui lui indique la direction à suivre quand il s’agit de retrouver ses vrais amis. Et ensemble, suivant de faux chemins qui ne mèneront nulle part, ils partagent leur vision personnelle de la vie, cette vision aussi optimiste qu’erronée. Ils le savent. Mais ils s’en foutent. Ils se disent que ce n’est que le chemin qui compte, même si celui-ci n’aboutira pas. Ils se disent qu’ensemble ils partiront. Ils verront où plus tard. Pour le moment, la route suffit. Et après tout, s’ils y arrivaient, ils n’auraient plus rien à faire. Et la vie n’est peut-être qu’un chemin vers quelqu’un ou quelque chose qui constitue notre raison de vivre mais qui ne constituera jamais, jamais, notre réussite. Ce but est à l’origine de tous nos succès, ils nous guide, nous pousse vers l’avant, nous donne de la force et de l’espoir. Mais il restera à jamais une lumière lointaine et incertaine, très belle certes mais heureusement inaccessible.
Elle se rappelle alors les paroles d’une chanson qui lui ressemble. Elle sait qu’elle a été écrite et chantée pour elle. Elle l’écoute, elle ferme les yeux et fait des rêves qui eux ont l’avantage d’être libres. Elle regrette qu’il n’y ait pas une si belle musique pour accompagner ses mots. Puis elle se dit qu’ils n’en valent peut-être pas la peine. Elle sourit. Et allongée sur son lit, elle savoure les mots et la musique et se fait des histoires qui n’ont pas à correspondre à la réalité.
« On partira de nuit, l'heure où l'on doute
Que demain revienne encore
Loin des villes soumises, on suivra l'autoroute
Ensuite on perdra tous les nord
On laissera nos clés, nos cartes et nos codes
Prisons pour nous retenir
Tous ces gens que l'on voie vivre comme s'ils ignoraient
Qu'un jour il faudra mourir
Et qui se font surprendre au soir
Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où?, je sais pas
Y a que les routes qui sont belles
Et peu importe où elles mènent
Oh belle, on ira, on suivra les étoiles et les chercheurs d'or
Si on en trouve, on cherchera encore
On n'échappe à rien pas même à ses fuites
Quand on se pose on est mort
Oh j'ai tant obéi, si peu choisi petite
Et le temps perdu me dévore
On prendre les froids, les brûlures en face
On interdira les tiédeurs
Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses
Qui nous a volé nos douleurs
La vérité nous fera plus peur
Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où?, je sais pas
Y a que des routes qui tremblent
Les destinations se ressemblent
Oh belle, tu verras
On suivra les étoiles et les chercheurs d'or
On s'arrêtera jamais dans les ports
Belle, on ira
Et l'ombre de nous rattrapera peut-être pas
On ne changera pas le monde
Mais il nous changera pas
Ma belle, tiens mon bras
On sera des milliers dans ce cas, tu verras
Et même si tout est joué d'avance, on ira, on ira ».
dimanche, avril 30, 2006
Ou es-tu?
Tu t’absentes pour quelques jours et je sens le poids de quelques années. Je m’enferme dans ma solitude même au milieu du bruit et de la foule. Je cherche ton regard parmi ceux que je ne reconnais plus. Je cherche ta voix parmi des cris qui ne m’intéressent plus. Je me cherche moi-même, je me suis perdue depuis que tu es parti. Ca me soulage, étant perdue, il leur serait plus difficile de me retrouver. Je ne veux pas être retrouvée encore. Je t’attends.
Où es-tu ? Je m’ennuie de tout, des études, des livres, de tes lettres, du temps, des amis et de la vie. Je dors pour que ça passe, je m’occupe à faire des choses inutiles et je pense à toi. Je te cherche dans mes souvenirs et dans mes rêves. Mais tu n’es pas là. Je remplis mes journées mais elles demeurent fades. Alors, je t’attends.
Où es-tu ? Reviens vite. C’est bête la vie sans toi. Le temps se fait lourd, les nuits trop longues et le silence dur. Plus dur que ces mots qu’on murmure parfois, et aussi dur que ton absence. Un silence qu’il m’est impossible de remplir. Je déteste ce qui te retient. Je me sens égoïste mais c’est à cause de toi. Tu t’es fait indispensable à ma survie. Et je te cherche tout en sachant que je ne puis te retrouver. Pas encore. Je te cherche et je sais où tu es. Reviens vite. Je ne te l’ai pas dit… Mais je crois que tu sais que je t’attends.
samedi, avril 29, 2006
Le gris.
Je suis de ceux qui trouvent leur bonheur dans les choses simples de la vie : dans un sourire, une glace, une bonne note, une promesse, le vent sur mon visage, une belle chanson sur la radio, une conversation profonde et… le temps.
Il faisait très beau aujourd’hui. Très gris mais très beau quand même. Je ne puis l’expliquer. Moi qui aime le bleu intense du ciel, les couleurs pastel et la chaleur du soleil. Assise près de la fenêtre, j’humai l’air qui y pénétrait avec un bien-être indescriptible. J’entendais vaguement les explications du prof, je crois même qu’il m’a posé une question, mais cela n’avait point d’importance. J’étais en harmonie avec la nature. Je sentais qu’elle ressemblait à mon humeur du jour, qu’elle me comprenait, je ressentais le besoin de communiquer avec elle, ne serait-ce qu’en la regardant, en l’admirant et en remarquant chacun de ses mouvements. Tous les bruits autour de moi me semblaient pathétiques. Et dehors, ma meilleure amie.
Le gris n’est pas si laid après tout. Si l’on arrive à l’accepter. Il peut être décevant quand on aime les couleurs à caractère comme le blanc et le noir. Mais une fois la réalité acceptée, le gris paraît comme étant la couleur la plus sincère de toutes. Il traduit la vie comme elle l’est vraiment. Un mélange maladroit qui finit par donner une image pas très esthétique mais surtout très réelle. Il est direct, spontané et ne fait point de promesses, contrairement au blanc trop optimiste. Il ne fait pas perdre l’espoir comme le noir. Il nous fait juste réaliser cet équilibre si bien illustré par le ciel d’aujourd’hui.
Je redoutais la fin de l’heure. La vue était si belle de ma fenêtre. Je voulais plus. Je regardai alors intensément à travers la vitre, peut-être que le ciel me remarquerait. Mais le gris est très neutre. Il sait garder ses distances. Il s’est montré très professionnel. Il ne m’a pas dit les mots jolis que sait si bien dire le ciel bleu, ni les mots amers du ciel d’hiver. Il m’a juste regardée indifféremment… Et ça m’a plu.
Le gris me ressemblait beaucoup aujourd’hui. Et je me suis collée à lui. On se comprenait. On n’était pas triste, mais pas très heureux non plus. On a résumé une vie, et ça a donné quelque chose d’incertain qu’on obtient en mélangeant le blanc et le noir. Il me quittera peut-être demain. Mais il ne serait pas infidèle pour autant. Il ne m’a rien promis. Et après tout, peut-être que c’est au bleu que je ressemblerai alors.
vendredi, avril 28, 2006
"Je me sens ordinaire".
« Je me sens ordinaire » m’a-t-elle dit. Cette fille si brillante… Elle voulait toujours plus. Parce qu’il ne lui suffisait pas de bien réussir. Elle voulait se surpasser, transcender ses aptitudes, prouver qu’elle pouvait mieux faire, non pas aux autres – elle s’en foutait- mais à elle-même. Elle m’a expliqué que c’était une course personnelle qui avait pour but de mettre sur papier et d’offrir à la vie tout ce qu’elle possédait comme qualités, intelligence, savoir-faire, talent et sensibilité. Elle pouvait faire mieux. Elle pouvait faire plus. Et peu importe si elle avait réussi aux yeux des autres.
Elle m’a dit qu’elle aurait préféré être mauvaise, voire nulle. « Au moins, de cette facon-là, on se fait remarquer » a – t- elle dit. « Ou alors excellente ». Etre bien ne veut rien dire. Qu’avait-elle fait ? Elle a eu une très bonne note me direz-vous. Mais beaucoup de personnes l’ont fait avant elles. Et celles-ci n’ont pas mieux réussi dans la vie pour autant. Certaines d’entres elles sont même passées inaperçues, et leurs copies n’ont servi qu’à décorer les murs d'une maison toujours très vide.
Après mon regard surpris et révolté, je pris un air compréhensif. Elle avait tout à fait raison à mon avis. Il fallait laisser une trace personnelle sur le chemin que nous suivons. Une trace qui reflétera la personnalité propre et unique de chacun. Elle sera tantôt le reflet d’un sens de l’humour et tantôt celui de l’excellence. Elle gardera le souvenir d’une personne douée dans ce qu’elle fait ou vraiment très nulle, pourvu qu’elle soit exceptionnelle.
A propos de la fille qui se plaint d’être très ordinaire : il ne faut surtout pas la croire. Elle est très spéciale, sans s’en rendre compte. Elle cherche toujours quelque chose. Ce quelque chose qu’elle trouvera, quoiqu’il soit (elle est de ceux qui trouvent ce qu’ils cherchent). Peut-être qu’elle l’atteindra trop tard, et je l’espère pour elle car « tout ce qui est atteint est détruit » (Montherlant). Elle se sent perdue, elle se sent fragile, mais dans sa tristesse et son désespoir, elle se fait si bien remarquer. Elle se croit ordinaire, c'est vrai... Peut-être qu'elle manque simplement de lucidité. Car croyez-moi, elle brille à sa facon. Et elle avait réussi à laisser sa trace personnelle... dans mon coeur.
mercredi, avril 26, 2006
J’aime la nuit.
C’est vers minuit que je commence à respirer. C’est à cette heure-ci que je profite du sommeil des autres pour me réveiller. Je jette dans un des coins de ma chambre ce que je devais faire, jusqu’à cette heure, par obligation. Je retrouve le monde de la nuit précédente, mon monde à moi, mes livres, ma musique et le son de ta voix. Je retrouve mes pensées, mes faux jugements, le calme de la maison, et l’intensité du moment. Je suis en harmonie avec la nuit.
J’ai toujours aimé ces moments-là. Loin du bruit, du chaos et de la discorde, je saisis la profondeur de la nuit pour vivre. Je la respire, je la respecte, je la vénère, je la vis. Il y a ceux qui se couchent tôt pour se réveiller en forme de bonne heure. Ils vivent avec le soleil et n’ont jamais été séduit par le charme mystérieux de la lune. Il y a ceux qui savent vivre. Qui ne dorment que très tard dans la nuit, parce qu’ils ont de très belles choses à faire. Ils se réveillent tard aussi s’ils sont très paresseux, ou très tôt, la mine déconfite et les cernes sous les yeux, parce qu’ils doivent se rendre à la fac ou au travail, regrettant les caprices de la veille. Mais ils referont la même chose ce soir aussi. La nuit est leur royaume.
J’aime la nuit, je lui fais confiance. Elle me rend plus spontanée, plus sincère et plus directe. Je t’appelle. Et on se dit ce qu’on n’aurait jamais osé se dire en plein jour. Le noir est notre complice, on se sent fort, protégé des gens et de leurs critiques, on se sent en paix, dans l’intimité d’un décor sombre.
J’aime la nuit. Elle se moque de moi mais je l’aime quand même. Elle m’a fait croire que tu m’aimais, elle m’a fait croire à tes promesses. Elle me raconte des sottises qu’elle reniera au lever du jour, elle me fait des cadeaux qui ne sont pas les siens à donner, elle me fait croire que je suis en sécurité. Mais dès que j’aurai les yeux fermés, elle me laissera seule, comme tous les jours à l’aube. Elle me laissera seule quand j’aurai besoin d’elle : quand les autres seront réveillés.
J’aime la nuit surtout parce qu’il l’aime. Il rentre de voyage, et ensemble, dans un silence religieux, on se chuchote des confidences. On apprend à se connaître. Souvent sans rien dire. Rien que pour écouter la nuit. Mon père et moi, on aime la nuit.
La nuit se moque vraiment de moi. Je l’ai déjà dit. J’écris à cause d’elle n’importe quoi. Je le regretterai demain matin, j’en suis sûre, une fois ma raison regagnée. Mais ce sera déjà trop tard, je ne suis pas la seule à aimer la nuit, et ceux qui sont comme moi auront déjà lu mes bêtises. Mais ils saisiront la raison de cette maladresse. Ils l’apprécieront aussi peut-être, plongés dans la même ambiance, celle de la folie nocturne.
Alors, vous qui vivez sous le soleil, qui menez une vie raisonnable et qui profitez de la nuit pour dormir, soyez indulgents, essayez de nous comprendre.
« Nous avons des nuits plus belles que vos jours » -Racine-.
jeudi, avril 20, 2006
La jeunesse.
On la porte comme un enfant qui se fait des soucis qu’il croit grands comme le monde, parce qu’ils sont difficiles à supporter à son âge, ces mêmes soucis qui le feront rire plus tard.
On la porte comme une fille timide dans la cour de recréation qui fait mine d’être très occupée pour ne pas avoir à affronter l’amitié.
On la porte comme une force, comme une espérance, comme un rêve. On la porte sous forme de projets, d’ambitions, de décisions et de travail.
On est jeune… On a vingt ans. On est très beau à cet âge-là. On veut être, on veut exister, tout est possible…On veut critiquer le monde, le réformer, on le regarde d’un air parfois trop fier, le nez haut et la démarche trahissant une indifférence propre aux jeunes de notre génération. On la porte sous forme d’orgueil, on veut imaginer le monde à notre façon, on se croit unique et parfait comme la rose fragile du petit prince qui n’avait que quatre épines pour se protéger et qui ignorait l’existence de champs de roses tout à fait semblables.
La jeunesse. On la porte qu’on le veuille ou pas. Devant nous le temps, le futur et la possibilité. On ne subit pas encore notre destin, on le crée. On aimerait bien faire des promesses, mais on ne sait pas encore ce que la vie nous cache. On aimerait garantir un fait, mais l’avenir ne veut rien dévoiler. On se prend parfois trop au sérieux, mais en réalité on a encore un cœur d’enfant qu’il faudrait essayer de garder.
J’aimerais bien te le dire, te le promettre, te le garantir. Mais je suis jeune. Et demain matin je ne saurai pas le faire non plus. Pas même celui d’après. J’aurais voulu tracer avec toi un chemin. Mais je ne connais que mon passé. Tout ce qui suit est encore en construction. Je ne peux te parler que de mes souvenirs. Tout ce qui reste sera l’œuvre du destin, de la chance, des choix que j’aurai à prendre, du temps, des personnes que je vais rencontrer… et de la vie.
Parle-moi de ton passé, parle moi de tes amours, de tes souvenirs, du jour où tu m’as dit que tu avais froid, parle-moi de ton enfance, du garçon qui te faisait pleurer quelque fois, parle-moi de ta mère, cette femme si belle que je vois parfois, parle-moi de tes échecs, tes succès je les connais par cœur, parle-moi de tes amis, je les aime autant que toi, parle-moi de mon sourire, de mes yeux que je vois dans les tiens, parle-moi de tes rêves et dis-moi ce que tu n’as dit à personne. Parle-moi de la mer, peut-être que tu l’as vois différemment, parle-moi de toi, je ne veux pas que tu t’en ailles déjà. Parle-moi de tout, dis moi n’importe quoi, mais surtout ne t’en va pas. Fais-moi croire que je suis unique, un peu comme la rose naïve du petit prince. Ne me laisse pas voir les champs. On peut encore être ensemble. Raconte-moi un secret, quelque chose que je serai seule à porter, donne moi un indice, un coté caché de ta personnalité, tiens-moi la main, raconte-moi des histoires, fait moi rêver. Laisse-moi connaître ce que tu sais déjà, donne-moi ton passé puisque ton avenir tu ne le possèdes pas, parle-moi d’hier puisque je n’y étais pas, marche avec moi aujourd’hui, puisque demain est inaccessible, serre-moi contre toi, j’ai peur de ce qui va suivre. J’aurais voulu que mes jours ressemblent à ce soir-là. Mais on est jeune. Et peut-être demain on grandira.
mercredi, avril 19, 2006
Elle pleurait de perfection. Son journal me l'a dit.
Voici l’histoire d’une personne qui n’avait pas le droit de se plaindre. Cette personne était la seule à pouvoir se considérer complète. En effet, elle peut objectivement affirmer, sans orgueil et sans prétentions, avoir tout réussi, sans mêmes susciter les rires et les moqueries. Je ne vais pas vous dire qu’elle était belle, la perfection avait de loin dépassé ce stade. Je ne vais même pas parler de sa carrière, quand on est si parfait, ce n’est qu’un tout petit détail parmi tant d’autres. Je vais parler du coté cœur, ce sujet qui intéresse tout le monde, aussi bien les enfants plongés dans leurs contes de fées que les machos qui vantent leurs conquêtes. Je vais parler de sa vie de couple, qui a fait beaucoup de jaloux dans les parages, je vais parler de sa relation qui a fait l’objet de tant de paris, et qui a fait gagner ceux qui ont juré qu’elle durerait éternellement- sinon très longtemps. Une histoire d’amour qu’on cherche, qu’on travaille, qu’on espère, qu’on décrit… qu’on craint. L’amour est si beau. Mais comme toute chose belle, il fait peur. Il faut savoir être à la hauteur. Et avoir dans notre tout petit cœur, une place pour un autre… Cet autre qui prend parfois un peu trop de place !
Sa vie compliquée et son emploi de temps très chargé laissaient juste le temps nécessaire d’avoir quelqu’un dans sa vie. Quelqu’un DANS sa vie. On rentre vraiment dans votre vie en amour. On la perturbe parfois. Nos vielles habitudes ne sont pas toujours compatibles avec l’AAAmour. Son ancien mode de vie était oublié, sinon rangé dans cette boite noire si utile (encore une fois : l’Inconscient). Elle ne se rappelait que rarement des soirs ou elles sortaient avec ses copines en boite, rien qu’entres filles, et ou elles dansaient sur le bar jusqu’au petit matin. J’entends déjà vos critiques !! C’était une fille bien, il ne faut pas la juger si rapidement. Disons qu’elle avait bien profité de la vie. C’est tout. Elle avait connu des hommes avant lui. Beaucoup. Plus que vingt. Moins que cent. Beaucoup d’entre eux sont mêmes tombés amoureux d’elle. Elle était jeune, belle, élégante, profonde. Je n’ai pas voulu parler de sa beauté pour assurer la profondeur de ce texte qui se situe au niveau d’un organe responsable de tous les sentiments destructeurs et détaché de tout ce qui est superficiel, mais sa beauté est un fait. Un fait non négligeable qui a contribué – il faut le dire- à sa perfection. Les hommes défilaient dans sa vie, sans la retarder. Elle avait des projets, et ses projets dépassaient leurs horizons. Elle rêvait d’un autre monde, d’autres pays, d’autres cultures. Parfois d’une autre vie. Elle avait atteint, plus tard, la perfection. Ce point ou l’on sait que plus rien ne peut changer pour le meilleur. Ce moment dans notre vie où l’on ne peut que détruire. Ou rester. Plus jamais avancer. C’est vers ce point que l’on dirige nos efforts. Mais il parait qu’une fois arrivé, ça fait mal. Très mal. Elle a donc atteint la perfection. Ce ne fut pas un cadeau du ciel. Si c’est un bonheur, elle l’avait mérité. Elle avait beaucoup travaillé dans sa vie pour atteindre ce stade. Elle était reconnue désormais pour son élégance, sa gentillesse, sa modestie et son succès. Sa plus grande victoire était d’avoir pu trouver du temps et de l’énergie à consacrer à l’amour.
Tout était si parfait. Dîners romantiques, boites et soirées télé. Il était beau, elle était belle, et ensemble ils faisaient rêver. Ils faisaient les boutiques ensemble, et parlaient aussi bien de leur avenir que du passé. Leur passé n’était pas commun, mais de leur avenir ils pouvaient décider. Que vouloir de plus quand on a la santé, l’amour et qu’on peut choisir- éventuellement- la famille. Que demander quand on a exactement ce qu’il faut pour être deux. C’est une très belle histoire à raconter. Mais on comprend mal pourquoi ses héros sont révoltés. A entendre, cette histoire dessine un sourire sur les lèvres, fait briller les yeux et battre le cœur. A vivre, il parait que c’est dangereux. Elle n’a pas accepté d’en dire plus. Quand on est parfait, on ne dit que le juste nécessaire. La perfection n’englobe pas le bavardage. Elle savait donc être discrète. Sa vie était bien meublée, et ses meubles bien disposés. Mais on m’a dit qu’on l’a vue pleurer.
Je n’ai pas compris comment, plongé dans la perfection, on pouvait ressentir du chagrin. Et comment on pouvait pleurer. De joie me dit-on. Mais ce n’est pas possible. Car être parfait suppose même être stoïque, ce qui veut dire que les faiblesses, positives soient-elles, ne sont pas possibles. De tristesse ? Ce ne serait pas la perfection. La perfection était donc, par élimination, une source de chagrins. J’ai trouvé dans son jardin, un journal intime. Je l’ai ouvert en cachette. Et oui... je ne suis pas parfaite. Et curieuse comme pas possible. Mes mains tremblaient de maladresse. Je suis tombée sur une page, qui justifiait son chagrin. Je l’ai recopiée avec hâte pour pouvoir vous la raconter.
« Cher journal,
Je rentre chez moi comme tous les soirs, après avoir réussi ma journée.J’ai été applaudie au travail, et j’ai trouvé le bus qui me convenait,
Je rentre chez moi à la même heure, sachant que chez moi on m’attend,
Mon amour sera rentré, et il m’attendra impatiemment.
Je lui raconterai ma journée, et je lui dirai que je l’aime,
Que depuis qu’il est là, ma vie n’est plus la même,
Je lui ferai des promesses, et j’écouterai ses mots doux,
Il me dira que je suis sa princesse et que de moi il devient fou.
Ma soirée ressemblera à toutes celles,
Qui avant ce soir me rendaient la vie belle,
Je suis atteinte de la perfection,
Et je me plains de cette solution.
La perfection est sans doute un vice,
Qui fait de moi une personne malade d’ennui,
Car mon cas est grave cher ami,
Puisque ma volonté est sa complice.
Ensemble elles envahissent mes nuits,
Ensemble, elles harmonisent mes jours,
L’erreur, la bêtise et la folie,
M’ont abandonnée pour toujours.
Et je pleure ma vie,
Et je pleure mon paradis,
Comme on rit de ses faiblesses,
Comme on se moque de son ivresse. »
Je refermai son cahier en silence, et je retrouvai ma vie perturbée. Ce soir, je la regardai d’un air différent et la remerciai d’être si désordonnée. Je l’interdis de se faire belle, elle me convenait parfaitement comme elle était. Je la défendis de devenir raisonnable, sa folie m’attirait. Je regrettai au fond de moi, la vie de cette personne si parfaite. Décidément, qui aurait cru avant ce soir-là que la perfection pouvait causer des ennuis ? Je tacherai dans le futur, pour ne pas changer mes habitudes, de chercher ennuis et problèmes afin d’éliminer toute possibilité de pleurer de perfection. Mon journal n’aura pas à me consoler. Je vous le jure, jamais parfaite je ne serai.
Paroles de grand corps malade- rencontres. ps: ces paroles ne st pas les miennes. Elles forment une des chansons de "grand corps malade".
lundi, avril 17, 2006
Ma légende personnelle.
Je n’arrive pas à commencer mon histoire… C’est un sentiment que je n’ai jamais ressenti auparavant. Une impossibilité à transmettre une idée, un fait, une réalité. Une difficulté de mettre sur papier – ou plutôt sur écran- une certitude qui ne sera jamais écrite. Je croyais que je passerais ma vie à écrire. Et voilà que je n’arrive plus à faire cette seule chose dans laquelle j’excellais- je crois (vous pensez ?). J’ai toujours su raconter des histoires. Des grandes, des petites, des histoires vraies, d’autres inventées, certaines préparées, et d’autres spontanées. J’ai eu recours aux discours pour réussir, fuir ou simplement rigoler… C’était mon domaine. Et maintenant, je n’arrive pas à raconter une simple expérience, une constatation, un secret… Ma vie aurait-elle perdu son sens ? Sa raison d’être?
Je suis inquiète… Que faire de ma vie ? Je n’ai rien d’autre à faire. Je n’aurais jamais du abandonner le ballet. Peut-être qu'après tout j’aurais été bien meilleure en danse ou en ballet qu’en droit. Peut-être que mes histoires ne vous intéressent pas du tout. Mais pour le moment, j’ai des choses à dire… Et vous devez encore supporter ma dernière tentative de survie. Oui de survie… Je ne puis vivre autrement. Je suis née ainsi, très bavarde… Alors voici le début de ce que j’aurais aimé faire passer, ce que j’aurais aimé crier, ce qui aurait été ma danse d’ouverture il y a quelques années, alors que je savais encore danser… Voici ce que j’aurais écrit en chanson les jours où je savais écrire… Pour le moment, rien que des paroles désordonnées qui ont pour seule qualité- exceptionnelle- d’être vraies et sincères. Les mots nocturnes d’une personne très fatiguée et un peu perdue…
Je ne sais pas si comme moi, vous avez parfois envie de changer votre vie. De la bouleverser, la transformer, la détruire. Si vous avez envie de faire ce que vous n’avez jamais fait, et abandonner ce rythme normal qui vous allait très bien. Si vous décidez un jour de suivre les conseils qui vous sont donnés, non pas par conviction – mais alors pas du tout- mais rien que pour vérifier que vous avez raison et que le reste du monde a tort. Ce petit moment qui n’est pas une hésitation- loin de là- mais une décision que prend toute personne raisonnable afin de s’assurer qu’elle ne vit pas dans le mensonge, l’ennui ou l’ignorance. Vous vous dirigez alors vers cet endroit fréquenté par tous, connu et reconnu pour sa Grande réputation, et vous empruntez ce chemin qu’empruntent vos « conseillers ». Vous n’êtes pas satisfaits. Décidément, votre vie allait très bien sans leurs conseils.
Cette expérience ne peut pas être considérée comme une perte de temps. Elle fut un stop essentiel afin de poursuivre la route en paix dans la conviction que ça va, tout va bien. Très bien même. Mais le pire reste à suivre. Vous arrivez au sommet de cette montagne, guidé par ces habitués qui ne sont en réalité que des imbéciles d’habitude, et vous leur rendez le sourire qu’ils vous adressent – ce sourire fier, la fierté pathétique de l’échec ignoré-. Vous arrivez au bout de cette montagne, n’ayant pas toujours saisi ni le but ni l’intérêt de cette course inutile, et vous subissez leurs critiques. Ils vous reprochent d’avoir emprunté ce chemin qui ne vous va pas, cette montagne qui n’est pas la votre, d’avoir trahi votre destin, de vous être égarés en plein chemin. Vous suivez, contre votre volonté, le chemin qu’on vous propose, qu’on vous impose, et ils ne sont pas contents… Ils vous incitent puis vous accusent. Vous invitent puis vous renvoient. Ils ne sont jamais contents en fait, ils ont toujours quelque chose à dire, que vous soyez de leur avis ou pas, peu importe, vous avez toujours le numéro perdant…
Je n’ai pas essayé de faire beau. Je n’ai même pas essayé de faire bien. Je voulais juste faire vrai. Et le vrai en ce moment c’est le chemin qu’on décide d’adopter, qu’on est les seuls à reconnaître, et que nul ne peut juger de faux, de fragile ou d’inutile. C’est notre voie personnelle, notre légende, notre histoire. Celle que les autres ne pourront observer que de l’extérieur et dont ils ne verront jamais les merveilles. Les merveilles cachées dans ses nuits et dans ses jours. Surtout dans ses nuits… Cette vie qui n’appartient qu’à nous, qu’on peint à notre façon, avec des couleurs pastel ou des couleurs sombres, qu’on décore selon nos goûts personnels, qu’on construit et qu’on cultive. Le vrai est peut-être – malheureusement- la nécessité d’être agressif, non pas pour nuire à autrui, mais pour survivre. Rien que pour pouvoir bien vivre, à l’abri de ceux qui pensent à tort deviner notre façon de vivre, et qui se reconnaissent le droit de la critiquer.
J’ai voulu surtout t’écrire… Toi qui supporte mes sautes d’humeur et mes "Grands Projets". Toi qui est le seul à connaître les merveilles de mes nuits et de mes jours. Le seul qui a le pouvoir – et le droit – de juger ma façon de vivre et le chemin que j’ai un jour décidé de suivre. Toi qui est –ironiquement- le seul qui ne le fait pas. Le seul qui me laisse vivre comme j’aime le faire, le seul qui me laisse simplement… vivre. J’ai voulu écrire à celui qui m’observe m’éloigner quelques fois, sachant que je reviendrai très rapidement, celui qui sait que sans lui, ma vie ressemblerait à une course inutile vers le sommet d’une montagne alors qu’un très beau chemin longeant une mer calme et sereine d’un mois de juillet m’est offert. Je t’écris pour te dire que j’ai suivi leurs conseils, j’ai changé ma vie (pour une seconde ou deux), j’ai vu ailleurs leur définition de vivre, et je suis revenue retrouver la mienne, celle que j’ai puisée de mon propre dictionnaire, celui qu’on a pu un jour écrire tous les deux. Je suis venue te dire que mon chemin n’est autre que le tien.
Ce sentiment d’impuissance s’est évaporé. Il ne ressemble plus qu’à un vague souvenir incertain. J’ai essayé de chercher un moyen de communication, une façon d’atteindre leurs cœurs, une manière de les convaincre… En réalité, tous mes mots étaient là. Les leurs manquaient. Mais ces derniers ne sont plus ceux que je recherche. J’ai employé les mots que tu comprends. Dans ma vie, mes règles de jeu. Dans ma vie, ma légende personnelle…
vendredi, avril 14, 2006
« Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d’intervalle qui les écrit. » -Marcel Proust.
Un écrivain vole la vie de tous pour réussir la sienne. Il observe chaque mouvement, écoute chaque mot, et remarque tout mouvement. Sensible, il cherche dans le monde qui l’entoure sa prochaine histoire. Et dans le silence de la nuit, il dévoile des secrets qui ne sont pas toujours les siens à raconter. Dans le noir et le calme, il raconte le monde a sa façon, réinvente la vie, réinvente l’amour, libre de créer, détruire et transformer. Un écrivain trouve ses mots dans un sourire, il les puise d’un simple regard, et les lit dans une caresse.
Les gens vivent, il écrit. Mais il ne faut pas croire qu’il est passif. Il est le plus actif de tous. Il est aussi acteur que les autres. Ecrire, c’est sa façon de vivre, sa façon d’exister. Mais il fait vivre les autres aussi. Il raconte leurs histoires. Ils partiront. Mais les histoires resteront. Non pas comme un souvenir, mais comme une preuve que la vie ne suffit pas.
D’une passion naît une histoire. De cette histoire naît des passions. Un livre raconte une très belle histoire, celle d’un amour pur et éternel appartenant à un autre siècle, un autre monde, une autre vie. Longtemps posé sur une étagère poussiéreuse, ce livre essaie d’attirer l’attention de lecteurs paresseux qui choisissent toujours un livre bien plus court, bien plus neuf, avec une couverture plus attirante. Comme si celle-ci faisait le livre. Mais il attend patiemment un lecteur qui saura propager la nouvelle. Il sait qu’il viendra un jour. Il garde l’espoir.
Un beau jour, il fut ouvert. Et c’est ainsi que les amoureux s’échappèrent de ses pages pour envahir la terre. Leur mission était à accomplir. Il fallait propager la vérité. L’amour était partout désormais. Ils avaient réussi à faire de leur passion personnelle celle de tous. Et des passions… des histoires défiant l’espace et le temps.
jeudi, avril 13, 2006
Des jours qui se ressemblent...
La vie nous rapproche des gens qui nous ressemblent. On se retrouve, naturellement, avec des personnes du même milieu que nous, qui ont souvent fréquente la même école, parlant la même langue et ayant des intérêts qui rejoignent les nôtres. Les conversations se ressemblent et chaque rencontre se différencie légèrement de la précédente. On croit que le monde n’est que celui qu’on a connu, qu’on connaît, que les gens ressemblent tous a nos amis, qu’ils sont comme eux, gentils, méchants ou superficiels- ça dépend de nos amis.
On s’enferme dans une vie qu’on croit la bonne, qu’on accepte et qu’on idéalise, qu’on vit intensément, douloureusement, passionnément parce qu’on décide qu’elle est faite et bien faite, et on en fait une définition de la perfection, par la seule volonté arbitraire d’un très mauvais juge. Toutes les pancartes nous indiquent un chemin différent. Mais le juge est têtu. Il croit bien faire. Il croit avoir trouvé un raccourci. Son chemin est en réalité le plus mauvais de tous. Et du haut de son estrade, il s'imagine un ciel fictif qui lui sourit.
On fait les boutiques habituelles, sans regarder les nouvelles vitrines, on commande une glace chocolat vanille, pour ne pas risquer des parfums plus exotiques, et on finit par écouter les chansons 3, 8 et 11 d’un CD, sans prendre la peine d’écouter pour une fois les autres. On le fait par ennui, habitude, paresse et manque de courage. Puis on s’énerve de cette routine qui tue…
Un jour, on est « jeté » dans une foule au regard cruel, parmi des créatures sauvages et inhabituelles, des êtres différents du « monde » : on n’a connu qu’un seul jusqu'à présent, et ce qu’on voit n’est clairement pas le même. On est surpris de voir une vie en dehors de la notre, du bruit en dehors d’un « chez nous » que l’on croyait très dynamique mais qui s’est avere n’être qu’aussi vivant que tous les autres- et parfois un peu moins.
On essaie alors de s’évader, la tentation est aujourd’hui plus grande, on veut toucher, regarder, goûter, sentir et entendre tout ce qui n’appartenait pas avant ce jour a notre vocabulaire qu’on découvre- surpris- un peu limité. Le monde est grand, on se sent très petit, le monde est vaste, on sent qu’on sait peu de choses. On commence par marcher, puis on court… puis on s’arrête. Que choisir ?
Enfant je me suis perdue. J’étais seule dans la rue. J’ai marché, j’ai couru et puis je me suis assise sur l’une des marches d’un escalier. J’attendais quelque chose, quelqu’un. J’étais seule mais je n’avais pas peur. J’ignorais le danger. Enfant, on n’a peur de rien. Aujourd’hui, tu me laisses parce que je le veux. Tu me quittes parce que j’en ai besoin. Et tu me laisses seule dans la rue. J’ai 10 ans de plus, et 10 fois plus peur… Je ne peux pas marcher. Sans toi, je ne sais pas le faire. Mais on m’a dit qu’a vingt ans, il faut savoir le faire.
lundi, avril 10, 2006
Il avait a choisir entre elle et la societe.
samedi, avril 08, 2006
Une lettre au fond d'un tiroir.
"Ton appel et mon réveil matin se sont confondus. Pas beaucoup de personnes se sont réveillées pour me dire au revoir. Aucune, en fait. On a beaucoup parlé de ce trajet matinal qui mène vers l’aéroport au lever du jour, du ciel rose et bleu à la fois, de la route réservée à ceux qui n’ont pas une minute à perdre et dont la journée commence quand la notre se termine, du calme et de la paix qui règnent sur la ville, de l’envie de partir pour s’évader un bout de temps… et de l’envie folle de revenir.
Ce matin, il faisait très noir encore, et les gens qui sont d’habitude déjà debout dormaient encore. Il pleuvait. J’ai pensé à toi, aux longues heures passées au téléphone, à se raconter des secrets, des histoires, des remarques et des bêtises. J’ai pensé à la journée d’études, au chocolat que tu m’as donné, à ton rire, aux mots qui me blessent, à ce que je te dis parfois pour te rendre jaloux… et peut-être amoureux. J’ai pensé à Beyrouth, j’ai pensé à Londres, j’ai pensé à Paris, à notre histoire, au temps qui nous sépare, à celui qui a fait qu’on se rencontre, au banc inconfortable sur lequel on s’est assis un jour, au courage que j’ai du concentrer pour créer la circonstance. J’ai hâte de partir, de me séparer un moment de mon quotidien, d’oublier ce qui me retient normalement, et toutes les choses auxquelles je me suis tellement attachée. J’ai envie d’oublier pour quelques jours les histoires qui n’ont pas de valeur, une fois regardées de haut. Tu devrais venir ici, et les regarder toi aussi. Tu verras que j’ai raison… Que le monde fait rire d’en haut. Que les gens perdent leur sérieux quand on les observe agir en silence de la fenêtre d’un avion. Il faut que je parte. Rien que pour mieux revenir. Marcel Proust écrit que le bonheur n’est que dans le souvenir des choses vécues. S’il a raison, je serai heureuse en pensant à toi. Mais quel malheur de ne pouvoir trouver du bonheur que dans le souvenir ! Le moment n’a-t-il pas sa joie ? Je ne sais pas… je ne sais plus. Le temps passe, et je m’éloigne de plus en plus. A cette heure-ci, tu dors probablement encore. Entre nous, le temps, la distance et l’ennui. Parle-moi, tu sais très bien que je peux t’entendre. Je ferai semblant de te croire. Rien que pour saisir le moment, rien que pour prouver que Proust a tort. Parle-moi… Tu sais bien qu’on ne possède, tous les deux, que des mots. Mais les mots s’en vont… Et les mots s’évaporent."