Tous les jours à midi, et depuis le premier jour de travail il ya un an, j'ai mangé la même salade. Laitue, tomate, poulet, parmesan et pistaches. Jusqu’au jour où, pour une raison qui me reste étrangère, je ne voulus plus en entendre parler. Je me sentis complètement déboussolée et pas encore prête à la laisser tomber. Mais la réalité a fini par s’imposer, je ne l’aimais plus et c’était un fait. Je décidai alors de trouver autre chose à manger.
On me conseilla la soupe tomate. Mais je n’aime pas les soupes. Et les tomates m’indiffèrent. Pourtant j’optai pour ce choix. Puisque rien ne me tenta vraiment. A ma grande surprise… ce fut un délice. D’abord, la chaleur du pot entre les mains. Ensuite, l’odeur des herbes, des épices, du vin. Et la couleur, orange (et pas rouge…) qui indiqua subtilement une touche de crème pour le plaisir de la langue et du palais. Et enfin la texture, parfait juste milieu entre une consistance liquide/ennuyante et une consistance visqueuse/écœurante. C’était juste parfait. Bien meilleur que ma salade vite oubliée/remplacée. Tous mes sens étaient satisfaits.
Ma découverte allait durer. Chaque jour à midi, jusqu’à la fin de mes jours. Parce que je n’ai pas l’amour civilisé. J’aime l’excès. L’overdose. J’irai la chercher et si par malheur on osait m’annoncer qu’elle avait été du menu ôtée, j’arrêterai de travailler.
Puis une idée vint me perturber… mon amour devrait être sauvegardé. Et pour cela, je devrais peut-être modérer la consommation. Pour faire en sorte que je ne m’ennuie jamais. Pour établir une relation stable et à longue durée. Pour ne pas voir l’amour finir. Et éviter de la vomir. Comme je t’ai vomi à toi. Autrefois.
Mais je ne sais pas ...
©
J’ai choisi les mots pour remercier la vie, pour la sentir, pour la décrire, pour la comprendre. Des mots pour lutter contre le temps et contre les maladresses de la mémoire. Des mots pour mieux avancer. J’écrirai pour avouer un amour, pour décrire un sourire, pour dépasser un sentiment amer, pour partager un moment fort. J’écrirai pour le plaisir.
vendredi, avril 08, 2011
jeudi, avril 07, 2011
Ipod
Je déteste perdre des choses. J’attache une importance particulière aux objets de tout genre. A mes sacs, mes chaussures, mes lunettes, ma télécommande, mon vernis, mon téléphone, mon petit carnet, mes stylos, mon miroir, mes bagues. Et ceci pour des raisons diverses.
Parfois pour leur valeur matérielle. Comme une bague qu’on m’a offerte à mon anniversaire, et qui, pendant que je faisais la vaisselle, a décidé de faire un petit tour dans l’évier pour ensuite profiter de la promenade pour glisser dans les tuyaux et me laisser le cœur en morceaux.
Parfois, pour leur valeur morale. Comme mon porte monnaie qu’on m’a volé lors de ma sieste dans le métro. Il contenait un cadeau de ma grand-mère. Un cadeau en papier jauni. Transmis de génération en génération. Et supposé protéger le voyageur. C’était une prière. Le voleur ce jour là n’a pas fait bonne affaire. Parce qu’il n’avait trouvé qu’un porte monnaie bon marché, quelques pièces de livres anglaises, une carte de crédit bloquée… et un message divin en signes codés.
Parfois, pour leur utilité. Comme mon Ipod que j’emporte partout. Dans le métro, à la gym, au parc et dans l’avion. Qui contient des chansons que j’aurais honte de faire écouter. Ces chansons fleur bleue et bonbon. Mon Ipod a disparu il y a quelques semaines. Je l’ai cherché partout. Partout. En vain. Et pour me punir de ma maladresse, j’ai décidé de vivre sans musique quelques semaines. Dans l’espoir que cela m’apprenne à faire plus attention. De toute facon, nulle en technologie, si j’en achetais un nouveau, je ne saurais même pas y mettre de la musique.
La perte m’a vraiment dévastée. Au-delà de l’ennui éprouvé tous les jours pendant le sport et le trajet, je m’en voulais d’être tellement tête en l’air et si peu concentrée.
Et soudain, en pleine nuit, autour des coups de minuit, je glisse ma main sous le matelas, et je devine du toucher un corps étranger. Rectangulaire. Métallique. Glissant. Solide. Et bien caché. Mes yeux s’écarquillent et mon cœur bat fort. Je prie (à distance et en harmonie avec le papier d’autrefois jauni) que ce soit bien mon Ipod chéri. Et… oui.
Quel bonheur…
Depuis, je ne le lâche plus. Et je ne le perdrai plus… Peut-être faut-il vraiment vivre le manque pour savoir combien l’on attache de l’importance à un objet ou une personne. Peut-être faut-il vivre la douleur de la séparation pour ne plus jamais… non jamais… quitter des yeux l’être adoré.
Heureuse des retrouvailles, je me promène au soleil, des lunettes sur le nez, un cappucino à la main et Barbara aux oreilles. Je passe ma main sur mon cou et je remarque… qu’il est plus dégagé que d’habitude. Merde, il y manque quelque chose. Mon pendant rose !
Décidément… Je ne changerai jamais.
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Parfois pour leur valeur matérielle. Comme une bague qu’on m’a offerte à mon anniversaire, et qui, pendant que je faisais la vaisselle, a décidé de faire un petit tour dans l’évier pour ensuite profiter de la promenade pour glisser dans les tuyaux et me laisser le cœur en morceaux.
Parfois, pour leur valeur morale. Comme mon porte monnaie qu’on m’a volé lors de ma sieste dans le métro. Il contenait un cadeau de ma grand-mère. Un cadeau en papier jauni. Transmis de génération en génération. Et supposé protéger le voyageur. C’était une prière. Le voleur ce jour là n’a pas fait bonne affaire. Parce qu’il n’avait trouvé qu’un porte monnaie bon marché, quelques pièces de livres anglaises, une carte de crédit bloquée… et un message divin en signes codés.
Parfois, pour leur utilité. Comme mon Ipod que j’emporte partout. Dans le métro, à la gym, au parc et dans l’avion. Qui contient des chansons que j’aurais honte de faire écouter. Ces chansons fleur bleue et bonbon. Mon Ipod a disparu il y a quelques semaines. Je l’ai cherché partout. Partout. En vain. Et pour me punir de ma maladresse, j’ai décidé de vivre sans musique quelques semaines. Dans l’espoir que cela m’apprenne à faire plus attention. De toute facon, nulle en technologie, si j’en achetais un nouveau, je ne saurais même pas y mettre de la musique.
La perte m’a vraiment dévastée. Au-delà de l’ennui éprouvé tous les jours pendant le sport et le trajet, je m’en voulais d’être tellement tête en l’air et si peu concentrée.
Et soudain, en pleine nuit, autour des coups de minuit, je glisse ma main sous le matelas, et je devine du toucher un corps étranger. Rectangulaire. Métallique. Glissant. Solide. Et bien caché. Mes yeux s’écarquillent et mon cœur bat fort. Je prie (à distance et en harmonie avec le papier d’autrefois jauni) que ce soit bien mon Ipod chéri. Et… oui.
Quel bonheur…
Depuis, je ne le lâche plus. Et je ne le perdrai plus… Peut-être faut-il vraiment vivre le manque pour savoir combien l’on attache de l’importance à un objet ou une personne. Peut-être faut-il vivre la douleur de la séparation pour ne plus jamais… non jamais… quitter des yeux l’être adoré.
Heureuse des retrouvailles, je me promène au soleil, des lunettes sur le nez, un cappucino à la main et Barbara aux oreilles. Je passe ma main sur mon cou et je remarque… qu’il est plus dégagé que d’habitude. Merde, il y manque quelque chose. Mon pendant rose !
Décidément… Je ne changerai jamais.
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mardi, avril 05, 2011
Lambada
Quelle chanson vous rappelle votre enfance ? Quelle mélodie vous fait vibrer ? Quel souvenir est à un refrain lié ? Quelles notes de musiques ont le pouvoir de provoquer en vous la nostalgie, l’envie, l’excès ?
Avez-vous déjà aimé une chanson alors que la langue vous était étrangère ? Avez-vous compris chaque mot, chaque lettre, chaque voyelle sans qu’elle ne vous laisse le moindre mystère ?
Moi oui.
Lambada…
Dites le mot. Et j’y suis déjà.
Qui ne connait pas cette chanson ? Qui ne se souvient pas de la mélodie ? De la fille aux cheveux blonds ? Du sable, de la mer, des vagues ? Et du petit garçon ?
Je ne savais pas ce que les paroles signifiaient… Mais je pouvais parfaitement la chanter. Mon cœur dansait. Et je la répétais sans cesse à la télé.
Lambada n’est pas une chanson. Lambada est un frisson. Un voyage dans le passé, dans l’enfance, dans l'innocence. Un voyage dans le rêve. Un voyage des hanches et des fesses. Un voyage dans l’amour. Un voyage au soleil, aux arbres de coco, à la légèreté, aux cheveux bouclés, à la peau bronzée, aux jambes fermes, aux cocktails sucrés, au sable brulant, aux yeux languissants, à la volupté.
Lambada, toute petite, m’a touchée. J’y puisais le bonheur, la tristesse, le manque, la passion. Je ne voulais pas qu’on me la raconte. Non, je ne voulais pas de traduction. Pour laisse libre cours à mon imagination.
Dans un bar, des années et des années plus tard, un lundi soir, j’entends Lambada dans le noir. Je ne comprends toujours pas ses mots. Mais j’y puise ce qu’il faut. Des souvenirs, un parfum d’été et des baisers.
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Avez-vous déjà aimé une chanson alors que la langue vous était étrangère ? Avez-vous compris chaque mot, chaque lettre, chaque voyelle sans qu’elle ne vous laisse le moindre mystère ?
Moi oui.
Lambada…
Dites le mot. Et j’y suis déjà.
Qui ne connait pas cette chanson ? Qui ne se souvient pas de la mélodie ? De la fille aux cheveux blonds ? Du sable, de la mer, des vagues ? Et du petit garçon ?
Je ne savais pas ce que les paroles signifiaient… Mais je pouvais parfaitement la chanter. Mon cœur dansait. Et je la répétais sans cesse à la télé.
Lambada n’est pas une chanson. Lambada est un frisson. Un voyage dans le passé, dans l’enfance, dans l'innocence. Un voyage dans le rêve. Un voyage des hanches et des fesses. Un voyage dans l’amour. Un voyage au soleil, aux arbres de coco, à la légèreté, aux cheveux bouclés, à la peau bronzée, aux jambes fermes, aux cocktails sucrés, au sable brulant, aux yeux languissants, à la volupté.
Lambada, toute petite, m’a touchée. J’y puisais le bonheur, la tristesse, le manque, la passion. Je ne voulais pas qu’on me la raconte. Non, je ne voulais pas de traduction. Pour laisse libre cours à mon imagination.
Dans un bar, des années et des années plus tard, un lundi soir, j’entends Lambada dans le noir. Je ne comprends toujours pas ses mots. Mais j’y puise ce qu’il faut. Des souvenirs, un parfum d’été et des baisers.
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samedi, avril 02, 2011
Dieu
Est-ce que je crois en Dieu? Ma réponse fut variable au cours des années. Tantôt catégorique. Tantôt nuancée. Parfois hypocrite. Et parfois spontanée.
Parce que enfant, j’ai appris a prier. Et la question de croire en Dieu , ne me venait jamais. Il y avait les amis, la famille, le prof de maths et il y avait Dieu. Que je ne l’ai jamais vu ne remettait pas en cause son existence. Au même titre que ma tante Leila et sa fille Renée , qui habitaient le Canada et que je ne voyais jamais.
Aussi, mon école était catholique. J’ai pris l’habitude de prier tous les soirs avant de dormir. D’abord je remerciais le Seigneur pour sa bonté. Je le remerciais d’abord. L’ordre était important. Parce que toute petite déjà, j’avais la prière stratégique. Ensuite, je lui demandais de protéger mes frères, ma sœur, mes parents, mes oncles, ma tante, mes cousins et mes amis en prenant soin de les citer tous. J’avais alors l’arrogance de croire que sans ma prière un certain malheur risquait de leur arriver. Et ce n’était pas simple. Parce que j’ai beaucoup… beaucoup de cousins.
Oui. J’étais très jeune. Pourtant ma foi était inébranlable. Et je pouvais affirmer sans le moindre doute que j’étais croyante… et pratiquante. Je croyais en Dieu presque autant que je croyais en la force de mon père.
Avec l’adolescence, j’ai perdu la foi en Dieu. Mais je suis restée pratiquante. Drôle de combinaison. Et ceci s’explique tout simplement par le fait qu’a l’église les dimanches soirs, il y avait le garçon que j’avais décidé d’épouser. Alors a l’église… je me rendais.
Jusqu’au jour ou ma relation avec Dieu a réapparu dans sa version la plus compliquée. C’est-à-dire pleine de doute, avec ses hauts et ses bas. J‘ai repris la prière. Cette fois-ci avec l’idée géniale de l’inviter a recourir a la liste de la veille. J’ai prié parfois par précaution… on ne sait jamais. Si ca marchait, ce serait bête de rater l’occasion.
Si Dieu existe… et s’il existe, quelle serait sa religion? La vie après la mort? Le paradis? Les anges? Le diable? Le pécher? La prière? Les miracles? Je n’en sais rien aux détails. Et je m’en passe. Parce que Dieu, maintenant, je l’ai vu. Et il m’a été scientifiquement justifié. Je l’ai vu dans le regard de mon médecin au Liban quand tout calmement il m’a guérit de tous mes maux. Je l’ai vu dans le sourire de mon père et dans ses yeux un peu humides quand il m’a revue. Je l’ai entendu et j’ai aime sa voix chaleureuse hier soir après minuit. J’ai vu Dieu dans l’amour de mon amie. Dans la bonté d’un infirmier. Dans le lien indestructible avec ma sœur. Dans les fleurs dans le jardin. Dans le don d’un artiste. Dans la musique. Dans un refrain. Je l’ai vu dans un verre de vin. Santé. Seigneur. Et enchantée.
Parce que enfant, j’ai appris a prier. Et la question de croire en Dieu , ne me venait jamais. Il y avait les amis, la famille, le prof de maths et il y avait Dieu. Que je ne l’ai jamais vu ne remettait pas en cause son existence. Au même titre que ma tante Leila et sa fille Renée , qui habitaient le Canada et que je ne voyais jamais.
Aussi, mon école était catholique. J’ai pris l’habitude de prier tous les soirs avant de dormir. D’abord je remerciais le Seigneur pour sa bonté. Je le remerciais d’abord. L’ordre était important. Parce que toute petite déjà, j’avais la prière stratégique. Ensuite, je lui demandais de protéger mes frères, ma sœur, mes parents, mes oncles, ma tante, mes cousins et mes amis en prenant soin de les citer tous. J’avais alors l’arrogance de croire que sans ma prière un certain malheur risquait de leur arriver. Et ce n’était pas simple. Parce que j’ai beaucoup… beaucoup de cousins.
Oui. J’étais très jeune. Pourtant ma foi était inébranlable. Et je pouvais affirmer sans le moindre doute que j’étais croyante… et pratiquante. Je croyais en Dieu presque autant que je croyais en la force de mon père.
Avec l’adolescence, j’ai perdu la foi en Dieu. Mais je suis restée pratiquante. Drôle de combinaison. Et ceci s’explique tout simplement par le fait qu’a l’église les dimanches soirs, il y avait le garçon que j’avais décidé d’épouser. Alors a l’église… je me rendais.
Jusqu’au jour ou ma relation avec Dieu a réapparu dans sa version la plus compliquée. C’est-à-dire pleine de doute, avec ses hauts et ses bas. J‘ai repris la prière. Cette fois-ci avec l’idée géniale de l’inviter a recourir a la liste de la veille. J’ai prié parfois par précaution… on ne sait jamais. Si ca marchait, ce serait bête de rater l’occasion.
Si Dieu existe… et s’il existe, quelle serait sa religion? La vie après la mort? Le paradis? Les anges? Le diable? Le pécher? La prière? Les miracles? Je n’en sais rien aux détails. Et je m’en passe. Parce que Dieu, maintenant, je l’ai vu. Et il m’a été scientifiquement justifié. Je l’ai vu dans le regard de mon médecin au Liban quand tout calmement il m’a guérit de tous mes maux. Je l’ai vu dans le sourire de mon père et dans ses yeux un peu humides quand il m’a revue. Je l’ai entendu et j’ai aime sa voix chaleureuse hier soir après minuit. J’ai vu Dieu dans l’amour de mon amie. Dans la bonté d’un infirmier. Dans le lien indestructible avec ma sœur. Dans les fleurs dans le jardin. Dans le don d’un artiste. Dans la musique. Dans un refrain. Je l’ai vu dans un verre de vin. Santé. Seigneur. Et enchantée.
mercredi, mars 30, 2011
La philosophie des bactéries
Je connais un garçon très nul. Ne lui dites pas que je pense cela de lui, mais franchement, il n’a pu réussir ni le design, ni la chimie. Ni le sport, ni l’économie. Ni l’architecture, ni l’agronomie. Pas aussi nul que ca au fait, parce que pour planifier des fêtes, il était roi. Et dans son roof top au centre de Londres, on a laissé quelques souvenirs… mes amis et moi.
Ce garcon gaté n’a quand même pas manqué de nous surprendre. Parce que pour choquer, il savait s’y prendre. Et du haut de ses échecs accumulés, ils nous annoncent dans un message facebookain, vite fait, qu’il a décidé d’entreprendre la médecine. Et qu’il s’est inscrit en première année, en Chine.
Gentiment- mais avec une touche de sarcasme- on l’appelle pour le dissuader de perdre, encore une fois, une année. Et de se concentrer sur ce qu’il réussissait… les soirées. Il défie le groupe et le monde que bientôt il sera le médecin le plus reconnu de Londres. Peut-être. Mais en tout cas, même si j’aime bien ce garçon, je n’irai pas le voir la fièvre au front.
Plus tard dans la journée, ennuyée et fatiguée, je décide de lire un passage sur les bactéries. Puisque depuis quelques temps, elles insistent à ce que l’on devienne meilleures amies. Apparemment elles choisissent le moment propice. Un moment de fatigue pour s’installer pleines de vices. Aussi, elles s’installent là où le corps n’a pas de défense. Pour que rien ne les dérangent et pour qu’elles profitent de leur danse.
Ensuite, petit à petit, en groupe et pleines d’énergie, elles se propagent dans le corps sans faire de bruit et attaquent plus fort l’objet affaibli.
La médecine, c’est facile. Et ca me donne quelques idées. Un voyage en Chine ? Ou peut-être tout simplement, une tactique d’attaque contre celui qui me résistait.
Commencer par le point faible bien identifié… et de là-bas, planifier le reste de la randonnée.
Simplicité!
Chut… j’y vais !
©
Ce garcon gaté n’a quand même pas manqué de nous surprendre. Parce que pour choquer, il savait s’y prendre. Et du haut de ses échecs accumulés, ils nous annoncent dans un message facebookain, vite fait, qu’il a décidé d’entreprendre la médecine. Et qu’il s’est inscrit en première année, en Chine.
Gentiment- mais avec une touche de sarcasme- on l’appelle pour le dissuader de perdre, encore une fois, une année. Et de se concentrer sur ce qu’il réussissait… les soirées. Il défie le groupe et le monde que bientôt il sera le médecin le plus reconnu de Londres. Peut-être. Mais en tout cas, même si j’aime bien ce garçon, je n’irai pas le voir la fièvre au front.
Plus tard dans la journée, ennuyée et fatiguée, je décide de lire un passage sur les bactéries. Puisque depuis quelques temps, elles insistent à ce que l’on devienne meilleures amies. Apparemment elles choisissent le moment propice. Un moment de fatigue pour s’installer pleines de vices. Aussi, elles s’installent là où le corps n’a pas de défense. Pour que rien ne les dérangent et pour qu’elles profitent de leur danse.
Ensuite, petit à petit, en groupe et pleines d’énergie, elles se propagent dans le corps sans faire de bruit et attaquent plus fort l’objet affaibli.
La médecine, c’est facile. Et ca me donne quelques idées. Un voyage en Chine ? Ou peut-être tout simplement, une tactique d’attaque contre celui qui me résistait.
Commencer par le point faible bien identifié… et de là-bas, planifier le reste de la randonnée.
Simplicité!
Chut… j’y vais !
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Une lettre
Une lettre jetée sur le parquet. Un parquet usé. Je la laisse par terre. Je la lirai plus tard. Peut-être. Si j’ai le temps.
Mais quelque chose m’attire. Et me pousse à la lire. On dirait qu’elle contient un message important.
En effet. Un message du propriétaire. Qui m’informe que je devrais ranger mes affaires. Et partir dans un mois. Ou deux. Est-il sérieux ?
Je regarde autour de moi. Perdue et choquée. Cet appartement que j’ai longtemps détesté.
Je regarde une tache de vin sur la moquette. Et une égratignure sur la peinture. Causée par un tableau que je n’ai pas su accrocher. Que vais-je faire et ou aller ?
Je regarde mes affaires dans des boites en fer. Je regarde les traces de vie, de soirées après minuit, les débris et les bougies. Je regarde les photos au dessus de mon lit. Je regarde ma vie.
Je sors sur ce balcon que j’ai souvent trouvé trop petit. Et devant moi, la vue que je trouvais jusqu'à aujourd’hui laide et sans vie, me semble tout à coup très jolie.
J’appréciai soudainement cet endroit qui n’a appartenu, durant les trois dernières années, qu’à moi. Et l’immeuble imposant juste en face m’envahit et me détruit.
Parce que je connais chacune de ses fenêtres. J’y connais chacun de ses êtres. Ceux qui y habitent étaient mes amis. Je connaissais leurs manies. Et souvent aussi… je leur disais bonne nuit.
Une belle vue aurait autrefois signifié la mer, les montagnes, un olivier. Parce que j’habitais des maisons agitées. Par mes frères, ma sœur, mes parents et mes voisins de pallier. Le bruit à l’intérieur me poussait à rechercher, dehors, la sérénité.
Mais ici à Londres, dans un studio sombre, alors que le silence dedans était omniprésent, c’est la vie dehors que je voulais. Et de la vie, du bruit, l’immeuble d’en face, moche, sale et gris, m’offrait.
Il y a une femme qui fume souvent en sortant la tête de sa fenêtre. Il ya un couple qui se dispute et que je comprends de ses mouvements et de ses gestes. Il ya un vieux qui lit un journal devant sa télé. Qui passé ses journées sur un canapé. Il ya aussi un beau gosse que je n’ai toujours pas eu l’occasion de rencontrer. Il ya la femme aux jolies plantes. Il ya l’enfant qui souvent la nuit chante. Il ya des étudiantes qui crient en pleine nuit. Et que fatiguée j’ai tellement de fois haï.
Mon cher bout de vie va me manquer. Ma porte grinçante et le vin sur le plancher. Mon lit trop dur et la mauvaise peinture. Mon petit miroir et le désordre dans mon armoire. Et surtout… les gens d’en face que j’ai aimés. Qui ont comblé mes insomnies et mes tristes journées. Sans qu’ils ne sachent qu’une petite libanaise, en face, existait.
Adieu, merci… bonne nuit.
©
Mais quelque chose m’attire. Et me pousse à la lire. On dirait qu’elle contient un message important.
En effet. Un message du propriétaire. Qui m’informe que je devrais ranger mes affaires. Et partir dans un mois. Ou deux. Est-il sérieux ?
Je regarde autour de moi. Perdue et choquée. Cet appartement que j’ai longtemps détesté.
Je regarde une tache de vin sur la moquette. Et une égratignure sur la peinture. Causée par un tableau que je n’ai pas su accrocher. Que vais-je faire et ou aller ?
Je regarde mes affaires dans des boites en fer. Je regarde les traces de vie, de soirées après minuit, les débris et les bougies. Je regarde les photos au dessus de mon lit. Je regarde ma vie.
Je sors sur ce balcon que j’ai souvent trouvé trop petit. Et devant moi, la vue que je trouvais jusqu'à aujourd’hui laide et sans vie, me semble tout à coup très jolie.
J’appréciai soudainement cet endroit qui n’a appartenu, durant les trois dernières années, qu’à moi. Et l’immeuble imposant juste en face m’envahit et me détruit.
Parce que je connais chacune de ses fenêtres. J’y connais chacun de ses êtres. Ceux qui y habitent étaient mes amis. Je connaissais leurs manies. Et souvent aussi… je leur disais bonne nuit.
Une belle vue aurait autrefois signifié la mer, les montagnes, un olivier. Parce que j’habitais des maisons agitées. Par mes frères, ma sœur, mes parents et mes voisins de pallier. Le bruit à l’intérieur me poussait à rechercher, dehors, la sérénité.
Mais ici à Londres, dans un studio sombre, alors que le silence dedans était omniprésent, c’est la vie dehors que je voulais. Et de la vie, du bruit, l’immeuble d’en face, moche, sale et gris, m’offrait.
Il y a une femme qui fume souvent en sortant la tête de sa fenêtre. Il ya un couple qui se dispute et que je comprends de ses mouvements et de ses gestes. Il ya un vieux qui lit un journal devant sa télé. Qui passé ses journées sur un canapé. Il ya aussi un beau gosse que je n’ai toujours pas eu l’occasion de rencontrer. Il ya la femme aux jolies plantes. Il ya l’enfant qui souvent la nuit chante. Il ya des étudiantes qui crient en pleine nuit. Et que fatiguée j’ai tellement de fois haï.
Mon cher bout de vie va me manquer. Ma porte grinçante et le vin sur le plancher. Mon lit trop dur et la mauvaise peinture. Mon petit miroir et le désordre dans mon armoire. Et surtout… les gens d’en face que j’ai aimés. Qui ont comblé mes insomnies et mes tristes journées. Sans qu’ils ne sachent qu’une petite libanaise, en face, existait.
Adieu, merci… bonne nuit.
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jeudi, mars 17, 2011
Les impardonnables
Le vernis écaillé. Les cheveux pas lavés. Manger dans le métro. Robe et espadrilles en lieu de stilettos. Les saucisses de bon matin. Le bavardage sans fin. Les mecs avares. Les cafards. L’eau gelée en plein hiver. Les visites imprévues du propriétaire. Les jupes trop courtes quand les cuisses sont trop lourdes. Les bretelles de soutien-gorge qui se veulent transparentes. Au bureau, les minutes lentes. Et les secondes encore pire. Le travail à n’en plus finir. La pluie le weekend. Le beau temps les lundis. Le gris. Le gris. Les files devant les boites de nuit. Le placard vide quand j’ai faim. Pour sortir, devoir prendre le train. Le seul beau mec du bureau marié. Sa femme la bombe qui travaille au premier. Leurs enfants sortis d’un magazine. Et leurs soirées au bord d’une piscine. Ma collègue qui mange des chips et qui se lèche les doigts. Qui, ensuite, tape sur son clavier et moi qui calme mon effroi. Le diner romantique annulé. Et les chaines que j’aime qui disparaissent de ma télé. Mon t-shirt accroché au balcon pour sécher… envolé. Et l’autre dans la machine… décoloré. Le café trop dilué. Le pain brûlé. La mauvaise pizza qui arrive. Le livreur qui sort ses archives. Le placard toujours vide. Et le chat du voisin qui se suicide. Des catastrophes mondiales provoquées. Quand les dégâts naturels sont assez. Et encore... le vernis écaillé. Le taxi qui sent mauvais. Le chewing gum collé sur mes nouvelles chaussures. Parler à un mur. Les anchois. Manquer de choix. Etre seule le soir. Mes racines noires. Porter un petit haut parce qu’il fait beau et se faire surprendre par un vent glacial. A Londres, les visages trop pâles. Ta voix nonchalante souvent enrouée… Et surtout surtout… ton injuste beauté. Toi mon impardonnable pécher.
mercredi, mars 16, 2011
Coup sec
Il ya des choses qu’il vaudrait mieux faire d’un coup sec.
Comme enlever un pansement, puisque l’enlever doucement fait mal plus longtemps.
Sauter sous la douche quand l’eau est gelée. Au lieu d’y glisser les bras… puis les pieds.
Se couper les cheveux, comme je l’ai fait le weekend dernier. Puisque Marco le coiffeur était complètement booké. Et mon impatience a gagné. J’ai pris de la cuisine mes ciseaux de jardinier… et les yeux mi-fermés, j’ai foncé. Le résultat n’est pas si mauvais. Quand on ne regarde pas de trop près.
Comme avaler un shot de tequila. Puisque je déteste le gout mais je le fais… pour l’effet. Et pour ne pas passer pour la lourde qui ne sait pas s’amuser. D’un coup sec. Et c’est fait. Taper de la main sur la table juste après, aide, il s’est avéré.
D’un coup sec aussi, s’épiler… mais là, je me retiens. C’est mal élevé.
D’un seul coup, sec, crier, vider la haine de son corps, et ne laisser place qu’au bonheur, se libérant des remords. Je l’ai fait aussi. Du balcon. Bien sûr, je l’ai nié. Qui pourrait bien vérifier?
D'un coup sec, fermer vite vite la porte de l'ascenseur avant que l'on puisse s'y faufiler. Pour que j'y sois seule et que je puisse applatir mes cheveux par la pluie gonflés. Aussi, pour éviter la conversation matinale qui me dégoute et me fait mal !
D'un coup sec se lever du lit, malgré les paupières alourdies et les jambes affaiblies suite à une nuit d'insomnie.
D'un coup sec, tout lui dire et tout lui avouer. Ce charmant garcon que j'ai rencontré. Au moins, comme ca, il le sait. Et mes sentiments sont partagés ...
Comme enlever un pansement, puisque l’enlever doucement fait mal plus longtemps.
Sauter sous la douche quand l’eau est gelée. Au lieu d’y glisser les bras… puis les pieds.
Se couper les cheveux, comme je l’ai fait le weekend dernier. Puisque Marco le coiffeur était complètement booké. Et mon impatience a gagné. J’ai pris de la cuisine mes ciseaux de jardinier… et les yeux mi-fermés, j’ai foncé. Le résultat n’est pas si mauvais. Quand on ne regarde pas de trop près.
Comme avaler un shot de tequila. Puisque je déteste le gout mais je le fais… pour l’effet. Et pour ne pas passer pour la lourde qui ne sait pas s’amuser. D’un coup sec. Et c’est fait. Taper de la main sur la table juste après, aide, il s’est avéré.
D’un coup sec aussi, s’épiler… mais là, je me retiens. C’est mal élevé.
D’un seul coup, sec, crier, vider la haine de son corps, et ne laisser place qu’au bonheur, se libérant des remords. Je l’ai fait aussi. Du balcon. Bien sûr, je l’ai nié. Qui pourrait bien vérifier?
D'un coup sec, fermer vite vite la porte de l'ascenseur avant que l'on puisse s'y faufiler. Pour que j'y sois seule et que je puisse applatir mes cheveux par la pluie gonflés. Aussi, pour éviter la conversation matinale qui me dégoute et me fait mal !
D'un coup sec se lever du lit, malgré les paupières alourdies et les jambes affaiblies suite à une nuit d'insomnie.
D'un coup sec, tout lui dire et tout lui avouer. Ce charmant garcon que j'ai rencontré. Au moins, comme ca, il le sait. Et mes sentiments sont partagés ...
vendredi, mars 11, 2011
Parce qu'elle pouvait
La mère de Céline est venue la visiter le weekend dernier. C’était tombé d’avance, je pouvais déjà oublier nos ballades nocturnes et nos cafés. Bien sûr, je comprends. Un weekend sacrifié de temps en temps, pour faire plaisir à sa mère qui vit en nous attendant, et pour se faire plaisir aussi en se ressourçant auprès d’elle, n’est pas uniquement une obligation, mais l’évidence même.
Illico, je fais des plans alternatifs, des plans de rang B, en attendant le weekend d’après, où tout reprendrait le cours normal des choses. Cela s’impose.
Céline est une fille différente. Différente des gens qui m’entourent. Parce qu’elle n’est pas banquière. Et cette trouvaille dans une ville rongée par les banquiers la rend encore plus spéciale qu’elle ne l’est.
Souvent même, j’avance avec un peu d’arrogance, que ma copine, elle, travaille dans le domaine de la musique. Et elle appelle les stars par leurs prénoms. Comme si la connaitre pourrait me donner aussi cet air cool que je lui envie, puisque moi je fais malheureusement ce que tous les autres font ici.
Je l’appelle en fin de weekend, beaucoup plus pour parler de moi que pour l’écouter. Au passage, elle me lance qu’elle a été malade pendant deux jours et qu’elle en a profité pour se reposer.
Je m’arrête tout de suite de parler. Et je la bombarde de questions sur son état de santé. Et sa mère ? Qu’avait-elle fait ? Elle qui pensait venir voir sa fille et s’amuser …
Mon amie me répondit ce qui ne manqua pas de me laisser bouche bée. Elle me dit ce que je trouvai assez significatif. Quand le rythme de la vie fait que fatigué, l’on se sent fautif. Elle m’avoua tout simplement… qu’elle était tombée malade parce que protégée par sa mère, elle a sentie qu’enfin… elle le pouvait.
Illico, je fais des plans alternatifs, des plans de rang B, en attendant le weekend d’après, où tout reprendrait le cours normal des choses. Cela s’impose.
Céline est une fille différente. Différente des gens qui m’entourent. Parce qu’elle n’est pas banquière. Et cette trouvaille dans une ville rongée par les banquiers la rend encore plus spéciale qu’elle ne l’est.
Souvent même, j’avance avec un peu d’arrogance, que ma copine, elle, travaille dans le domaine de la musique. Et elle appelle les stars par leurs prénoms. Comme si la connaitre pourrait me donner aussi cet air cool que je lui envie, puisque moi je fais malheureusement ce que tous les autres font ici.
Je l’appelle en fin de weekend, beaucoup plus pour parler de moi que pour l’écouter. Au passage, elle me lance qu’elle a été malade pendant deux jours et qu’elle en a profité pour se reposer.
Je m’arrête tout de suite de parler. Et je la bombarde de questions sur son état de santé. Et sa mère ? Qu’avait-elle fait ? Elle qui pensait venir voir sa fille et s’amuser …
Mon amie me répondit ce qui ne manqua pas de me laisser bouche bée. Elle me dit ce que je trouvai assez significatif. Quand le rythme de la vie fait que fatigué, l’on se sent fautif. Elle m’avoua tout simplement… qu’elle était tombée malade parce que protégée par sa mère, elle a sentie qu’enfin… elle le pouvait.
Une fille
Il y a quelques années d'aujourd'hui, je ne l'aurais pas choisie pour amie. Elle est géniale, la fille. Mais franchement, elle et moi, on se ressemble comme le jour... Et la nuit.
Ironie du sort, elle dort le jour. Et moi, la nuit.
Non, on n'aurait pas eu ces atomes crochus qui nous auraient rapprochées. Ce qui change aujourd'hui, c'est que dans cette ville - oui... Encore une fois cette maudite city - nos atomes crochus sont nos racines. Inutile de préciser qu'au Liban ceci ne représente aucune originalité.
A partir de ce point de départ, nous decouvrimes à notre grande surprise ce que nous n'aurions pas découvert quand nous étions plus près de notre terre.
Et j'appris à la connaitre au delà de la peau jusqu'à son être. J'appris a voir au delà de son rire souvent menteur une fragilité qu'elle se trompe de cacher.
Et elle apprit à me connaitre aussi. Elle qui me croyait, quand ensemble sur les bancs de la fac on étudiait, dure comme de l'acier.
Trouver une heure convenable commune pour se retrouver reste la plus grande difficulté pour alimenter cette amitie.
Mais hormis ce problème de nature technique, je la comprends. Et elle aussi.
Je l'ai appreciée davantage quand elle m'a dit avec un ton non denué d'ironie, "je n'ai rien contre les hommes. Ils sont gentils."
Bien sur, j'en ris. J'en ris autant que permis.
Mais pour comprendre une telle affirmation... Il faut etre une fille
Ironie du sort, elle dort le jour. Et moi, la nuit.
Non, on n'aurait pas eu ces atomes crochus qui nous auraient rapprochées. Ce qui change aujourd'hui, c'est que dans cette ville - oui... Encore une fois cette maudite city - nos atomes crochus sont nos racines. Inutile de préciser qu'au Liban ceci ne représente aucune originalité.
A partir de ce point de départ, nous decouvrimes à notre grande surprise ce que nous n'aurions pas découvert quand nous étions plus près de notre terre.
Et j'appris à la connaitre au delà de la peau jusqu'à son être. J'appris a voir au delà de son rire souvent menteur une fragilité qu'elle se trompe de cacher.
Et elle apprit à me connaitre aussi. Elle qui me croyait, quand ensemble sur les bancs de la fac on étudiait, dure comme de l'acier.
Trouver une heure convenable commune pour se retrouver reste la plus grande difficulté pour alimenter cette amitie.
Mais hormis ce problème de nature technique, je la comprends. Et elle aussi.
Je l'ai appreciée davantage quand elle m'a dit avec un ton non denué d'ironie, "je n'ai rien contre les hommes. Ils sont gentils."
Bien sur, j'en ris. J'en ris autant que permis.
Mais pour comprendre une telle affirmation... Il faut etre une fille
jeudi, mars 10, 2011
Des épices dans un palais... libanais.
Samedi soir… nous décidons de sortir diner à deux. Lui et moi. Pour parler de nos semaines respectives autour d’un bon repas… libanais.
Parce que la nourriture libanaise me manque. Et celle-ci est toujours à partager.
Après des jours entiers passés seule dans ma chambre, je redécouvre le plaisir de redécouvrir la ville. Et de bien m’habiller pour sortir.
Soho… Le quartier de Londres qui ne manque jamais, à chaque fois, de m’inspirer. Par son énergie, son art qui ne prétend pas être artistique mais qui l’est vraiment, sans prétention, sans effort, en tout abandon. Ses passants déguisés sans le savoir. Ses boutiques colorées. Sa musique sourde. Son chaos organisé. Oui, j’aime Soho. Parfois.
A peine sortie du taxi, j’entends mon prénom dans la nuit. Je me retourne pour m’assurer que c’est bien moi qu’on interpelle. Et voilà que l’on tombe sur un groupe d’amis ayant eu parfaitement la même idée. Notre diner à deux se transforme en une sortie à dix. Et c’est bien cela que j’aime dans cette ville. Une ville où l’on croit se perdre dans l’anonymat. Mais qui n’est en réalité, à bien y réfléchir, que similaire à mon petit village libanais.
Autour d’une table allongée, on discute et l’on rit en arabe. Des arabes bien différents venus de la Tunisie, de la Syrie, de la Palestine, de la Jordanie, de l’Irak et… du Liban.
Les plats différents se servent pour le plaisir des yeux, du nez… et du palais. Des épices, des légumes, du citron, des feuilles de vigne, du pain fraichement sorti du four, du thym, du yaourt condensé, du persil, des oignons se mélangent et se marient offrant un spectacle de couleurs et une harmonie de saveurs.
En arrière plan, la voix de Fairuz s’éclipse derrière nos voix qui s’entremêlent et qui se disputent les révolutions arabes et les montagnes de mon pays.
Les assiettes passent d’une main à une autre et les conversations s’entrecoupent par des commentaires admiratifs des délices qui se donnent à nous.
Et à travers cette nourriture libanaise que l’on partage, dans sa texture particulière, dans ses couleurs diverses, dans sa richesse et dans ses assaisonnements, cette idée de comparer l’Orient à l’Occident me frappe et me surprend. Parce que le peuple arabe est généreux, il aime le partage et le chaos, il se sent concerné par le problème du père, de l’ami et du voisin, il donne sans compter et n’hésite pas à le faire mais surtout… il ne peut être réduit à une couleur, une senteur ou une arome. Alors que l’Occident qui nous accueille, est, malgré ses diverses qualités, souvent individualiste, solitaire et égoïste… Sa cuisine est rarement celle du partage, puisque sont offerts dans ses frigos de grande surface, des plats congelés… pour un individu et un seul, souvent en quête d’identité.
Voilà pourquoi souvent, quand la ville nous mène et surmène et que l’on trouve du mal à se retrouver… moi je préfère dormir. Sans manger.
Parce que la nourriture libanaise me manque. Et celle-ci est toujours à partager.
Après des jours entiers passés seule dans ma chambre, je redécouvre le plaisir de redécouvrir la ville. Et de bien m’habiller pour sortir.
Soho… Le quartier de Londres qui ne manque jamais, à chaque fois, de m’inspirer. Par son énergie, son art qui ne prétend pas être artistique mais qui l’est vraiment, sans prétention, sans effort, en tout abandon. Ses passants déguisés sans le savoir. Ses boutiques colorées. Sa musique sourde. Son chaos organisé. Oui, j’aime Soho. Parfois.
A peine sortie du taxi, j’entends mon prénom dans la nuit. Je me retourne pour m’assurer que c’est bien moi qu’on interpelle. Et voilà que l’on tombe sur un groupe d’amis ayant eu parfaitement la même idée. Notre diner à deux se transforme en une sortie à dix. Et c’est bien cela que j’aime dans cette ville. Une ville où l’on croit se perdre dans l’anonymat. Mais qui n’est en réalité, à bien y réfléchir, que similaire à mon petit village libanais.
Autour d’une table allongée, on discute et l’on rit en arabe. Des arabes bien différents venus de la Tunisie, de la Syrie, de la Palestine, de la Jordanie, de l’Irak et… du Liban.
Les plats différents se servent pour le plaisir des yeux, du nez… et du palais. Des épices, des légumes, du citron, des feuilles de vigne, du pain fraichement sorti du four, du thym, du yaourt condensé, du persil, des oignons se mélangent et se marient offrant un spectacle de couleurs et une harmonie de saveurs.
En arrière plan, la voix de Fairuz s’éclipse derrière nos voix qui s’entremêlent et qui se disputent les révolutions arabes et les montagnes de mon pays.
Les assiettes passent d’une main à une autre et les conversations s’entrecoupent par des commentaires admiratifs des délices qui se donnent à nous.
Et à travers cette nourriture libanaise que l’on partage, dans sa texture particulière, dans ses couleurs diverses, dans sa richesse et dans ses assaisonnements, cette idée de comparer l’Orient à l’Occident me frappe et me surprend. Parce que le peuple arabe est généreux, il aime le partage et le chaos, il se sent concerné par le problème du père, de l’ami et du voisin, il donne sans compter et n’hésite pas à le faire mais surtout… il ne peut être réduit à une couleur, une senteur ou une arome. Alors que l’Occident qui nous accueille, est, malgré ses diverses qualités, souvent individualiste, solitaire et égoïste… Sa cuisine est rarement celle du partage, puisque sont offerts dans ses frigos de grande surface, des plats congelés… pour un individu et un seul, souvent en quête d’identité.
Voilà pourquoi souvent, quand la ville nous mène et surmène et que l’on trouve du mal à se retrouver… moi je préfère dormir. Sans manger.
mercredi, mars 09, 2011
Histoire singulière
Coup de fil à 22 heures. Pas de chance. J’avais décidé de me coucher tôt. Mais c’est une copine. Enfin, une très bonne. Parce que la décision de plonger dans un sommeil, un vrai et de bonne heure, m’avait gagnée depuis ce matin. Franchement, il fallait bien que je trouve une solution pour couper court aux siestes sur le siège du bord dans le métro. Et par conséquent, couper court à mon trajet se résumant de plus en plus « à la station de trop ». Bref. Je le répète: PAS de chance.
Si ma copine m’a appelée, c’est pour me raconter un évènement amoureux venu s’ajouter à une suite de péripéties s’étant étalées sur quelques années. Et pour qu’elle prenne son courage entre ses deux mains et partage avec moi ce qu’elle avait juré la veille ne plus laisser se reproduire, c’est que la situation devait être bien grave.
Bien sûr, agacée (mais le cachant bien), je murmurai ce que je savais d’avance voué à l’échec. Ces mots que l’on se force de dire, alors même que l’on sait inutiles et désuets. Je lui dis que ca passera, que tout le monde est passé par là, que le temps apaise les blessures, que dans quelques années elle regardera en arrière et rira de cet amour et de ce mec qui ne méritait pas ce détour...
Mais elle me dit que non… Que je ne pouvais pas comprendre. Que leur histoire à eux, lui et elle, était différente, qu’elle ne pouvait être réduite aux histoires des autres et qu’elle devait être traitée dans son individualité propre. Et bien sûr, j’acquiescai. Non, pas par hypocrisie. Mais parce qu’il y a quelques mois d’aujourd’hui, j’étais elle. Oui, j’étais Juliette, accusant le monde de ma relation impossible et trouvant dans ma rupture une justification extérieure et étrangère au simple fait que lui et moi… nous faisions 2. Et pas 1.
Parce que nous ne voulons jamais croire qu’il ya des siècles et des siècles que le monde fonctionne ainsi. Que tout le monde aime, rompt, se blesse, blesse, pleure et oublie. Parce qu’il ya en nous du romantisme, de l’égocentrisme, de l’arrogance, des rêves de princesse et de paillettes, qui font que nous croyons souvent notre relation singulière et qui font que nous nous enrageons vite quand une copine, un frère, une mère osent – et comment osent-ils ? – affirmer que tout le monde est passé par là. Oui, comment osent-ils? Comment osent-ils quand lui et moi, nous sommes passés par des routes tout à fait différentes, ces routes que personne, personne, n'aurait pu connaître. Puisque nous les avions inventées...
Alors comme ca… je la laisse faire. Je la laisse faire en souvenir de qui j'étais. Je lui dis qu’il est vrai que leur amour à eux aurait dû durer. Qu’à deux, ils faisaient un très beau couple. Et je l’entends pleurer de plus belle… Mais je sais que rien ne sèchera ses larmes. Rien ne la consolera. Et rien au monde ne pourra la convaincre qu’un jour, dans un avenir proche et lointain, elle se réveillera et sans effort quelconque, sans contrôle de soi, sans produits chimiques et sans liquide intoxicant, sans groupe de copines folles servant de support et sans chansons dépressives, sans crise de rebellion et sans sms de colère, sans nuits blanches et sans discours à soi-même, elle se réveillera heureuse et en beauté, elle rougira à nouveau devant un autre mec à laisser tomber et elle se dira que l’autre histoire après tout… ne méritait pas tout ce drame.
Mais que celle-ci par contre… Celle-ci - et il faut bien me croire cette fois-ci - a tout un autre charme !
©
Si ma copine m’a appelée, c’est pour me raconter un évènement amoureux venu s’ajouter à une suite de péripéties s’étant étalées sur quelques années. Et pour qu’elle prenne son courage entre ses deux mains et partage avec moi ce qu’elle avait juré la veille ne plus laisser se reproduire, c’est que la situation devait être bien grave.
Bien sûr, agacée (mais le cachant bien), je murmurai ce que je savais d’avance voué à l’échec. Ces mots que l’on se force de dire, alors même que l’on sait inutiles et désuets. Je lui dis que ca passera, que tout le monde est passé par là, que le temps apaise les blessures, que dans quelques années elle regardera en arrière et rira de cet amour et de ce mec qui ne méritait pas ce détour...
Mais elle me dit que non… Que je ne pouvais pas comprendre. Que leur histoire à eux, lui et elle, était différente, qu’elle ne pouvait être réduite aux histoires des autres et qu’elle devait être traitée dans son individualité propre. Et bien sûr, j’acquiescai. Non, pas par hypocrisie. Mais parce qu’il y a quelques mois d’aujourd’hui, j’étais elle. Oui, j’étais Juliette, accusant le monde de ma relation impossible et trouvant dans ma rupture une justification extérieure et étrangère au simple fait que lui et moi… nous faisions 2. Et pas 1.
Parce que nous ne voulons jamais croire qu’il ya des siècles et des siècles que le monde fonctionne ainsi. Que tout le monde aime, rompt, se blesse, blesse, pleure et oublie. Parce qu’il ya en nous du romantisme, de l’égocentrisme, de l’arrogance, des rêves de princesse et de paillettes, qui font que nous croyons souvent notre relation singulière et qui font que nous nous enrageons vite quand une copine, un frère, une mère osent – et comment osent-ils ? – affirmer que tout le monde est passé par là. Oui, comment osent-ils? Comment osent-ils quand lui et moi, nous sommes passés par des routes tout à fait différentes, ces routes que personne, personne, n'aurait pu connaître. Puisque nous les avions inventées...
Alors comme ca… je la laisse faire. Je la laisse faire en souvenir de qui j'étais. Je lui dis qu’il est vrai que leur amour à eux aurait dû durer. Qu’à deux, ils faisaient un très beau couple. Et je l’entends pleurer de plus belle… Mais je sais que rien ne sèchera ses larmes. Rien ne la consolera. Et rien au monde ne pourra la convaincre qu’un jour, dans un avenir proche et lointain, elle se réveillera et sans effort quelconque, sans contrôle de soi, sans produits chimiques et sans liquide intoxicant, sans groupe de copines folles servant de support et sans chansons dépressives, sans crise de rebellion et sans sms de colère, sans nuits blanches et sans discours à soi-même, elle se réveillera heureuse et en beauté, elle rougira à nouveau devant un autre mec à laisser tomber et elle se dira que l’autre histoire après tout… ne méritait pas tout ce drame.
Mais que celle-ci par contre… Celle-ci - et il faut bien me croire cette fois-ci - a tout un autre charme !
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dimanche, mars 06, 2011
Vivre de pêche
Je savais que la marche serait longue.
Parce que c’est dimanche soir. Et il n’y a pas de taxis. Je sais, je sais… je l’ai beaucoup dit. Mais ceci est un peu un prétexte. Pour commencer ce texte.
Comme la marche allait être longue, j’ai préparé mon imagination, pour que celle-ci m’emporte vers mes folies les plus profondes, et me laisse rêver en chanson.
Dans ma tête défile des images et des situations, d’endroits où j’aurais voulu être et surtout… de ce que j’aurais voulu faire. Parce que si plus jeune mon ambition suffisait, maintenant, c’est l’audace qui manquait.
Je vole, je nage, je plane… je rêve de cette vie d’écrivain, d’artiste, de poète que j’aurais voulu avoir.
Je marche encore… mais je n’y pense plus. Le froid m’indiffère. Parce que je suis dans ce monde parfait que je visite pour quitter la terre.
Demain, lundi, le weekend sera fini. Et rien qu’à y penser des crampes me viennent à l’estomac. Non, je n’aime pas ce que je fais.
Quelques semaines plus tôt, mon directeur au bureau a fixé l’objectif à atteindre pour cette année. En banque, ca se traduit par un nombre. Il va falloir que je fasse quelques millions. Alors que pour mon bonheur, souvent, il suffit qu’on me prête un crayon.
Les rêves sont donnés à tout le monde. Mais les rêves s’effacent au fur et à mesure que la vie passe.
Moi aussi, j’avais beaucoup de rêves. Certains se sont envolés alors que je croyais les réaliser. Aujourd’hui il m’en reste quelques uns. Et je me souviens qu’il ne relève que de moi de dessiner mon destin.
Parce que c’est dimanche soir. Et il n’y a pas de taxis. Je sais, je sais… je l’ai beaucoup dit. Mais ceci est un peu un prétexte. Pour commencer ce texte.
Comme la marche allait être longue, j’ai préparé mon imagination, pour que celle-ci m’emporte vers mes folies les plus profondes, et me laisse rêver en chanson.
Dans ma tête défile des images et des situations, d’endroits où j’aurais voulu être et surtout… de ce que j’aurais voulu faire. Parce que si plus jeune mon ambition suffisait, maintenant, c’est l’audace qui manquait.
Je vole, je nage, je plane… je rêve de cette vie d’écrivain, d’artiste, de poète que j’aurais voulu avoir.
Je marche encore… mais je n’y pense plus. Le froid m’indiffère. Parce que je suis dans ce monde parfait que je visite pour quitter la terre.
Demain, lundi, le weekend sera fini. Et rien qu’à y penser des crampes me viennent à l’estomac. Non, je n’aime pas ce que je fais.
Quelques semaines plus tôt, mon directeur au bureau a fixé l’objectif à atteindre pour cette année. En banque, ca se traduit par un nombre. Il va falloir que je fasse quelques millions. Alors que pour mon bonheur, souvent, il suffit qu’on me prête un crayon.
Les rêves sont donnés à tout le monde. Mais les rêves s’effacent au fur et à mesure que la vie passe.
Moi aussi, j’avais beaucoup de rêves. Certains se sont envolés alors que je croyais les réaliser. Aujourd’hui il m’en reste quelques uns. Et je me souviens qu’il ne relève que de moi de dessiner mon destin.
vendredi, mars 04, 2011
En compagnie de soi... etc.
« Un homme seul est toujours de mauvaise compagnie. » Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est Valéry.
J’avais lu cette citation quelque part et elle m’était restée à l’esprit. Parce qu’elle m’avait plu. Mais ce que je n’avais pas réalisé, alors, c’est que je ne l’avais jamais vraiment comprise. Alors comment se fait-il que j’en ai marqué la page, comme si cette affirmation me parlait… alors que je n’y comprenais rien en réalité ?
En y pensant… je me souvins trouver cette phrase tellement bizarre que j’en appréciais une absurdité qu’il me convenait d’inventer. Parce qu’avouer ne rien comprendre à une chose qui pourrait m’intéresser m’aurait longtemps bouleversée et m’aurait surtout volé ce qui restait de ma concentration affaiblie face à la vie.
Alors je me suis joué ce tour que je commence à maitriser, et je m’inventais en cachette – pour qu’on ne vienne débattre mes conclusions – un sens faux – mais convenable – d’une phrase à l’allure simple mais aux vices cachés.
Comment un homme seul pouvait-il être de mauvaise compagnie ? L’hypothèse est pourtant claire. Il est seul. Donc il n’a pas de compagnie. Qu’est-ce qu’il raconte Valery ? C’est sans doute de l’absurde. Déjà, le mot "absurde" me plait. Et voila, j’en restais là.
Jusqu’au jour où il m’a fallu rester seule… mais pas seule une soirée, une journée, un weekend. Non, seule pendant dix jours. Et Valéry alors, réapparut dans ma vie, "de nulle part" comme dirait Barbara, avec un sourire quelque peu vicieux, me dire que voilà, maintenant j’avais compris, qu’absurde n’était pas exactement sa philosophie.
Parce que seul, oui, on a quand même de la compagnie. Puisqu'on laisse la place à l’imagination. A la mémoire. A la conscience. A l’Inconscient parfois. A l’analyse. A l’autocritique. Aux questions transcendantales de la vie, celles que l’on remue par bêtise puisque jamais des réponses en ont découlées. Aux émotions qui ressurgissent mieux et plus fort dans le silence. Aux peurs souvent refoulées. Aux larmes devant un reportage de télé qui vient masquer une vraie raison (pas vraiment) cachée… Et surtout… surtout… on laisse la place à notre seul ennemi. Soi.
Un homme seul n'est jamais vraiment seul du coup. Au contraire... il est souvent - trop - entouré, par ces personnages rarement invités.
Vite, vite… j’appelai Julie. En compagnie de moi-même ? Non, merci.
Maintenant, Valéry, je te comprends. Enfin…. pour le moment.
J’avais lu cette citation quelque part et elle m’était restée à l’esprit. Parce qu’elle m’avait plu. Mais ce que je n’avais pas réalisé, alors, c’est que je ne l’avais jamais vraiment comprise. Alors comment se fait-il que j’en ai marqué la page, comme si cette affirmation me parlait… alors que je n’y comprenais rien en réalité ?
En y pensant… je me souvins trouver cette phrase tellement bizarre que j’en appréciais une absurdité qu’il me convenait d’inventer. Parce qu’avouer ne rien comprendre à une chose qui pourrait m’intéresser m’aurait longtemps bouleversée et m’aurait surtout volé ce qui restait de ma concentration affaiblie face à la vie.
Alors je me suis joué ce tour que je commence à maitriser, et je m’inventais en cachette – pour qu’on ne vienne débattre mes conclusions – un sens faux – mais convenable – d’une phrase à l’allure simple mais aux vices cachés.
Comment un homme seul pouvait-il être de mauvaise compagnie ? L’hypothèse est pourtant claire. Il est seul. Donc il n’a pas de compagnie. Qu’est-ce qu’il raconte Valery ? C’est sans doute de l’absurde. Déjà, le mot "absurde" me plait. Et voila, j’en restais là.
Jusqu’au jour où il m’a fallu rester seule… mais pas seule une soirée, une journée, un weekend. Non, seule pendant dix jours. Et Valéry alors, réapparut dans ma vie, "de nulle part" comme dirait Barbara, avec un sourire quelque peu vicieux, me dire que voilà, maintenant j’avais compris, qu’absurde n’était pas exactement sa philosophie.
Parce que seul, oui, on a quand même de la compagnie. Puisqu'on laisse la place à l’imagination. A la mémoire. A la conscience. A l’Inconscient parfois. A l’analyse. A l’autocritique. Aux questions transcendantales de la vie, celles que l’on remue par bêtise puisque jamais des réponses en ont découlées. Aux émotions qui ressurgissent mieux et plus fort dans le silence. Aux peurs souvent refoulées. Aux larmes devant un reportage de télé qui vient masquer une vraie raison (pas vraiment) cachée… Et surtout… surtout… on laisse la place à notre seul ennemi. Soi.
Un homme seul n'est jamais vraiment seul du coup. Au contraire... il est souvent - trop - entouré, par ces personnages rarement invités.
Vite, vite… j’appelai Julie. En compagnie de moi-même ? Non, merci.
Maintenant, Valéry, je te comprends. Enfin…. pour le moment.
jeudi, mars 03, 2011
Et il y a le Liban
Nous critiquons tous le Liban. Tous. Nous libanaises, nous critiquons les femmes libanaises. Nous les accusons de superficialité, d’hypocrisie parfois, d’excès. Nous accusons les hommes aussi de machisme, nous accusons les parents de leur attention souvent exagérée, de leur ingérence, de leur sévérité…
Oui, nous regardons le Liban à travers une loupe. Et nous avons le droit. Parce que le Liban est nôtre. Comme les parents ont le droit de critiquer leurs enfants. Comme un frère a le droit de faire des observations parfois dérangeantes à sa sœur. Le droit découlant d’une bonne intention. De la volonté de protection. La légitimité de l’affirmation se trouvant dans l’information. Tout simplement. Parce que qui connaitrait le Liban mieux que nous, libanais.
Mais je défie tout libanais d’accepter qu’un étranger pointe notre cher pays du doigt. Nos femmes. Nos hommes. Nos parents. Parce qu’il s’agit là d’un cas de figure tout à fait différent. Le droit y faisant défaut. Et la légitimité alors devenant questionnable.
Parce que le Liban nous l’aimons tous. Et je peux affirmer que les libanais que je connais, vivant à l’étranger, vivent par procuration et à travers un calendrier. Je peux vous assurer que même si souvent j’ai été tentée de partir plus loin, plus beau et plus exotique, mon cœur, lui, s’oppose à cette envie et fait défiler devant mon regard froid et errant une plage libanaise souvent moche, sale, chaotique mais oh que je l’aime.
Libanaise je resterai dans l’âme, dans la tête, dans l’accent, dans mes fausses mèches blondes et jusqu’au bout des ongles toujours vernis d’une libanaise jamais convertie.
Aujourd’hui un rayon de soleil s’est infiltré dans ma chambre. Et mon bonheur, lui, a trouvé sa source dans le soleil du Liban. J’ai eu recours à la théorie de la proportionnalité pour imaginer chez moi un soleil encore plus fort, plus vrai, plus audacieux.
Et mon imagination n’a pu qu’entendre le bruit du printemps – parce que le printemps fait du bruit - ce bruit délicieux de voitures qui passent à intervalles espacées, d’oiseaux qui commencent doucement à bavarder, de feuilles d’arbre qui se caressent et de ma mère dans la cuisine toujours occupée.
Nous critiquons le Liban. Mais nous le sommes. Nous sommes toutes ces choses qui nous dérangent, nous sommes son charme fou, nous sommes son désordre, son chaos, son embouteillage, ses poubelles, son permanent danger, sa chaleur, son excès, sa structure compliquée, ses éternels pourparlers.
Ce matin, j’aime le Liban un peu plus. Parce qu’il ya des jours comme ca, où l’on aime plus, sans savoir pourquoi.
Et comme il ya des partenaires stables et raisonnés, qui promettent des relations saines et à longues durée, de beaux enfants et de jolis carnets et d’autres amants qui ne promettent rien du tout à part la ferveur du moment, il ya des pays aux gouvernements francs. Et il ya le Liban.
Oui, nous regardons le Liban à travers une loupe. Et nous avons le droit. Parce que le Liban est nôtre. Comme les parents ont le droit de critiquer leurs enfants. Comme un frère a le droit de faire des observations parfois dérangeantes à sa sœur. Le droit découlant d’une bonne intention. De la volonté de protection. La légitimité de l’affirmation se trouvant dans l’information. Tout simplement. Parce que qui connaitrait le Liban mieux que nous, libanais.
Mais je défie tout libanais d’accepter qu’un étranger pointe notre cher pays du doigt. Nos femmes. Nos hommes. Nos parents. Parce qu’il s’agit là d’un cas de figure tout à fait différent. Le droit y faisant défaut. Et la légitimité alors devenant questionnable.
Parce que le Liban nous l’aimons tous. Et je peux affirmer que les libanais que je connais, vivant à l’étranger, vivent par procuration et à travers un calendrier. Je peux vous assurer que même si souvent j’ai été tentée de partir plus loin, plus beau et plus exotique, mon cœur, lui, s’oppose à cette envie et fait défiler devant mon regard froid et errant une plage libanaise souvent moche, sale, chaotique mais oh que je l’aime.
Libanaise je resterai dans l’âme, dans la tête, dans l’accent, dans mes fausses mèches blondes et jusqu’au bout des ongles toujours vernis d’une libanaise jamais convertie.
Aujourd’hui un rayon de soleil s’est infiltré dans ma chambre. Et mon bonheur, lui, a trouvé sa source dans le soleil du Liban. J’ai eu recours à la théorie de la proportionnalité pour imaginer chez moi un soleil encore plus fort, plus vrai, plus audacieux.
Et mon imagination n’a pu qu’entendre le bruit du printemps – parce que le printemps fait du bruit - ce bruit délicieux de voitures qui passent à intervalles espacées, d’oiseaux qui commencent doucement à bavarder, de feuilles d’arbre qui se caressent et de ma mère dans la cuisine toujours occupée.
Nous critiquons le Liban. Mais nous le sommes. Nous sommes toutes ces choses qui nous dérangent, nous sommes son charme fou, nous sommes son désordre, son chaos, son embouteillage, ses poubelles, son permanent danger, sa chaleur, son excès, sa structure compliquée, ses éternels pourparlers.
Ce matin, j’aime le Liban un peu plus. Parce qu’il ya des jours comme ca, où l’on aime plus, sans savoir pourquoi.
Et comme il ya des partenaires stables et raisonnés, qui promettent des relations saines et à longues durée, de beaux enfants et de jolis carnets et d’autres amants qui ne promettent rien du tout à part la ferveur du moment, il ya des pays aux gouvernements francs. Et il ya le Liban.
mardi, mars 01, 2011
Tant pis pour Canary Wharf
Ces quelques derniers jours méritent sans doute de figurer dans un des chapitres de ce livre imaginaire que ma mère appelle : « les épreuves de la vie ».
Cadeau de printemps, aliment criminel ou autre, j’ignore la raison qui a fait que mon corps entier réagisse en quelques secondes et me transforme en monstre. Je dis monstre parce qu’en me regardant dans le miroir, je vois Charlize Theron. Non, pas la Charlize glamour et sexy sur le tapis rouge. Mais la Charlize monstre dans Monster. Si vous n’avez pas vu le film, googlez le (non, ce n’est pas une erreur linguistique. Le verbe « to Google » existe maintenant dans le dictionnaire. Si, si… j’en suis sûre).
Bref. A part la catastrophe esthétique qui m’a profondément affectée (je suis un peu superficielle quand même), la véritable douleur s’est située au-delà de la peau et m’a permis de remettre les choses en perspective.
Souvent, dans une grande ville comme Londres, l’organisation s’impose. Parce que les minutes deviennent précieuses. Métro à 7h du matin, salle de gym à 20h, verre entre copines vendredi à 21h et ainsi de suite. Les rendez-vous s’installent dans le calendrier nous volant le plaisir de la spontanéité, des grasses matinées et des envies instantanées. Tout devient programmé comme pour que l'on puisse profiter au maximum de son temps.
Alors que c’est en le domptant tellement, que nous le perdons vraiment. Son temps.
Et dans cette organisation poussée des choses, on passe surtout à coté d’une réalité évidente. Celle d’être, malgré tout, humain. Parce qu’en donnant rendez-vous dans une semaine ou dans deux, on élimine du coup la possibilité qu’un évènement extérieur et imprévisible, « une force majeure » (comme dirait la juriste endormie en moi), viendrait bousculer l’ordre des choses et ajouter quelques péripéties dans sa vie.
Samedi matin, j’enfilai à la hâte un jeans et me dirigeai, encore dans le t-shirt qui me sert de pyjama- dans le premier taxi vers les urgences. Je résistais encore à cet acte de raison, détestant les hôpitaux et étant imprégnée de cette arrogance libanaise que rien ne peut m’arriver. Jusqu’au moment où j’ai détecté dans le regard noir de mon amie qui me fixait une peur presque tangible.
Malgré l'urgence du moment, je pris le soin d'emporter mes lunettes et mon chapeau, le déguisement ce jour-là s'imposant naturellement. Et là, j’aime à m’imaginer, comme pour me consoler de la douleur (et/ou de la laideur), Kate Moss sur les rues d’Angel déguisée pour ne pas se faire reconnaitre et pour éviter d'attirer la curiosité des passants.
(Sauf que j’étais Charlize... Encore).
Je passe le chapitre des médecins incompétents, des seringues qui restent ma seule phobie, de la ballade sous la pluie en pleine maladie pour absence de taxi, de ma mère au téléphone qui se sent impuissante mais qui ne comprends toujours pas que sa voix, seule, est mon unique force, des hôpitaux sales et tellement anglais, de la difficulté de faire les courses nécessaires quand on trouve à peine la force de trainer les pieds…
Je passe. Parce que si j’en parle c’est parce qu’il a fallu que je vive quelques jours difficiles pour que je me souvienne ce que Londres à tenté – en vain – de me faire oublier. J’en parle parce que même si j’ai souffert et que j’en souffre encore, j’ai surtout réalisé que l’on passe souvent à coté d’une bénédiction anodine mais des plus précieuses, celle d’être en bonne santé.
J'en parle parce qu'il a fallu que je vive ces moments pour me rappeler que quelque soit la cadence de sa vie, il faut toujours trouver du temps à accorder à ses amis et à sa famille. Parce que c'est à eux que l'on pense quand on a des bleus aux jambes et au coeur et quand on est heureux.
Et aussi… j’en parle parce que j’avais presque oublié que même fiévreux et lasse, il n’y a rien de plus délicieux que d’être octroyé, comme par le ciel, le cadeau de passer toute une semaine au lit à ne rien faire à part regarder two and half men à la télé.
Ce n’est pas tout. Oui, oui, ca devient encore mieux… Les oréos et toutes les bêtises du genre s’offrent et avec eux le Plaisir, oui le plaisir avec un grand P, celui qui se donne dans son acceptation la plus poussée, c’est-à-dire dénué de tout sentiment de culpabilité.
Tant pis pour Canary Wharf.
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Cadeau de printemps, aliment criminel ou autre, j’ignore la raison qui a fait que mon corps entier réagisse en quelques secondes et me transforme en monstre. Je dis monstre parce qu’en me regardant dans le miroir, je vois Charlize Theron. Non, pas la Charlize glamour et sexy sur le tapis rouge. Mais la Charlize monstre dans Monster. Si vous n’avez pas vu le film, googlez le (non, ce n’est pas une erreur linguistique. Le verbe « to Google » existe maintenant dans le dictionnaire. Si, si… j’en suis sûre).
Bref. A part la catastrophe esthétique qui m’a profondément affectée (je suis un peu superficielle quand même), la véritable douleur s’est située au-delà de la peau et m’a permis de remettre les choses en perspective.
Souvent, dans une grande ville comme Londres, l’organisation s’impose. Parce que les minutes deviennent précieuses. Métro à 7h du matin, salle de gym à 20h, verre entre copines vendredi à 21h et ainsi de suite. Les rendez-vous s’installent dans le calendrier nous volant le plaisir de la spontanéité, des grasses matinées et des envies instantanées. Tout devient programmé comme pour que l'on puisse profiter au maximum de son temps.
Alors que c’est en le domptant tellement, que nous le perdons vraiment. Son temps.
Et dans cette organisation poussée des choses, on passe surtout à coté d’une réalité évidente. Celle d’être, malgré tout, humain. Parce qu’en donnant rendez-vous dans une semaine ou dans deux, on élimine du coup la possibilité qu’un évènement extérieur et imprévisible, « une force majeure » (comme dirait la juriste endormie en moi), viendrait bousculer l’ordre des choses et ajouter quelques péripéties dans sa vie.
Samedi matin, j’enfilai à la hâte un jeans et me dirigeai, encore dans le t-shirt qui me sert de pyjama- dans le premier taxi vers les urgences. Je résistais encore à cet acte de raison, détestant les hôpitaux et étant imprégnée de cette arrogance libanaise que rien ne peut m’arriver. Jusqu’au moment où j’ai détecté dans le regard noir de mon amie qui me fixait une peur presque tangible.
Malgré l'urgence du moment, je pris le soin d'emporter mes lunettes et mon chapeau, le déguisement ce jour-là s'imposant naturellement. Et là, j’aime à m’imaginer, comme pour me consoler de la douleur (et/ou de la laideur), Kate Moss sur les rues d’Angel déguisée pour ne pas se faire reconnaitre et pour éviter d'attirer la curiosité des passants.
(Sauf que j’étais Charlize... Encore).
Je passe le chapitre des médecins incompétents, des seringues qui restent ma seule phobie, de la ballade sous la pluie en pleine maladie pour absence de taxi, de ma mère au téléphone qui se sent impuissante mais qui ne comprends toujours pas que sa voix, seule, est mon unique force, des hôpitaux sales et tellement anglais, de la difficulté de faire les courses nécessaires quand on trouve à peine la force de trainer les pieds…
Je passe. Parce que si j’en parle c’est parce qu’il a fallu que je vive quelques jours difficiles pour que je me souvienne ce que Londres à tenté – en vain – de me faire oublier. J’en parle parce que même si j’ai souffert et que j’en souffre encore, j’ai surtout réalisé que l’on passe souvent à coté d’une bénédiction anodine mais des plus précieuses, celle d’être en bonne santé.
J'en parle parce qu'il a fallu que je vive ces moments pour me rappeler que quelque soit la cadence de sa vie, il faut toujours trouver du temps à accorder à ses amis et à sa famille. Parce que c'est à eux que l'on pense quand on a des bleus aux jambes et au coeur et quand on est heureux.
Et aussi… j’en parle parce que j’avais presque oublié que même fiévreux et lasse, il n’y a rien de plus délicieux que d’être octroyé, comme par le ciel, le cadeau de passer toute une semaine au lit à ne rien faire à part regarder two and half men à la télé.
Ce n’est pas tout. Oui, oui, ca devient encore mieux… Les oréos et toutes les bêtises du genre s’offrent et avec eux le Plaisir, oui le plaisir avec un grand P, celui qui se donne dans son acceptation la plus poussée, c’est-à-dire dénué de tout sentiment de culpabilité.
Tant pis pour Canary Wharf.
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Aubergine
Il ya certains aliments que les enfants n’apprécient pas. L’aliment que je ne pouvais pas avaler, enfant, était l’aubergine. La couleur, la texture et le goût me répugnaient que non seulement je n’y touchais, mais aussi je m’éloignais de tous ceux qui en mangeaient.
Je ne puis me rappeler exactement du moment du revirement soudain et définitif qui a fait de l’aubergine mon aliment favori. Je ne sais plus si cette métamorphose s’était produite par progression naturelle ou par un acte unique et précis. Tout ce que je sais, c’est qu’il suffit qu’il y ait des aubergines dans un plat, avec de la mozzarella, du poulet, une pizza ou des pâtes, pour que j’en mange jusqu’à ne plus pouvoir m’arrêter.
Et cette histoire de l’aubergine me pousse à penser qu’il ya des choses dans la vie qu’il faut apprendre, avec le temps, les années, à apprécier. Et à défaut d’y mettre l’effort nécessaire, ces choses souvent viennent à nous d’elles-mêmes, sans invitation quelconque, avec l’âge et la maturité.
Parce que l’aubergine, enfant, n’était pas ma seule ennemie. Il y avait aussi l’ennui. Je me souviens que je répétais souvent cette phrase, au risque d’agacer ma mère à court d’idées : « je m’ennuie ».
Et aujourd’hui dans ma chambre, un lundi matin très différent car oisif, dans un silence qui normalement m’aurait semblé pesant et difficile, je réalise qu’avec l’âge (même si la maturité n’y est pas encore), comme l’histoire des aubergines, je commence à apprécier le plaisir… de ne rien faire.
Je ne puis me rappeler exactement du moment du revirement soudain et définitif qui a fait de l’aubergine mon aliment favori. Je ne sais plus si cette métamorphose s’était produite par progression naturelle ou par un acte unique et précis. Tout ce que je sais, c’est qu’il suffit qu’il y ait des aubergines dans un plat, avec de la mozzarella, du poulet, une pizza ou des pâtes, pour que j’en mange jusqu’à ne plus pouvoir m’arrêter.
Et cette histoire de l’aubergine me pousse à penser qu’il ya des choses dans la vie qu’il faut apprendre, avec le temps, les années, à apprécier. Et à défaut d’y mettre l’effort nécessaire, ces choses souvent viennent à nous d’elles-mêmes, sans invitation quelconque, avec l’âge et la maturité.
Parce que l’aubergine, enfant, n’était pas ma seule ennemie. Il y avait aussi l’ennui. Je me souviens que je répétais souvent cette phrase, au risque d’agacer ma mère à court d’idées : « je m’ennuie ».
Et aujourd’hui dans ma chambre, un lundi matin très différent car oisif, dans un silence qui normalement m’aurait semblé pesant et difficile, je réalise qu’avec l’âge (même si la maturité n’y est pas encore), comme l’histoire des aubergines, je commence à apprécier le plaisir… de ne rien faire.
dimanche, février 27, 2011
En Harley Davidson
Il est vrai que je n’ai pas écrit depuis un moment. La raison n’est ni secrète, ni poétique. Je n’ai tout simplement rien à dire. Pourtant, j’ai essayé. Je me suis assise à maintes reprises devant ma feuille blanche et mon stylo (au fait… Microsoft word et le clavier mais c’est moins joli) en espérant que les mots coulent. Mais les mots n’ont pas coulé. Ensuite, je tentais de les chercher me souvenant vaguement d’une jolie phrase de Valery : « un écrivain véritable ne trouve pas ses mots. Alors il les cherche. Et il trouve mieux. »
Je les cherche. Je les cherche le cœur battant. Parce que les trouver, ou mieux encore, trouver « mieux », me déclarerait peut-être, par la force des pensées de Valery, écrivain véritable. Mais je finis vite par refermer mon ordinateur. Et plonger dans un sommeil. Cette fois ci… véritable.
Mais si Valéry ces soirs-là me faisait de la peine, Proust arrivait toujours à me consoler. Et je dormais alors avec un sourire de complicité, entre Marcel et mon manque de créativité. Parce que Proust disait : « ce sont nos passions qui esquissent nos livres, et le repos d’intervalle qui les écrit ». J’aimais à me penser vivant mes passions. Et à compter sur les moments de repos futurs et éventuels, que je ne voulais point précipiter, pour écrire noir sur blanc ce que la vie m’avait de stimulant.
Oui, mon absence pourrait se traduire en transe. Transe face à la vie, aux fous rires bêtes et excessifs, aux discussions à cinq dans mon petit appartement londonien, aux rêves, aux incertitudes, aux peurs, à la jeunesse.
Parce que j’ai découvert dans la passion un sens beaucoup plus élargi que l’amour d’une personne. Oui, j’y ai découvert l’amour de la vie. A travers mes amis.
Cette semaine fut lourde, longue et pénible. Mais une lueur au fond du tunnel m’accorda l’énergie nécessaire pour la survivre. Et même plus. La croquer.
Cette petite étincelle s’appelle Gaëlle. C’est son anniversaire. Et bien sûr, je ne lui laissai pas le choix. Elle devait passer le weekend avec moi à Londres. Ce que l’on allait faire importait peu. Puisque l’on serait ensemble.
Au menu ? Soirées, cafés, ballades et secrets. Bien sûr. Il fallait rattraper tout ce temps qui nous avait séparées.
Vendredi arriva. Et avec lui l’enthousiasme de deux jours de bonheur garanti.
Sauf que ce que l’on avait ni prévu ni considéré arriva aussi. Un de ces coups de la vie censés nous rendre plus fort mais qui nous rendent souvent tout simplement lasse et fiévreux.
L’anniversaire de Gaëlle était tombé à l’eau. Et seule dans ma chambre je pensai à ce malheur que d’être malade seule, dans un pays étranger, dans une ville froide, sans sa mère, sans son médecin de famille, sans les câlins aussi efficaces – sinon plus- que les antibiotiques.
Mes paupières finissent vite par tomber. Mais dans ma tête résonne une chanson, une chanson chantée à tue-tête par mon amie, la veille, dans le resto italien du coin, en balançant ses cheveux longs et noirs par des mouvements rapides de la tête. Oui, cette chanson résonne et me donne la force nécessaire pour affronter ma chambre vide. Et sur ma bouche se dessine un sourire aussi discret que bête tandis que la voix de Gaëlle déjà en route vers Paris remplit ma nuit : « Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson ».
Oui, demain matin, ca ira. Et j’appuierai à nouveau sur le starter. Pour à nouveau… quitter la terre.
Je les cherche. Je les cherche le cœur battant. Parce que les trouver, ou mieux encore, trouver « mieux », me déclarerait peut-être, par la force des pensées de Valery, écrivain véritable. Mais je finis vite par refermer mon ordinateur. Et plonger dans un sommeil. Cette fois ci… véritable.
Mais si Valéry ces soirs-là me faisait de la peine, Proust arrivait toujours à me consoler. Et je dormais alors avec un sourire de complicité, entre Marcel et mon manque de créativité. Parce que Proust disait : « ce sont nos passions qui esquissent nos livres, et le repos d’intervalle qui les écrit ». J’aimais à me penser vivant mes passions. Et à compter sur les moments de repos futurs et éventuels, que je ne voulais point précipiter, pour écrire noir sur blanc ce que la vie m’avait de stimulant.
Oui, mon absence pourrait se traduire en transe. Transe face à la vie, aux fous rires bêtes et excessifs, aux discussions à cinq dans mon petit appartement londonien, aux rêves, aux incertitudes, aux peurs, à la jeunesse.
Parce que j’ai découvert dans la passion un sens beaucoup plus élargi que l’amour d’une personne. Oui, j’y ai découvert l’amour de la vie. A travers mes amis.
Cette semaine fut lourde, longue et pénible. Mais une lueur au fond du tunnel m’accorda l’énergie nécessaire pour la survivre. Et même plus. La croquer.
Cette petite étincelle s’appelle Gaëlle. C’est son anniversaire. Et bien sûr, je ne lui laissai pas le choix. Elle devait passer le weekend avec moi à Londres. Ce que l’on allait faire importait peu. Puisque l’on serait ensemble.
Au menu ? Soirées, cafés, ballades et secrets. Bien sûr. Il fallait rattraper tout ce temps qui nous avait séparées.
Vendredi arriva. Et avec lui l’enthousiasme de deux jours de bonheur garanti.
Sauf que ce que l’on avait ni prévu ni considéré arriva aussi. Un de ces coups de la vie censés nous rendre plus fort mais qui nous rendent souvent tout simplement lasse et fiévreux.
L’anniversaire de Gaëlle était tombé à l’eau. Et seule dans ma chambre je pensai à ce malheur que d’être malade seule, dans un pays étranger, dans une ville froide, sans sa mère, sans son médecin de famille, sans les câlins aussi efficaces – sinon plus- que les antibiotiques.
Mes paupières finissent vite par tomber. Mais dans ma tête résonne une chanson, une chanson chantée à tue-tête par mon amie, la veille, dans le resto italien du coin, en balançant ses cheveux longs et noirs par des mouvements rapides de la tête. Oui, cette chanson résonne et me donne la force nécessaire pour affronter ma chambre vide. Et sur ma bouche se dessine un sourire aussi discret que bête tandis que la voix de Gaëlle déjà en route vers Paris remplit ma nuit : « Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson ».
Oui, demain matin, ca ira. Et j’appuierai à nouveau sur le starter. Pour à nouveau… quitter la terre.
vendredi, février 11, 2011
Bad Timing
Londres est une ville qui a l’avantage (et… l’inconvénient, si j’ose dire) d’être une ville de passage. En effet, il ya toujours un cousin, une tante, un ami, une connaissance qui passe pour un weekend en amoureux, pour du shopping, pour un entretien à Canary Wharf ou pour rendre visite à la reine.
Et du coup, l’ami – ou pis encore, la « connaissance » qui tout d’un coup devient « meilleur ami » - s’attend à ce que l’on mette notre vie en pause, que l’on rate boulot, gym, sieste et ménage, pour l’accueillir les bras ouverts, lui offrir le canapé et l’emmener voir Big Ben (que je n’ai toujours pas vu – entre parenthèses !) .
Bref, si j’en parle, c’est parce que ma collègue (et amie, non pas connaissance !) italienne vient de vivre cette expérience. Le weekend dernier, elle reçoit un coup de fil de son premier amour. Italien ténébreux qui lui a un brisé le cœur un jour. Il lui annonce qu’il est de passage à Londres et qu’il aimerait bien faire un « catch-up » autour d’un verre… « ou d’un café », prend-t-il bien le soin d’ajouter…
Mais entre le verre et le café, une grande différence. Et cet italien beau comme dans les films, a aussi une certaine intelligence. Il lui laisse le choix ouvert, et mine de rien joue à la fois l’indifférent et le dragueur.
Marianna vient me voir et me résume à la hâte les dernières péripéties, entre l’achat d’une action et l’appel d’un client. Elle me demande si je pense qu’elle devrait le voir. Et je dis oui. Non pas parce que je le pense, mais parce que je sais qu’elle se fout de mon avis.
Mais j’y pense. Je pense à ce garçon qui est un caractère récurrent dans nos conversations des samedis soirs, et des brunchs du dimanche. Ce garçon qui ne lui fait plus l’effet d’autrefois, mais qui a quand même laissé une trace dans sa mémoire, ne serait-ce que le souvenir d’une ballade au port de Venise.
Oui j’y pense… Et je me demande à quoi ressembleraient leurs retrouvailles. Parce qu’elle m’en a beaucoup parlé. Et j’aime à les imaginer se chuchoter en italien des mots d’amour et des caresses platoniques. Mais je ne comprends pas l’italien.
Elle m’avait raconté qu’elle avait fait tomber un jour, à dix-sept ans à peine, l’une de ses boucles d’oreilles dans la voiture du beau. Elle avait ensuite tenté de le contacter à maintes reprises. Un peu pour la boucle d’oreille. Un peu pour entendre sa voix. Toujours pour sa voix. Toujours en utilisant le prétexte de la boucle d’oreille.
Mais les femmes s’impatientent. Et les femmes ne doivent jamais attendre. La boucle d’oreille fut jetée par mon amie. Et j’aime à imaginer le bijou reposant au fond d’un canal. Mais Marianna aurait trouvé l’idée trop banale. Elle avait sans doute opté pour la première poubelle. C’est une fille pratique.
Le lendemain, du jour J, je m’en vais la voir pour les détails juteux qui feraient peut-être la matinée d’un mardi gris et morose. Elle me raconte, le sourire espiègle et la chevelure parfaite, que ce pauvre type est venu, après toutes ces années, lui annoncer son amour pour elle…. Et lui rapporter sa boucle d’oreille autrefois perdue qu’il avait bien gardée.
Elle lui a répondu, avec un ton que j’imagine à la fois imprégné de dégoût et de pitié, que maintenant, c’est la sienne qui manquait.
Bad timing.
©
Et du coup, l’ami – ou pis encore, la « connaissance » qui tout d’un coup devient « meilleur ami » - s’attend à ce que l’on mette notre vie en pause, que l’on rate boulot, gym, sieste et ménage, pour l’accueillir les bras ouverts, lui offrir le canapé et l’emmener voir Big Ben (que je n’ai toujours pas vu – entre parenthèses !) .
Bref, si j’en parle, c’est parce que ma collègue (et amie, non pas connaissance !) italienne vient de vivre cette expérience. Le weekend dernier, elle reçoit un coup de fil de son premier amour. Italien ténébreux qui lui a un brisé le cœur un jour. Il lui annonce qu’il est de passage à Londres et qu’il aimerait bien faire un « catch-up » autour d’un verre… « ou d’un café », prend-t-il bien le soin d’ajouter…
Mais entre le verre et le café, une grande différence. Et cet italien beau comme dans les films, a aussi une certaine intelligence. Il lui laisse le choix ouvert, et mine de rien joue à la fois l’indifférent et le dragueur.
Marianna vient me voir et me résume à la hâte les dernières péripéties, entre l’achat d’une action et l’appel d’un client. Elle me demande si je pense qu’elle devrait le voir. Et je dis oui. Non pas parce que je le pense, mais parce que je sais qu’elle se fout de mon avis.
Mais j’y pense. Je pense à ce garçon qui est un caractère récurrent dans nos conversations des samedis soirs, et des brunchs du dimanche. Ce garçon qui ne lui fait plus l’effet d’autrefois, mais qui a quand même laissé une trace dans sa mémoire, ne serait-ce que le souvenir d’une ballade au port de Venise.
Oui j’y pense… Et je me demande à quoi ressembleraient leurs retrouvailles. Parce qu’elle m’en a beaucoup parlé. Et j’aime à les imaginer se chuchoter en italien des mots d’amour et des caresses platoniques. Mais je ne comprends pas l’italien.
Elle m’avait raconté qu’elle avait fait tomber un jour, à dix-sept ans à peine, l’une de ses boucles d’oreilles dans la voiture du beau. Elle avait ensuite tenté de le contacter à maintes reprises. Un peu pour la boucle d’oreille. Un peu pour entendre sa voix. Toujours pour sa voix. Toujours en utilisant le prétexte de la boucle d’oreille.
Mais les femmes s’impatientent. Et les femmes ne doivent jamais attendre. La boucle d’oreille fut jetée par mon amie. Et j’aime à imaginer le bijou reposant au fond d’un canal. Mais Marianna aurait trouvé l’idée trop banale. Elle avait sans doute opté pour la première poubelle. C’est une fille pratique.
Le lendemain, du jour J, je m’en vais la voir pour les détails juteux qui feraient peut-être la matinée d’un mardi gris et morose. Elle me raconte, le sourire espiègle et la chevelure parfaite, que ce pauvre type est venu, après toutes ces années, lui annoncer son amour pour elle…. Et lui rapporter sa boucle d’oreille autrefois perdue qu’il avait bien gardée.
Elle lui a répondu, avec un ton que j’imagine à la fois imprégné de dégoût et de pitié, que maintenant, c’est la sienne qui manquait.
Bad timing.
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vendredi, février 04, 2011
Si j’avais dormi quatre jours …
Si j’avais dormi quatre jours, je n’aurais pas compris pourquoi les rues de Beyrouth sont désertes, les rues du Caire enragées et la Tunisie métamorphosée. Je n’aurais pas compris pourquoi des jeunes syriens se chuchotent timidement des invitations à la révolte, et pourquoi la Jordanie décide de changer son premier ministre de la sorte. Je me serais cru encore dans le rêve, et j’aurai claqué des doigts pour qu’il s’achève. Un monde arabe qui jusque là flottait pacifiquement dans la corruption, soudain vomit sa soumission. Un peuple dont on a usé et abusé d’un coup refuse son injustice et prie Dieu pour qu’il le bénisse. Des peuples vivant jusque là dans la peur du plus grand, se montraient tolérant. Mais des jeunes téméraires sont prêts à la guerre. Parce qu’ils sont pauvres et au chômage, parce qu’ils sont misérables quelques soient leurs âges, parce qu’ils doivent se soumettre. A des dieux, à des maitres. Si j'avais dormi quatre jours, je n'aurais pas compris la logique du marché, et pourquoi les banquiers se montrent inquiets. J'aurais détesté manquer ce revirement, et ne pas vivre ces moments. Je n’aurais rien compris à ces actes de rebellions soudains, et pourquoi il y a soudain dans l’air une odeur de jasmin.
Je regarde des photos et des scènes et je me trouve partagée entre le bonheur que l’on ressent quand on goute à la liberté et l’appréhension de l’après. Partagée entre l’enthousiasme que doivent ressentir ces hommes, ces jeunes femmes, ces enfants et la douleur qui vient avec, la douleur du combat. J’écoute autour de moi mes amis européens qui avancent des principes beaux et louables, ceux de la démocratie, de l’égalité, de la justice. Je les écoute parler comme s’ils récitaient un manuel de sciences politiques ou de droit constitutionnel. Je les plains d’autant de naïveté. Parceque je ne puis m’empêcher de me rappeler, en refoulant presque cette idée qui vient me déranger, que pour que la liberté soit octroyée, il faut que le sujet sache, puisse et veuille décider.
Le monde arabe se révolte aujourd’hui. Il se lève. Il crie. Il y croit surement. Une comédie ne pourrait pas être passionnée. Se propage une odeur, une odeur de fleur, et comme un leurre, comme ca, sans préavis, sans agenda, éveille une douleur longtemps cachée et qui ne peut plus être supportée. Ce qui effraie, c’est l’incertitude face à celui qui vient remplacer le coupable. Sera-t-il choisi à la hâte, comme ca, par un acte réactionnaire et peu raisonnable ? Saura-t-il manipuler la foule comme l’on manipule une jeune fille vierge par des mots rêveurs et surtout… menteurs ? Profitera-t-il de sa faiblesse, de sa fatigue, de son cri SOS ?
Les pays arabes, ont-ils tous atteints la majorité au même instant, au même moment, par pure coïncidence ? Certains seraient-ils influencés par leurs voisins alors qu’ils ne peuvent se permettre de payer le prix de la liberté ?
Sont-ils aujourd’hui adultes, majeurs et vaccinés ? Ou n’est-ce qu’une crise d’adolescence ? Une crise que les parents font passer … En attendant que ca recommence.
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Je regarde des photos et des scènes et je me trouve partagée entre le bonheur que l’on ressent quand on goute à la liberté et l’appréhension de l’après. Partagée entre l’enthousiasme que doivent ressentir ces hommes, ces jeunes femmes, ces enfants et la douleur qui vient avec, la douleur du combat. J’écoute autour de moi mes amis européens qui avancent des principes beaux et louables, ceux de la démocratie, de l’égalité, de la justice. Je les écoute parler comme s’ils récitaient un manuel de sciences politiques ou de droit constitutionnel. Je les plains d’autant de naïveté. Parceque je ne puis m’empêcher de me rappeler, en refoulant presque cette idée qui vient me déranger, que pour que la liberté soit octroyée, il faut que le sujet sache, puisse et veuille décider.
Le monde arabe se révolte aujourd’hui. Il se lève. Il crie. Il y croit surement. Une comédie ne pourrait pas être passionnée. Se propage une odeur, une odeur de fleur, et comme un leurre, comme ca, sans préavis, sans agenda, éveille une douleur longtemps cachée et qui ne peut plus être supportée. Ce qui effraie, c’est l’incertitude face à celui qui vient remplacer le coupable. Sera-t-il choisi à la hâte, comme ca, par un acte réactionnaire et peu raisonnable ? Saura-t-il manipuler la foule comme l’on manipule une jeune fille vierge par des mots rêveurs et surtout… menteurs ? Profitera-t-il de sa faiblesse, de sa fatigue, de son cri SOS ?
Les pays arabes, ont-ils tous atteints la majorité au même instant, au même moment, par pure coïncidence ? Certains seraient-ils influencés par leurs voisins alors qu’ils ne peuvent se permettre de payer le prix de la liberté ?
Sont-ils aujourd’hui adultes, majeurs et vaccinés ? Ou n’est-ce qu’une crise d’adolescence ? Une crise que les parents font passer … En attendant que ca recommence.
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samedi, janvier 29, 2011
Mission "Croix Rouge"
Une expression employée par une copine italienne et qui décrit si bien cette cause que je croyais unique à ma personnalité… mais que je réalise, de plus en plus et à ma grande surprise, commune à toutes les filles que je connais.
Oui, cette mission de sauver une personne, de la changer, de faire dévoiler, derrière un caractère grognon et égoïste, un fond pur et altruiste.
Cette arrogance de pouvoir influencer, changer, transformer, libérer… Cette envie d’être le moteur d’une métamorphose, l’analogon de belles choses, la raison d’être d’un être, la muse d’un individu jusque là imbu de sa ruse.
Toutes les filles veulent ca. Et toutes les filles le croient. Qu’elles pourraient, par leurs beaux yeux, leur attention, la danse des hanches, le sourire angélique, leur différence et leur simple existence changer ce garçon jusque là mauvais. Et elles tentent leur chance.
Mues par un instinct peut-être maternel et surement par un désir quelque peu charnel, elles n’ont d’yeux que pour celui qui ne fait que détruire à son passage, quelque soit son àge, le cœur des filles.
Elles le disent, avec un ton hautain et le menton légèrement relevé, un verre à la main et le sourire malin, que pour elles, ce mec insolent voudra traverser les océans.
Alors elles y mettent les efforts nécessaires, elles considèrent différentes approches, aussi machiavéliques que sincères, beaucoup plus pour gagner que pour lui plaire.
Parce qu’elles veulent être les premières. Les premières à avoir creusé le stable dans l’éphémère. Et un Bad Boy converti est le rêve de toute fille.
La mission Croix-Rouge… quelle belle expression. Une mission sous le signe de l’amour peut-être. De l’arrogance surement. Peut-on changer quelqu’un… vraiment ?
Est-ce par amour de l’autre ? Je l’ignore. Est-ce un défi personnel ? Surement.
Mais en vaut-il la peine ? Je ne le crois pas vraiment.
Pourquoi vouloir changer le monde… quand il y a à chaque coin de rue, dans chaque bar, dans chaque station de métro, et sur chaque trottoir des personnes sincères et bien qui ne requièrent pas tout ce chemin.
Ceci serait trop facile, me disent-elles. Et je débats.
Mais même moi… même moi j’ai voulu autrefois, avec toute la conviction qui va avec et l’abstraction parfaite de l’échec, transformer un délinquant en prince charmant.
Et dans notre café d’habitude, autour d’un déjeuner tardif suite à un vendredi soir abusif, à trois, on discute avec rires et effrois de cette bêtise rude.
La conclusion se fait incertaine. La conversation me fait de la peine. Parce que je n’avais pas réalisé jusque là, que ce jeu n’était pas propre qu’à moi.
Et je décide, au fond de moi, les yeux qui brillent d’avoir tout à coup tout compris, sur les garçons mauvais… mettre une croix. Rouge. Et puis je bouge.
Avant de réaliser que c’est mon cœur qui décide… souvent. Et ce dernier n’a jamais été intelligent.
Rouge. De colère cette fois.
Décidément. Rien ne dépend de moi.
A Julie et Marianna...
Oui, cette mission de sauver une personne, de la changer, de faire dévoiler, derrière un caractère grognon et égoïste, un fond pur et altruiste.
Cette arrogance de pouvoir influencer, changer, transformer, libérer… Cette envie d’être le moteur d’une métamorphose, l’analogon de belles choses, la raison d’être d’un être, la muse d’un individu jusque là imbu de sa ruse.
Toutes les filles veulent ca. Et toutes les filles le croient. Qu’elles pourraient, par leurs beaux yeux, leur attention, la danse des hanches, le sourire angélique, leur différence et leur simple existence changer ce garçon jusque là mauvais. Et elles tentent leur chance.
Mues par un instinct peut-être maternel et surement par un désir quelque peu charnel, elles n’ont d’yeux que pour celui qui ne fait que détruire à son passage, quelque soit son àge, le cœur des filles.
Elles le disent, avec un ton hautain et le menton légèrement relevé, un verre à la main et le sourire malin, que pour elles, ce mec insolent voudra traverser les océans.
Alors elles y mettent les efforts nécessaires, elles considèrent différentes approches, aussi machiavéliques que sincères, beaucoup plus pour gagner que pour lui plaire.
Parce qu’elles veulent être les premières. Les premières à avoir creusé le stable dans l’éphémère. Et un Bad Boy converti est le rêve de toute fille.
La mission Croix-Rouge… quelle belle expression. Une mission sous le signe de l’amour peut-être. De l’arrogance surement. Peut-on changer quelqu’un… vraiment ?
Est-ce par amour de l’autre ? Je l’ignore. Est-ce un défi personnel ? Surement.
Mais en vaut-il la peine ? Je ne le crois pas vraiment.
Pourquoi vouloir changer le monde… quand il y a à chaque coin de rue, dans chaque bar, dans chaque station de métro, et sur chaque trottoir des personnes sincères et bien qui ne requièrent pas tout ce chemin.
Ceci serait trop facile, me disent-elles. Et je débats.
Mais même moi… même moi j’ai voulu autrefois, avec toute la conviction qui va avec et l’abstraction parfaite de l’échec, transformer un délinquant en prince charmant.
Et dans notre café d’habitude, autour d’un déjeuner tardif suite à un vendredi soir abusif, à trois, on discute avec rires et effrois de cette bêtise rude.
La conclusion se fait incertaine. La conversation me fait de la peine. Parce que je n’avais pas réalisé jusque là, que ce jeu n’était pas propre qu’à moi.
Et je décide, au fond de moi, les yeux qui brillent d’avoir tout à coup tout compris, sur les garçons mauvais… mettre une croix. Rouge. Et puis je bouge.
Avant de réaliser que c’est mon cœur qui décide… souvent. Et ce dernier n’a jamais été intelligent.
Rouge. De colère cette fois.
Décidément. Rien ne dépend de moi.
A Julie et Marianna...
mardi, janvier 25, 2011
Cher Capitaine
C’est un article que j’ai lu sur le site de L’Orient Le Jour. Comme chaque matin, et avant toute autre chose aussi urgente soit-elle, je traverse en diagonale les actualités libanaises et lit avec profondeur et précision la page « Opinions ».
L’article que j’aimerais discuter, n’a pas manqué d’attirer mon attention.
Intitulé « Chrétienne de mon pays », je me suis vite sentie concernée. Etant chrétienne, et étant (malheureusement …) de son même pays.
Monsieur s’est senti appelé à conseiller les femmes. Comme s’il avait la moindre idée de ce que c’est qu’être une femme. Et a fortiori femme libanaise.
A la lecture de son article, bien maladroit permettez-moi, je ne pus m’empêcher de plonger dans une confusion nouvelle, celle de ne savoir si je ressens l’envie de rire ou de pleurer. Et normalement, mes réactions sont très spontanées.
J’ai directement voulu enregistrer un commentaire réactif, passionné, violent… mais j’ai appris récemment, que pour être écoutée il faut se controler. Alors j’ai choisi des mots gentils. Mais maintenant, sur mon site personnel, j’aimerais vous faire part, monsieur le « Capitaine », des impressions d’une femme libanaise. Et chrétienne.
Vous dites que la famille doit être gouvernée par une seule tête. Et cette idée n’est pas complètement bête. Même les dictatures ("éclairées" comme disait l'un de mes professeurs en Droit) ont prouvé bien fonctionner.
Vous dites que les femmes libanaises chrétiennes deviennent de plus en plus libérées (je n’ai pas tout à fait compris la nécessité de spécifier la religion… mais passons).
Vous dites qu’il faut qu’un seul capitaine soit au bord du bateau (l’homme) et que la femme jouerait alors le rôle de « copilote » (j’avoue avoir trouvé ce passage « mignon »).
Vous considérez que l’émancipation de la femme, son accès à un statut égal à l’homme, son ambition, sa réussite soient les causes de l’échec de certains mariages (au nombre « grandissant » comme vous dites bien que le terme « croissant » me semble plus élégant mon cher capitaine).
Aussi, vous accusez cette vague de libéralisation comme source première de la décadence des valeurs familiales et des conséquences négatives sur l’éducation des enfants.
Bref, je ne vais pas m'amuser à résumer votre article bien détaillé puisque ceux qui ne l’ont pas lu ont bien compris le message.
Permettez-moi, maintenant, de vous présenter mon avis sur le sujet.
Je suis jeune. Et je suis célibataire. Je ne peux prétendre savoir comme vous ce que c’est qu’une vie en couple et ce que requiert un mariage (êtes-vous marié ?) mais j’essayerai, du haut de mes 24 ans, de vous faire part de mon analyse.
Oser avancer que la femme doit être exclusivement mere et épouse et abandonner son statut de femme tout court et de femme à carrière en second, serait présumer les points suivants :
- Le succès de l’homme (pour que celle-ci s’offre le luxe de ne pas contribuer aux besoins financiers du ménage) étant donné que vous avez complètement oublié que les conditions de vie libanaises et l’économie rendent nécessaires, souvent, les efforts cumulés des deux parents. Et encore …
- Le manque d’ambition de la femme (pour que cette dernière se réjouisse de son oisiveté)
- La bêtise de l’homme (pour qu’il puisse s’entendre avec une femme s’abêtissant un peu plus tous les jours) avec toutes les conséquences qu’un couple bête ferait subir les enfants
- La vision archaïque de l’homme, son manque de confiance, etc
Je pourrais continuer la liste pendant des pages et des pages. Mais je me presse d’aboutir à ma conclusion qui vous prouvera nageant dans l’erreur.
Je pourrais vous parler de ma mère, femme à la carrière réussie, au mariage sans faille et aux quatre enfants ne souffrant ni de manque d’affection ni de complexes, mais vous ne la connaissez pas pour en avoir la garantie.
Je pourrais vous parler de ma directrice au bureau, femme splendide qui accroche les photos de son mari partout et qui revient à temps pour récupérer sa fille de la sortie d’école, pour cuisiner à sa petite et son mari et passer la soirée en famille. Cette femme qui aura quelque chose à raconter à son mari en rentrant, et qui ne se limitera pas aux histoires futiles et sans intérêt des voisins et des voisines. Cette femme qui constitue un exemple à suivre à sa fille de 8 ans. Qui lui inculque, sans le dire mais en le vivant, l’image d’un modèle de femme accomplie.
Je pourrais vous parler de la mère d’un ami. Une femme que j’admire et que je respecte. Une femme aux valeurs irréprochables et à la foi intouchable qui a éduqué deux enfants (aujourd’hui adultes) qui réussissent dans la vie. Qui ne manquent ni d’amour, ni d’attention, ni de support financier, ni de support moral, ni de support affectif. Ces enfants qui ont brillé dans leurs études et qui se font remarquer aussi dans la vie active. Je peux vous dire, monsieur le Capitaine, et je veux vous l’assurer, que leur mère n’a manqué à aucune obligation à l'égard de son foyer, et qu’elle est aujourd’hui à la tête d’un tribunal libanais.
Oui, ces femmes me font rêver.
Les enfants me font rêver aussi.
Et un mariage réussi.
Mais je ne puis me permettre de lire un article, écrit par un homme, et osant donner un conseil à la femme.
Que savez-vous d’elle ?
Il n’y a pas de recette pour réussir une famille réussie.
En fin de compte, la femme peut travailler ou pas, l’homme peut rester au foyer aussi, pourquoi pas ?
Une seule tête... je veux bien. Mais qu'elle soit au moins... Bien faite!
S'il vous plait, ne parlez pas de femme libanaises, chrétiennes, libérées. Parlez de femmes tout court.
Et mieux encore, ne parlez pas.
Excusez mon arrogance. Ca doit être mon âge. Mais Capitaine, vous qui semblez connaitre les eaux et vouloir les traverser seul, j’aimerais finir par un vers d’un poème de Marbeuf qui m’inspire :
"Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage."
Salut Marin.
NB: pour accéder à l'article, visitez www.lorientlejour.com, cliquez sur "Débats", puis "Opinions" et enfin sur "Chrétienne de mon pays".
L’article que j’aimerais discuter, n’a pas manqué d’attirer mon attention.
Intitulé « Chrétienne de mon pays », je me suis vite sentie concernée. Etant chrétienne, et étant (malheureusement …) de son même pays.
Monsieur s’est senti appelé à conseiller les femmes. Comme s’il avait la moindre idée de ce que c’est qu’être une femme. Et a fortiori femme libanaise.
A la lecture de son article, bien maladroit permettez-moi, je ne pus m’empêcher de plonger dans une confusion nouvelle, celle de ne savoir si je ressens l’envie de rire ou de pleurer. Et normalement, mes réactions sont très spontanées.
J’ai directement voulu enregistrer un commentaire réactif, passionné, violent… mais j’ai appris récemment, que pour être écoutée il faut se controler. Alors j’ai choisi des mots gentils. Mais maintenant, sur mon site personnel, j’aimerais vous faire part, monsieur le « Capitaine », des impressions d’une femme libanaise. Et chrétienne.
Vous dites que la famille doit être gouvernée par une seule tête. Et cette idée n’est pas complètement bête. Même les dictatures ("éclairées" comme disait l'un de mes professeurs en Droit) ont prouvé bien fonctionner.
Vous dites que les femmes libanaises chrétiennes deviennent de plus en plus libérées (je n’ai pas tout à fait compris la nécessité de spécifier la religion… mais passons).
Vous dites qu’il faut qu’un seul capitaine soit au bord du bateau (l’homme) et que la femme jouerait alors le rôle de « copilote » (j’avoue avoir trouvé ce passage « mignon »).
Vous considérez que l’émancipation de la femme, son accès à un statut égal à l’homme, son ambition, sa réussite soient les causes de l’échec de certains mariages (au nombre « grandissant » comme vous dites bien que le terme « croissant » me semble plus élégant mon cher capitaine).
Aussi, vous accusez cette vague de libéralisation comme source première de la décadence des valeurs familiales et des conséquences négatives sur l’éducation des enfants.
Bref, je ne vais pas m'amuser à résumer votre article bien détaillé puisque ceux qui ne l’ont pas lu ont bien compris le message.
Permettez-moi, maintenant, de vous présenter mon avis sur le sujet.
Je suis jeune. Et je suis célibataire. Je ne peux prétendre savoir comme vous ce que c’est qu’une vie en couple et ce que requiert un mariage (êtes-vous marié ?) mais j’essayerai, du haut de mes 24 ans, de vous faire part de mon analyse.
Oser avancer que la femme doit être exclusivement mere et épouse et abandonner son statut de femme tout court et de femme à carrière en second, serait présumer les points suivants :
- Le succès de l’homme (pour que celle-ci s’offre le luxe de ne pas contribuer aux besoins financiers du ménage) étant donné que vous avez complètement oublié que les conditions de vie libanaises et l’économie rendent nécessaires, souvent, les efforts cumulés des deux parents. Et encore …
- Le manque d’ambition de la femme (pour que cette dernière se réjouisse de son oisiveté)
- La bêtise de l’homme (pour qu’il puisse s’entendre avec une femme s’abêtissant un peu plus tous les jours) avec toutes les conséquences qu’un couple bête ferait subir les enfants
- La vision archaïque de l’homme, son manque de confiance, etc
Je pourrais continuer la liste pendant des pages et des pages. Mais je me presse d’aboutir à ma conclusion qui vous prouvera nageant dans l’erreur.
Je pourrais vous parler de ma mère, femme à la carrière réussie, au mariage sans faille et aux quatre enfants ne souffrant ni de manque d’affection ni de complexes, mais vous ne la connaissez pas pour en avoir la garantie.
Je pourrais vous parler de ma directrice au bureau, femme splendide qui accroche les photos de son mari partout et qui revient à temps pour récupérer sa fille de la sortie d’école, pour cuisiner à sa petite et son mari et passer la soirée en famille. Cette femme qui aura quelque chose à raconter à son mari en rentrant, et qui ne se limitera pas aux histoires futiles et sans intérêt des voisins et des voisines. Cette femme qui constitue un exemple à suivre à sa fille de 8 ans. Qui lui inculque, sans le dire mais en le vivant, l’image d’un modèle de femme accomplie.
Je pourrais vous parler de la mère d’un ami. Une femme que j’admire et que je respecte. Une femme aux valeurs irréprochables et à la foi intouchable qui a éduqué deux enfants (aujourd’hui adultes) qui réussissent dans la vie. Qui ne manquent ni d’amour, ni d’attention, ni de support financier, ni de support moral, ni de support affectif. Ces enfants qui ont brillé dans leurs études et qui se font remarquer aussi dans la vie active. Je peux vous dire, monsieur le Capitaine, et je veux vous l’assurer, que leur mère n’a manqué à aucune obligation à l'égard de son foyer, et qu’elle est aujourd’hui à la tête d’un tribunal libanais.
Oui, ces femmes me font rêver.
Les enfants me font rêver aussi.
Et un mariage réussi.
Mais je ne puis me permettre de lire un article, écrit par un homme, et osant donner un conseil à la femme.
Que savez-vous d’elle ?
Il n’y a pas de recette pour réussir une famille réussie.
En fin de compte, la femme peut travailler ou pas, l’homme peut rester au foyer aussi, pourquoi pas ?
Une seule tête... je veux bien. Mais qu'elle soit au moins... Bien faite!
S'il vous plait, ne parlez pas de femme libanaises, chrétiennes, libérées. Parlez de femmes tout court.
Et mieux encore, ne parlez pas.
Excusez mon arrogance. Ca doit être mon âge. Mais Capitaine, vous qui semblez connaitre les eaux et vouloir les traverser seul, j’aimerais finir par un vers d’un poème de Marbeuf qui m’inspire :
"Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage."
Salut Marin.
NB: pour accéder à l'article, visitez www.lorientlejour.com, cliquez sur "Débats", puis "Opinions" et enfin sur "Chrétienne de mon pays".
dimanche, janvier 23, 2011
Je suis venu te dire que je m'en vais
Je suis venu te dire que je m'en vais
Ouais je suis au regret
D'te dire que je m'en vais
Car tu m'en as trop fait.
Serge Gainsbourg. J’aurais voulu te rencontrer. Et pourtant… tu es laid.
J’aurais voulu te connaitre. Parce que tu appartenais à une époque future, et tu as osé dire et faire en public ce que les autres considéraient impudique. J’aime tes traits, tes cheveux défaits, ta démarche nonchalante, ta voix qui chante, ta définition de l’amour et tes mots sans détour.
Je suis specialement sensible à une chanson en particulier : « Je suis venu te dire que je m’en vais. »
Des paroles paradoxales qui me font presque mal. Parce qu’à ton adieu, Serge, je ne crois qu’à moitié. Pourquoi irais-tu jusqu’à confronter la femme aimée… si vraiment tu la quittais ?
Et je me retrouve dans ces paroles. Parce que c’est ce que je fais. A chaque fois. Je suis peut-être folle.
Oui, je vais le retrouver. Je vais le voir, alors que ma peau le rejette, alors que mon cœur le déteste, alors que ma raison ne lui trouve plus de raisons.
Je vais le retrouver. Et comme j’ai honte de ce que je fais, je lui avance cette excuse aussi faible que pathétique, que je ne le retrouve que pour lui dire que je le quitte.
Je lui donne rendez-vous comme pour le blesser. Mais c’est moi que je blesse en premier.
Je trompe mon orgueil et ma fierté, et je m’offre le plaisir d’un moment à ses cotés, en me convainquant que ce n’est que pour mieux m’en aller. Cette fois pour de bon. Ceci mérite bien un dernier affront.
Je me retrouve face à lui, et je lui offre un visage démaquillé par des larmes, je lui dis que c’est fini, et que cette fois-ci je ne succomberais plus à son charme.
Il acquiesce comme je le savais. Il sourit comme je le craignais. Et je me jure de me retourner à jamais.
Et pourtant… et pourtant… je reviendrai. Je le sais. Mais encore… juste pour lui dire que je m’en vais.
Un jeu maladif et destructif. D’un amour impossible mais si prévisible. Parce que je me ressource à ses cotés. Et je ne l’embrasserai que pour le libérer.
Oui, je le quitterai. Et j’irai le voir pour le lui annoncer. Mille fois s’il le faut. Pour m’assurer qu’il a bien compris mes mots.
Alors je marche. Je marche sans me retourner. Un peu pour faire comme Gainsbourg. Lui… qui n’aimait qu’à courte durée.
J’irai le voir. Une toute dernière fois. Cette fois sera la bonne. J’irai le voir et je le lui dirai à haute voix. Que je ne répondrai plus au téléphone. Que j’ai rencontré un autre homme. Et que c’est fini, voilà.
Mais comme la chanson, je me souviens des jours heureux et je pleure. Alors je m’en vais vérifier, à contre cœur, qu’il n’ya vraiment plus d’espoir de sauver le passé.
Et puis un sourire. Une caresse désinvolte. Un regard insistant. Un souvenir attachant. Une promesse fragile. Un baiser passionné. Me font tout oublier. Ces blessures que je croyais encrées à jamais. Ces trahisons que je pensais insurmontables. Ces sautes d’humeur qui me brisaient le cœur.
Oui, j’oublie tout. Et je viens te dire… que j’ai essayé. Vraiment. J’ai essayé de tout mon vivant. Mais que je ne puis vraiment partir.
Et quand je pars... ce n'est que pour mieux revenir.
Beyrouth.
Ouais je suis au regret
D'te dire que je m'en vais
Car tu m'en as trop fait.
Serge Gainsbourg. J’aurais voulu te rencontrer. Et pourtant… tu es laid.
J’aurais voulu te connaitre. Parce que tu appartenais à une époque future, et tu as osé dire et faire en public ce que les autres considéraient impudique. J’aime tes traits, tes cheveux défaits, ta démarche nonchalante, ta voix qui chante, ta définition de l’amour et tes mots sans détour.
Je suis specialement sensible à une chanson en particulier : « Je suis venu te dire que je m’en vais. »
Des paroles paradoxales qui me font presque mal. Parce qu’à ton adieu, Serge, je ne crois qu’à moitié. Pourquoi irais-tu jusqu’à confronter la femme aimée… si vraiment tu la quittais ?
Et je me retrouve dans ces paroles. Parce que c’est ce que je fais. A chaque fois. Je suis peut-être folle.
Oui, je vais le retrouver. Je vais le voir, alors que ma peau le rejette, alors que mon cœur le déteste, alors que ma raison ne lui trouve plus de raisons.
Je vais le retrouver. Et comme j’ai honte de ce que je fais, je lui avance cette excuse aussi faible que pathétique, que je ne le retrouve que pour lui dire que je le quitte.
Je lui donne rendez-vous comme pour le blesser. Mais c’est moi que je blesse en premier.
Je trompe mon orgueil et ma fierté, et je m’offre le plaisir d’un moment à ses cotés, en me convainquant que ce n’est que pour mieux m’en aller. Cette fois pour de bon. Ceci mérite bien un dernier affront.
Je me retrouve face à lui, et je lui offre un visage démaquillé par des larmes, je lui dis que c’est fini, et que cette fois-ci je ne succomberais plus à son charme.
Il acquiesce comme je le savais. Il sourit comme je le craignais. Et je me jure de me retourner à jamais.
Et pourtant… et pourtant… je reviendrai. Je le sais. Mais encore… juste pour lui dire que je m’en vais.
Un jeu maladif et destructif. D’un amour impossible mais si prévisible. Parce que je me ressource à ses cotés. Et je ne l’embrasserai que pour le libérer.
Oui, je le quitterai. Et j’irai le voir pour le lui annoncer. Mille fois s’il le faut. Pour m’assurer qu’il a bien compris mes mots.
Alors je marche. Je marche sans me retourner. Un peu pour faire comme Gainsbourg. Lui… qui n’aimait qu’à courte durée.
J’irai le voir. Une toute dernière fois. Cette fois sera la bonne. J’irai le voir et je le lui dirai à haute voix. Que je ne répondrai plus au téléphone. Que j’ai rencontré un autre homme. Et que c’est fini, voilà.
Mais comme la chanson, je me souviens des jours heureux et je pleure. Alors je m’en vais vérifier, à contre cœur, qu’il n’ya vraiment plus d’espoir de sauver le passé.
Et puis un sourire. Une caresse désinvolte. Un regard insistant. Un souvenir attachant. Une promesse fragile. Un baiser passionné. Me font tout oublier. Ces blessures que je croyais encrées à jamais. Ces trahisons que je pensais insurmontables. Ces sautes d’humeur qui me brisaient le cœur.
Oui, j’oublie tout. Et je viens te dire… que j’ai essayé. Vraiment. J’ai essayé de tout mon vivant. Mais que je ne puis vraiment partir.
Et quand je pars... ce n'est que pour mieux revenir.
Beyrouth.
vendredi, janvier 21, 2011
Libérale
À M.
Mes parents m’ont toujours semblés être les meilleurs. Quand j’étais enfant, à l’école, j’étais rongée par une peur irraisonnable et démesurée, celle de rentrer à la maison et de ne pas les trouver. Vite, vite, trop vite, je chassais l’idée de ma tête, de peur de n’avoir un pouvoir ignoré de transformer les pensées en réalité.
Je parlais, je parlais beaucoup. Je parle toujours autant. A déjeuner, je leur racontais tout, des habits de la maitresse au commentaire du plus nul de la classe. Je ne finissais jamais mes repas et j’agaçais mes frères, ma sœur et mes parents par mon bavardage exagéré.
J’appréciais surtout les trajets en voiture avec ma mère. Enfermée dans sa caisse, elle n’avait d’autre choix que de m’écouter.
Avec le recul, et l’âge, j’ai réalisé que derrière ce rôle qu’ils se devaient de prendre, ils restaient un homme, une femme, comme tous les autres, avec leurs peurs, leurs blessures, leurs efforts, leurs faiblesses, leurs ambitions, leurs rêves. Et je m’en voulus d’être souvent passée à coté.
Mais s’il y a une chose que je leur reconnais, c’est de nous avoir offert, dès notre plus tendre enfance, la liberté.
La liberté de jouer dans la boue, avec les chats et les souris. La liberté de marcher seul jusqu’au cinéma, quand nos voisins de notre âge devait se coucher à 18 heures. Pour nous, la soirée ne faisait que commencer. La liberté, plus tard, de faire les études de notre choix. J’ai choisi le Droit. Dans une famille qui a la bosse des sciences. La liberté, bien plus tard, de tomber amoureuse du garçon pour lequel mon cœur battait. Qu’il soit gentil, idiot, sale ou laid.
Et cette liberté, je n’ai pu m’en débarrasser.
Elle s’est surtout amplifiée quand seule dans une ville étrangère, j’ai pu l’expérimenter dans sa version plus poussée. Car même le regard des parents, alors, s’éloignait. Et de ma liberté, je me suis imprégnée. Je l’ai dévorée comme pour découvrir ses limites. Et surtout les miennes. Je l’ai vantée, je l’ai abusée, je l’ai chantée… et je l’ai même souvent pleurée. Quand seule dans une rue sombre, quand le froid me giflait, quand mon audace m'échappait et quand la solitude me gagnait, j’ai espéré, si profondément, être protégée.
Et pourtant… et pourtant, même si je l’ai, même si je l’ai toujours eue, j’ai réalisé pourquoi elle m’avait été octroyée. Cette arme dangereuse de laquelle il faut souvent se méfier. Cette prérogative immatérielle et hors de prix dont jouissent les puissants et dont rêvent des Etats, des individus… et des enfants. Ce droit naturel et inaliénable qui est au centre de pourparlers internationaux, de guerres, de révolutions. Oui, j’ai compris pourquoi mes parents nous ont toujours jugés dignes de cette bénédiction…
Je l’ai compris trop tard peut-être. Ou bien l’ai-je compris trop tot. Je l’ai compris et j’ai souris. Je l’ai compris et j’ai rougi. Mes parents savaient que sur des bases solides, sur des principes bien établis, la liberté ne pouvait pas nous nuire. Parce qu’elle avait encrée en elle, comme une contradiction, ses propres limites.
Oui, je suis libérale. Je suis aussi libérale qu’une femme libanaise célibataire habitant Londres puisse l’être. Parce que je choisis mes amis, j’habite seule, je danse, je crie, je bois… et je fais mes propres choix. J’aime les robes légères, les ballades nocturnes, les chaussures jaunes, la musique à tout moment de la journée, et de la nuit, les amours insensées, les débats osés, les obstacles, les ambitions trop ambitieuses et les défis. La vie. La vie. La vie.
Et lors d’un diner avec un homme qui me ressemble, un homme qui vient de mon pays, qui vit dans cette même ville et qui a dans les yeux les mêmes envies, je lui réponds que oui, j’aime Beyrouth. Mais que malheureusement je ne lui ressemble plus. Parce que je suis en effet, très libérale. Mais j’ai beaucoup de principes. Alors que Beyrouth est conservatrice. Mais n’a souvent plus, et malheureusement, de principes.
Mes parents m’ont toujours semblés être les meilleurs. Quand j’étais enfant, à l’école, j’étais rongée par une peur irraisonnable et démesurée, celle de rentrer à la maison et de ne pas les trouver. Vite, vite, trop vite, je chassais l’idée de ma tête, de peur de n’avoir un pouvoir ignoré de transformer les pensées en réalité.
Je parlais, je parlais beaucoup. Je parle toujours autant. A déjeuner, je leur racontais tout, des habits de la maitresse au commentaire du plus nul de la classe. Je ne finissais jamais mes repas et j’agaçais mes frères, ma sœur et mes parents par mon bavardage exagéré.
J’appréciais surtout les trajets en voiture avec ma mère. Enfermée dans sa caisse, elle n’avait d’autre choix que de m’écouter.
Avec le recul, et l’âge, j’ai réalisé que derrière ce rôle qu’ils se devaient de prendre, ils restaient un homme, une femme, comme tous les autres, avec leurs peurs, leurs blessures, leurs efforts, leurs faiblesses, leurs ambitions, leurs rêves. Et je m’en voulus d’être souvent passée à coté.
Mais s’il y a une chose que je leur reconnais, c’est de nous avoir offert, dès notre plus tendre enfance, la liberté.
La liberté de jouer dans la boue, avec les chats et les souris. La liberté de marcher seul jusqu’au cinéma, quand nos voisins de notre âge devait se coucher à 18 heures. Pour nous, la soirée ne faisait que commencer. La liberté, plus tard, de faire les études de notre choix. J’ai choisi le Droit. Dans une famille qui a la bosse des sciences. La liberté, bien plus tard, de tomber amoureuse du garçon pour lequel mon cœur battait. Qu’il soit gentil, idiot, sale ou laid.
Et cette liberté, je n’ai pu m’en débarrasser.
Elle s’est surtout amplifiée quand seule dans une ville étrangère, j’ai pu l’expérimenter dans sa version plus poussée. Car même le regard des parents, alors, s’éloignait. Et de ma liberté, je me suis imprégnée. Je l’ai dévorée comme pour découvrir ses limites. Et surtout les miennes. Je l’ai vantée, je l’ai abusée, je l’ai chantée… et je l’ai même souvent pleurée. Quand seule dans une rue sombre, quand le froid me giflait, quand mon audace m'échappait et quand la solitude me gagnait, j’ai espéré, si profondément, être protégée.
Et pourtant… et pourtant, même si je l’ai, même si je l’ai toujours eue, j’ai réalisé pourquoi elle m’avait été octroyée. Cette arme dangereuse de laquelle il faut souvent se méfier. Cette prérogative immatérielle et hors de prix dont jouissent les puissants et dont rêvent des Etats, des individus… et des enfants. Ce droit naturel et inaliénable qui est au centre de pourparlers internationaux, de guerres, de révolutions. Oui, j’ai compris pourquoi mes parents nous ont toujours jugés dignes de cette bénédiction…
Je l’ai compris trop tard peut-être. Ou bien l’ai-je compris trop tot. Je l’ai compris et j’ai souris. Je l’ai compris et j’ai rougi. Mes parents savaient que sur des bases solides, sur des principes bien établis, la liberté ne pouvait pas nous nuire. Parce qu’elle avait encrée en elle, comme une contradiction, ses propres limites.
Oui, je suis libérale. Je suis aussi libérale qu’une femme libanaise célibataire habitant Londres puisse l’être. Parce que je choisis mes amis, j’habite seule, je danse, je crie, je bois… et je fais mes propres choix. J’aime les robes légères, les ballades nocturnes, les chaussures jaunes, la musique à tout moment de la journée, et de la nuit, les amours insensées, les débats osés, les obstacles, les ambitions trop ambitieuses et les défis. La vie. La vie. La vie.
Et lors d’un diner avec un homme qui me ressemble, un homme qui vient de mon pays, qui vit dans cette même ville et qui a dans les yeux les mêmes envies, je lui réponds que oui, j’aime Beyrouth. Mais que malheureusement je ne lui ressemble plus. Parce que je suis en effet, très libérale. Mais j’ai beaucoup de principes. Alors que Beyrouth est conservatrice. Mais n’a souvent plus, et malheureusement, de principes.
jeudi, janvier 20, 2011
Un bisou à ma mère
Cette année, les vacances de Pâques seront longues et bien festives. A Londres, en prenant 3 jours de congé, on arrive à lier deux longs weekends de quatre jours chacun. Parce que le weekend de Pâques est suivi par le mariage du Prince. Et ceci mérite bien évidemment un jour férié. Félicitations William et Kate. Et surtout merci ! Le résultat ? Onze jours à Beyrouth, bien sûr !
Ceci dit… La formule n’est pas aussi simple et joyeuse qu’elle ne le prétend. Parce qu’il y a deux obstacles à surmonter.
Le premier obstacle se situe au niveau du bureau. Il faut demander à temps à son boss (et fermement) d’être octroyé les 3 jours de congé qui lient les deux weekends. Il faut convaincre ses collègues, dont la plupart (tous au fait…) sont plus senior, qu’ils doivent rester pour couvrir mon absence et que moi, au fin fond de la hiérarchie, je mérite ce luxe. Je n’hésite pas une seconde à jouer le tour qui réussit à chaque fois à charmer mon public, faire couler des larmes et sortir les mots puissants, passionnés, touchants de mon attachement à ma terre, de ma séparation douloureuse de ma famille, de mon dépaysement à Londres. Et je pars dans un discours interminable, patriotique et déterminé, qui ne sera entrecoupé que par mon boss, qui, fatigué de mon manège, se résout à me laisser aller.
Heureuse de ma victoire, je m’en vais reposer mes fesses devant mon écran, et j’envoie quelques emails extatiques à mes copains qui, comme moi, planifient les fêtes grandioses. Je leur file quelques conseils qui marchent à tous les coups : ma cousine se marie (si l’on m’écoutait vraiment on aurait compris qu’elle n’a que 7 ans et qu’elle ne peut pas se marier 7 fois en un an…), mon frère termine l’université (en avril ?) et ma meilleure copine passe le barreau (So what ?).
Bref. Maintenant c’est fait. Je souris bêtement mais sagement pour ne pas irriter les prisonniers d’avril.
Inutile de préciser que les quelques heures qui suivent cette annonce sont légères, tête en l’air et très distraites. Mais des mots ici et là, dans les journaux locaux libanais que je lis en ligne et dans la presse internationale, me ramènent vite à la réalité. Et je me souviens du second obstacle, que ma conscience s’applique toujours à refouler.
Danger. Révolution. Acte d’accusation. Crise de régime. De grands mots qui sonnent forts mais qui ne sont en réalité qu’imprégnés de lâcheté.
La voix de mon père au téléphone sonne sereine et reposée. Il dit qu’il déjeune avec ma mère dans leur grande maison vide de leurs quatre enfants. Il me dit qu’il ya du falafel. Il ajoute qu’il est réconforté du fait que l’on vive tous à l’étranger.
Moi, ca ne me réconforte pas du tout. Parce que déjà, ils y sont. Et si le pays est vraiment en danger, je préfère être avec eux, là-bas, chez moi, que de regarder à travers mon écran de télé, un indice quelconque qui viendrait trancher l’incertitude. L’incertitude de l’existence d’un gouvernement, des répercussions de sa carence sur la paix, l’incertitude de la déclaration d’un acte d’accusation, l’incertitude si celui-ci finit par être publié.
Mon téléphone sonne et m’arrache à mes pensées. Mon ami, assez optimiste je trouve, qui achète déjà ses billets d’avion en ligne, me demande s’il prend BMI ou MEA, et si l’on y va le 22 Avril ou le 23.
Franchement, je ne peux qu’espérer que lors d’un repos d’intervalle entre une crise et une guerre, je pourrai aller faire un bisou à ma mère.
Ceci dit… La formule n’est pas aussi simple et joyeuse qu’elle ne le prétend. Parce qu’il y a deux obstacles à surmonter.
Le premier obstacle se situe au niveau du bureau. Il faut demander à temps à son boss (et fermement) d’être octroyé les 3 jours de congé qui lient les deux weekends. Il faut convaincre ses collègues, dont la plupart (tous au fait…) sont plus senior, qu’ils doivent rester pour couvrir mon absence et que moi, au fin fond de la hiérarchie, je mérite ce luxe. Je n’hésite pas une seconde à jouer le tour qui réussit à chaque fois à charmer mon public, faire couler des larmes et sortir les mots puissants, passionnés, touchants de mon attachement à ma terre, de ma séparation douloureuse de ma famille, de mon dépaysement à Londres. Et je pars dans un discours interminable, patriotique et déterminé, qui ne sera entrecoupé que par mon boss, qui, fatigué de mon manège, se résout à me laisser aller.
Heureuse de ma victoire, je m’en vais reposer mes fesses devant mon écran, et j’envoie quelques emails extatiques à mes copains qui, comme moi, planifient les fêtes grandioses. Je leur file quelques conseils qui marchent à tous les coups : ma cousine se marie (si l’on m’écoutait vraiment on aurait compris qu’elle n’a que 7 ans et qu’elle ne peut pas se marier 7 fois en un an…), mon frère termine l’université (en avril ?) et ma meilleure copine passe le barreau (So what ?).
Bref. Maintenant c’est fait. Je souris bêtement mais sagement pour ne pas irriter les prisonniers d’avril.
Inutile de préciser que les quelques heures qui suivent cette annonce sont légères, tête en l’air et très distraites. Mais des mots ici et là, dans les journaux locaux libanais que je lis en ligne et dans la presse internationale, me ramènent vite à la réalité. Et je me souviens du second obstacle, que ma conscience s’applique toujours à refouler.
Danger. Révolution. Acte d’accusation. Crise de régime. De grands mots qui sonnent forts mais qui ne sont en réalité qu’imprégnés de lâcheté.
La voix de mon père au téléphone sonne sereine et reposée. Il dit qu’il déjeune avec ma mère dans leur grande maison vide de leurs quatre enfants. Il me dit qu’il ya du falafel. Il ajoute qu’il est réconforté du fait que l’on vive tous à l’étranger.
Moi, ca ne me réconforte pas du tout. Parce que déjà, ils y sont. Et si le pays est vraiment en danger, je préfère être avec eux, là-bas, chez moi, que de regarder à travers mon écran de télé, un indice quelconque qui viendrait trancher l’incertitude. L’incertitude de l’existence d’un gouvernement, des répercussions de sa carence sur la paix, l’incertitude de la déclaration d’un acte d’accusation, l’incertitude si celui-ci finit par être publié.
Mon téléphone sonne et m’arrache à mes pensées. Mon ami, assez optimiste je trouve, qui achète déjà ses billets d’avion en ligne, me demande s’il prend BMI ou MEA, et si l’on y va le 22 Avril ou le 23.
Franchement, je ne peux qu’espérer que lors d’un repos d’intervalle entre une crise et une guerre, je pourrai aller faire un bisou à ma mère.
mardi, janvier 18, 2011
Une promenade en solitaire
Choisir c’est renoncer. M'a-t-on dit.
Choisir la musique et renoncer au silence pesant de mes quatre murs. Choisir le secret et renoncer aux paroles futiles et bien déplacées. Choisir la banque et renoncer au droit. Choisir la vie sans toi, et renoncer à la fausse sécurité que tu voulais me procurer. Choisir la liberté, avec ses blessures, ses douleurs, ses dangers… et renoncer à nos diners d’autrefois, devant la télé.
Choisir est un luxe. Choisir est un cri audacieux. Choisir, toujours, puisqu’il y a toujours un choix, dépasser l’hésitation, la peur de l’inconnu, l’attachement au confort, la certitude du présent et se lancer dans le vide délicieux de la possibilité, de demain, du peut-être, de la vie.
A toute femme est donné le choix. A tout homme aussi. Peut-être. Mais je ne puis le savoir.
Parce que les femmes font souvent un choix ou un autre en amour. Celui des relations stables et logiques, des promesses matures et garanties, du cheminement naturel et constructif, de la famille… ou celui de l’aventure, de la passion, de l’excès, du corps, du bonheur instantané.
Le choix de la raison ou le choix de la folie.
La raison hautaine et facile. Ou la folie adolescente et arrogante. La stabilité. Ou les soirées en solo dans une ville qui bouscule et qui chante. L’habitude qui a un coté bien rude. Ou l’éternel prélude. L’information. Ou le perpétuel abandon.
J’ai choisi. Je crois. Sans vraiment choisir parce que le choix s’est imposé à moi. Celui de vivre. D’amour, d’eau fraiche. De chaussures et de champagne. De vivre insouciante de ce qui va venir, jouissant du moment qui va bientôt finir, souffrant de matins gris et de soirées déjà parties, de musique en arrière plan et de messages charmants, de peurs intoxicantes et de copines toujours partantes, de nuits et de jours qui se mélangent pour n’exister qu’à deux et ne former qu’un tout vulnérable et pourtant durable. Vivre de la stabilité de l’instable, qui s’installe comme pour ne plus jamais se retirer, souriant de sa victoire et saluant, de loin, l’espoir.
Un choix qui vient seul. Qui n’est plus un choix de ce fait même. Puisque l’on ne décide pas toujours son chemin. Quand on a dans le cœur une insatiable envie d’aller plus loin.
Et puis un jour, lors d’une promenade en solitaire bien loin de la mer, on réalise qu’on ne peut aimer quand on ne se connait pas assez. Et la danse des vagues, la chaleur du sable sur mes pieds, l’ampleur de l’horizon me gagnent. En pleine montagne. Parce que je réalise que je n’aurais pas pu vraiment aimer. Sans découvrir qui j’étais.
Le choix, tu me l’as offert. Et parmi tes cadeaux, celui là m’est le plus cher.
dimanche, janvier 16, 2011
Chapitre 3: Londres. Samedi soir après minuit. J'ai faim.
Ci-dessous, le chapitre 3 d'un livre raté, jamais publié.
J'avais décidé de ne pas diner. Le sac de madeleines Bonne Maman dévoré la veille devait être annule illico. Surtout que j'ai prévu d'aller à Beyrouth bientôt, et mes kilos accumulés ne peuvent être tolérés par le regard strict et perfectionniste des libanais pour qui rien ne passe avant le corps. Le corps mince et bronzé. A Londres, sous les habits amples et noirs, le confort passe avant tout. Il est déjà après minuit. J'ai faim.
Dans mon frigo, un sac de laitue ne pourrait pas faire l'affaire. Je décide de sortir acheter quelque chose à manger. Tout est fermé. Parce que la ville occupée et encombrée trouve quand même le temps de se reposer. Et je lui envie son organisation poussée à l'extrême. Je n'ai pas pris le temps de m'habiller. Dans mon pyjama et mes chaussettes oranges auxquelles je suis plus attachée que mes dernières chaussures Louboutin m’ayant coûté un mois de loyer, je guette un supermarché ouvert.
Je ne trouve qu'un Mc do dont la lumière m'appelle et que je ne puis ignorer. Je cède a la tentation. Dedans, une bande de copines habillées en robe du soir m‘aperçoivent. Je ne puis chasser de ma tête l'orange odieux de mes chaussettes. Et il est trop tard pour que je me cache. Puis je me souviens du conseil de ma mère: "Regarde les gens droit dans les yeux quand tu leur parles. Le regard perturbe à un point qu’ils ne pourraient remarquer tes habits". Et je l’ai fait. L'astuce marche. J'achète mes frites à deux livres et je rentre chez moi dévorer mes 600 calories dégoutée, rongée par la culpabilité et satisfaite a la fois.
Il est loin le temps des diners romantiques que je cuisinais chaque soir sans me lasser avide de faire plaisir... Avide de partager. Et je ne puis m'empêcher de penser que dans une ville qui se fout du fait que l'on soit chaussé d'orange ou de Louboutin, il n'existe de limite que celle que l'on se crée. La ville accepte. Tout. Même l’orange. Oui Il est loin le temps du “retrouve-moi à dix-neuf heures“. Mais Il est là celui des frites des deux heures du matin. Et je m’en fous des Louboutin.
J'avais décidé de ne pas diner. Le sac de madeleines Bonne Maman dévoré la veille devait être annule illico. Surtout que j'ai prévu d'aller à Beyrouth bientôt, et mes kilos accumulés ne peuvent être tolérés par le regard strict et perfectionniste des libanais pour qui rien ne passe avant le corps. Le corps mince et bronzé. A Londres, sous les habits amples et noirs, le confort passe avant tout. Il est déjà après minuit. J'ai faim.
Dans mon frigo, un sac de laitue ne pourrait pas faire l'affaire. Je décide de sortir acheter quelque chose à manger. Tout est fermé. Parce que la ville occupée et encombrée trouve quand même le temps de se reposer. Et je lui envie son organisation poussée à l'extrême. Je n'ai pas pris le temps de m'habiller. Dans mon pyjama et mes chaussettes oranges auxquelles je suis plus attachée que mes dernières chaussures Louboutin m’ayant coûté un mois de loyer, je guette un supermarché ouvert.
Je ne trouve qu'un Mc do dont la lumière m'appelle et que je ne puis ignorer. Je cède a la tentation. Dedans, une bande de copines habillées en robe du soir m‘aperçoivent. Je ne puis chasser de ma tête l'orange odieux de mes chaussettes. Et il est trop tard pour que je me cache. Puis je me souviens du conseil de ma mère: "Regarde les gens droit dans les yeux quand tu leur parles. Le regard perturbe à un point qu’ils ne pourraient remarquer tes habits". Et je l’ai fait. L'astuce marche. J'achète mes frites à deux livres et je rentre chez moi dévorer mes 600 calories dégoutée, rongée par la culpabilité et satisfaite a la fois.
Il est loin le temps des diners romantiques que je cuisinais chaque soir sans me lasser avide de faire plaisir... Avide de partager. Et je ne puis m'empêcher de penser que dans une ville qui se fout du fait que l'on soit chaussé d'orange ou de Louboutin, il n'existe de limite que celle que l'on se crée. La ville accepte. Tout. Même l’orange. Oui Il est loin le temps du “retrouve-moi à dix-neuf heures“. Mais Il est là celui des frites des deux heures du matin. Et je m’en fous des Louboutin.
Chapitre 6: Il a tout compris
Ci-dessous, le chapitre 6 d'un livre raté, jamais publié.
Huit heures du matin. Je sors comme d’habitude. Mais pas tout à fait. Parce qu’un sentiment de liberté jamais ressenti auparavant me comble et m’envahit. Un sentiment de légèreté me donne l’impression de flotter. Arrivée à la station de métro, je n’ai pas encore envie de rentrer. Parce qu’une fois dans le train, les têtes ennuyées et endormies vont me ramener sur terre. Et ce matin… je plane.
Huit heures du matin. Je m’assois sur un banc et je choisis le coin ensoleillé. J’aurais voulu que le ciel soit bleu. Cela aurait fait joli dans l’histoire. Mais le ciel était blanc.
Huit heures du matin. Sur mon banc je regarde les gens qui passent, les gens pressés, les couples qui s’embrassent vite fait sur la bouche pour se souhaiter une bonne journée et partir chacun de son coté, les jambes qui trainent et qui dérangent la poussière, les mains qui tiennent des cafés qui fument, les cigarettes qui s’écrasent au sol, les costumes qui passent, les talons aiguilles, les cravates, les visages pâles démaquillés… je regarde tout le monde avec un bonheur bête car inexplicable.
Huit heures du matin. Je suis la passante anonyme qui croise la vie de tout le monde en l’effleurant. Je l’effleure car je ne rentre dans aucune. J’adore mon rôle de spectatrice. Surtout après avoir joué si longtemps le rôle de l’actrice principale d’un film dramatique qui a duré plus qu’il ne le faut. Et qui a ennuyé tout le monde. Vous savez… le genre de film qui poussent les spectateurs à plonger la tête dans leurs sacs de popcorn, à s’embrasser en recherche d‘une passion quelconque, à s’endormir ou à tout simplement quitter…
Huit heures du matin à Londres. Sur un banc. En face de la station. Je regarde les gens avec un sourire béat qui ne veut rien dire. Un sourire qui n’a aucune raison d’être, aucune logique et aucune intention. Un sourire simple que je ne puis empêcher et qui s‘impose sans que je ne l‘ai provoqué. Les gens passent vite. Mais moi je me pose. Pour une fois, je n’ai pas envie de bouger. Je veux sentir chaque seconde qui passe. Je veux prendre le temps de digérer. Je me pose un moment pour vivre le matin. Pour accueillir une nouvelle journée de ma vie. Pour observer ce que souvent je dépasse trop vite. Ces moments qui ne reviennent pas. Ces 26 degrés si rares en Angleterre. Non… je ne vous raterai pas.
Huit heures du matin. Un Homme qui passe me sourit aussi. Oui il a tout compris.
Huit heures du matin. Je sors comme d’habitude. Mais pas tout à fait. Parce qu’un sentiment de liberté jamais ressenti auparavant me comble et m’envahit. Un sentiment de légèreté me donne l’impression de flotter. Arrivée à la station de métro, je n’ai pas encore envie de rentrer. Parce qu’une fois dans le train, les têtes ennuyées et endormies vont me ramener sur terre. Et ce matin… je plane.
Huit heures du matin. Je m’assois sur un banc et je choisis le coin ensoleillé. J’aurais voulu que le ciel soit bleu. Cela aurait fait joli dans l’histoire. Mais le ciel était blanc.
Huit heures du matin. Sur mon banc je regarde les gens qui passent, les gens pressés, les couples qui s’embrassent vite fait sur la bouche pour se souhaiter une bonne journée et partir chacun de son coté, les jambes qui trainent et qui dérangent la poussière, les mains qui tiennent des cafés qui fument, les cigarettes qui s’écrasent au sol, les costumes qui passent, les talons aiguilles, les cravates, les visages pâles démaquillés… je regarde tout le monde avec un bonheur bête car inexplicable.
Huit heures du matin. Je suis la passante anonyme qui croise la vie de tout le monde en l’effleurant. Je l’effleure car je ne rentre dans aucune. J’adore mon rôle de spectatrice. Surtout après avoir joué si longtemps le rôle de l’actrice principale d’un film dramatique qui a duré plus qu’il ne le faut. Et qui a ennuyé tout le monde. Vous savez… le genre de film qui poussent les spectateurs à plonger la tête dans leurs sacs de popcorn, à s’embrasser en recherche d‘une passion quelconque, à s’endormir ou à tout simplement quitter…
Huit heures du matin à Londres. Sur un banc. En face de la station. Je regarde les gens avec un sourire béat qui ne veut rien dire. Un sourire qui n’a aucune raison d’être, aucune logique et aucune intention. Un sourire simple que je ne puis empêcher et qui s‘impose sans que je ne l‘ai provoqué. Les gens passent vite. Mais moi je me pose. Pour une fois, je n’ai pas envie de bouger. Je veux sentir chaque seconde qui passe. Je veux prendre le temps de digérer. Je me pose un moment pour vivre le matin. Pour accueillir une nouvelle journée de ma vie. Pour observer ce que souvent je dépasse trop vite. Ces moments qui ne reviennent pas. Ces 26 degrés si rares en Angleterre. Non… je ne vous raterai pas.
Huit heures du matin. Un Homme qui passe me sourit aussi. Oui il a tout compris.
This is a party
J’ai mis mon réveil à onze heures pour être à temps au cours de danse. C’est un cours de Zumba, danse latine ou africaine… je ne sais plus. J’y vais chaque samedi matin, même quand la nuit d’avant a été blanche, même quand la veille a été arrosée, même quand ma tête au réveil pèse une tonne. Pour rien au monde je ne serai pas au rendez-vous.
Les premières fois ont été difficiles. Parce que les mouvements agressifs, osés, brusques et intenses contredisent ma personnalité calme et réservée et mon corps lasse et paresseux.
Ceci dit, j’en suis vite devenue dépendante. La musique du tambour me fait battre le cœur, les mouvements sensuels me plaisent et l’énergie que l’on dégage me rend heureuse tout le weekend. Il ya aussi Marco. Le prof gay qui est devenu un très bon ami.
Tout a commencé par une erreur. J’étais censée être dans un cours de yoga. Mais bien sûr, je m’étais trompée de studio. Et il m’a fallu une bonne trentaine de minutes pour comprendre (jusqu’à ce moment, j’étais parfaitement convaincue qu’il s’agissait d’un genre de yoga que j’ignorais).
Marco avait commencé le cours par une affirmation qui me plut illico : « This is not a dance class. This is a party. »
Et chaque semaine, les cours ressemblaient effectivement aux soirées les plus folles. Jusqu’au jour où elle fit son entrée. Je l’aurais deviné, je l’aurais senti, je l’aurais juré sans même me retourner. Cette femme qui depuis quelques temps partage tes journées. Et comment me demander de me concentrer…
Mes yeux se fixèrent sur elle, mes jambes refusèrent de bouger et la voix de Marco qui criait pour que je réagisse ne pouvait me réveiller.
Ses cheveux soyeux et blonds sur son dos, son aptitude à retenir les pas en une fraction de seconde, ses jambes de deux mètres, ses yeux bleus, sa peau nette et bronzée… oui je l’ai détestée. Et pire que tout… j’étais sûre, de son attitude complètement détendue, qu’elle ne savait même pas qui j’étais.
Je l’ai imaginée partout. Dans ta cuisine, à siroter un thé dans les tasses que j’ai achetées, dans ton living, sur le canapé que j'ai moi-même tâché de vin, puis caché avec un coussin, sur ta terrasse que j’ai longtemps décorée et… dans ton lit traitre.
J’avais mille raisons pour la haïr, pour convaincre Marco de la renvoyer pour une raison quelconque… peut-être parce qu’elle danse trop bien.
Et je ne peux te décrire l’effort dont j’ai fait preuve pour la supporter, pour la voir, pour l’accepter, pour me convaincre que tu n’es pas un objet et que je n’ai pas le droit de te revendiquer.
Mais j’ai fini par l’aimer. Crime que je m’étais jurée ne pas commettre. C’est peut-être à cause de nos mouvements synchronisés. De nos rires partagés. De Marco. Du faux-cours de yoga. De notre amour du tambour. De sa gentillesse naturelle que j’ai fini par accepter. De notre défoulement dans la danse. De notre ponctualité commune les samedis matins. Et je t’avoue mon amour que je ne lui souhaite pas le même destin.
Les premières fois ont été difficiles. Parce que les mouvements agressifs, osés, brusques et intenses contredisent ma personnalité calme et réservée et mon corps lasse et paresseux.
Ceci dit, j’en suis vite devenue dépendante. La musique du tambour me fait battre le cœur, les mouvements sensuels me plaisent et l’énergie que l’on dégage me rend heureuse tout le weekend. Il ya aussi Marco. Le prof gay qui est devenu un très bon ami.
Tout a commencé par une erreur. J’étais censée être dans un cours de yoga. Mais bien sûr, je m’étais trompée de studio. Et il m’a fallu une bonne trentaine de minutes pour comprendre (jusqu’à ce moment, j’étais parfaitement convaincue qu’il s’agissait d’un genre de yoga que j’ignorais).
Marco avait commencé le cours par une affirmation qui me plut illico : « This is not a dance class. This is a party. »
Et chaque semaine, les cours ressemblaient effectivement aux soirées les plus folles. Jusqu’au jour où elle fit son entrée. Je l’aurais deviné, je l’aurais senti, je l’aurais juré sans même me retourner. Cette femme qui depuis quelques temps partage tes journées. Et comment me demander de me concentrer…
Mes yeux se fixèrent sur elle, mes jambes refusèrent de bouger et la voix de Marco qui criait pour que je réagisse ne pouvait me réveiller.
Ses cheveux soyeux et blonds sur son dos, son aptitude à retenir les pas en une fraction de seconde, ses jambes de deux mètres, ses yeux bleus, sa peau nette et bronzée… oui je l’ai détestée. Et pire que tout… j’étais sûre, de son attitude complètement détendue, qu’elle ne savait même pas qui j’étais.
Je l’ai imaginée partout. Dans ta cuisine, à siroter un thé dans les tasses que j’ai achetées, dans ton living, sur le canapé que j'ai moi-même tâché de vin, puis caché avec un coussin, sur ta terrasse que j’ai longtemps décorée et… dans ton lit traitre.
J’avais mille raisons pour la haïr, pour convaincre Marco de la renvoyer pour une raison quelconque… peut-être parce qu’elle danse trop bien.
Et je ne peux te décrire l’effort dont j’ai fait preuve pour la supporter, pour la voir, pour l’accepter, pour me convaincre que tu n’es pas un objet et que je n’ai pas le droit de te revendiquer.
Mais j’ai fini par l’aimer. Crime que je m’étais jurée ne pas commettre. C’est peut-être à cause de nos mouvements synchronisés. De nos rires partagés. De Marco. Du faux-cours de yoga. De notre amour du tambour. De sa gentillesse naturelle que j’ai fini par accepter. De notre défoulement dans la danse. De notre ponctualité commune les samedis matins. Et je t’avoue mon amour que je ne lui souhaite pas le même destin.
vendredi, janvier 14, 2011
24 heures en chanson
8 :00 - J'marche tout seul le long d'la ligne de ch'min d'fer
Dans ma tête y'a pas d'affaires
J'donne des coups d'pied dans un' ptit' boite en fer
Dans ma tête y'a rien ` faire
J'suis mal en campagne et mal en ville
Peut-être un p'tit peu trop fragile
11 :00 - J'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie
14 :00 - 25 years and my life is still
Trying to get up that great big hill of hope
For a destination.
[...] I said hey, what's going on?
Ooh, ooh ooh
16 :00 – I’m gonna make you, make you, make you notice !
18 :00 – I got a feeling that tonight’s gonna be a good night
that tonight’s gonna be a good night
that tonight’s gonna be a good good night wooh hoo
21:00- Girls… just wanna have fun…
1 :00- It's gettin' late but I don't mind.
3:00 - … It's gettin' late but I don't mind.
4:00 - Les hommes qui passent Maman
Ont des sourires qui sont un peu
Comme des grimaces Maman
8 :00 - Je traîne les pieds, j'traîne mes casseroles
J'n'aime toujours pas l'école…
Dans ma tête y'a pas d'affaires
J'donne des coups d'pied dans un' ptit' boite en fer
Dans ma tête y'a rien ` faire
J'suis mal en campagne et mal en ville
Peut-être un p'tit peu trop fragile
11 :00 - J'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie
14 :00 - 25 years and my life is still
Trying to get up that great big hill of hope
For a destination.
[...] I said hey, what's going on?
Ooh, ooh ooh
16 :00 – I’m gonna make you, make you, make you notice !
18 :00 – I got a feeling that tonight’s gonna be a good night
that tonight’s gonna be a good night
that tonight’s gonna be a good good night wooh hoo
21:00- Girls… just wanna have fun…
1 :00- It's gettin' late but I don't mind.
3:00 - … It's gettin' late but I don't mind.
4:00 - Les hommes qui passent Maman
Ont des sourires qui sont un peu
Comme des grimaces Maman
8 :00 - Je traîne les pieds, j'traîne mes casseroles
J'n'aime toujours pas l'école…
jeudi, janvier 13, 2011
J'ai 24 ans
Dans le métro, mille plans, mille idées et milles choses à faire. Je les écris sur mon carnet. Le Droit a du me faire un effet. Puisque des listes, je suis encore obsédée. Sentir que je maitrise la situation rien que parce que je l’ai sur papier me fait rire de moi. Silencieusement bien sûr.
Je pense surtout à la soirée de ce soir. C’est l’anniversaire de ma copine. Je vais porter ma robe noire achetée nouvellement en soldes. Et les chaussures qui ne me ressemblent pas. Mais que je veux mettre quand même. Un peu pour sortir de moi. Me créer une autre personnalité pour un soir, pour danser, pour jouer la comédie… pour peut-être le voir.
J’ai 24 ans depuis quelques mois. Mais je ne sais toujours pas qui je suis. Sur la piste de danse, mes mouvements se font tantôt trop osés, tantôt trop timides. Je frôle la main de ma meilleure copine. Avec elle, à deux, ca va mieux.
Je me regarde subtilement dans la glace. Suis-je trop maigre, trop grosse… mes cheveux sont-ils bien lisses, bien soyeux… Les gens peuvent-ils lire à travers accessoires et maquillage que quelque part, au fond, j’hésite encore ? Et beaucoup ?
Ce matin au bureau, devant mon client, et à travers ma mine déconfite de la veille, j’ai voulu trahir mon manque d’expérience, mon hésitation et ma timidité à travers des mots grands et bien sérieux que je ne comprends toujours pas. J’ai mis des talons aussi, exigence professionnelle qui complique les choses davantage. Parce que je me sens trop grande.
Au téléphone, mes parents demandent de moi. Ils s’inquiètent de mon silence provoqué par Londres, ses bruits, ses horloges qui se précipitent, ses bus, ses rencontres… et surtout ses "dé-rencontres". J’invente des mots maintenant. Pourquoi pas ? J’ai 24ans.
En fin de soirée, dehors, dans le froid et sous la pluie, en attendant un taxi, je l’ai au téléphone. Cet homme que j’ai rencontré récemment, cet homme qui a une décennie de plus que moi, et qui en a connu… des femmes, des vraies. Il dit qu’il aime mon honnêteté. Suis-je femme à 24 ans ? Suis-je encore enfant ?
Il me dit que je suis belle. Mais c’est une chanson.
Il me dit que je suis femme. Et à travers ses mots, ses yeux quand il me regarde, ses gestes quand il m’approche et sa tendresse quand il m’aborde, je me laisse apprivoiser… je me laisse aller. Et même si je veux qu’il me protège, je ne suis plus enfant du tout. Mais une femme en quête d’un homme. D’un vrai. Et je l’ai peut-être trouvé.
Je pense surtout à la soirée de ce soir. C’est l’anniversaire de ma copine. Je vais porter ma robe noire achetée nouvellement en soldes. Et les chaussures qui ne me ressemblent pas. Mais que je veux mettre quand même. Un peu pour sortir de moi. Me créer une autre personnalité pour un soir, pour danser, pour jouer la comédie… pour peut-être le voir.
J’ai 24 ans depuis quelques mois. Mais je ne sais toujours pas qui je suis. Sur la piste de danse, mes mouvements se font tantôt trop osés, tantôt trop timides. Je frôle la main de ma meilleure copine. Avec elle, à deux, ca va mieux.
Je me regarde subtilement dans la glace. Suis-je trop maigre, trop grosse… mes cheveux sont-ils bien lisses, bien soyeux… Les gens peuvent-ils lire à travers accessoires et maquillage que quelque part, au fond, j’hésite encore ? Et beaucoup ?
Ce matin au bureau, devant mon client, et à travers ma mine déconfite de la veille, j’ai voulu trahir mon manque d’expérience, mon hésitation et ma timidité à travers des mots grands et bien sérieux que je ne comprends toujours pas. J’ai mis des talons aussi, exigence professionnelle qui complique les choses davantage. Parce que je me sens trop grande.
Au téléphone, mes parents demandent de moi. Ils s’inquiètent de mon silence provoqué par Londres, ses bruits, ses horloges qui se précipitent, ses bus, ses rencontres… et surtout ses "dé-rencontres". J’invente des mots maintenant. Pourquoi pas ? J’ai 24ans.
En fin de soirée, dehors, dans le froid et sous la pluie, en attendant un taxi, je l’ai au téléphone. Cet homme que j’ai rencontré récemment, cet homme qui a une décennie de plus que moi, et qui en a connu… des femmes, des vraies. Il dit qu’il aime mon honnêteté. Suis-je femme à 24 ans ? Suis-je encore enfant ?
Il me dit que je suis belle. Mais c’est une chanson.
Il me dit que je suis femme. Et à travers ses mots, ses yeux quand il me regarde, ses gestes quand il m’approche et sa tendresse quand il m’aborde, je me laisse apprivoiser… je me laisse aller. Et même si je veux qu’il me protège, je ne suis plus enfant du tout. Mais une femme en quête d’un homme. D’un vrai. Et je l’ai peut-être trouvé.
mardi, janvier 11, 2011
Je vole
Les résolutions du nouvel an m’exaspèrent. Parce que le fait d’attendre qu’une année se termine, douze mois lourds et alourdissant, des semaines entières, plein de dimanches soirs solitaires et moroses, des lundis matins ensommeillés et pas grandioses, des samedis où la fête se défait pour changer ce qui ne nous plait me semble ridicule.
Pourquoi ne pas changer aujourd’hui même, à cet instant bien précis, en enfilant son jeans, en se brossant les cheveux, en appelant sa mère, en se regardant dans le miroir ? Pourquoi ne pas se dire que voilà, ce matin, en mettant le pied dehors, je vais sourire comme une débile à tous ceux qui passent, même à ceux que je déteste, chasser la haine de mon cœur, le dégoût, la fatigue, passer mes chansons préférées dans la tête quand mon ipod meurt, danser en marchant et attaquer la vie avec un positivisme qui donne envie, avec une audace qui tue, avec une confiance qui rend perplexe.
Facile à dire. Parce que les saisons doivent passer. Les nuits doivent parfois se faire blanches. Les blessures doivent faire mal. Et les séquelles doivent rester. Les cicatrices prouvent que l’on a existé.
L’homme (malheureusement) a besoin de montres, de lois, de repères, de dates, de nombres, de temps. Une année nouvelle s’affiche et la raison (inutile) de remixer sa vie se présente. Une opportunité à ne pas manquer. Oui, 2011 je t’adopte, je t’apprivoise déjà, je te snobe, je t’enlace, je t’embrasse, je te plains, je te bois, je te mange.
Les vacances terminées, je m’en vais boire un verre dans le bar de la rue d’à coté. Ce bar qui n’a rien de particulier à part le fait que maintenant… il nous connait. Un verre de vin, un autre et puis un de trop. Des rires vulgaires qui viennent déranger l'ambiance sereine du lundi soir où les gens se font sages et disciplinés. Pas nous. Pas toi, ni elle. Et surtout pas moi.
Pas de résolution. Parce que le tout est naturel. Au fait, si. Une seule. Une seule, grande et grosse, qui englobe toutes les petites autres resolutions superflues et trop précises pour être respectées. Celle d’être heureux. Heureux dans tout le sens du terme. Mieux encore. Celle d’être libre.
Libre dans son corps. Dans ses pensées. Dans ses projets. Dans ses gestes. Dans ses paroles. Et surtout dans ses rêves. Qui peut les controler?
Et la liberté, ce soir, dans nos paroles sans artifices et sans retenue, dans tes cheveux longs et noirs que tu balances, dans sa bague trop flashy, dans nos envies qui débordent, dans nos aventures à faire couler de l’encre pendant des années, dans notre sensation de posséder South Ken, Londres, et le monde entier, je l'ai sentie. Je l'ai sentie dans mon sang, sur ma peau, et au plus profond de mon coeur. Parce qu’entre le mojito et la vodka, on a eu l’impression que ca va. Au fait... que ca ne pouvait aller mieux.
Il avait suffi de le décider. Et sourire à un étranger permet parfois de s’envoler.
Oui. Je vole.
Pourquoi ne pas changer aujourd’hui même, à cet instant bien précis, en enfilant son jeans, en se brossant les cheveux, en appelant sa mère, en se regardant dans le miroir ? Pourquoi ne pas se dire que voilà, ce matin, en mettant le pied dehors, je vais sourire comme une débile à tous ceux qui passent, même à ceux que je déteste, chasser la haine de mon cœur, le dégoût, la fatigue, passer mes chansons préférées dans la tête quand mon ipod meurt, danser en marchant et attaquer la vie avec un positivisme qui donne envie, avec une audace qui tue, avec une confiance qui rend perplexe.
Facile à dire. Parce que les saisons doivent passer. Les nuits doivent parfois se faire blanches. Les blessures doivent faire mal. Et les séquelles doivent rester. Les cicatrices prouvent que l’on a existé.
L’homme (malheureusement) a besoin de montres, de lois, de repères, de dates, de nombres, de temps. Une année nouvelle s’affiche et la raison (inutile) de remixer sa vie se présente. Une opportunité à ne pas manquer. Oui, 2011 je t’adopte, je t’apprivoise déjà, je te snobe, je t’enlace, je t’embrasse, je te plains, je te bois, je te mange.
Les vacances terminées, je m’en vais boire un verre dans le bar de la rue d’à coté. Ce bar qui n’a rien de particulier à part le fait que maintenant… il nous connait. Un verre de vin, un autre et puis un de trop. Des rires vulgaires qui viennent déranger l'ambiance sereine du lundi soir où les gens se font sages et disciplinés. Pas nous. Pas toi, ni elle. Et surtout pas moi.
Pas de résolution. Parce que le tout est naturel. Au fait, si. Une seule. Une seule, grande et grosse, qui englobe toutes les petites autres resolutions superflues et trop précises pour être respectées. Celle d’être heureux. Heureux dans tout le sens du terme. Mieux encore. Celle d’être libre.
Libre dans son corps. Dans ses pensées. Dans ses projets. Dans ses gestes. Dans ses paroles. Et surtout dans ses rêves. Qui peut les controler?
Et la liberté, ce soir, dans nos paroles sans artifices et sans retenue, dans tes cheveux longs et noirs que tu balances, dans sa bague trop flashy, dans nos envies qui débordent, dans nos aventures à faire couler de l’encre pendant des années, dans notre sensation de posséder South Ken, Londres, et le monde entier, je l'ai sentie. Je l'ai sentie dans mon sang, sur ma peau, et au plus profond de mon coeur. Parce qu’entre le mojito et la vodka, on a eu l’impression que ca va. Au fait... que ca ne pouvait aller mieux.
Il avait suffi de le décider. Et sourire à un étranger permet parfois de s’envoler.
Oui. Je vole.
mercredi, décembre 22, 2010
Heathrow
La meteo annonce une nouvelle tempete. -17 degres la nuit et la temperature pourrait monter jusqu'a -6 le jour. La joie.
Mes amis se precipitent pour faire les courses, acheter un dernier cadeau oublie pour Noel, ranger leurs valises, finir leur dernier meeting et se diriger vers Heathrow puis vers Istambul, Athenes, NYC ou Beyrouth passer Noel aupres de leurs familles.
Samedi, mes amis ratent leur vol. Mais ils insistent. Passent la nuit a l'aeroport. Pour tenter une seconde chance dimanche. Le scenario se repete. Et le lundi est aussi malchanceux.
Mardi, 3 jours apres la plus grosse tempete, je me dis que je devrais y aller. Un vol supplementaire, m'a-t-on dit, devrait faire l'affaire.
Sur le sol, des familles en chaussettes dorment, recouvertes de papier alluminium.
Des enfants crient la bouche ouverte.
Une femme tente de calmer son enfant qui se debat entre ses bras.
Des vieux epuises. Une claustrophobe. Un homme en bequilles dans la foule.
Et dans un coin, un groupe de jeunes libanais pathetiques se plaignent et font divers coups de fils a x et a y qui aurait un piston et serait createur d'avion.
Oui un groupe de libanais jeunes, naifs, betes, gates, dramatiques qui s'agitent et qui se plaignent et qui pleurent et qui implorent l'idee de ne pas pouvoir rentrer a Beyrouth a temps pour l'anniversaire d'un copain ou Noel (qui est dans 4 jours!).
Un groupe de libanais qui fait une scene de tout et de rien et qui considere deja la possibilite de partir via paris ou frankfurt comme sil s'agissait d"une guerre.
Mon regard passe de la femme elegante, sereine, paisible nourissant un enfant qui pleure les larmes de son corps et tremble de froid au groupe libanais qui me fait honte.
Honte de moi.
Alors je fais demi-tour, je porte mes 4 valises et demi et je rentre chez moi. Il ya des urgences plus urgentes que moi.
Mes amis se precipitent pour faire les courses, acheter un dernier cadeau oublie pour Noel, ranger leurs valises, finir leur dernier meeting et se diriger vers Heathrow puis vers Istambul, Athenes, NYC ou Beyrouth passer Noel aupres de leurs familles.
Samedi, mes amis ratent leur vol. Mais ils insistent. Passent la nuit a l'aeroport. Pour tenter une seconde chance dimanche. Le scenario se repete. Et le lundi est aussi malchanceux.
Mardi, 3 jours apres la plus grosse tempete, je me dis que je devrais y aller. Un vol supplementaire, m'a-t-on dit, devrait faire l'affaire.
Sur le sol, des familles en chaussettes dorment, recouvertes de papier alluminium.
Des enfants crient la bouche ouverte.
Une femme tente de calmer son enfant qui se debat entre ses bras.
Des vieux epuises. Une claustrophobe. Un homme en bequilles dans la foule.
Et dans un coin, un groupe de jeunes libanais pathetiques se plaignent et font divers coups de fils a x et a y qui aurait un piston et serait createur d'avion.
Oui un groupe de libanais jeunes, naifs, betes, gates, dramatiques qui s'agitent et qui se plaignent et qui pleurent et qui implorent l'idee de ne pas pouvoir rentrer a Beyrouth a temps pour l'anniversaire d'un copain ou Noel (qui est dans 4 jours!).
Un groupe de libanais qui fait une scene de tout et de rien et qui considere deja la possibilite de partir via paris ou frankfurt comme sil s'agissait d"une guerre.
Mon regard passe de la femme elegante, sereine, paisible nourissant un enfant qui pleure les larmes de son corps et tremble de froid au groupe libanais qui me fait honte.
Honte de moi.
Alors je fais demi-tour, je porte mes 4 valises et demi et je rentre chez moi. Il ya des urgences plus urgentes que moi.
dimanche, décembre 12, 2010
Mon ange de Liverpool Street
Je crois que je vieillis. Parce qu’à peine minuit passé, mes yeux commencent à se refermer et mon lit devient ma plus grande obsession. Ceci dit, il est souvent difficile de s’échapper, quand nos amis beaucoup plus énergétiques, crient fièrement que la nuit vient de commencer. The night is young, and so are we… disent-ils. C’est bien. Mais moi, je veux rentrer me coucher.
Je feins un passage urgent aux toilettes, j’emporte mon sac et je m’éclipse. Je fais souvent cette petite comédie pour prétendre le lendemain un certain malaise récurrent. Les samedis soirs.
Une fois dehors, le froid pénètre ma peau jusqu’à mes os. Il fait -6 degrés. Peu importe. Il fait tellement froid que quelques degrés en plus et en moins ne pourraient faire la différence.
Je cherche un taxi. Mais la période des fêtes cumulée au fait que c’est samedi rend la mission impossible. Dans ma robe inappropriée pour cette période de l’année, je tremble et je prie qu’un miracle se produise pour que je puisse rentrer.
Trente minutes s’écoulent et je suis toujours là, immobile, gelée, tremblante, ridicule, sur un croisement de rue qui me semble complètement délaissé. Aucune voiture, aucun signe de vie, même pas un bruit.
Je veux appeler un taxi, mais la batterie de mon téléphone meurt pour se joindre au sommeil de la ville. Mes pieds me font mal, j’enlève mes chaussures. Tant pis pour mes collants.
Plus les minutes passent et plus je commence à désespérer. Et entre retourner vers la boite joindre mes amis dans un autre monde et contempler le vide, j’opte pour le second choix.
Je fais une prière opportuniste – je ne prie que quand il s’agit d’une urgence – pour qu’un ange apparaisse… dans un black cab.
Et surgissant de nulle part une voix que je n’attendais plus me sortit de ma détresse.
C’était celle d’un homme qui passait. Il me soupira avec un sourire complice qui comprenait tout que mes chances de trouver un taxi là où j’étais étaient complètement nulles. Il me proposa de marcher avec lui vers une rue qui - selon lui - était remplie de taxis.
Suivre cet étranger en plein milieu de la nuit, dans une ville déserte et en tenue légère relevait bien évidemment de la pure folie. Mais je n’avais pas le choix. Et j’avais mal aux pieds.
Je l’ai suivi. Il parlait. Je ne l’écoutais pas. Il rigolait. Je ne comprenais pas. J’avais peur. Et j’avais toujours mal aux pieds.
Quelques mètres plus tard, il m’a fait découvrir l’emplacement secret des taxis du samedi soir. Il me souhaita une bonne nuit. Et il disparut aussi subtilement qu’il n’avait apparu. Il m'avait aidee comme ca. Par pur altruisme. Sans demander mon nom, mon numéro de téléphone, mon adresse. Sans même s’attendre au moindre remerciement. Mon ange de Liverpool Street.
Je feins un passage urgent aux toilettes, j’emporte mon sac et je m’éclipse. Je fais souvent cette petite comédie pour prétendre le lendemain un certain malaise récurrent. Les samedis soirs.
Une fois dehors, le froid pénètre ma peau jusqu’à mes os. Il fait -6 degrés. Peu importe. Il fait tellement froid que quelques degrés en plus et en moins ne pourraient faire la différence.
Je cherche un taxi. Mais la période des fêtes cumulée au fait que c’est samedi rend la mission impossible. Dans ma robe inappropriée pour cette période de l’année, je tremble et je prie qu’un miracle se produise pour que je puisse rentrer.
Trente minutes s’écoulent et je suis toujours là, immobile, gelée, tremblante, ridicule, sur un croisement de rue qui me semble complètement délaissé. Aucune voiture, aucun signe de vie, même pas un bruit.
Je veux appeler un taxi, mais la batterie de mon téléphone meurt pour se joindre au sommeil de la ville. Mes pieds me font mal, j’enlève mes chaussures. Tant pis pour mes collants.
Plus les minutes passent et plus je commence à désespérer. Et entre retourner vers la boite joindre mes amis dans un autre monde et contempler le vide, j’opte pour le second choix.
Je fais une prière opportuniste – je ne prie que quand il s’agit d’une urgence – pour qu’un ange apparaisse… dans un black cab.
Et surgissant de nulle part une voix que je n’attendais plus me sortit de ma détresse.
C’était celle d’un homme qui passait. Il me soupira avec un sourire complice qui comprenait tout que mes chances de trouver un taxi là où j’étais étaient complètement nulles. Il me proposa de marcher avec lui vers une rue qui - selon lui - était remplie de taxis.
Suivre cet étranger en plein milieu de la nuit, dans une ville déserte et en tenue légère relevait bien évidemment de la pure folie. Mais je n’avais pas le choix. Et j’avais mal aux pieds.
Je l’ai suivi. Il parlait. Je ne l’écoutais pas. Il rigolait. Je ne comprenais pas. J’avais peur. Et j’avais toujours mal aux pieds.
Quelques mètres plus tard, il m’a fait découvrir l’emplacement secret des taxis du samedi soir. Il me souhaita une bonne nuit. Et il disparut aussi subtilement qu’il n’avait apparu. Il m'avait aidee comme ca. Par pur altruisme. Sans demander mon nom, mon numéro de téléphone, mon adresse. Sans même s’attendre au moindre remerciement. Mon ange de Liverpool Street.
dimanche, décembre 05, 2010
Une italienne
L’amitié dans un monde sauvage et étranger n’est pas la chose que l’on acquière en premier. Parce qu’au-delà de la barrière culturelle à dépasser, il est difficile de cerner, de comprendre, de faire confiance et de se donner quand on ne sait rien de la personne approchée.
Je l’ai rencontrée aux toilettes de la banque, et ce sont ses chaussures que j’ai remarquées. Parce qu’elle portait les mêmes ballerines que moi, achetées dans un marché vintage de l’Est de Londres. Et la coïncidence fut notre première connexion. Ensuite, il y a son accent qui me fait rire, sa gentillesse et ses gestes d'un personnage de bande dessinée.
Les cafés, les déjeuners et les pots se succédèrent. Nos cœurs n’ont pas tardé à s’ouvrir et à se vider. Italienne. Mais je n’aurais pas pu trouver une personnalité plus identique que la mienne.
Un sujet en particulier me marqua. Ses parents sont mariés depuis 35 ans. Comme les miens. Et ils ont respectivement les mêmes âges que les miens. Quatre enfants aussi. Et le même ciment qui les unit que celui entre mes frères, ma sœur et moi.
J’ai vu en elle tout ce qu’on dit de moi. Une attitude naïve. Et des sentiments exagérés pourtant naturels. Des yeux qui s’extasient et qui s’émerveillent pour un café, pour une fleur et pour la neige. Une confiance immédiate envers tout le monde. Tant pis pour les trahisons. Et surtout, un perfectionnisme souvent destructeur.
Elle m’a décrit la relation de ses parents. Une fidélité qui va de soi. Une fusion absolue. Un support réciproque et sans limite. Une attention dirigée vers les enfants. Un effort continu et à deux. Une identité sociale de couple. Et jamais… jamais… des soirées en solo.
Pourtant, la vie à Londres voudrait autrement. Parce que les jeunes couples semblent très protecteurs de leurs identités respectives, de leurs sorties en célibataires avec les amis les jeudis soirs. Les couples modernes semblent inaptes de faire des concessions et très distraits par ce qui se passe autour et par la possibilité d’un mieux ailleurs. Et à force de rechercher quelque chose de meilleur, ils se retrouvent seuls et se disent heureux, épanouis, libéralisés.
Notre troisième verre de vin et le déjeuner achevés vers dix-huit heures, on se sépare devant la station de métro, et je marche vers chez moi. Nos propos échangés sur notre perception de la vie, de l’amour, du couple, des enfants me laissent perplexe. Parce que je me demande si c’est une bénédiction ou une punition que d’avoir ces idéaux à atteindre. Puisque les vivre ne me semble plus être une évidence.
Je l’ai rencontrée aux toilettes de la banque, et ce sont ses chaussures que j’ai remarquées. Parce qu’elle portait les mêmes ballerines que moi, achetées dans un marché vintage de l’Est de Londres. Et la coïncidence fut notre première connexion. Ensuite, il y a son accent qui me fait rire, sa gentillesse et ses gestes d'un personnage de bande dessinée.
Les cafés, les déjeuners et les pots se succédèrent. Nos cœurs n’ont pas tardé à s’ouvrir et à se vider. Italienne. Mais je n’aurais pas pu trouver une personnalité plus identique que la mienne.
Un sujet en particulier me marqua. Ses parents sont mariés depuis 35 ans. Comme les miens. Et ils ont respectivement les mêmes âges que les miens. Quatre enfants aussi. Et le même ciment qui les unit que celui entre mes frères, ma sœur et moi.
J’ai vu en elle tout ce qu’on dit de moi. Une attitude naïve. Et des sentiments exagérés pourtant naturels. Des yeux qui s’extasient et qui s’émerveillent pour un café, pour une fleur et pour la neige. Une confiance immédiate envers tout le monde. Tant pis pour les trahisons. Et surtout, un perfectionnisme souvent destructeur.
Elle m’a décrit la relation de ses parents. Une fidélité qui va de soi. Une fusion absolue. Un support réciproque et sans limite. Une attention dirigée vers les enfants. Un effort continu et à deux. Une identité sociale de couple. Et jamais… jamais… des soirées en solo.
Pourtant, la vie à Londres voudrait autrement. Parce que les jeunes couples semblent très protecteurs de leurs identités respectives, de leurs sorties en célibataires avec les amis les jeudis soirs. Les couples modernes semblent inaptes de faire des concessions et très distraits par ce qui se passe autour et par la possibilité d’un mieux ailleurs. Et à force de rechercher quelque chose de meilleur, ils se retrouvent seuls et se disent heureux, épanouis, libéralisés.
Notre troisième verre de vin et le déjeuner achevés vers dix-huit heures, on se sépare devant la station de métro, et je marche vers chez moi. Nos propos échangés sur notre perception de la vie, de l’amour, du couple, des enfants me laissent perplexe. Parce que je me demande si c’est une bénédiction ou une punition que d’avoir ces idéaux à atteindre. Puisque les vivre ne me semble plus être une évidence.
mardi, novembre 23, 2010
British affair
Un instinct animal que je perds d’humaniser, des narines qui se promènent rien que pour mieux le respirer, une bouche qui caresse sans déjà vouloir embrasser, qui se force à attendre pour mieux plus tard apprécier, des mains qui tremblent alors qu’elles voudraient serrer, des bouches qui se tendent mais qui s’amusent à s’éviter, des yeux qui se draguent sans oser se dirent la vérité, des jambes qui se frôlent et qui feignent s’être trompées, des doigts qui s’entremêlent, des cœurs qui s’impatientent, des regards qui se font flous, un décor qui se fait sourd, des gens autour qui disparaissent, une salle qui danse, des idées qui se bousculent, des rires insignifiants, des paroles maladroites, des jambes qui s’accélèrent, un taxi qui s’interpelle, des promesses dans les oreilles, une séparation qui s’impose pour échapper au réel.
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mercredi, novembre 10, 2010
Une femme. Surtout.
L’indépendance de la femme a souvent été une cause adoptée par les divers activistes pour le droit de la femme.
L’indépendance a toujours été une aspiration personnelle. Parce qu’au-delà de la sécurité qu’elle procure, elle est un instrument de force. Et par indépendance, je parle surtout de l’indépendance financière, qui elle, dans une société plus ou moins libérale, entraine toute autre forme d’auto- suffisance.
Je dois à mes parents de m’avoir offert cette possibilité de choisir et les qualités requises pour pouvoir accéder par le travail et l’ambition à une identité propre.
Mais je leur dois surtout de m’avoir fait grandir dans un environnement qui prouve que le projet de famille n’est pas seulement le projet le plus difficile à réussir mais surtout, si réussi, le plus gratifiant.
Dans une ville individualiste qui valorise le travail, le succès professionnel et l’argent, dans une ville où l’on court et l’on adopte le mode de vie idéalisé et approuvé par le regard de l’autre, dans une ville où l’on est dupé à se considérer bien rémunéré quand on vend sa jeunesse, ses jours, ses nuits et son corps, je me demande où se place la famille.
Parce que je rencontre des femmes qui considèrent avoir réussi leurs vies alors qu’elles sont seules. J’entends parler des femmes qui veulent à tout prix prouver qu’elles n’ont pas besoin d’un homme pour être heureuse et que l’existence de ce dernier n’est qu’une décision dépendant de la conjoncture.
Je suis d’accord. Aucune femme ne devrait rechercher la compagnie d’un homme juste pour se retrouver dans un couple quand les bases solides y manquent et que les sentiments font défaut.
Mais quand la bonne personne se présente, quand le projet de famille se discute, quand la possibilité d’être en couple existe et que toutes les bonnes intentions y sont pour la faire réussir, une femme doit être une femme en premier, et indépendante de façon accessoire.
Parce que je n’y crois pas à leur bonheur plastique. Je ne crois pas en la stabilité d’une carrière. Je ne crois pas au bonheur de l’argent. Je ne crois pas aux amis de passage. Je ne crois pas au bonheur, tout court, quand celui-ci n’est pas partagé, je ne crois pas à la force de faire face à la vie quand on n’est pas accompagné, ni aux soirées folles quand on est seul devant sa télé, ni à la passion sans disputes et réconciliations, je ne crois pas à une vieillesse sans compagnon et je ne vois aucun sens à la vie sans une famille.
Je veux bien que la femme soit indépendante. Mais s’il fallait choisir entre être indépendante et être une femme, je choisirais sûrement la seconde.
L’indépendance a toujours été une aspiration personnelle. Parce qu’au-delà de la sécurité qu’elle procure, elle est un instrument de force. Et par indépendance, je parle surtout de l’indépendance financière, qui elle, dans une société plus ou moins libérale, entraine toute autre forme d’auto- suffisance.
Je dois à mes parents de m’avoir offert cette possibilité de choisir et les qualités requises pour pouvoir accéder par le travail et l’ambition à une identité propre.
Mais je leur dois surtout de m’avoir fait grandir dans un environnement qui prouve que le projet de famille n’est pas seulement le projet le plus difficile à réussir mais surtout, si réussi, le plus gratifiant.
Dans une ville individualiste qui valorise le travail, le succès professionnel et l’argent, dans une ville où l’on court et l’on adopte le mode de vie idéalisé et approuvé par le regard de l’autre, dans une ville où l’on est dupé à se considérer bien rémunéré quand on vend sa jeunesse, ses jours, ses nuits et son corps, je me demande où se place la famille.
Parce que je rencontre des femmes qui considèrent avoir réussi leurs vies alors qu’elles sont seules. J’entends parler des femmes qui veulent à tout prix prouver qu’elles n’ont pas besoin d’un homme pour être heureuse et que l’existence de ce dernier n’est qu’une décision dépendant de la conjoncture.
Je suis d’accord. Aucune femme ne devrait rechercher la compagnie d’un homme juste pour se retrouver dans un couple quand les bases solides y manquent et que les sentiments font défaut.
Mais quand la bonne personne se présente, quand le projet de famille se discute, quand la possibilité d’être en couple existe et que toutes les bonnes intentions y sont pour la faire réussir, une femme doit être une femme en premier, et indépendante de façon accessoire.
Parce que je n’y crois pas à leur bonheur plastique. Je ne crois pas en la stabilité d’une carrière. Je ne crois pas au bonheur de l’argent. Je ne crois pas aux amis de passage. Je ne crois pas au bonheur, tout court, quand celui-ci n’est pas partagé, je ne crois pas à la force de faire face à la vie quand on n’est pas accompagné, ni aux soirées folles quand on est seul devant sa télé, ni à la passion sans disputes et réconciliations, je ne crois pas à une vieillesse sans compagnon et je ne vois aucun sens à la vie sans une famille.
Je veux bien que la femme soit indépendante. Mais s’il fallait choisir entre être indépendante et être une femme, je choisirais sûrement la seconde.
Feuilleton Turc
9 heures du matin. Novembre. Ce matin j'ai officiellement declare l'arrivee de l'hiver. Jusque la, mon manteau faux-vintage, mes gants et mon bonnet refusaient de se deplacer au pretexte que c'est une journee froide de passage. Mais au bout de 15 journees glaciales consecutives, la verite, difficile a avaler, s'est imposee.
9 heures du matin. Je ne veux rien faire a part boire mon cafe et lire le journal libanais en ligne. Mais ma collegue ne manque jamais de venir me voir pour me raconter son cauchemar de la veille.
Et ce jour la est particulierement malchanceux. Car apres qu'elle m'ait decrit son cauchemar, dans les moindres petits details, elle a continue par me raconter les peripeties du feuilleton turc qu'elle suit depuis quelques mois. Je fais preuve d'un pouvoir de concentration surhumain pour survivre son reve, ses bras qui font une brasse dans le noir de la nuit, une nage dans le ciel qu'elle n'arrivait pas a interpreter. Elle demande mon avis mais franchement, des reves je n'en fais pas, et je n'ai pas de diplome en psychologie. Ensuite elle me parle d'un viol, d'un mariage, d'adultere et de violence sur ecran ...
Elle en parle comme si les protagonistes existaient en realite, comme si le feuilleton racontait une vie et comme si les evenements de ce feuilleton turc la revoltaient vraiment. Moi, je m'en fous. Mais j'ecoute. Parce que mon coeur ne peut qu'etre touche par cette femme de cinquante cinq ans qui rentre chaque soir chez elle, se retrouver seule, regarder la tele (etrangere en plus) et manger exactement la meme chose que la veille.
Je souris, j'ecoute, je commente, je reagis. Parce que je ne peux que sympathiser avec ce personnage. Et au fond de mon coeur, en retenant mes mots pour qu'ils restent muets et discrets, je me fais une promesse que jamais jamais je ne regarderai des feuilletons. Parce que je ferai en sorte que ma vie a moi, dans ses betises et ses contradictions, dans ses faiblesses et ses faux-semblants, dans ses reves et ses passions, dans ses amours et ses deceptions, dans ses promesses et ses trahisons, soit le plus turc des feuilletons.
Nb: Veuillez bien excuser le manque de ponctuation. Ce message a ete ecrit dans une station.
9 heures du matin. Je ne veux rien faire a part boire mon cafe et lire le journal libanais en ligne. Mais ma collegue ne manque jamais de venir me voir pour me raconter son cauchemar de la veille.
Et ce jour la est particulierement malchanceux. Car apres qu'elle m'ait decrit son cauchemar, dans les moindres petits details, elle a continue par me raconter les peripeties du feuilleton turc qu'elle suit depuis quelques mois. Je fais preuve d'un pouvoir de concentration surhumain pour survivre son reve, ses bras qui font une brasse dans le noir de la nuit, une nage dans le ciel qu'elle n'arrivait pas a interpreter. Elle demande mon avis mais franchement, des reves je n'en fais pas, et je n'ai pas de diplome en psychologie. Ensuite elle me parle d'un viol, d'un mariage, d'adultere et de violence sur ecran ...
Elle en parle comme si les protagonistes existaient en realite, comme si le feuilleton racontait une vie et comme si les evenements de ce feuilleton turc la revoltaient vraiment. Moi, je m'en fous. Mais j'ecoute. Parce que mon coeur ne peut qu'etre touche par cette femme de cinquante cinq ans qui rentre chaque soir chez elle, se retrouver seule, regarder la tele (etrangere en plus) et manger exactement la meme chose que la veille.
Je souris, j'ecoute, je commente, je reagis. Parce que je ne peux que sympathiser avec ce personnage. Et au fond de mon coeur, en retenant mes mots pour qu'ils restent muets et discrets, je me fais une promesse que jamais jamais je ne regarderai des feuilletons. Parce que je ferai en sorte que ma vie a moi, dans ses betises et ses contradictions, dans ses faiblesses et ses faux-semblants, dans ses reves et ses passions, dans ses amours et ses deceptions, dans ses promesses et ses trahisons, soit le plus turc des feuilletons.
Nb: Veuillez bien excuser le manque de ponctuation. Ce message a ete ecrit dans une station.
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