dimanche, juillet 12, 2009

Talons aiguilles


Je suis en boite. Et mes chaussures me font mal. Je les adore quand même et je suis presque fière qu’elles me fassent souffrir… un peu pour me prouver qu’elles sont spéciales. Je les ai achetées alors que ce n’était même pas ma taille. Le vendeur - bon commerçant - a réussi a me convaincre qu’elles allaient finir par s’élargir a force d’être portées. Bien sur, je l’ai cru. En tout cas j’ai fait semblant. Il fallait absolument que je les achète! Et il n’y avait pas ma pointure… S’il est évident que des chaussures en cuir finissent par s’élargir, il est encore plus évident qu’espérer qu’elles grandissent de deux tailles, même si l’on est super optimiste, est le comble de la naïveté. Et je ne suis pas tellement naïve. Mais je les aime. Coup de cœur. Coup de folie. Je les aies. Et je les porte ce soir.
Elles sont belles. Noires. Hautes. Très hautes. Comme j’aime. Les talons? Aiguilles. Bien sur. Je me sens belle quand je les porte. Et pourtant… je souffre. J’ai mal des orteils jusqu’à la tête en passant par le cœur et je tente d’oublier la douleur et d’apprécier la soirée. Des amis me parlent. Et je ne pense qu’a mes pieds et au moment d’extase quand je vais enfin pouvoir balancer ces souliers. Le dilemme amour-confort me perturbe l’existence. J’essaie d’ignorer. Vraiment. Et de toutes mes forces. Je fais des allers retours presque hystériques dans l’espoir - mort-né - que le vendeur n’ait pas menti. Mais si. Et je le savais déjà au moment de l’achat. Je le savais.. Mais comme toute fille capricieuse et amoureuse de talons aiguilles, il fallait que je les porte avec ma plus belle robe. Deux pointures en moins?? Peu importe.
Mais vite… vite je baisse les bras. Je ne peux plus les supporter et je sais que j’ai deux choix. Les retirer… ou rentrer chez moi. Je choisis, sans hésitation, la seconde option. Comme tout guerrier téméraire, je les porterai jusqu’à la dernière seconde. Et si j’allais renoncer… j’allais le faire en cachette, chez moi. Je conduis aussi vite que ma voiture ne le permette et une fois arrivée au parking, je les balance et je marche pieds nus. Je me sens enfin bien et je me moque de moi-même d’avoir accepté de souffrir autant rien que pour pouvoir porter les chaussures que j’aime. Mais juste avant de dormir, á ce moment ou l’on récapitule - sans toujours le vouloir et même parfois contre notre gré- le déroulement de la soirée, je me demande si je suis rentrée parce que mes chaussures noires étaient trop petites. Ou si en réalité… mes pensées noires étaient trop grandes. Et puis… jamais des chaussures n’ont fait mal au cœur.

2 commentaires:

Philippe Tyan a dit…

Incroyable article...Je m'endors en y pensant...Bonne nuit Karen

Fadi a dit…

j'aime bien votre facon de penser.