samedi, avril 29, 2006

Le gris.

Le temps a une très grande influence sur l’humeur de la personne. Il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, la température nous convient et on a tout à coup envie de sortir, de bouger, de rire, de parler… On se sent plus ouvert, plus heureux et plus sociable. Le mauvais temps nous rend paresseux. Il pleut dehors, le ciel est gris, et on préfère rester au lit… Bien sûr, certaines personnes sont stoïques face aux changements du temps, de saisons, de température. La nature n’affecte en rien leur caractère, et celle-ci ne peut en aucune façon bouleverser leur manière d’être, ni positivement, ni négativement. Ils ont dépassé le niveau matériel et même celui des sentiments « légers ».

Je suis de ceux qui trouvent leur bonheur dans les choses simples de la vie : dans un sourire, une glace, une bonne note, une promesse, le vent sur mon visage, une belle chanson sur la radio, une conversation profonde et… le temps.
Il faisait très beau aujourd’hui. Très gris mais très beau quand même. Je ne puis l’expliquer. Moi qui aime le bleu intense du ciel, les couleurs pastel et la chaleur du soleil. Assise près de la fenêtre, j’humai l’air qui y pénétrait avec un bien-être indescriptible. J’entendais vaguement les explications du prof, je crois même qu’il m’a posé une question, mais cela n’avait point d’importance. J’étais en harmonie avec la nature. Je sentais qu’elle ressemblait à mon humeur du jour, qu’elle me comprenait, je ressentais le besoin de communiquer avec elle, ne serait-ce qu’en la regardant, en l’admirant et en remarquant chacun de ses mouvements. Tous les bruits autour de moi me semblaient pathétiques. Et dehors, ma meilleure amie.

Le gris n’est pas si laid après tout. Si l’on arrive à l’accepter. Il peut être décevant quand on aime les couleurs à caractère comme le blanc et le noir. Mais une fois la réalité acceptée, le gris paraît comme étant la couleur la plus sincère de toutes. Il traduit la vie comme elle l’est vraiment. Un mélange maladroit qui finit par donner une image pas très esthétique mais surtout très réelle. Il est direct, spontané et ne fait point de promesses, contrairement au blanc trop optimiste. Il ne fait pas perdre l’espoir comme le noir. Il nous fait juste réaliser cet équilibre si bien illustré par le ciel d’aujourd’hui.

Je redoutais la fin de l’heure. La vue était si belle de ma fenêtre. Je voulais plus. Je regardai alors intensément à travers la vitre, peut-être que le ciel me remarquerait. Mais le gris est très neutre. Il sait garder ses distances. Il s’est montré très professionnel. Il ne m’a pas dit les mots jolis que sait si bien dire le ciel bleu, ni les mots amers du ciel d’hiver. Il m’a juste regardée indifféremment… Et ça m’a plu.

Le gris me ressemblait beaucoup aujourd’hui. Et je me suis collée à lui. On se comprenait. On n’était pas triste, mais pas très heureux non plus. On a résumé une vie, et ça a donné quelque chose d’incertain qu’on obtient en mélangeant le blanc et le noir. Il me quittera peut-être demain. Mais il ne serait pas infidèle pour autant. Il ne m’a rien promis. Et après tout, peut-être que c’est au bleu que je ressemblerai alors.

4 commentaires:

~Chris~ a dit…

le gris, le bleu, le noir, le rouge, le blanc et toutes ces autres qui ne seront visible que par ceux qui ont le privilege de vraiment te conaitre... c'est elles qui te ressemblent, pas l'inverse...

ayat_karen a dit…

Chris,
Je reponds au dernier de tes commentaires pour te parler de tous ceux qui precedent.
Tu rentres un jour chez toi, et tu passes ton tps a lire mes histoires. Plus, tu donnes ton avis, tu comprends exactement ce que j'ai voulu dire, tu m'encourages, et tu me fais savoir que tu es la. Je ne t'ai pas croise cette fois-ci, mais j'ecrirai pour toi entre temps. Tu me diras ce que t'en penses tres bientot. Je ne sais pas quoi te dire a part merci du fond du coeur d'etre ce que tu es. Ca ne me surprend pas specialement de toi, je m'y attendais. Sache seulement que tu resteras quelqu'un de tres special dans ma vie. Et je te souhaite bcp de bonheur.

Vero Salum a dit…

Idée pré-reçue: le soleil rend les gens heureux.

Au soleil, le faible est rassuré. La certitude que le monde bat le rythme des chants des oiseaux, que Bernard a quitté sa coquille, que les familles gambadent sur la verte pelouse. Avec tout ce monde dehors, la solitude - du moins physique - devient inconcevable. "Tant que je suis entouré, rien ne peut m'arriver", se dit-il. Puis refoule l'obscurité, accueille la lumière, et sourit.

Au soleil, la maman est reposée. Une occasion de ne plus s'enfermer avec ses démons minuscules, dans un sombre appartement étroit. La certitude de ne plus avaler leurs plaintes, assouvir leurs besoins cruels, leurs demandes obsessionnelles. "Un ballon, un vélo, la fille du voisin, et je suis tranquille", se dit-elle. Puis s'exile, s'enferme là où mur n'est pas, joue la sourde, imite l'aveugle, et sourit.

Au soleil, le mâle reproducteur est flatté. Les plus belles chemises et les coiffures les plus belles, sans les Rameaux peuvent se montrer. Une démarche de crooner, des expressions de banlieusard, "toutes ces heures de sueur athlétique vont enfin donner leur fruit", se dit-il. Puis rugit de chaleur, feint la nonchalance, expose ses canines, et sourit.

Au soleil, la blonde est grillée. Sa peau blanche de la plus pure des blancheurs, ses yeux clairs de la plus frêle des douceurs, exposés au feu céleste, à la merci du Dieu des païens. Deux heures plus tard, elle s’étire. "Je vais enfin pouvoir mettre mon nouveau maillot de bain", pense-t-elle. Puis se trouve encore molle, s'allonge encore pour quelques heures, et sourit.

Au soleil, la brune souhaite se venger. Sa peau déjà grillée, ses yeux noirs ou parfois marrons, ses cheveux bruns le long de son corps, elle pose. Les formes largement généreuses, les jambes rarement élancées, "je vais enfin montrer que nous sommes les plus belles", se dit-elle. Ultime tentative, une fois encore vaine, une blague de plus sur sa concurrente, et sourit.

Au soleil, l'artiste est admiré. Ses toiles les plus colorées, ses vêtements les plus en lambeaux, ses cheveux "par mégarde" décoiffés, l'inspiration divine à son sommet le plus haut. Le ciel, les arbres, les jeunes filles et les beaux garçons, tout lui apparaît mériter son pinceau. "Ce soir, avec un peu de chance, je ne coucherai pas seul", se dit-il. Puis avale une gorgée de rouge, feint de n'avoir aucun ami, dévisage les corps qui bougent, et sourit.

L'écrivain, au soleil, est clairvoyant. Il observe tout ce monde, scrute le bonheur dans les yeux des uns, la sincérité dans les rires des autres, et ne trouve absolument rien. Et, se moquant des préjugés d'un ciel faussement épuré, "Quelle journée triste; Soleil , tu as dévoilé leurs secrets : les malheurs de la médiocrité", se dit-il. Puis ressent un affreux malaise, qui donne naissance à ces quelques mots, et se sentant fort mal à l'aise, rentre chez lui.

Idée plus-conçue.

ayat_karen a dit…

Je me suis retrouvee dans chacun de tes caracteres.
Dans la personne du faible, puisque je le suis souvent,qui se sent entoure quand il fait beau.
Je me suis retrouvee dans la blonde grillee, qui frequente de trop pres le soleil, qui s'en approche naivement, et eblouie, oublie de prendre ses precautions.
Je me suis retrouvee dans l'artiste que je ne suis pas, qui veut emprisonner la gaiete autour de lui dans une toile qui lui appartient, qui pense reecrire leurs histoires et redessinner leurs traits, cet artiste qui pourra peut-etre recreer le monde sous ses doigts, mais qui restera seul le soir... ou plutot avec sa toile.
Je me suis retrouvee dans l'ecrivain que jessaie detre, celui qui profite de la lumiere pour ecrire.
Pourtant, je vois mieux, jecris plus et je sens plus fort quand il fait gris ou noir. Parceque souvent, le soleil me rend perdue. Et c'est ds le calme que je me retrouve.

A toi... Ecris moi plus souvent. Il est beau de te lire!!!